HARVARD UNIVERSITY
OF THE
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REVUE
HORTICOLE
ANNÉE 1866
MONTEREAÜ.
IMPRIMERIE DE L. ZANÜTE.
REVUE
HORTICOLE
JOURNAL D’HORTICULTURE PRATIQUE
FONDÉ EN 1829 PAR LES AOTEÜRS DO BON JARDINIER
PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION DE M. J. A. BARRAL
RÉDACTEUR EN CHEF DU Joumal d' Agriculture pratique
MEMBRE DES SOCIETES IMPERIALES ET CENTRALES d’HORTICULTURE ET D’AGRICULTURE DE FRANCE,
DES ACADÉMIES OU SOCIÉTÉS AGRICOLES OU HORTICOLES D’ALEXANDRIE, DE FLORENCE, GENÈVE, LUXEMBOURG, MILAN, MOSCOU, MÜMCfl, NEW-YORK, PESARO, ROVERETO, SAINT-PÉTERSBOURG, SALERNE, SPALATO, STOCKHOLM, TURIN, VARSOVIE, VIENNE, ETC.
AVEC LE CONCOURS DE MM.
D'AIROLES, ANDRÉ, BAILLY, BALTE!, GEORGES BARRAL, BONCENNE, BOSSIN, BÛOSCASSE, BUCHETET, CARBOÜ, CARRIÈRE, CHABERT, CHADVELOT, COURTOIS, DOÜMET, DU BREOIL, DOROPT, FERLET, GAGNAIRE, GLADY, GLOEDE, GROENLAND, GDILLIER, GDYOT, HARDY,
HOIILLET, LACHAÜ0IE, DE LAMBERTYR, LAÜJOULET, LECOQ, LEMAIRE, MARTINS, DE MORTILLET, NAÜDIN, D’OÜNOÜS, PÉPIN, SISLEY, YERLOT, VILMORIN, ETC.
37« ANNÉE. — 1866
PARIS
LIBRAIRIE AGRICOLE DE LA MAISON RUSTIQUE
1866
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REVUE
HORTICOLE
CHRONIQUE HORTICOLE (DEUXIÈME QUINZAINE DE DÉCEMBRE).
Mort de M. Bixio, de M. Lasaulce, de M. Des Robert. — Lettre de M. Chabert sur les pertes faites par
la Société d’horticulture de la Moselle. — Prochaines Expositions horticoles a Bruges, a Geneve, a Amsterdam. — Souscription ouverte en faveur de l’explorateur botaniste M. Weir. — Motion du prince de Galles comme président de \d. Gardeners' royal benevolent Institution. Les arbustes bacciferes. Culture des Chrvsanthèmes. — Circulaire et règlement relatifs à l’Exposition horticole internationale et au Congrès botanique de Londres en mai 1866. - Lettre de MM. Baltet frères relative au transport des végétaux destinés à l’Exposition universelle de 1867. — Cours public de M. Forney.
Triste fin d’année pour le rédacteur de cette chronique! Il faut qu’il parle de toutes ; choses étrangères à sa douleur. Vous la I comprendrez, lorsque vous saurez qu’en : perdant M. Bixio, fondateur de la Librairie ' agricole, qui publie depuis vingt ans la i?c- j vue horticole, le directeur de ce recueil se trouve séparé tout à coup d’un ami qui fut pour lui un père et un frère, un compagnon,
■ un guide, un collaborateur.
M. Bixio, né le 20 novembre 1 808 à Chia- vari, alors dans le département des Apen- nins, passa une partie de son enfance chez sa grand-mère, à Metz, dans la Moselle, dans une maison mitoyenne de celle qu’ha- bitait mon grand-père. C’est là que se forma entre moi, tout enfant, et lui, à peine ado- lescent, une liaison qui a duré quarante- cinq ans, sans que jamais aucun nuage soit venu troubler notre vive affection mutuelle.
Dire quel esprit sûr et ferme il avait et combien il était bon et généreux, serait im- possible. Mais partout où il a été il a laissé de nombreux amis, il a fait du bien; partout il est profondément regretté.
Il avait compris que l’horticulture avait besoin, comme l’agriculture, d’un orgpe qui lui fût entièrement dévoué, étudiant im- partialement toutes les questions, poussant toujours au progrès , mais n’abandonnant jamais rien aux aventures. Il joignit la Re- vue horticole au Journal (T agriculture pra- tique, qu’il avait fondé. Après m’avoir confié ce dernier recueil et m’avoir vu à l’œuvre pendant dix ans, il me remit aussi la direc- tion du premier. Ce sera toujours pour moi un I honneur que d’avoir eu sa confiance. Dans toutes les circonstances difficiles où je me trouverai, placé , j’invoquerai son souvenir,
I je me le figurerai présent, et je prendrai conseil de sa droiture, de sa loyauté, de son impartialité.
lei' JANVIER 1866.
M. Bixio est mort le 16 décembre, après dix-huit jours de maladie; il n’avait que cin- quante-sept ans. Plusieurs milliers de per- sonnes ont suivi son cortège funèbre pour témoigner de leur estime pour sa mémoire. Tous ceux qui l’ont connu diront qu’on ne remplace pas un tel ami , et que la France et l’Italie, ses deux patries, comptent un noble citoyen de moins.
Il faut encore que je parle de deux autres morts qui me touchent, qui toucheront aussi les horticulteurs. Elles ont eu lieu dans ma ville natale, à Metz. A leur sujet, je reçois de M. Chabert, secrétaire général de la Société d’horticulture de la Moselle, la lettre suivante :
R Metz, le 20 décembre 186S.
« Monsieur et cher compatriote,
« J’ai l’honneur de vous adresser quelques lignes consacrées à la mémoire de deux hom- mes vivement regrettés, qui avaient rendu des services signalés à la cause horticole dans la Moselle.
« Je ne doute pas que la Revue horticole fasse accueil à ma note nécrologique. Quand un président de Société d’horticulture meurt, la Revue ne perd-elle pas en quelque sorte un des siens?
« Tout à vous de cœur.
« Chabert. »
Les horticulteurs forment maintenant en France une sorte de famille ; ils savent re- connaître et honorer les services rendus par ceux qui se dévouent à leurs intérêts, et la Revue horticole n’est que leur écho en payant un dernier tribut d’hommages à ceux qui succombent. Voici la note de M. Chabert sur les deux hommes dont l’horticulture mosellane regrette vivement la perte :
(( La Société d’horticulture de la Moselle vient de faire, dans l’espace d’un mois, deux
T. 1. — l.
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CHRONIQUE HORTICOLE (DEUXIÈME QUINZAINE DE DÉCEMBRE).
pertes bien sensibles. M. J. -A. Lasaulce, direc- teur de l’Ecole normale, ancien adjoint au maire de Metz , né en cette ville le 22 thermidor an VII, secrétaire de l’Association de 1843 à 1846, est mort le 31 octobre 1865. Dans ces diverses fonctions, il avait beaucoup aidé aux progrès pratiques de l’arboriculture, et avait été constamment l’objet de l’estime et de la bienveillance de tous ses collègues.
« Le 30 novembre suivant, est décédé en exercice, à l’âge de cinquante-neuf ans, le di- gne et estimable président de la même Société, M. Adolphe Des Robert.
« En 1853 , il avait été appelé à présider la Compagnie à laquelle il appartenait déjà depuis un certain nombre d’années comme membre ti- tulaire. C’était la juste récompense du zèle et de l’impartialité dont il avait donné tant de preuves, alors qu’il avait concouru aux opéra- tions du jury des Expositions bisannuelles et des Comités de visites des jardins.
(f Nul n’aimait plus sincèrement notre Asso- ciation horticole, n’applaudissait plus franche- ment aux succès des membres collaborateurs et ne travaillait avec plus d’activité à lui concilier l’estime et la considération publiques. Modeste et désintéressé, il aimait à faire valoir les tra- vaux de ses collègues et s’effaçait volontiers pour leur laisser la place plus large et les met- tre en évidence.
« Personne, à Metz, n’a oublié combien Des Robert se multiplia pendant l’Exposition univer- selle des produits de l’horticulture, qui fut si brillante au chef-lieu du département de la Mo- selle, en 1861, malgré une durée de quatre mois consécutifs.
« C’est un des principaux titres, avec l’organi- sation des cours d’arboriculture, commencés dès 1853 par le savant professeur M. Du Breuil, qui rendent la mémoire du président Des Ro- bert chère aux horticulteurs mosellans.
« Pour nous qui l’avons vu de si près à l’œu- vre, nous puiserons dans le souvenir de son in- telligente collaboration une nouvelle preuve que l’unité de vue est une puissance et que l’u- nion c’est la force.
« F.-H. Chabert,
• Metz, 20 décembre 1865. »
Nous avons connu MM. Lasaulce et Des Robert, et nous nous joignons de grand cœur à l’expression des regrets que leur mort inspire à M. Chabert. M. Lasaulce ap- partenait par alliance à notre famille, et toujours nous l’avons vu plein de sollici- tude pour augnaenter l’instruction agricole et horticole des instituteurs des campagnes. Quant à M. Des Robert, il était le modèle des présidents dévoués à leur association.
— Les Sociétés d’horticulture continuent à préparer leurs Expositions du printemps prochain. Nous avons à annoncer trois Ex- positions de Sociétés étrangères pour le mois d’avril, à Bruges du l^rau 3, à Genève du 5 au 8, à Amsterdam du 14 au 19. On sait que c’est à cette dernière que l’on doit se rendre pour voir les plantes bulbeuses qui font la gloire de l’horticulture hollandaise.
— Le Conseil de la Société royale d’hor-
ticulture a annoncé au public horticole une nouvelle triste et inattendue. Le D'' Weir, récemment nommé explorateur de la Société pour l’Amérique du Sud, est resté paralysé à la suite d’une attaque de fièvre paludéenne dans le trajet de Bogota à Santa-Martha; sa situation était extrêmement grave le 16 dé- cembre 1865, et le Conseil s’est vu forcé de faire un appel à la générosité des amis de l’horticulture pour arracher à la misère un de ses plus intrépides envoyés : « Le Con- seil, a-t-on dit, ne peut affecter à cette des- tination les fonds de la Compagnie. » Le Gardeners" C/^romVfc relève hautement celle interprétation littérale du règlement, et pense que ce soldai de la science ne sera pas abandonné par ses compatriotes. Tout martyr de la cause scientifique, dit le rédac- teurde l’excellentjournal anglais, a des droits qui dépassent les limites étroites d’une So- ciété, d’une secte et d’un parti. Les secours doivent être adressés à M. J. Cokerel, se- crétaire du Conseil de la Société royale d’horticulture; nous croyons pouvoir affir- mer que la générosité des amis de l’horti- culture en Angleterre ne sera pas, cette fois encore, au-dessous de sa réputation.
Les associations horticoles se multiplient en Angleterre. A côté de la Société royales, il y a à Londres la Société centrale. Voici maintenant l’Institution libre {Gardeners' royal benevoJent Institution). Cette dernière vient de choisir pour son président le prince de Galles, qui a accepté cette fonction, et a immédiatement fait à l’Association un don de 25 livres sterling.
La Société centrale d’horticulture (Cen- tral Horticultnral Society), s’est réunie, le 13 décembre, sous la présidence de M. G. Gordon. M. Hibberd a fait la lecture d’un mémoire intéressant sur les arbrisseaux baccifères. Une riche collection des espèces qui étaient l’objet de ce mémoire se voyait sur la table; on y remarquait le Cotoneaslcr acnminata (connu aussi sous le nom de C. Sinimondsii et Nepalensis) dont le ma- gnifique spécimen avait une tige de cinq pieds : Le Cotoneaster rolundifolia (G. Hookerii), le Cotoneaster microphytla, etc. Le but de M. Hibberd était de démontrer que les horticulteurs n’ont pas besoin d’al- ler chercher très-loin, pour rornement des serres et des maisons d’habitation, de^ ar- bustes qu’ils trouvent sous leurs mains dans leur pays. Si la question ainsi envisagée n’a pas une grande portée scientifique, elle in- téressera néanmoins tous ceux qui aiment les plantes : M. Hibberd n’en demandait pas davantage.
— Nous trouvons dans \eGardeners' Chro- nicte la description d’un mode de culture des Chrysanthèmes qui étonnera plus d’un lecteur. M. Haxvksford, AVellinglon Street, Bliston^ possède une serre de 6 mètres de
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CHRONIQUE HORTICOLE (DEUXIÈME QUINZAINE DE DÉCEMBRE).
longueur sur 4 mètres de largeur. Les Chrysanthèmes sont entourés d’un grand j nombre de petits fourneaux alimentés par du charbon de terre. L’atmosphère ambiante est pleine de fumée plus ou moins sulfureuse 1 et l’eau des vases qui se trouve là en est re- couverte d’une épaisse couche de suie. Toutes ces conditions pourraient sembler défavorables au premier abord; il n’en est rien. Les Chrysanthèmes s’y développent parfaitement.
Les principales variétés qu’on y remar- j que sont les suivantes : Le Prince Albert,
1 sujet en fleurs; Nil desperandiim ; Lady I Harding; Fleur- de-Marie ; Jenny Lind; Golden qjieen of England j Alfred Salter, Jardin des Plantes, Mistress Cunningham;
I Dupont de l’Eure et Boadicea. Toutes ces plantes se portent à merveille.
Le Gardeners' Chrorncley en signalant ce mode de culture, ne semble faire aucune I réserve; nous le faisons connaître aux hor- ticulteurs français, afin qu’ils l’expérimen- icnt.
— Nousavons reçu une lettre circulaire que le Comité exécutif de l’Exposition interna- tionale d’horticulture et du Congrès botani- que, qui doivent se tenir à Londres du 22 au 20 mai 1866, a adressée aux amis de l’hor- ticulture et de la botanique. La reine Vic- toria et le prince de Galles ont accepté le patronage de ces solennités.
Voici la traduction de la circulaire :
« Monsieur.
« Je demande la permission de vous informer que, du 22 au 25 mai 1866, il y aura à Londres une grande Exposition horticole internationale et un Congrès botanique que nous vous prions spécialement d’honorer de votre présence.
« L’Exposition se tiendra àSouth-Kensington, dans les jardins de la Société royale d’horticul- ture où des récompenses seront accordées pour les fleurs, les fruits et les ustensiles : elles s’é- lèveront à une somme de 2,500 livres st. environ (62, 500 fr.). Le Congrès seraprésidéparM. de Can- dolle, qui fera un discours d’ouverture ; on n’y ' consacrera que deux matinées pour la lecture et la discussion des notices imprimées et tra- duites.
« La commission administrative fera tous ses I efforts pour que les jardins bien disposés d’ail-
ti leurs et qui offrent des spécimens magnifiques
i; et caratéristiques de riiorliciiltui e anglaise
? soient ouverts aux visiteurs étrangers. Pour
J faciliter les relations amicales des nations et
l'échange de toutes les idées, deux couver sa- 2 mm seront instituées ainsi qu’un banquet auquel vous êtes spécialement invité comme hôte. Il est nécessaire néanmoins, quant au banquet, que le Comité sache, le 1er mars 1866 au plus tard, si vous devez honorer lemeeling de voire présence.
' _ « En portant ces faits à votre connaissance,
, Je dois vous demander si vous vous proposez de
! laire au Congrès l’honneur d’une communication
nin mémoire^, une réponse prompte nous ren- drait plus faciles nos dispositions à cet égard.
« Si vous désiriez communiquer un article (un mémoire) au Congrès, je vous prie de nous le faire savoir en nous répondant, et de nous adresser le mémoire même pas plus tard que le 31 mars, afin qu’il soit imprimé dans votre lan- gue et accompagné d’une traduction anglaise.
« Dans le cas où vous pourriez accepter l’in- vitation, voulez-vous nous envoyer aussitôt que possible la forme précise dans laquelle vous voudriez voir votre nom figurer dans la liste des visiteurs.
« J’ai l’honneur d’être, etc.
« Berthold Seemân, »
« Secrétaire honoraire du Congrès,
57, Vindsor, Road, London N. "
« 5 décembre 1865. »
Voici maintenant la traduction des réso- lutions prises par le Comité exécutif présidé par sir G. Wentworth Delke, et dont les bu- reaux sont : 1, William Street, near Albert Gâte, Kinghts bridge, S. W., Londres.
Il a été résolu ;
\o Qu’il y aura à Londres en 1866 (proba- blement dans le jardin de la Société royale d’horticulture, à South Kensington) une grande Exposition horticole internationale et un Con- grès botanique qui durera quatre jours (du 22 au 25 mai), et auquel seront invités les premiers botanistes et horticulteurs de l’Europe entière ;
2° Qu’il y aura deux meetings du matin (de la nature d’un Congrès, sous la présidence de M. de Candolle), on y lira des mémoires des pricipaux botanistes et horticulteurs. Ces mé- moire s, imprimés en anglais, en français ou en allemand seront distribués et on les discutera;
3o Qu’il y aura deux conversazioni dans les- quelles les étrangers invités pourront se ren- contrer avec nos premiers botanistes, horti- culteurs et exposants;
Qu’il y aura un grand banquet auquel se- ront invités les visiteurs étrangers et auquel les dames souscrivantes pourront être admises. Billet : 3 guinées chacun (78C75);
5» Que la Commission s’efforcera de rendre accessibles aux visiteurs les jardins qui présen - tent les traits les plus caractéristiques de l’hor- ticulture anglaise, tels que l’art des primeurs et de la décoration;
6« Qu’une liste de souscription sera ouverte pour obtenir des fonds nécessaires à la forma- tion des récompenses libres (2,500 livres st. environ), l’érection totale ou partielle de l’édifice de l’Exposition, la réception des visiteurs étran- gers, les dépenses de main-d’œuvre nécessaires et la formation d’un capital;
7" Que les dames ou les gentlemen qui auront souscrit pour iO guinées (262C50) auront droit à un billet de banque de la valeur de 3 livres 3 shellings; à une carte d’invitation à chacune des soirées, valable pour eux-mêmes et pour deux de leurs amis, à huit billets d’entrée pour l’Exposition horticole, quand l’entrée est de une guinée par personne. Les souscripteurs pour cinq guinées recevront une carte d’invita- tion pour chaque soirée, valable pour eux- mêmes et deux amis et quatre billets d’entrée à l’Exposition. Les souscripteurs d’une somme moindre auront des avantages proportionnés;
8» Les billets des souscripteurs peuvent à leur gré être changés et transformés en carte
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CHRONIQUE HORTICOLE (DEUXIÈME QUINZAINE DE DÉCEMBRE).
du banquet; trois billets d’entrée à l’Exposition seront changés en un dîner pourvu que l’in- tention de cet échange soit manifestée avant le 31 mars. Les billets de souscripteur qui n’auront pas servi le jour de l’ouverture seront acceptés un des jours suivants de la manière dont on décidera plus lard.
L’Angleterre donne l’exemple de dépen- ses que l’horticulture française n’oserait guère demander.
Nous en sommes encore à rechercher comment on attirera les horticulteurs à l’Exposition universelle de 1867; la ques- tion des frais de transport n’est même pas résolue, et à ce sujet nous croyons devoir publier la lettre suivante que nous adressent MM. Ballet frères. Déjà nous avons fait connaître l’espèce d’agitation qu’ils ont faite pour arriver à obtenir quelques adoucisse- ments de la part des Compogniesde chemin de fer, et la fin de non-recevoir qui avait accueilli leurs démarches. Nous espérons que, cette fois, ils seront plus heureux :
« Monsieur le Directeur,
« Nous poursuivons toujours la question de l’amélioration du transport des végétaux par les voies ferrées. Les obstacles ne manquent pas ; mais nous croyons avoir trouvé un dernier moyen qui devra hâter la solution de cette ques- tion importante.
« Sur notre proposition, le Comité de l’Aube pour l’Exposition universelle de 1867 a de- mandé à la Commission supérieure de Paris que « les produits vivants de l’agriculture et
de l’horticulture admis à l’Exposition univer- selle soient autorisés à voyager en grande vitesse, tout en restant soumis au tarif de la petite vitesse, avec les réductions qui seront probablement accordées par les Compagnies.
« Il serait à désirer que les quatre-vingt-neuf comités départementaux émissent un vœu sem- blable. La France ne tarderait pas à avoir pour l’Exposition de 1867, et pour toutes ses Expo- sitions, les faveurs accordées enBelgique d’après la demande de la Fédération des Sociétés d’hor- ticulture, alors le commerce des végétaux pour- rait espérer d’obtenir les réductions sur la durée et le prix de transport par chemin de fer, qui lui sont si nécessaires.
<f Veuillez agréer, etc.
« Baltet frères,
« Horticulteurs à Troyes» »
Nous terminons cette chronique par l’a- nonce d’une bonne nouvelle, M. Eugène Forney fera cette année deux cours publics et gratuits sur la taille des arbres fruitiers à l’amphithéâtre de l’Ecole de médecine : le premier, en dix leçons, est déjà commencé, il se fait chaque dimanche à 2 heures; le deuxième commencera le mardi 16 janvier à 9 heures 1/4 du matin et sera continué les mardis et vendredis de chaque semaine. La première leçon traitera du choix et de la plantation des meilleurs variétés de fruits.
Nous remettons à notre prochaine chro- nique plusieurs lettres sur divers sujets de polémique. Le défaut de place et de temps nous empêche d’approfondir les questions qu’ils soulèvent.
J. A. Barral
DEUX NOUVELLES VARIÉTÉS DE GLAÏEULS \
Monsieur le Directeur,
J’aime les Glaïeuls, pour les jouissances qu’ils me procurent chaque année pendant près de trois mois; et j’espère que vous voudrez bien m’accorder le concours de votre excellent Journal, pour faire connaître deux plantes qui doivent faire cette année leur entrée dans le monde horticole. Leur obtenteur, M. Paulin Leveau, horticulteur à Fontainebleau, semeur intelligent et persé- vérant, travaille depuis près de dix ans au perfectionnement de cette famille si riche en belles variétés. Nous lui devons de bonnes plantes, parmi lesquelles je ne citerai que le Prince Impérial et l’Ornement des parterres, tous deux d’une rusticité à toute
1. Lorsque la planche coloriée ci-jointe a été faite, il y a quelques mois, et lorsque nous avons reçu l’article de M. d’Auvers, nous ne savions pas que déjà un Glaïeul avait reçu le nom de Maréchal Vaillant, ainsi que cela résulte des catalogues de la maison Vilmorin et de MM. Loise et Verdier. Pour éviter tout malentendu, nos lecteurs pourront rem- placer le nom de Maréchal Vaillant par celui de Glaïeul Empereur Napoléon. J.-A. B.
épreuve, et aussi remarquables par la beauté du rameau que par la grandeur et le coloris de la fleur.
Les deux nouveautés, que représente la gravure coloriée ci-contre, sont :
1 . — Marquise de Pompadoiir, gracieuse comme son nom. Son coloris carmin lilacé pâle est complètement nouveau, et ses stries de même couleur, mais beaucoup plus foncées, laplacenten premier ordre parmi les plantes panachées, dont le nombre est en- core très-restreint.
2. — Maréchal Vaillant, de première gran- deur ; remarquable surtout par sa large macule blanc pur, qui donne au coloris vermillon brillant de la fleur un éclat tout particulier.
Ces deux plantes se trouveront cette année chez M. Loise, marchand grainetier, quai aux Fleurs, n<> 3, à Paris, auteur d’une excellente notice sur la culture du Glaïeul, publiée par la Remie en 1864.
Peu de plantes de pleine terre présentent, dans une même famille, une aussi grande
DEUX NOUVELLES VARIÉTÉS DE GLAÏEULS.
variété de tons que le Glaïeul. Si le lilas et le violet n’existent pas ou tout au moins fort peu, on est sur la route ; et il ne faut pas désespérer de l’avenir. Mais que de ri- chesses dans les tons roses et rouges ; ainsi que dans les blancs et les jaunes, soit unis, soit panachés. Aussi les Glaïeuls sont-ils un des plus beaux ornements de nos sa-
lons; lorsque surtout, groupés par une. main habile, ils sont entremêlés de quelques rameaux de verdure légère qui accompa- gnent les heurs et les font briller de tout leur éclat.
Yeuillez agréer, etc,
E. d’Auyers.
TROIS
I Les trois Fraisiers dont la gravure coloriée ci-jointe représente quelques fruits dessinés I d’après nature, sont d’introduction toute récente dans nos cultures. Nous les avons éprouvés depuis trois ans dans nos jardins et nous avens, en outre, pu nous convaincre de leur mérite chez les obtenteurs mêmes, de sorte que nous pouvons, en toute con- fiance, les recommander à l’attention des \ amateurs. .
i[ 1. — Bijou, obtenu de semis par M. de i Jonghe, auquel nous sommes déjà redeva- ; I blés de beaucoup de variétés hors ligne. C’est I une plante basse, trapue, rustique, bien que
I d’une croissance modérée, produisant fort
f peu de coulants , ce qui, aux yeux de beau- I coup de personnes, n’est pas un mince avan- 1 tage. Le fruit est de bonne grosseur moyenne,
de jolie forme conique ou ovale, d’un rose i vif glacé, avec les graines jaunes très-sail- ! lantes, placées dans un ordre symétrique par- fait, ce qui lui donne une très-jolie appa- rence. La chair est pleine, d’un blanc mat, ferme, juteuse, sucrée, parfumée, excellente. Maturité assez tardive et très-fertile.
2. — Premier, obtenu par M. Rutfet, jar- dinier de feu lord Palmerston. Plante d’une vigueur et d’une rusticité peu communes dans toute espèce de sol. Fruit gros ou très-gros, de forme arrondie, les plus gros lobés, repré- sentant assez bien un melon en miniature , d’un rouge vermillon vif glacé! Graines sail- lantes. Chair rose veinée de rouge, à cavité centrale, fondante, très-juteuse, très-sucrée, parfumée d’un goût très-agréable. Matu- rité moyenne et très-productive.
SÉC4TEUR POUR ÉGLANTIERS
On a pu remarquer, à l’Exposition ouverte l’été dernier par la Société centrale d’horti- culture, au palais de l’Industrie, deux in- struments nouveaux, dont le mode d’action était basé sur le principe des roues dentées, ce qui ne s’est encore guère vu dans les outils destinés à la taille des arbres. Ces deux instruments étaient construits par M. Hardivillé, coutelier, rue Saint-Jacques, 218, à Paris ; leur auteur a été récompensé
NOUVELLES.
3. _ Fairy Queen (Reine léerique), est un des beaux gains obtenus depuis quelques années au potager royal de Frogmore, près Windsor, et il mérite une mention toute spéciale .
^ La plante est très-rustique, bien que d’une croissance modérée, provenant d’un croi- sement entre Carolina superba et Prince of Wales. Le fruit est de belle grosseur, d’une jolie forme conique et de couleur rose-orangé. Les graines sont très-saillantes, la chair pleine, blanc pur, ferme, très- sucrée, fondante, parfumée, iVune finesse de goût extraordinaire. En effet, peu de fraises peuvent lui être comparées sous ce rapport. .
Le Fraisier Fairy Queen est d’une ferti- lité étonnante et produit ses délicieux fruits successivement pendant toute la durée des grosses Fraises. Au potager de Frogmore, on cultive la Fairy Queen en pots avec beaucoup de succès.
Dans un prochain article nous donnerons la description de quelques autres variétés distinguées, provenant également du potager de Frogmore, entre autres John Powell, Cockscomb, Elton improved, que nous ne saurions trop recommander aux vrais ama- teurs et dont, ainsique des trois Fraises figu- rées dans ce numéro de la Revue, nous tenons du plant à leur disposition à des prix modérés.
Ferdinand Gloede, aux Sablons,
par Moret-sur-Loing (Seine^et-Marne).
[’ ÉBRANCHEUR A CRÉMAILLÈRE.
par une médaille d’argent de première classe.
Le premier est un sécateur à Eglantier ou habilleur d’Églantier. Tout le monde connaît l’opération nommée habillage, qui consiste à retrancher, avant la plantation des Eglan- tiers, le fort chicot du vieux bois des racines et l’excédant de longueur de la tige. Cette opération, qui demande du soin pour ne pas écraser ou blesser l’écorce des racines à
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SÉCATELR POUR ÉGLANTIERS ET ÉBRANCHEUR A CRÉMAILLÈRE.
conserver, puisque dans le Rosier les plaies I fait à la scie ou au moyen d’un sécateur de cette nature ne se guérissent pas, se I spécial fixé sur un billot. Mais il faut un
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O, 1GU . -îj
Fig. 1. — Habilleur d’Églantiers à crémaillère.
sécateur d’une assez grande puissance, et
plus faci-
M. Hardivillé a pensé à l’obtenir lement parl’application d’un engrenage dans la transmis- sion de la force du moteur.
Comme on peut le voir par la figure 1 , le corps de cet outil est une coulisse dont une des extrémités se relève et forme une sorte de crochet de sécateur. Dans cette coulisse glisse la lame, portant une queue à crémail- lère, avec laquelle vient s’engrener une roue dentée sur les trois quarts de son pourtour. Cette roue fait corps avec un bras de levier qui sert à la faire mou- voir. La force appliquée sur le bras est transmise par la roue à la crémaillère, qui fait glisser la lame jusqu’au crochet et opère une sec- tion nette et rapide.
L’emploi de cet instru- ment pour rhabillage des Églantiers n’évitera pas le parage indispensable à la serpette , puisque , comme toute cisaille, il occasionne pig. 2. un écrasement sur les bords de la partie coupée; mais, par une ap- plication plus sûre et un emploi plus com-
plet de la force de l’ouvrier, il permettra un travail plus rapide, mieux fait et moins pénible. Son prix est do 45 francs.
Le second instrument (fig. 2) est un ébrancheur- échenilloir qni peut servir aussi pour la taille des ar- bres fruitiers, et l’ébour- geonnage.
Il est construit sur le même principe que le pré- cédent, et, à cause do sa force, il peut rendre certainement de grands ser- vices.
L’inventeur en cons- truit de plusieurs dimen- sions; avec les plus grands, on peut couper jusqu’à des branches de 0*".04 de diamètre; les plus pe- tits, qui portent le crochet moins recourbé, sont pro- pres surtout à l’ébourgeon- nage et à toutes les déli- cates opérations de la taille en vert : tous sont très- bons pour l’échenillage. Le prix des ébrancheurs de M. Hardivillé est de 12, 15 et 20 francs, suivant la grandeur et la force de la lame.
A. Ferlet.
Ébrancheur à crémaillère.
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1. Marquise de Poinpadour.
2. Maréchal Vaillant,
!
UNE LOCALITÉ PTÉRYGOLOGIQUE.
Sur la rive occidentale du lac Majeur, en face des îles Borroinées, laroute du Simplon traverse le village de Stresa. Dominée par des pentes couvertes de Châtaigniers, elle suit exactement les contours de la côte. Pour la tracer , on a entamé les couches de micaschiste, dont la monlagne est for- mée, sur une longueur d’un kilomètre en- viron ; ces couches rompues forment un petit escarpement qui ne cesse qu’aux murs de la villa Pallavicini. Dans ce court espace, j’ai recueilli douze espèces de Fougères et de Lycopodes végétant sur ces rochers. D ne faut pas s’en étonner. Toutes les condi- tions favorables à la végélation de ces plan- tes se trouvent réunies sur ce point. Les rochers sont tournés vers le nord et ombra- gés supérieurement par des arbres ; la roche se décompose naturellement en un terreau noir rempli de particules de mica; de petits filets d’eau descendent de tous les cotés le long des rochers, s’infdtrent entre leurs couches et se versent dans un fossé toujours rempli; le lac est éloigné de 10 à 20 mètres et l’évaporation de cette grande surface entretient dans Pair une humidité constante.
Les conditions de température ne sont pas moins favorables. La végétation phané- rogamique nous démontre que les étés ne sont point trop chauds; en effet, beaucoup de plantes subalpines du Motterone (1,491 m.) descendent jusqu’au niveau du lac Majeur, élevé lui-même de 213 mètres au-dessus de la mer. Je me contenterai de citer Vaccinium myrtiUus, SaJvia sclarea, Spirœa aruncus et Aslranlia 7ïwjor : d’au- tres végétaux, sans être précisément subal- pins, ne peuvent s’accommoder que d’étés tempérés, tels sont l’Aune, le Houx, le Ge- névrier commun, le Bouleau, le Rhaninns frangula, le Galeobdolon lutemn eÜeScntel- laria galericnlala.
Les hivers ne sont pas froids ; la preuve en est dans les Orangers en pleine terre de V Isola hella, située presqu’en face de Stresa, les Lauriers roses doubles sans abri, les Lau- riers d’Apollon de 2"L26 de circonférence et le magnifique camplwra de 2"L35
à 1 mètre du sol. Hibiscus syriacns, les Lagerstræmia Indica , les Camellia, les Azedarachs, les Albizzia Julibrizin et les Acacia dealbata de la villa Pallavicini, si- tuée au centre de notre localité ptérygologi- que, indiquent également des hivers excep- tionnellement doux pour cette latitude. Ce n’est point que les Fougères que je vais énumérer soient des plantes de pays chauds, le contraire serait plutôt vrai, mais en l’ab- sence de la neige qui blanchit rarement les bords du lac Majeur, la douceur des hivers
a dû favoriser leur végétation et la propaga- tion de leurs spores. Toutes ces Fougères se retrouvent dans les bois de Châtaigniers qui dominent la route, et elles se sèment sur cet escarpement de micaschiste comme sur les murs des serres chaudes où l’on cultive des Fougères exotiques. Nous voyons donc se reproduire ici dans la nature un fait dont nous sommes habituellement té- moins dans nos cultures artificielles.
Je donne ici la liste de ces L’ougères qui, sauf les espèces habitant ordinairement les murs , telles que Polypodium vulgare , Asplénium recta-muraria, A. trichomanes et A. adianthuîn-nigrum, sont plus petites que dans les bois qui dominent les rochers. Osmunda regalis, Pleris aquilina et Asjn- dium filix-mas sont même tellement rabou- gries qu’on a peine à les reconnaître au premier abord. La première de ces Fougè- res ne dépasse pas 0“*.10 â 0"L20 , tandis que dans les bois ses frondes ac- quièrent souvent une longueur de 1"L50. Cette belle espèce est très-commune dans les lieux ombragés, depuis Mergozzo jusqu’à Arona. Peut-être faudrait-il ajouter à cette liste une autre belle espèce, le Slruthiopteris germanica. Wild.,que M. John Bail signale ’ dans cette partie du lac, mais que j’y ai vraiement cherchée.
Lüte des Fougères qui croisseul sponlanéme?ü sur les escarpements de micaschiste près de Stresa (tac Majeur).
Osmunda regalis. L. Piochers humides et fo- rêts.
Polypodium vulgare. L. Piochers et murs secs. P. calcareum. Sm. Murs de la villa Pallavi- cini.
Aspidium filix-mas. Sw. Naine sur les rochers; grande dans les bois.
Asplénium recta-mur aria. L. Fentes des murs et des rochers secs.
A. adiantlium-nigrum. L. Fentes des rochers et murs humides.
A. trichomanes. L. Rochers et murs secs.
A. jilix-fœmina. Bernh. Dans les bois de Châ- taigniers. .
Scolopendrium offteinarum. Sw. Ruisseaux et grottes humides.
Blechnum spicant. Roth. Rochers et bois humi- des.
Pteris aquilina. L. Commun surtout dans les clairières des bois.
Adianthum capillus-veneris. L. Murs et grottes humides.
Lgcopodiacées.
Selaginella helvetica. Spr. Rochers humides, formant des plaques de à 0™<=.G.
Ch. Martins.
1. Guide to the western Alpes, p. 348.
ARBRE GÉNÉALOGIQUE DU GROUPE PÊCHER. - IV L
Ce qui nous conduit encore à admettre que le Pêcher est une forme de l’Amandier, c’est l’étude des glandes dont sont munies les feuilles. Dans tous les Amandiers, en effet, les glandes sont globuleuses, mais on remarque, lorsqu’on a affaire à une variété très-modifiée, qu’il arrive fréquemment que sur les parties vigoureuses on rencontre des feuilles munies de glandes mixtes c’est-à- dire cucullées et même réniformes. De celles-là à celles-ci, il n’y a qu’un très-petit pas
Nous avons donc supposé que chez le Pêcher type, les glandes sont réniformes. Cette supposition a d’autant plus de chance d’être l’expression de la vérité, que tous les individus que, jusqu'ici, nous avons re- çus de la Chine, qui parait être la véritable patrie du Pêcher, sont à glandes réniformes^. Des glandes réniformes on passe aux glan- des globuleuses, qui sont en général très- petites et peu nombreuses, et c’est ainsi qu’on arrive aux Pêchers à feuilles dépour- vues de glandes, qui forment la troisième section de chacune des quatre tribus que comprend le groupe Pêcher,
Cette dernière modification (l’absence des glandes sur les feuilles) paraît être sinon la plus importante, du moins celle qui semble démontrer une modification plus profonde de l’organisme. En effet, s’il y a de bons
^ Voir les du l®*" août, page 292 ; du 16 sep- tembre, page 354 ; du l®»" novembre, page 417.
2 Nous connaissons un Amandier-Pèclier, dont les fleurs rosacées, très-grandes, ne présentent aucune didérence avec celles de certaines variétés de Pê- chers. Ajoutons que les glandes placées sur le pétiole sont très-longues, peu saillantes et subrôniformes. Nous n’en connaissons pas le fruit. L’aspect de l’arbre et la forme des feuilles sont ceux que présentent l’Amandier commun.
3. Ce que nous disons « que les Pêchers sont ori- ginaires de la Chine » n’est toutefois qu’une hypo- thèse qui, bien qu’en apparence justifiée par les observations, pourra néanmoins présenter des excep- tions. On ne doit jamais oublier dans ces circon- stances, que ne pouvant arriver à la vérité absolue il faut se contenter de vérités relatives, et qu’on doit formuler son opinion d’après'des probabilités. Or, les faits sur lesquels nous appuyons notre juge- ment semblent présenter cet avantage.
Du reste l’admission de cette dernière hypothèse n’annule pas celle que nous avons émise « que le Pêcher n’est qu’une forme de l’Amandier » car les formes étant locales et relatives, les modifications ont pu être plus profondes en Chine qu’en Europe. Nais d’autre part, aussi l’Amandier étant d’origine asiatique, qui pourrait dire de quelle partie de l’A- sie il est originaire? Même en admettant qu’il ne soit pas originaire de la Chine, qui sait s’il n’y a pas été introduit il y a des milliers d’années? 11 y a plus, comme on peut arriver à un même point pm* des voies différentes, qui pourrait assurer qu’il n’y a pas, en Chine, plusieurs types d’Amandiers ou de types analogues, et qu’alors l’un deux n’a pas pro- duit des races qui, en se modiliant par la culture, sont devenues les Pêchers qu’on renconlrc aujourd’hui dans ce pays ?
fruits dans les Pêchers à glandes, soit réni- formes, soit globuleuses, il y en a également de mauvais; tandis que dans les variétés à feuilles dépourvues de glandes, il est rare qu’on en trouve de mauvais. Ajoutons queles variétés qui présentent ce dernier caractère sont en général plus délicates, et surtout que les arbres sont très-sujets à être atta- qués par cette maladie qu’on nomme blanc des Pêchers (Oïdium Persû‘û?),fait qui semble justifier l’hypothèse que nous émettons : î Que les Pêchers à feuilles dépourvues de glandes sont apparus les derniers, que, par conséquent, ils so»t le résultat d’une culture, plus longue, plus perfectionnée, pourrait-on dire. »
La marche que nous avons indiquée, re- lativement à l’apparition successive des va- riétés de Pêchers d’après la forme des glandes, nous paraît d’autant plus probable, que chez certaines variétés à feuilles dé- pourvues de glandes et fortement dentées, on trouve parfois, à la base des plis formés par le limbe des fendilles, de très-petites glandes globuleuses, ce qui semble démon- trer que celles-ci ont servi de passage pour arriver à la série des variétés dont les feuilles sont dépourvues de glandes.
Ire partie
Description de l’arbre (jénéalogique du groupe Pê- — Son ctpplicalion pratique au classement de diverses variétés de ce groupe.
Par suite des considérations que nous avons exposées précédemment, et ayant ad- mis comme base, que le Pêcher, lorsqu’il est apparu dans nos cultures, présentait les caractères que nous avons fait connaître, nous supposons que l’évolution postérieure et successive qui a déterminé la formation des Tribus, puis des Races, s’est effectuée de la manière suivante.
Du tronc A, qui représente le type Pé- cher dans notre tableau généalogique pu- blié l’année dernière (vol. de 1805, page ï29l2), s’est développée une première branche BB. Cette branche, qui a pour caractère général essentiel de porter des fruits qui ont la peau velue et la chair adhérente, constitue la Tribu des PèghersPerséquiers; ces caractères sont propres à toutes les variétés qu’elle porte. Sur cette branche, que nous pourrons considérer comme un arbre parti- culier, le premier rameau qui s’est dévelop- pé, qui constitue la première section de cette tribu, et que nous marquons par les lettres a a, a, pour caractère essentiel, des feuilles munies de glandes réniformes, ca- ractère qui est commun à toutes les variétés que comprend ce rameau. Ce premier ra- meau porte trois ramifications principales,
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arbre" généalogique du groupe pêcher. — IV,
La première, n»!,!, porte des fruits à cliair blanche; la ramiticalion n» 2, 2, porte des fruits à cliair jaune ; enfin la rainificalion n» 3 porte des fruits à chair rouge. Sur chacune de ces branches secondaires s’en développent deux autres; nps 4,5, 0,7, 8, 9; les nos 4,0,8, se rapportent à des variétés à fleurs ccimpmil(icées\ les nos 5, 7,9, au
contraire, se rapportent à des variétés à fleurs rosacées. Chacune de ces branches se ramifiera à son tour, autant de fois que cela est nécessaire d'après la couleur des fleurs, de manière que chaque ramification corresponde à une couleur particulière, soit rose, soit blanche K
CAamÈiir,
CULTURE DU GOYAVIER SOUS VERRE.
On sait à quel degré de prospérité la cul- ture sous verre de nos arbres fruitiers est arrivée en Angleterre; mais comme, en fait de culture, tout se tient, il n’est pas difficile de prévoir quele journ’estpas éloigné où les fruits des tropiques seront tout aussi régu- lièrement récoltés chez nos voisins que les Raisins et les Pêches. Les essais datentdéjà, pour quelques-uns du moins ,de bien des années; s’ils n’ont pas été poursuivis, cela a tenu à des difficultés économiques qui n’existent plus aujourd’hui. Le verre est tombé à si bas prix, qu’on ne considère presque plus comme une. dépense la couver- ture vitrée d’une serre; les appareils de chauffage se sont grandement perfectionnés; les méthodes de culture sont mieux raison- nées, et enfin, on trouve plus facilement qu’autrefois des jardiniers instruits. Joignez à cela des goûts de luxe plus développés, et vous aurez l’explication des tentatives nou- velles de quelques pomiculteurs anglais pour acclimater dans leurs orcJuml liouses les arbres fruitiers de l’Inde et de l’Amérique tropicale.
En attendant que nous entretenions le pu- blic de la Revue de ce qu’ils ont déjà fait pour s’approprier la Mangue, le Durio et le Mangoustan, nous pouvons mettre sous leurs yeux les recommandations de M. Saul, jar- dinier à Stourton , au sujet du Goyavier, arbre qui n’est guère plus exigeant , en fait de chaleur, que l’Oranger, et qui se contente parfaitement d’une serre à vignes. M. Saul se rappelle qu’à l’époque où il était employé chez un gentleman du voisinage, en qualité de jardinier chef, il y avait un Goyavier en pleine terre et palissé sur le mur de fond de la serre à vignes. Les Vignes étaient prin- cipalement des Muscats ; on les faisait en- trer en végétation vers la fin de mars, et elles mûrissaient leurs fruits en septembre et octobre. La température qu’on entrete- nait dans cette serre convenait parfaitement au Goyavier, car il y poussait vigoureusement et donnait en quantité de très-beau et très- bon fruit. Pendant l’hiver , quand la Vigne était en repos, le Goyavier ne recevait pas une goutte d’eau; et, du reste, il n’avait pas à craindre le froid , attendu que , dans cette serre , la température ne s’abaissait jamais
au-dessous de 4 degrés centigrades. On le taillaittrès-peu, ouplutot on sebornait à en éclaircir les branches quand on les jugeait mal placées, mais on l’arrosait copieusement lorsqu’il était en pleine végétation. A cela se bornaient les soins qu’on lui donnait, ce qui ne l’empêchait pas de récompenser gé- néreusementson propriétaire. Au total, ajoute M. Saul , cet arbre ne nous donnait pas le quart de la peine qu’exigent nos arbres or- dinaires, quand on les cultive sous verre pour en obtenir des fruits.
Les Goyaviers sont des arbrisseaux de 3 à 4 mètres à l’état sauvage, mais qui de- viennent parfois tout à fait des arbres lors- qu’ils sont en bonne terre et surtout quand on les soigne. Aux Antilles, où ils sont com- muns, on en distingue deux espèces ou deux variétés, le Goyavier blanc et le Goyavier rouge. Le fruit du premier est de beaucoup le plus estimé ; il est recherché des Euro- péens autant que des indigènes, et sert d’ailleurs , comme celui du Goyavier rouge, à faire des compotes qui s’exportent jusqu’en Europe.
Les Goyaviers se multiplient de graines, mais très-facilement aussi de boutures, qu’on prend sur du bois à demi-aoùté. Ces boutures se plantent dans des godets rem- plis de terre siliceuse, qu’on plonge dans la tannée de la serre chauffée à 25 ou 26 de- grés. On les couvre ensuite d’une clo- che , pour maintenir l’humidité autour d’elles, mais, dès qu’elles sont reprises, on les découvre graduellement, puis, un peu plus tard, on les empote dans des pots bien drainés. Par trois ou quatre empotages successifs, faits à propos , dans une bonne terre meuble, amendée et bien drainée , on arrive à en faire des arbustes vigoureux de près d’un mètre de hauteur à la fin de la
l.Varûmrs, blanches nous entendons, Id, celles qui ne présentent aucune autre couleur, telles sont par exemple celles du Pécher dit blanche d’/hnérique {Whiteblossoni), du Pêcher à fleurs blanches doubles de Chine, etc, .Toutes les autres fleurs sont considé- rées comme étant roses, bien que parmi il y en ait qui présentent de nuances très-dilTérentes, soit très-foncées, comme celles du Pécher à fleurs rouges doubles delà Chine, soit, au contraire, à fleurs car- nées ou d’un rose très-pâle, comme sont celles du Pêcher-Malle , du Prugnonnier à fruits blancs, etc,
CULTURE DU GOYAVIER SOUS VERRE.
U
première année. Ils passent l’hiver en serre tempérée, et ne reçoivent que juste ce qu’il leur faut d’arrosage pour se maintenir en bon état. Au printemps suivant, on active leur végétation , et on les rempote deux ou même trois fois dans le cours de l’année, dans des vases de plus en plus grands. L’année suivante, ils commencent àOeurir et à donner quelques fruits; mais leur produc- tivité est beaucoup plus grande tà leur qua- trième année, et ne fait que s’accroître avec l’âge, surtout si, au lieu de les tenir en pots, on a pu les mettre en pleine terre,
dans un endroit bien éclairé de la serre.
D’après ceci , le Goyavier serait un arbre très-facile à élever en France, pour peu qu’on le mît à l’abri du froid sous une toiture de verre; et sa culture pourrait devenir un agréa- ble passe-temps pour les curieux. Ajoutons qu’il réussit fort bien à Alger, en plein air, et que, même en Provence, il donne des fruits qu’à la rigueur on peut trouver bons. Il est probable, du reste, qu’il y a ici, comme ail- leurs, des variétés fort différentes de valeur, et qu’il y aurait un choix à faire.
Naudin.
SUR L’ORIGINE DU PINCEMENT COURT
.APPLIQUÉ AUX ARBRES FRUITIERS,
Dans un article portant le même titre que celui-ci, inséré dans la Revue du fer décem- bre 18G5 (p. 452), M. Cbauvelot attribue la découverte du pincement à La Quintinye. Comme sa croyance nous semble on ne peut plus consciencieuse, et que nous sentons que la nôtre l’est tout autant, nous nous permettrons ici l’échange de quelques ré- flexions à ce sujet.
M. Cbauvelot dit d’une manière cbar- mante qu’il ne connaît pas le pincement in- finiment court. Qu’il me permette alors, en commençant, de lui en dire quelques mots.
Il connaît le pincement court de La Quin- tinye, évidemment aussi celui de M. Grin , notre contemporain. Il ne niera pas que l’un et l’autre n’ont qu’un seul but : la fruclifi- cation; que le dernier est mieux précisé, mieux étudié, mieux déterminé que le pre- mier, quoique plus général, puisqu’il s’ap- plique à toutes les branches, au lieu de l’être seulement aux gourmands présumés de La Quintinye. Il ne niera pas non plus que l’un et l’autre ne soient en réalité qu’une taille en vert; par conséquent , en- tachés de tous les vices de celle-ci : pertur- bation dans le cours de la sève , gaspillage de ce précieux élément; par conséquent, retard volontaire des produits impatiemment attendus. Enfin, qu’ils sont l’un et l’autre cause, quoiqu’à un degré différent, de tou- tes les maladies qu’une coupe quelconque fait encourir aux arbres.
Assurément, il sait que c’est là le vice capital de notre ancienne production frui- tière, vice en outre entaché de produits res- treints, au-dessous des facultés de nos ar- bres, et, dans tous les cas, produits beau- coup trop chèrement payés.
^ Cela posé, disons maintenant que notre pincement infiniment court, malgré le rap- prochement du titre, n’a rien de commun avec l’un ou l’autre des précédents ; et si ce n’était qu’ils sont tous trois exécutés pen- dant le mouvement de la sève, le dernier
différerait complètement des deux premiers ; car l’épithète de court donnée à ceux-ci est relative à la partie laissée, et celle d’infini- ment court du dernier ne l’est qu’à la partie enlevée, c’est-à-dire à l’opposé, ou tout le contraire. Ajoutons que celui-ci n’a aucun des inconvénients que je viens de préciser dans les deux autres; en outre, et c’est une qualité précieuse, il réalise seul l’obtention de la charpente de tous nos arbres fruitiers, ce que ne peuvent faire l’un et l’autre des précédents pincements que d’une manière très-imparfaite, qui d’ailleurs n’a pas même été tentée, que je sache. Cependant la char- pente ainsi obtenue l’estàl’aide des moyens les plus simples, les plus exempts de théorie, et, en outre, complètement affranchis de toutes les règles qui font la base de notre ancienne production fruitière. Ce fait se réalise avec beaucoup d’économie, comme je l’ai détaillé et prouvé dans mon opuscule sur la promplc formation de nos arbres fruitiers. Si , met- tant de côté ce genre d’emploi, on en exige seulement le service qu’on attend des deux autres pour la fructification , il s’y prêle mieux qu’eux encore, et devient si efficace que, sans aucun autre moyen, il permet d’obtenir une quantité de boutons fruitiers trois fois supérieure à ce que les arbres peuveYit nourrir de fruits; et ce fait est com- mun à toutes les espèces. A la vérité, il constitue un cas de retranchement, afin d’a- battre du tiers aux deux tiers de ces pro- messes trop multipliées dans notre nouveau mode de production fruitière. Ces retran- chements sont les seuls, au reste, néces- saires. Or, comme on a déjà diminué ces suppressions , il est probable que si des hommes de la portée de M. Du Dreuil y mettaient la main, elles se restreindraient encore.
Si malgré ces différences, qui, nous l’a- vouons, nous semblent capitales, M. Cbau- velot, à l’exemple d’ailleurs de plusieurs autres savants, veut absolument qu’il n’y ait
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SUR L’ORIGINE DU PINCEMENT COURT APPLIQUÉ AUX ARBRES FRUITIERS.
rien de nouveau sous le soleil, je n’insisle- j-ais pas ; mais qu’il permette en retour aux producteurs de bien sentir que l’obligation incessante de progresser est pour eux un besoin matériel de tous les jours.
Nous pensons donc que, si La Quintinye a réellement découvert nos moyens actuels (le production, il les a découverts à la ma- nière de la fable , en sentant et manifestant môme que le moindre grain de mil aurait bien mieux fait son affaire. En effet, suffit- il de passer à côté d’une perle pour la dé- couvrir? Ne faut-il pas surtout en apprécier la valeur? Or, s’il avait bien apprécié cette valeur, se serait-il laissé déborder par l’é- clopé de Detfenger, nouveau venu, proba- blement piètrement muni de moyens de pro- duction, lui qui ne s’était encore occupé jusque-là que du contraire, et qui, à coup sûr, n’avait nulle idée des progrès de La Quintinye.
Malgré tout cela, il l’emporte sur lui, fait école à Montreuil, en face de cet homme de mérite, resplendissant de connaissances, de génie et de tous les moyens que la raison peut désirer pour triompher d’un adver- saire; il le déborde, l’emporte sur lui à tel point, qu’il le fait presque totalement ou- blier dans son progrès.
Nous croyons donc qu’il y a eu là quelque chose qui a empêché la réalisation des pro- grès actuels; peut-être la découverte n’é- tait-elle pas assez élaborée , expérimentée ; peut-être aussi La Quintinye se préoccupait- il d’autres idées à cette époque, et par in- différence s’est laissé vaincre. Si seulement les besoins du temps repoussaient alors ces j)rogrès, il y a donc du nouveau dans le nôtre qui les souhaite ardemment.
Espérons donc les voir se réaliser. Toute- fois, nous ne devons pas dissimuler que les })rogrès actuels du pincemient entraînent avec eux, pour le moment, un très-grave danger, quelque chose comme ce qui s’est passé, dit M. Chauvelot, au temps de La Quintinye. Ce danger provient du mélange irréfléchi des anciens et des nouveaux prin- cipes. En effet, la mode veut que les termes moyens soient toujours les meilleurs. Or ici ce n’est pas le cas, car les deux procédés sont antipathiques. C’est ce qui fait qu’au- jourd’hui, avec deux modes de production, nous sommes en réalité moins avancés
qu’avec l’ancien seul. Aussi bien, malgré ses défauts, nous reconnaissons que la pro- duction ancienne, à la vérité entre les mains d’un petit nombre d’adeptes, produit cepen- dant de beaux arbres et de bons fruits, à tel point que nous ne pouvons nous empê- cher d’être surpris de ne pas entendre les Sociétés d’horticulture, la presse, ou même les savants isolés, tonner contre le fâcheux mélange dont nous parlons.
^ Nous permettre de dire que les savants n’ont pas seulement pour métier de décou- vrir, qu’il leur appartient aussi d’indiquer les meilleures voies, ou tout au moins de nous détourner des plus mauvaises, serait nous donner un ridicule. Après tout cependant , ce n’est pas là qu’est l’honneur d’un pro- ducteur, il est tout dans la production elle- même ; et dans ce sens, pour lui , il est peut-être heureux d’avoir tout perdu hors l’honneur, parce qu’alors seulement il a la conscience d’avoir fait tout ce qu’il a pu.
Résumons-nous. On vient de voir que ce n’est pas sans motifs que plusieurs amis du progrès s’agitent aujourd’hui, et que, par le chaleureux organe deM. le docteur Pigeaux, nous voyons s’ouvrir une noble et pacifique croisade. Espérons donc qu’un tel appel sera entendu et que bientôt l’un ou l’autre système triomphera. Quel que soit le choix, il sera moins désastreux que le mélange in- conséquent des deux
Quant à ce que j’ai ajouté à l’avis de M. Du Breuil, je n’ai jamais nié, ni à lui, ni à M. Gressent, que M. Grin avait eu le très- heureux honneur de répandre dans ses alentours le pincement court. J’ai rappelé seulement qu’avant lui M. Picot-Amette , sous le coup de la mode de l’ébourgeonne- ment, avait donné d’excellentes raisons de préférer le pincement, et qu’il avait, de son côté, pratiqué celui-ci. A chacun sa part dans ce monde : aux uns l’honneur de la découverte, aux autres celui de la répandre, et à tous d’en profiter. Voilà tout ce que j’ai voulu dire.
Il m’a semblé en outre singulier qu’on ait voulu, malgré les prétentions très-naturelles aux inventeurs, en affubler un d’une décou- verte qu’il rejette, comme l’a positivement fait la loyale modestie de M. Choppin , de Bar-le-Duc, relativement au pincement.
D. Boüscasse.
LES CATALOGUES HORTICOLES EN 1866.
Nous avons reçu les catalogues de plu- sieursétablissements français d’horticulture, en tête desquels nous signalons celui des pépinières André Leroy, d’Angers. L’énumé- iMtion de toutes les espèces mises en vente par cette maison forme une brochure de
150 pages en petit texte, en deux parties, l’une contenant les arbres fruitiers de toute nature, et l’autre les arbres forestiers et d’ornement. La première partie pourrait passer pour une classification scientifique de toutes nos bonnes variétés fruitières; afin
LES CATALOGUES HORTICOLES EN 4866.
d’en faire comprendre l’étendue, nous dirons seulement que la série des Poiriers compte 776 variétés distinctes. Chaque fruit est accompagné de sa sjrnonymie et de tous les renseignements succincts nécessaires rela- tivement à sa qualité, son époque de matu- rité et son origine. La seconde partie , qui traite des arbres autres que les arbres frui- tiers. comprend les espèces forestières ou d’ornementj les arbres résineux ou toujours verts, les arbustes à feuilles caduques, à fouilles persistantes, les arbustes grimpants et sarmenteux, les Camellias, les Conifères, les Magnolias , les Rosiers , les plantes pour haies , clôtures , palissades , abris , etc. M. André Leroy donne une excellente indi- cation en notant pour chaque espèce l’époque de la floraison et la couleur des fleurs , afin de diriger les amateurs dans leur choix. En outre, en tête du catalogue, on trouve un tarif de chemin de fer contenant environ 1,200 noms de localités, et indiquant, pour chacune de ces localités, le prix de transport de 100 kilogrammes de plantes venant d’An- gers, ainsi que la durée du parcours par petite vitesse. Le catalogue de la maison André Leroy est adressé franco contre 1 franc en timbres-poste.
— Passons d’une extrémité de la France à l’autre et rendons-nous dans la Moselle, où nous trouvons, à Metz, les importantes pé- pinières de MM. Simon-Louis frères. Les propriétaires de cet établissement viennent de publier les suppléments annuels à leur catalogue général descriptif. Nous en avons reçu trois, dont deux sont consacrés aux Rosiers , et l’autre aux arbres fruitiers , aux arbres et arbustes d’ornementnouveaux, aux oignons et griffes à fleurs. Pour les arbres fruitiers, cet extrait de catalogue ne donne que les variétés les plus nouvelles. Dans chaque espèce, des renseignements détaillés accompagnent les fruits récemment obtenus, et tixent les acheteurs sur le mérite réel des variétés qu’ils désirent.
MM. Simon-Louis frères annoncent à part les nouveautés obtenues de semis dans leur établissement pendant l’année qui se termine au moment de la publication de leur supplé- ment : c’est une habitude que nous vou- drions voir adopter par tous les horticulteurs. C’est ainsi qu^ils font pour le Framboisier Surprise d’automne provenant du même se- mis que le Framboisier Surpasse merveille, mis au commerce l’année dernière par MM. Simon-Louis. C’est la plus grosse des Framboises d’automne connues; elle est ovale-pointue, parfois rétrécie vers le milieu, et d’un beau jaune d’or. Ses rameaux de l’an- née, grands , robustes , vigoureux , se chargen t à l’automne d’une quantité énorme de magni- fiques fruits qui, par leur nombre et leur poids, les feraient bientôt ramper à terre, si on ne leur donnait un soutien. Nous y
voyons encore deux Clématites, nommées Clematis patem Marie et Clematis hybrida fulgens. Cette dernière obtenue par hybrida- tion, en même temps que la Clématite hy- bride splendide, publiée Pannée dernière dans la Bemie horticole (1855, page 70), ne le cède en rien à celle-ci, pour la beauté de son superbe coloris rouge, cramoisi foncé, velouté et nuancé de noir; de plus, au lieu de cinq pétales, elle a conservé les six pé- tales caractéristiques de h mkf èfhOlomütis lanuginom, Enüïi^n, Simon-Louis mettent encore en vente VUlmus microphylla punC'» latüt charmante variété de VUlmus campes- tris, à feuillage mignon , ponctué , sablé, maculé et strié de blanc et de vert clair, produisant un excellent effet lorsqu’il se dé^ tache sur d’autres végétaux à feuillage plus vert.
— La Compagnie horticole d’Hyères, société à responsabilité illimitée, qui suc- cède àrancienétablissementRautonnet,mais sur de bien plus larges bases , vient de pu- blier le catalogue de toutes les graines qu’elle tient à la disposition du commerce pour cette année. La production en grand des semences est une spécialité de la Com- pagnie d’Hyères; aussi ses prix sont-ils mo- dérés, puisqu’ils sont établis pour les mar- chands. Nous y voyons des graines de plantes annuelles et vivaces fleuries, de plantes an- nuelles et vivaces grimpantes, de Graminées ornementales, de Ricins, de Cannas (37 va- riétés), d’ Acacia et de toutes sortes déplantés et arbustes. Les Cucurbitacées ornementales et alimentaires forment une importante sec- tion de ce catalogue , et l’on peut accorder toute confiance aux renseignements qu’elle contient, car toutes les espèces ont été exa- minées et vérifiées par M. Naudin. La Société vend aussi des plantes vivantes de choix, qui consistent principalement en espèces orne- mentales de pleine terre pour le Midi, des arbres d’agrément et quelques arbres frui- tiers.
— A la page 13 du présent numéro, M. Naudin, à propos de la culture du Goyavier sous verre en Angleterre, signale la possibi- lité d’obtenir dans nos serres des fruits des plantes tropicales. Les amateurs qui seraient tentés de se procurer ce luxe ne pourraient mieux s’adresser qu’au Jardin d’acclimata- tion du Hamma, près d’Alger. Nous trouvons en effet dans le catalogue de cet établisse- ment pour le printemps de 1866 une liste d’arbres fruitiers des tropiques et des ré- gions tempérées élevés en pots et livrés à des prix qui varient de 1 à 5 fr. la pièce. Voici cette liste : Avocatier (Persea^ gratis- sima); Chérimolia {Anona cherimolia) ; Wampi des Chinois {Cookia puuctata)', Eu- genia Michelii ou wiiflora; Goyavier ordi- dinaire; Goyavier de Cattley ; Goyavier de là Chine; Jamlongue {Syzygium Jambo-
LES CATALOGUES HORTICOLES ÈN 1860, ii
Imium) ; Néflier du Japon ou Bibacier.
Outre les espèces ci-dessus, le catalogue du Jardin d’acclimatation algérien comprend des sujets et des graines de végétaux de toute nature i arbres verts, Conifères, arbres forestiers et fruitiers , Palmiers , Dracœna, Pandanus, Bambous, végétaux à essences odoriférantes pour les distilleries, plantes grasses, plantes aquatiques, plantes offici®
nales, Bananes, Goyaves, Citrons; et mémo des animaux tels qu’autruches et vers à soie du Ricin et de l’Ailante. Nous le re- commandons surtout aux personnes qui dé- sireraient acheter des plantes exotiques et des Monocotylédonées ornementales de serre chaude.
Al rfiRLEÏ.
RÉFORME DE l NOMENCLATURE BOTANIQUE ET HORTICOLE.
Nous avons à plusieurs reprises, dans ce recueil, défendu par des arguments incontes- tables, selon nous, la nomenclature gréco- latine des noms génériques et spécifiques contre une innovation aussi irréfléchie que peu rationnelle, par laquelle on prétend y substituer une nomenclature en langue vul- gaire.
Loin de nous l’idée de rouvrir les débats d’un procès soutenu de part et d’autre avec quelque vivacité, procès bien terminé, il faut l’espérer, et dont les parties s’attribuent chacune m petto les honneurs de la victoire ; c’est l’ordinaire : 77iais le public juge! Un seul mot cependant. Certes, les amateurs, les horticulteurs (ce ne sont pas les bota- nistes qui auraient l’étrange idée de la sub- stitution en question!), qui répudieraient notre admirable langage botanico-horticole, seraient isolés, nettement séparés de leurs confrères nationaux et étrangers, dont ils ne seraient pas compris; car tout d’abord, ils ne se comprendraient point entre eux; et dès lors plus de relations internationales, plus de commerce, plus d’échanges, plus... Mais nous nous arrêtons : continuer, serait recommencer un autre plaidoyer en faveur de notre opinion, qui est de conserver en horti- culture la langue savante, telle qu’elle est usitée par toutes les nations chez lesquelles fleurissent et la Botanique et sa sœur l’Horti- culture. Ce n’est jamais dans la savante Ger- manie, ni dans ia docte Angleterre qu’eût surgi le projet que nous avons combattu. Dans ces deux pays, les jardiniers eux-mêmes sont assez instruits pour comprendre et em- ployer au besoin le langage linnéen ; beau- coup même vous étonneraient par les con- naissances de diverses sortes qu’ils possè- dent; et la supériorité scientifico-jardinique des Allemands et des Anglais sur les Fran- çais, par exemple, est évidente. Instruisons nos employés; et, en un mot, s’il faut des bê- cheurs de plates-bandes et des ratisseurs d’al- lées, etc., il faut aussi des chefs de culture instruits, pour conserver vos plantes et les multiplier; sachant se servir du greffoir et de la serpette, mais aussi compulser avec fruit les Noiimiclatores botanici. Que tous les sa- ges esprits s’entendent donc pour conserver
ce langage universel, bien connu et lien fra- ternel entre toutes les nations, et dont cha- que mot, sauf ceux dédicatoires, peint d’un trait saillant, un genre, une espèce.
Nous avons éprouvé la douce satisfaction de voir toutes nos idées chaleureusement applaudies dans maintes lettres à nous adres- sées par des personnes hautement compé- tentes, mais dont les termes élogieux nous défendent la publicité ; nous ne sommes pas de ceux dont Claudien a dit :
Inquinat egregios aû]imcta. Superhia mores!
Mais tout en défendant de toutes nos forces et d’après notre intime conviction la nomen- telle que l’ont adop- tée tous ceux qui, à titres divers, s’occupent soit professionnellement, soit en amateurs, soit même en praticiens, de la Re herboria, nous n’avons pas voulu en dissimuler les dé- fauts, les trop nombreux errfl/a (bien ridicu- les quelquefois) qui en maculent les pages, et tels qu’un médiocre écolier en ferait des gorges-chaudes U
A quelles causes attribuer ces regretta- bles erreurs? A des causes multiples évi- demment : à l’ignorance des langues grec- que et latine ; à celle de la première au moins; à leur oubli, si on les a sues;tà l’inadvertance, à la préoccupation ; à la faute d’un copiste, d’un typographe? etc. Il serait mieux de dire à toutes ces causes à la fois! Sortis, en effet, des bancs de l’école, combien peu de jeunes gens, à suppose)' qu’ils aient fait de bonnes études^ se rappellent plus tard les langues savantes, qu'ils n'ont plusjn'ati- quées! Et la plupart auront oublié des deux la plus difficile, et malheureusement la moins usitée, le grec!
Si l’on nous accorde ce point, devons-nous * nous étonner que ceux d’entre eux, qui font de la botanique, estropient plus ou moins les noms qu’ils sont appelés à forger? Et, certes, cependant, bon nombre de ces au- teurs ont été plus oiunoins hellénistes. Mais,
* Hélas! les écrits de Linné fourmillent de telles fautes, que ses nombreux éditeurs subséquents au- raient bien dû pour respecter sa mémoire, cxpur(jare in toium.
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RÉFORME DE lA NOMENCLATURE BOTANIQUE ET HORTICOLE.
il faut citer des preuves : nous les prendrons au hasard , dans les auteurs dont la science, au reste, conservera toujours la mémoire, en raison des beaux travaux qu’ils lui ont légués (les convenances nous empêchent de parler des vivants) ; et tout en indiquant l’orthographe iTU/c des noms critiqués, nous croyons devoir supprimer les étymologies grecques {e's grec)! renvoyant pour cela le lecteur studieux à tous les lexiques de cette langue.
Calosonthes Blume, pour Callianthes (et mieux CaUümthe); DaimonoropSy Blume pour Daimonorophos; Orthrosauthes S\yeet, pour Orthranthus (ou Orthranthe) \ Diplu- sodon Pohl, pour Diplodon; Corysanthes B. Brown, pour Corythantes; thes Juss pour Gérât akthüs; Catananche L. pour Catanance ; Disemma Labill. pour Distemma; PhajiisLouY. pour Phæus; Gn- lanthush. pour Galactanthus; Orchidaceæ L. pour Orchiaceæ; Stachytarpheta, Yahl. pour Stachytarpheia; Sj)lachnum L. pour Splanchnum; Lisianthus L. pour Listan- THUS; Cup/tca Jacq., pour Cyphea; Astrolo- bium pour Arthrolobium; Acalypha L. pour Acalliapha; etc., etc. Nous en pas- sons, et des meilleurs, parmi des centaines.
La plupart des noms commençant par calo — pour caUi;mega — pour mégalo; une foule de noms hybrides, c’est-à-dire tirés à la fois du grec et du latin ; l’altération re- grettable des noms patronymiques de dédi- caces : Lestibodeaei Lestibodesia pour Les- TiBüUDOisiA; Delesseria pour Delessertia; Fourcrœa pour Fourcroya; Fontanesia pour Desfontanesia; etc. B ne im us faut pas omettre de citer encore les innombra-
bles solécismes qui résultent de l’emploi vi- cieux des genres grammaticaux latins, en y comprenant les noms grecs forcément latini- sés, \m pêle-mêle renversé de masculins, de féminins et de neutres (un seul, exempli gratiâ : Liriodendron Tulipifera). Pour évi- ter aux botanistes ce dernier inconvénient, il suffirait dans les ouvrages nomenclaturaux à venir, dans les tables, etc., déplacer après le nom générique les initiales (masculin); f (féminin) ; n (neutre) ; et cette légère addi- tion est d’une nécessité d’autant plus abso- lue que les terminaisons latines elles-mê- mes, malgré leurs désinences ns, a, nm, peuvent mettre l’écrivain en faute, en ce qu’elles n’indiquent quelquefois pas le genre grammatical vrai des mots.
Nous voudrions voir répudier les noms formés par anagramme. Cela, ce nous semble, indique l’impuissance des bota- nistes qui les créent, à saisir un caractère différentiel suffisant. Il faut éviter l’exemple d’un certain entomologiste, qui trouva par ce moyen vingt noms différents de genres, qu’il créait en anagrammatisant le petit nom d’une femme.
Force nous est de nous arrêter ici; nous passons sous silence une foule de faits d’une moindre importance : car bientôt nous écri- rions tout un code d'Orthographie nomen- claturale. Puissent toutefois ces quelques citations être appréciées par nos confrères, pour éviter , au moins dans l’avenir , les ridicules fautes qui maculent nos livres sys- tématiques !
Ch. Lemaire, l'rofesseur de botanique.
REVUE DES PUBLICATIONS HORTICOLES DE L’ÉTRANGER.
Le Botanical Magazme donne les figures et les descriptions des plantes suivantes ;
Arisæma papillosuiu. SCHOTT, pl. 5496.
Cette Aroïdée, dont les tubercules ont été envoyés récemment de Ceylan au jardin de Kew parM. Thwaites, naît dans la province centrale de cette île, à une élévation de qua- torze cents à deux mille mètres au-dessus du niveau de la mer. Le grand rhizome tu- béreux est employé en médecine dans la patrie de cette plante. Chaque pied ne pro- duit qu’une seule feuille, longuement pé- tiolée, pédiforme, divisée en sept à neuf lobes lancéolés, étroitement pointus au sommet. Il y a bien encore deux ou trois autres feuilles, mais elles sont réduites à l’état de gaînes. La spathe d’un vert foncé , à côtes blanchâtres , n’oflre rien de bien remarquable.
Aloeasla i^owll , Hoüker, var. Oicta, pl. 5497.
Le feuillage de cette magnifique Aroïdée a beaucoup de rapports avec celui de VAlo- casia metalleia. Les feuilles sont en dessus d’un vert extrêmement foncé; les nervures principales sont entourées d’une zone blan- châtre et les petites nervures sont marquées en blanc ; la face inférieure est d’un pour- pre sombre. Les feuilles, dont chaque pied ne développe qu’une seule, sont supportées par un long pétiole brunâtre strié en vert. La hampe florale sort de la tige à la base de la gaine formée par le pétiole, elle est munie â sa base de trois bractées engainantes. La couleur de la spathe est d’un vert clair dans sa partie inférieure , d’un jaune pâle â sa partie supérieure et extérieurement rouge au sommet.
I.æiin Lixdley, pl. 5498.
I Magnifique Orchidée à très-grandes fleurs
REVUE DES PUCLICATlOrsS HORTICOLES DE L’ÉTRANGER.
d’un pourpre pâle, à labelle d’un pourpre foncé, originaire de l’île Sainte-Catherine, près des côtes du Brésil. Les tiges ne por- tent qu’une seule feuille sur chacun des rameaux un peu enflés en pseudohulhes allongés, longs de 0"M0 à Les
feuilles, longues de 0"L20 environ, sont charnues , ohlongues , pointues. Le court pédoncule ne porte qu’une seule de ces magnifiques fleurs, qui sont plus grandes et l)lus charnues que celles du Lœlïa pumila.
Iresinc iSerlt^Ui, lîoOKER, pl. 5i99.
Les lecteurs de la connaissent déjà cette Amarantacée par la gravure coloriée et les articles que nous avons publiés. (Voir la Revue de 1865, pages 331, 365, 405).
ilglaoiieina maranta' folium, BloIE, yàv.foliis maciilatis, pl. 5000.
Encore une belle plante à feuillage. Cette
COMBUSTIBLE
Je visitais dernièrement l’établissement horticole de M. Cliantrier, à Mortefontahie.
Mortefontaine est situé à 4 kilomètres de la station de Survilliers (ligne du Nord) et il touche la région de terrains siliceux qui fournissent à Paris la meilleure terre de bruyère en immense quantité.
BI. Cliantrier ne se contente pas de pro- fiter de cette situation exceptionnelle et de cultiver dans son établissement, fondé au- trefois par M. Lefebvre, de grandes collec- tions d’arbustes de terre de bruyère; il se livre aussi avec succès à la culture des plan- tes de serre chaude.
En sortant d’une serre à. Dracœna, j’aper- çus près du fourneau des boules noires qui paraissaient pétries à la main, de forme assez irrrégulière et de la dimension d’un petit boulet de canon.
M. Cliantrier vint au-devant de ma ques- tion :
« C’est là mon seul combustible, me dit- il. Le charbon est cher et augmente beau- coup le prix de revient de nos plantes; il faut s’ingénier. Voici le moyen que j’ai trouvé de chauffer énergiquement mes serres à peu de frais :
(( Le secret consiste à allonger la sauce.
c( J achète en Belgique de ce cliarbon mi- partie de poussière qu’on appelle loul-ve- uant. Payé 12 fr. les lOOkilogr. sur place, il me revient à 24 fr. en gare de Survilliers.
délicieuse Aroïdée est native des îles Bla- laises, surtout des Bloluques. La forme type, à feuilles unicolores, est cultivée de- puis longtemps. Cette variété se distingue par la zone blanchâtre qui accompagne ses nervures latérales principales; la nervure médiane en est dépourvue.
Acropcra armcniaca, Lindley, pl. 5501.
Cette Orchidée est introduite depuis 1 850, dans nos serres. BI. Warszewicz l’a décou- verte vers cette époque au Nicaragua. Elle paraît cependant être assez rare dans les collections. C’esit une plante fort belle qui, par sa longue grappe pendante de fleurs d’un beau jaune, produit un magnifique effet; elle fleurit pendant l’été. Les pseu- dobulbes ovales portent deux grandes feuilles lancéolées. La culture de cette espèce n’offre aucune difficulté particulière.
J. Grienland.
Vous voyez que c’est encore bon marché.
Pendant les soirées d’hiver, au fur et à mesure du besoin, mes garçons mélangent ce charbon avec une égale partie de terre franche ordinaire mouillée. Bs pétrissent le tout à la main et entassent ces mottes gros- sières sous un hangar où elles sèchent quel- ques jours.
« On obtient par ces boulettes un feu très- vif, excellent surtout par sa longue conser- vation. La terre mélangée au charbon rougit, se pétrifie sous l’action d’une température très-élevée, et reste entière jusqu’à con- somption complète.
« Un feu allumé ainsi le soir dure facile- ment jusqu’au lendemain matin sans être touché, et dans une égalité très-soutenue d’incandescence, if'
Le procédé est excellent et surtout des plus économiques.
Je n’affirme pas qu’il soit de l’invention de BI. Cliantrier, mais je ne l’ai trouvé em- ployé que là sous une forme aussi simple et aussi ingénieuse.
J’ai été frappé de tous ces avantages : économie de temps et d’argent, égalité de température par le chauffage, propreté, fa- cilité de transport en détail et d’emmagasi- nage, et j’ai cru que quelques lecteurs de la Revue ne les entendraient pas déduire sans plaisir et sans profit.
E. André.
BEVUE COMMERCIALE HORTICOLE (DEi-x.ÈMEQmxz.m-EBEDÉcEMcnEisc;
Depuis quinze jours, c’est la hausse qui do- mine dans la tenue du marché aux légumes et aux fruits. L’augmentation n’est pa's encore Dieu forte et elle ne s’est fait sentir que sur
quelques denrées, mais il est probalile que les froids apez vifs des derniers jours de décembre vont généraliser ce mouvement. Pour le mo ment, les Choux-fleurs et les Iladis roses sont
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REVUE COMMERCIALE HORTICOLE (DEUXIÈME QUINZAINE DE DÉCEMBRE).
les seuls légumes dont les prix se soient élevés. ' Les premiers valent de 10 à 100 fr. au lieu de 10 à 25 fr. le 100; les Radis se Vendent de 15 à 25 fr. les 100 bottes avec 5 fr. de hausse sur le taux maximum. — Les autres légumes sont restés stationnaires aux prix suivants ; Carottes ordinaires, 15à25 fr. les 100 bottes; Carottes pour les chevaux, 7 à 10 fr. — Navets, 15 cà §4fr. _ Panais, 18 à 24 fr. — Poireaux, 15 à 25 fr. les 100 bottes. — Choux ordinaires, 5 à 15 fr. le 100. — Oignons en grains, 12 à 15 fr. l’hectolitre. — Céleris, 0L30 à OLOO la boite. — Champignons, 0L05 à OLIO le maniveau.
Herbes et assaisonnements. — Les herbes ont toutes subi de l’augmentation. Le Cerfeuil se vend'de OU 5 à 0L30 la botte ; c’est presque le double du prix de la fin de novembre. — Le Persil est coté de OUO à Of.25 la botte, avec OUO de- hausse sur le prix maximum. — Les Epinards valent de 0L25 cà Of.35 le paquet : la hausse n’est que de 5 centimes. — L’Oseille se vend toujours de 0f.30 à 0L90 le paquet; l’Ail de 1 fr. à 1L50 le paquet de 25 bottes; la Ci- boule et le Thym, de OUO a0U5 la botte et l’Echalote, de OLAO à OLGO.
Pommes de terre,— les prix n’ont pas changé depuis le commencement de déceml.ire. On vend la Hollande de 6 à 7 fr. l’hectolitre; la Vitelotte nouvelle, de 10 à 11 fr.; les Pommes de terre rouges de 6 fr. à 6L50 et les jaunes de 4 à 5 fr.
shades. — La Chicorée frisée ordinaire, a doublé de prix; elle vaut 4 fr. le 100; celle de première qualité a subi une augmentation de 2 fr. et se vend 12 fr. — L’Escarole commune est cotée 4 fr. comme il y a quinze jours ; la plus belle Vcaut GO fr. le 100. — La Laitue se vend toujours de 4 à G fr. le 100. — Le Cresson de fontaine est coté de 0f.40 à 0080 les 12 bottes. .
Fruits frais. — Les Marrons seuls ont dimi- nué; ils se vendent de 10 à 12 fr. au lieu de 12 à 13 fr. les 100 kilogrammes. — Le Chasse- las de serre n’est encore coté que de 2 à 4 fr. mais il est sur le point d’augmenter dans une forte proportion. — Les Poires les plus ordi- naires valent 25 fr. le 100; celles de première qualité se vendent jusqu’à 1 fr. la pièce. — Les Pommes sont cotées de 2050 à (5 fr. le 100, avec beaucoup de prix intermédiaires suivant la qualité.
Fleurs et arbustes d'ornement. — Les mar- chés du mois de décembre ont été pauvres, relativement à ceux de la fm de novembre ; ce qu'il faut attribuer à ce que l’abaissement de la température a arrêté toute végétation au de- hors, et à ce que les plantes rentrées ou culti- vées sous verre n’ont pas encore pris tout leur développement.
Peut-être aussi que les fleuristes gardent leurs meilleures plantes, en prévision des fêtes de fm d’année, qui leur permettent d’en tirer meilleur parti.
Ce qui est certain, c’est que Tahmssement du thermomètre pendant les jours qui ont pré- cédé Noël n’était pas fait pour encourager l’exhi- bition sur les quais de toutes ces plantes de serre qui font à cette époque de 1 année le fond des apports sur nos marchés. Néanmoins, quelques lleuristes munis de voitures-fourgons chaulTées avaient apporté une assez grande quantité de plantes qui ont été enlevées par les lleuristes vendant en boutique dans les divers
quartiers de Paris. D’autres plus courageux ont fait leur étalage habituel sur le quai, et l’y ont garanti au moyen d’abris faits de toiles, de pail lassons etc., sous lesquels plusieurs avaient même allumé des réchauds. Parmi les plantes a feuillage, beaucoup étaient restées ficelées et emmaillotées de papiers ; ce qui n’empêchait pas les acheteurs de les prendre quand même, sans exiger le déballage.
Plantes fleuries en j)ots. — Anthémis frutes- cents, 0f.50 à lf.50 — Billbergia, 5 à 10 fr. — Bruyères (Erica), 0L50 à 2 fr. • — Bruyères du Cap (Phylica), OLGO à lf.50. — Chrysanthèmes vivaces, üf.75 à lf.25. — Citronniers de Chme, lf.25 à lf.50. — Cinéraires hybrides, Of.75 à lf.50. — Camellia, 4 à 10 et 15 fr. — Cyclamen de Perse forcé, lf.50 à 2 fr. — Crassula cordata lf.25 àlf. 50. — Coronille glauque, lf.50 à 2 fr.
— Daphné Dauphin, lf.50 à2f.50. — Epiphyl- lum truncatum, lf.50 à 2f.50. — Fuchsia forcé, Of.75 à lf.50. — Héliotrope, Of.75 à lf.50. — Jacinthes romaines forcées, 0f.50 à lf.25. — Jasmin d’Espagne lf.50 à 2 fr. — Laurier-Tin 1 fr. à 2 fr. et au-dessus. — Orangers (rares), 2f.50 à 10 fr. — Œillets remontants, 1 fr. à lf.50. — Pensées, Of.25 à 0f.50. — Primevère deChine, 0f.50 à lf.25. — Rose de Noël, Of.75 à lf.25. — Réséda, Of.GO à 1L25. — Renon- cules turban forcées, Of.GO à lf.25. — Rosiers forcés, lf.50 à 2f.50. — Solanum Amomon, 0f.50 à Of.75. — Solanum capsicastrum, Of.75 à 1 fr. — Véroniques, Of.75 à lf.50. — Violettes des Quatre-Saisons, 0f.30 à 0f.50. — Tulipes Duc de Thol forcées, 0f.50 à 1 fr. ^
Plante à feuillage, pour décoration de jar- dinières meubles, lampes et vases d'apparte- ment. — Agave, 2 à 10 fr. — Aloës, 1 à 5 fr.
— Aspidistra, 8 à 10 fr. — Acacia lophanta, 0f.50 à lf.50. — Aucuba, lf.25 à 2f.50. — Ala- ternes, 1 fr. à lf.50. — Bégonia, lf.50 à 2f.50 et 3 fr. — Buis, Of.75 à lf.50. — Canna, Of.75 à lf.50. — Cyperus alternifolius, 1Ç50 à 3fr. — Chamærops, 5 à 10 fr. — Curculigo, 5 à 10 fr.
— Cereus flagelliformis, lf.50 à2f.50. — Cala- thæa zebrina, 2f.50 à 5 fr. — Cactées et Cras- sulacées diverses, Of.75 à lf.50. _ — Cotone- asters, 0f.75à lf.25 et 2 fr. — Delairea, Of.75 a 1 fr. — Dracœna congesta, lf.50 à 3 fr. — Dracœna rubra, H. 50 à^5 fr. — Dracœna ter- minalis variegata, 5 à 15 fr. — Dracœna aus- tralis, 3 à 10 fr. — Dracœna Brasiliensis, 5 à 15 fr. — Ficus elastica, 2f.50 à 10 fr. — Fou- gères, 0f.50 à 5 fr. — Fusains verts etai’gentés, 0f.50 à lf.50. — Gynérium, lf.50 à 5 fr. — Géranium à feuilles de Lierre, 1 à 2 fr. — Ge- névi’iers, Of.75 à lf.50. — Houx, Of. /5 à 2f.o0.
— Isolepis gracilis, 0f.50 à Of.75. — Iris pana- chés, 1 à 2 fr. — Lycopodes, Sélaginelles, 0f.50 à 1 fr. — Lierre, 0f.50 à 1 fr. — Laurier de Colchide, 1 fr. à lf.50. — Mahonia, 1 fr. à lf.75. _ Opuntia, 0f.50à lf.50. — Pitcairnia, 2f.50 à 5 fr. — Palmiers divers, 5 à 20 fr. — Pervenches panachées, Of.75 à lf.50. — Phor- mium, 3 à 10 fr. — Pins, 0f.50 à 2f.50.—- Ro- marin, 0f.30 à Of.75. — Sapins, 0f.50 a 2f.o0.
— Rhododendrons, 2f.50 à 5 et 10 fr. — Sapi- nettes, 0f.50 à2L50. -Troënes, Of.75 a lf.50
2 fr. — Tradescantia zebrina et repens, Of.75 à lf.50. — Thuya, 0f.50 à lf.50 et plus.
— Yucca, lf.50 à 10 francs.
A. Feu LE T.
CimONIQUE HORTICOLE (PREMIÈRE QUINZAINE DE JANVIER 1866).
Revue générale des progrès de riiorliculture en 1865. — Les fleurs nouvelles. — Nouveautés pornologiques.
— Lettre de M. Michelin sur la Poire Pvoux-Carcas. — La taille des arbres fruitiers. — La culture maraîchère. — Nécrologie. — Mort de M. Montagne; sa vie et ses travaux. — Lettre de M. Uhabert sur la mort de M. Victor Simon. — Médaille du Lindley, instituée par la Société royale calédonienne d’horticulture et de la Société d’horticulture d’Edinburgh en une seule sous le nom de Caledonian Society.
— Bureau de la Société centrale d’horticulture de Paris pour 1860. — Prochaine Exposition de Cherbourg.
— Médaille offerte par la Société de Cherbourg au meilleur traité d’arboriculture à l’usage des institu- teurs.— Cours de M. Du Breuil en 1866. — Les plantes à feuilles ornementales. — "Deux livres de MM. André et de Lambertye. — Réclamations relatives à la Cerise Cherry-Duke. — Opinion deM. Chaté sur le Géranium Triomphe de Geryovia, — Lettre de M. Sisley. — Distribution de graines du Crocos- rnia aurea, — L’huile de pétrole pour la destruction des insectes parasites. — Nouvelles variétés de Glaïeuls.
Lorsqu’on commence une nouvelle année, lorsque les travaux de chaque jour de l’an- née écoulée se sont accumulés dans l’éloi- gnement du temps, il est bon de jeter sur le passé un regard rapide afin de mesurer la route parcourue, de rechercher s’il a été fait quelque chose d’utile, de reconnaître au besoin les fautes commises. Nous de- mandons donc à nos lecteurs, avant de nous remettre en route pour 1806, de voir en raccourci l’œuvre accomplie par la Revue horticole en 1805.
Notre recueil a l’ambition de s’occuper de toutes les branches des cultures qui ne ren- trent pas dans l’agriculture , c’est-à-dire dans lesquelles l’intervention directe de la main de l’homme est à chaque instant, pour ainsi dire, nécessaire. La plus importante de ces cultures est incontestablement celle des fleurs et des plantes d’ornement. Or, la Re- vue horticole s’est occupée, en 1865, de faire connaître Y Anthurium magniftcum et leRignonia argyrea, deux belles plantes à feuillage coloré venues directement de la Nouvelle-Grenade à Paris; — le Doryanthes excelsa, dont la floraison a eu lieu pour la première fois au Muséum d’histoire natu- relle sur une plante âgée de plus de qua- rante ans ; — le Fremya aurantiaca, char- mant arbrisseau de la Nouvelle-Calédonie; — la Clématite hybride splendide , superbe gain de MM. Simon-Louis frères ; — VAchy- ranthes Verscliaffeltiiy qui n’était encore que très-peu connu en France ; — deux belles variétés de Caladium^ obtenues par la fé- condation artificielle, les Caladium Lamartine etM"ie Andrieux; — le Géranium, conquêtes françaises, et des gains remarquables d'An- tirrhinum, AOEillets, de Pélargonium, _de Primevères, de Verveines.
Dans le domaine de la pomologie, qui a le privilège de passionner tant d’amateurs, laitcrnc/mr/œofcapatronnérexcellentePoire Roux-Carcas,qui a conquis unrang distingué parmi les Poires de grande production; — les Figues Gourreau noire et blanche à peau verte ; — les Poires Bergamote Lesèble , BesiQuessoi d’été. Général Tottleben, Marie Cuisse, Olivier de Serres, Philippot, variétés qui ont déjà fait leurs preuves; — les Poires
Professeur Barrai et Colorée de juillet, plus récemment obtenues et sur le mérite des- quelles l’étude permettra bientôt de pronon- cer;— l’excellente Pomme M^^ Huart; — la Pêche Pavie de Tonneux; le Raisin Prunella gris de Lot-et-Garonne, qui vient ajouter à la richesse et à la variété de nos raisins de table; — la Fraise D^’ Nicaise, dont le mérite a été l’objet d’une polémique si vive; — la Framboise orange de Brinckle, remarquable nouveauté anglaise; — les Ce- rises gros Guidoul tardif et May-Duke, va- riétés méridionales dignes de se répandre dans tous les jardins.
Nous venons de citer la poire Roux-Carcas, un des fruits donüdi Revue horticole croit avoir le mieux fait de recommander les mérites. Nous sommes heureux de trouver la confir- mation de tout ce qui a été dit dans nos colonnes; M. Michelin, ^si compétent en cette matière, nous adresse à ce sujet la lettre ci- jointe qui, en indiquant les dangers des ju- gements isolés dans l’appréciation des fruits, vérifie complètement tout ce qu’avait avancé notre collaborateur de Carcassonne , M. Carbou :
« Monsieur le Directeur,
« L’expérience nous apprend qu’on s’expose à de graves mécomptes lorsqu’on se prononce d’une manière trop prompte et exclusive sur des fruits nouveaux, parce que les mêmes variétés, sous l’influence du sol, de l’exposition, du climat et même de la culture, offrent des différences qui déconcertent ceux qui se croyaient autorisés à être sûrs d’eux-mêmes.
« A mon sens, les meilleurs juges en matière de fruits sont des praticiens venus de divers pays, apportant le produit de leurs propres observa- tions et faisant justice de l’enthousiasme , de l’ignorance ou du parti-pris, et enfin se fondant sur des éléments puisés à des sources diffé- rentes.
« Voilà pourquoi le congrès pomologique qui a pris naissance à Lyon me paraît en principe une excellente institution à laquelle je souhaité l’adhésion de toutes les Sociétés d’horticulture et la sympathie de tous les pomologîstes, afin quelle puise dans un concours plus unanime la force nécessaire pour mieux s’organiser et agir avec plus d’efficacité qu’elle ne l’a fait jusqu’ici pour l’amélioration des cultures fruitières , une I des richesses de la France.
16 JANVIER 1866.
T. 1. — 2.
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CüilOINIQUE HORTICOLE (PREMIÈRE QUINZAINE DE JANVIER ISüGj.
« Les jugomciils isolés sur les fruits sont dan- gereux : n’ai-je pas vu, il n’y a pas longtemps, dans les colonnes de la Revue horticole^ qu’un auteur, dont les écrits nombreux prouvent le talent, présentait comme parfaite une nouvelle Poire, superbe il est vrai , mais que mes collè- gues, tous très-compétents, à deux reprises trou- vèrent presque médiocre quant au goût, malgré le regret qu’ils éprouvaient d’être en contradic- tion flagrante avec un jugement trop prompte- ment publié dans un journal sérieux comme le vôtre.
« Et M. le professeur Chauvelot ne venait-il pas dernièrement, avec une assurance qui doit étonner tous ceux qui sont instruits par l’expé- rience, renverser un édifice élevé par plusieurs Sociétés d’horticulture, et d’un trait de plume mettre à néant une bonne Poire de l’année i862, celle Souvenir-Favre, en faveur de laquelle moi- même, dégustateur très-convaincu, j’avais voté à Paris et à Piouen où elle a obtenu une médaille d’argent.
)) La compagnie à laquelle j’ai l’honneur et le plaisir d’appartenir a pour règle de ne pas se prononcer sur des fruits de semis la première année, et elle a bien raison; il faut que les grains de l’arboricullure aient été plusieurs fois éprou- vés avant de prendre rang, et que les pomolo- gistes qui s’adonnent à les étudier, s’édifiant mutuellement sur le mérite qu’ils leurs recon- naissent, aident ainsi la vérité à se faire jour.
« C’est à ce point de vue. Monsieur le Direc- teur, que je viens vous parler d’un fruit nouveau dont il a été fait mention aux pages 91 et 404 de la Revue horticole de l’année 1864, et dont j’ai pu, l’été dernier, les 18 et 21 août, apprécier plusieurs échantillons, la Poire Roux-Carcas.
(( Ce fruit, obtenu par M. Roux, horticulteur à Carcassonne, m’avait paru, je l’avoue, l’objet d’un éloge dont je redoutais un peu l’emphase, et j’ai profité avec plaisir de l’occasion de faire connaissance avec lui.
«Je suis tombé d’accord avec ce qui a été écrit sur ce fruit dans la Revue, trouverez-vous bon que je vous le dise ?
« En tous cas, que mon jugement ne pèse dans la balance que comme le grain de sable, et je croirai avoir travaillé pour une bonne cause en consacrant quelques lignes à un de ces fruits qui semblent de nature à enrichir la consomma- tion publique.
<( La Poire Roux-Carcas est assez fondante, très-juteuse, un peu acidulée et d’un goût assez prononcé qui est très-agréable ; elle est hâtive, mûrissant en août, et si l’on ajoute que l’arbre est vigoureux, abondamment fertile et particu- lièrement propre à la culture en plein champ, on pourra espérer de le voir un jour d’une grande ressource jjowr* le marché.
« -l’ai planté des sujets de cette variété jtour les observer par moi-même ; il est à souhaiter ([lie d’autres, et sur des points différents, en fassent autant que moi.
« Recevez, Monsieur le Directeur, l’assu- rance de ma considération la plus distinguée et de mon dévouement à l’œuvre que vous pour- suivez.
« Michelin. »
Les procédés û suivre jujur la conduite des arbres fruitiers ont été l’objet de discus- sions approfondies; on a mis en question 1
Futilité même de la taille; des renseigne- ments intéressants ont été donnés sur l’ori- gine de la pratique du pincement court et il a été fait une étude comparative des mé- thodes anciennes et modernes pour la for- mation des arbres à fruits. Le procédé d’inclinaison des branches, auquel l’appari- tion de M. Ilooïbrenk sur la scène avec l’au- réole dont, dans les hautes sphères sociales, on aime quelquefois à entourer des hommes qui retombent plus bas que leur point'de dé- part, avait prêté une vertu extraordinaire, a été plus sainement apprécié : il a été ra- mené à sa véritable valeur; on doit l’em- ployer quelquefois, comme on le faisait depuis trois quarts de siècle au moins.
La culture maraîchère est, en raison de son utilité dans l’ordre social , toute voisine de l’arboriculture, quepeut-être elle dépasse. Mais ici les progrès sont difficiles. La Revue horticole n’a pas manqué de faire connaître tous les légumes nouveaux qui ont éfé es- sayés, toutes les méthodes culturales qui ont été indiquées pour l’obtention de légumes meilleurs ou pour l’amélioration de leur production.
Des questions générales ont été aussi agitées dans nos colonnes avec quelque fruit pour la science. Nous nous contenterons de citer les principales : , ,
Physiologie végétale. — Étude de la théo- rie de Darwin sur l’origine des espèces; — Unité de l’espèce botanique; — Étude de la fécondation artificielle et de ses résultats.
Nomenclature botanique. — Ses avantages et ses inconvénients.
Enseignement horticole. — Cours et con- férences; — Rôle des instituteurs commu- naux dans la propagation de l’enseignement de l’horticulture dans les campagnes.
Administration horticole. — Annexion de l’horticulture aux Concours régionaux agricoles; -- Transport des plantes par les chemins de fer; — Congrès et Exposilion universelle d’Amsterdam, faisant suite aux grandes solennités de Bruxelles, en 1804, et préparant celles de Londres, en 1800. En 1805, nous avons doublé le nombre des planches coloriées de la Revue, et nous don- nons maintenant par an vingt-quafre plan- ches do fleurs et vingt-(|uatre planches de fruits et de légumes. Nous sommes ainsi en mesure de faire coimaîlre sons leur vérilahle aspect tonies les nouveanfés liorlicolos.
La nécrologie a été longue et douloureuse en 1805; l’année 1800 commence à peine et déjà nous avons plusieurs morts à enre- gistrer. Dès notre Chronique du numéro du 1er janvier, il nous fallait écrire sur ce sujet an milieu des larmes. Aujourd’hni encore, le même devoir recommence. C’est d’abord la mort dcM. le docteur Montagne, membre de l’Académie des sciences cl noire collègue à la Société centrale d’agriculture.
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CHRONIQUE HORTICOLE (PREMIÈRE QUINZAINE DE JANVIER 1866).
M. Montagne avait atteint 8!2 ans; son grand âge Tendait l’événement fatal iniini- nenl; mais il était de ces hommes que l’on voudrait voir vivre toujours, en raison delà haute valeur de leur intelligence et de leur caractère.
Jean-François-Gamille Montagne était né àVaudoy (Seine-et-Marne), le 15 février 1 784. Son père était chirurgien ; mais il mourut jeune. Sa femme le suivit dans le tombeau, et il ne resta qu’un orphelin abandonné, dont l’éducation se fit au hasard et sans maîtres. Il arrive souvent que l’adversité hâte la maturité; à quatorze ans , en 1798, Camille Montagne était déjcà énergique. Il prit tout d’un coup la résolution de s’enga- ger au ministère de la marine comme novice timonier. Celui qui plus tard devait être un grandbotanistes’enallatoutenfant àpied, le sac sur le dos, de Paris à Toulon , où il fut embarqué comme mousse sur le Lodi. Il fut alors désigné pour faire partie de l’ex- pédition d’Égypte. Sa vive intelligence l’a- vait fait remarquer de ses chefs ; un sergent- major, un médecin, se chargèrent de son éducation; un capitaine de vaisseau le prit comme secrétaire. L’enfant apprit, au con- tact des illustres savants de l’héroïque ex- pédition, à aimer la science et l’étude , et lorsqu’en 1802, il revint cà Paris, il fit avec succès ses cours de médecine. Il fut nommé chirurgien en 1804. Le hasard des événe- ments le conduisit successivement à Dun- kerque, puis à Boulogne-sur-Mer, enfin à Naples. Le roi Murat le remarqua, etil devint, au bout de quelques années, chirurgien en chef de l’armée napolitaine. Après l’entrée des Autrichiens à Naples, il fut fa.t prison- nier et emmené en Hongrie. Il ne recouvra la liberté qu’en 1816. Il pratiqua la méde- cine à Paris jusqu’en 1819, époque où il fut rappelé au service militaire. En 1830, il était chirurgien en chef de l’hôpital mili- taire de Sedan, et il prit sa retraite en 1832.
Camille Montagne offrit alors l’exemple rare d’un homme âgé de 48 ans débutant dans la carrière scientifique; mais il se ré- véla aussitôt par des travaux originaux. Il avait fréquenté les plus illustres botanistes du commencement de ce siècle , et durant ses nombreux voyages en France, en Egypte, en Italie, en Espagne, il avait beaucoup ob- servé. L’étude des végétaux inférieurs ou cryptogames était très-négligée en France; il s’y adonna avec passion. Il décrivit et fi- gura plus de 2,000 espèces de ces végétaux, et il jeta une vive lumière sur leur constitu- tion. Il acquit ainsi une réputation incon- testée , et il rendit d’immenses services en montrant l’importance du rôle des crypto- games dans la vie à la surface du globe. En 1853, l’Académie des sciences l’élut dans la section de hotani([ue en remplacement d’Achille Puchard. H avait alors 69 ans.
mais nous l’avons vu continuer avec ardeur ses travaux jusqu’à plus de 80 ans; travaux pénibles , car ils nécessitaient l’usage con- stant du microscope. C’est avec un vif cha- grin qu’il dut alors renoncer à ses recherches personnelles et se contenter de suivre les travaux des autres. Il avait consacré trente années de sa vie à faire connaître par des descriptions et des figures analytiques des plantes qui avant lui n’étaient pour la plu- part qu’un objet de dédain, si l’on en ex- cepte ciuelques-unes employées dans les arts, dans la médecine ou l’alimentation humaine, comme les champignons. A la fin de 1863, il justifiait dans les termes suivants la continuité de ses travaux :
« Abstraction faite de toute application, écri- vait-il, on ne saurait vraiment imaginer l’intérêt croissant toujours nouveau que l’étude des plan- tes inférieures inspire à ceux cmi y consa- crent avec désintéressement leurs longs loisirs. Ainsi, pour ne parler que des Algues, ces plan- tes admirables, qui vivent au fond des mers ou peuplent des eaux douces, sont^ pour ainsi dire, la palette où le Créateur a étalé ses plus bril- lantes couleurs, pour composer de son magique pinceau, en en graduant admirablement les nuances, ces végétaux qui forment une de ses plus brillantes parures, et le milieu même où elles vivent et se perpétuent ne peut-il pas être considéré comme l’immense laboratoire dans lequel, essayant ses forces, elles s’élèvent par gradation à des formations successives de plus en plus compliquées par le mélange varié et modifié à l’inlini des éléments les plus sim- ples. »
PourM. Montagne, rien n’était plus admi- rable que le monde des infiniment petits. Deiis maximiis inminimisf disait-il.
M. Montagne est mort à Paris, le 6 jan- vier, après une courte agonie. Sur sa tombe, M. Brongniart a parlé au nom de l’Aca- démie des sciences; M. le baron Larrey, au nom du corps des médecins militaires, et M. Bobinet, au nom de la Société d’agri- culture et de l’Académie de médecine. L’es- time et la vénération de tous les amis des sciences s’atta'cheront toujours au souvenir deM. Montagne. Il a voulu continuer à être utile après sa mort; ses héritiers collaté- raux jouiront de l’usufruit de sa petite for- tune, une trentaine de mille francs, mais il en a légué la nue propriété, ainsi que son microscope, à l’Académie des sciences. Il a laissé au Jardin des Plantes de Paris son très-riche herbier, à la la confection duquel ont concouru des savants du monde entier. Les matériaux qu’il avait amassés pourront servir de hase à de nouvelles recherches et à de nouvelles conquêtes de l’esprit humain.
— Nous devons encore annoncer la mort d’un homme qui, à des titres différents, a rendu service à Phorticulture. Il s’agit, comme il y a quinze jours, d’un de nos
CHRONÎQUE HORTÎCOLE (PREMIÈRE QUINZAINE DE JANVIER 1866).
U
compatriotes de Metz. Si nous parlons sou- vent ici de l’horticulture de la Moselle, on ne doit pas croire que c’est seulement parce que nous appartenons à ce pays par notre naissance et une partie de notre famille : notre motif est plus sérieux ; la Moselle est depuis longtemps un foyer d’où sont partis en très-grand nombre de progrès horti- coles. L’ami de l’horticulture messin dont nous déplorons aujourd’hui la mort, est M. Victor Simon, conseiller honoraire à la Cour impériale de Metz. Sur cette mort, nous recevons la lettre suivante de M. Cha- bert :
« Melz, 8 janvier 4866.
(( Monsieur et cher compatriote,
(( Le 25 décembre 1865 est décédé à Metz, à la suite d’une longue et douloureuse maladie, Charles-François-Yictor Simon, né en cette ville le 3 mars 1797, conseiller honoraire à la Cour impériale, chevalier de la Légion d’honneur, auteur d’un certain nombre de publications im- portantes sur l’agriculture, la géologie, l’iiis- toire et l’archéologie locales. 11 avait le titre de correspondant du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Instruction publique pour la con- servation des monuments nationaux, et de sous- directeur de l’Institut des provinces pour les provinces du nord-est de la France.
Membre fondateur de la Société d’horticul- ture de la Moselle, Victor-Simon avait été appelé à faire partie, dès l’origine, de son conseil d’administration. Il s’était souvenu constamment que fonctions obligent. Aussi, après avoir acti- vement secondé le mouvement pratique horti- cole dans notre pays, à partir de 1843, avait- il songé à fairé une large part aux discussions sérieuses sur ce point, lors des assises scienti- iiques tenues à Metz en 1854 et 1861. Nous eûmes la satisfaction d’être secrétaire de cette dernière session, sous sa direction intelligente et libérale. Les questions les plus intéressantes y furent dévelojipées avec tous les soins dési- rables. Les procès-verbaux et les mémoires im- primés en font foi.
^ « Dès avant l’établissement de la Société d’horticulture de la Moselle, Victor-Simon avait demandé la création d’un cours d’arboriculture à l’autorité départementale, et avait vivement favorisé les leçons de botanique données au Jar- din-des-Plantes de la ville de Metz par les esti- mables professeurs volontaires les Holandre, les Fournel, les Haro.
(( Gomme membre de la Société horticole mo- sellanne, Victor-Simon eut l’initiative de propo- ser la distribution entre les jardiniers lauréats des expositions d’outils perfectionnés, et de la création d’une sorte de musée, composé des modèles des meilleurs fruits dont la culture est principalement recommandée dans les départe- tements de l’Est.
« La vie de cet homme éminemment instruit et toujours laborieux, ne peut se résumer en quelques lignes ; elle est du reste tout au long tracée dans les Annales savantes de notre ville.
« Veuillez agréer, etc.,
« Chabert,
((Membre du Conseil d’.'idminisiralion de la Société d’horlicuUiuc delà Moselle. »
A propos de nécrologie, nous avons an- noncé récemment lamortdudocteurLindley. Nous rappelons aujourd’hui cet événement parce que le Conseil de la Société royale d’horticulture d’Angleterre a résolu d’in- stituer une médaille qui s’appellera Lm- dley medalj etqui sera remise aux exposants les plus méritants des réunions scientifi- ques du mardi. Cette médaille acquerra ainsi une double valeur, comme marque de respect envers la mémoire d’un de ceux qui ont le plus fait pour la Société royale et comme un signe de l’intérêt qui S'attache à ses meetings horticoles.
Le Gardeners'Chronide nous apprend que la Société royale calédonienne d’horticul- ture et laSociété d’horticulture d’Edinburgh, qui se disputaient la prééminence en Ecosse, et qui ont été le centre de travaux impor- tants et fort distingués depuis plusieurs an- nées, viennent de se fusionner pour con- stituer une seule Société qui prendra le nom de Caledonian Society. Les termes et les conditions de ce traité d’union, dit le rédac- teur du Gardeners'Chronicle, nous permet- tent d’espérer que l’énergie et l’utilité de ces deux savantes corporations n’auront qu’à gagner à cette fédération intellectuelle. La Société royale calédonienne d’horticul- ture, plus jeune que son alliée, lui rend à coup sûr un grand service, sur ce que son annexion permet de renouveler les statuts surannés et de reconstituer en une base durable un édifice scientifique incompara- ble ; d’un autre côté, la Société d’borticul- ture d’Fdinburgh apporte à l’association toute l’autorité de sa célébrité antérieure. La Caledonian Society semble donc appelée à un avenir brillant et durable. Ses jardins font désormais partie du domaine de l’an- cienne Société d’Edinburgh et sont destinés à l’établissement d’une pépinière expéri- mentale annexée au Royal Botanic Garden. Avant cette fusion, une grande rivalité avait toujours existée entre ces deux Sociétés; mais les intérêts de la science avaient tou- jours gagné à ces luttes. Il est donc permis de croire que celte fusion ne sera pas dé- truite par un antagonisme indigne d’une des grandes institutions horticoles de l’Europe.
— Dans sa dernière séance de 1805, la Société centrale d’horticulture a constitué son bureau de la manière suivante :
Président : M. le maréchal Vaillant.
Vice-présidents: MM. Drongniart, Andry, Dépin, Doisduval.
Secrétaire général: M. Douchard-Iliizard.
Secrétaires : MM. Verlot, Neumann,, Rouillard, Bariilet-üeschamps.
Trésorier : M. Moras.
Trésorier-adjoint : M. Lecocq-Duménil.
Conseillers : MM. Ghauvière, Thibaut, Rivière,, Eug. Verdier.
Bibliothécaire : M. Pigeaux.
CHRONIQUE HORTICOLE (PREMIÈRE QUINZAINE DE JANVIER 1866).
— Nous n’avons reçu dans cette quinzaine qu’un seul nouveau programme pour les Expositions horticoles pour 1866. C’est celui de la Société d’horticulture de Earrondisse- ment de Cherbourg. Cette Société tiendra une Exposition particulièrement consacrée à la culture maraîchère, du 12 au 15 mai. Des récompenses seront en^ même temps décernées aux instituteurs qui auront donné à leurs élèves des leçons théoriques et pra- tiques d’horticulture, et nous lisons dans le programme la disposition suivante :
« Une médaille d’or est offerte par la Société au meilleur traité d’horticulture pour les insti- tuteurs, appelé à répandre dans nos campagnes les connaissances pratiques les plus exactes de la culture maraîchère et fruitière , ou aux meil- leures publications horticoles offrant un intérêt spécial pour l’arrondissement de Cherbourg. »
A l’occasion de l’enseignement horticole, nous devons annoncer la réouverture des cours que M. Du Breuil professe chaque année à Paris. Ces cours sont au nombre de trois : 1° un cours public et gratuit de viti- culture et d’arboriculture, au Conservatoire impérial des arts et métiers, les lundis et mercredis, à 1 heure, à partir du 15 janvier; 2» un cours pratique et gratuit d’arboricul- ture, fait , sous le patronage du Ministre de l’agriculture, pour les jardiniers, au jardin fruitier du professeur, rue de Grenelle- Saint-Germain, 139, tous les dimanches à midi , à partir du 4 février ; 3° un cours payant d’arboriculture , qui commencera le 9 février, à 2 heures de l’après-midi et sera continué tous les mardis et vendredis jus- que vers la fin d’avril. La même leçon sera répétée chaque jour à 9 heures du matin et à 2 heures après-midi. Une heure spéciale (de 1 heure à 2 après midi) sera réservée pour les dames qui désireraient profiter de cet enseignement. Des cartes d’entrée sont délivrées chez le professeur, 9, boulevard Saint-Germain, ou chez le concierge, 139, rue de Grenelle-Saint-Ger- main.
Il vient de paraître deux petits volumes qui portent tous deux le titre de : Les plantes à feuilles ornementales. Ils sont dûs, l’un à M. André, l’autre à M. de Lambertye, c’est- à-dire à deux de nos collaborateurs. Mais, quoique ceux-ci s’occupent simultanément du même sujet, ils présentent l’exemple de la continuation des relations les plus ami- cales. Il sera rendu des comptes spéciaux de ces deux livres. Nous devons nous borner à dire aujourd’hui que l’ouvrage de M. de Lambertye sera partagé en trois parties dont la première seule a paru : elle est consacrée aux principales espèces de Sola- num;^ la deuxième partie comprendra les principales espèces et variétés de Canna, et la troisième, un mélange d’espèces apparte- nant à d’autres genres. Le plan du petit
U
volume de M. André est tout différent. Après des généralités sur les différents modes de culture, il présente une sorte de diction- naire alphabétique des plantes à beaux feuil- lage cultivées aujourd hui pour orner les jardins. Ce sont deux ouvrages qu’on con- sultera avec un grand intérêt.
— Nous devons insérer la réclamation suivante, à laquelle nous donnons tout notre assentiment :
« Monsieur,
« Encore une erreur typographique à propos des noms anglais : dans l’article sur les Cerises anglaises que vous avez reproduit dans votre numéro du Ier décembre dernier, page 463, j’ai dit, avec Duhamel, Cherry-Duke^ et non Clary-Duke. Je relève cette incorrection pour vous éviter des réclamations étrangères et pour venir à l’appui de votre observation sur l’oppor- tunité de donner à nos variétés de fruits des noms français. »
« P. DE MORTILLET.
« Meylan, 18 décembre 1865. »
A propos de la discussion qui s’est enga- gée dans nos colonnes entre M. Gagnaire et M. Bruant, sur le Géranium Triomphe de Gergovia, nous devons placer ici, en ré- ponse à la lettre de M. Gagnaire, insérée dans le numéro du décembre dernier (page 433), l’opinion suivante de M. Chaté fils.
« La variété Aug. Ferrier (ou Triomphe de Gergoria est meilleure à tous égards que celle à fleurs pleines Martial de Champfîourd; car, quoique moins double, elle est d’un coloris plus brillant, sa floraison est bien plus abon- dante, et elle deviendra la source de nombreu- ses variations
(( L’impulsion, comme on le voit, est donnée ; nul doute que d’ici à quelques années, nous possédions des Géraniums à fleurs doubles, aux coloris aussi variés et aussi florifères que leurs congénères à fleurs simples. »
Comme conclusion , nous ajouterons qu’il faut encourager toute tentative nou- velle, quoiqu’il soit juste de modérer par- fois les enthousiasmes trop ardents. Avec ce sentiment des choses, les horticulteurs pourront différer d’opinion, et non pas se combattre avec violence.
La lettre suivante , que nous adresse M. Jean Sisley, renferme un renseignement et une question qui seront lus avec intérêt. Le renseignement est relatif aux graines de Crocosmia aurea; la question porte sur l’u- tilité de l’huile de pétrole pour la destruc- tion des insectes parasites des plantes.
« Lyon, le 28 déeembre 1863.
« Monsieur,
(î: N’ayant pu satisfaire à toutes les demandes qui m’ont été adressées , pour les graines de
1. Ces deux variétés de provenance distincte, et mises au commerce à peu près à la même époque, , ont été depuis reconnues identiques.
26
CHRONIQUE HORTICOLE (PREMIÈRE QEINZAINE DE JANVIER ISGGj,
Crocosmia aurea que j’offrais aux abonnés de la Revit e ho) ticole , le 1er février dernier, je vous prie de vouloir bien les prévenir que j’en ai fait une récolte abondante, et que je serai charmé de partager avec les amateurs qui m’en adresseront la demande avant le 10 février pro- chain, époque à laquelle il est convenable de les semer, si l’on veut voir fleurir les plantes en août.
(( Je profite de cette occasion pour rappeler aux arboriculteurs qui lisent la Revue que je cherche depuis quatre ans un remède pour dé- truire ou chasser les mouches, dont les larves détruisent mes récoltes de Poires, et que tous les moyens que j’ai employés sont restés infruc- tueux.
« M. Georges Barrai , dans le numéro du 1®'’ avril 1865 de la Revue horticole (nage 1-39), a cité les expériences faites par M. le docteur Decaisne, médecin principal de l’hôpital d’An- vers, sur l’emploi de l’huile de pétrole pour dé- truire les insectes parasites des animaux et des plantes, et engageait les horticulteurs à en ex- périmenter l’emploi.
« Je redoute d’en user sur une grande échelle, car j’entends dire autour de moi que cette huile est très-nuisible aux arbres.
« Si quelques-uns des nombreux lecteurs de la Revue voulaient bien faire connaître, dans un des plus prochains numéros, ce qu’ils en savent, ils rendraient grand service aux amateurs, sur- tout à ceux des petits jardins, qui souffrent da- vantage des ravages des insectes.
(( Si je pouvais être édifié à cet égard avant 'la floraison de mes Poiriers, je mettrais en pra- tique le conseil du docteur belge et serais heu- reux d’aider à vulgariser cette bonne nouvelle.
« Agréez, etc.
« Jean Sisley. »
Le dernier numéro du West of Scotlmid Horticultiiral Magazine contient les judi- cieuses lignes suivantes sur le choix des va- riétés de Glaïeuls:
« Qu’est-ce qui constitue un beau Glaïeul? — La première condition requise est qu’il se dis- tingue parfaitement des variétés voisines ; que la teinte en soit franche et que les fleurs, bien rapprochées de la tige, soient toutes uniformé- ment tournées vers un même point. Les variétés
les plus parfaites que nous connaissons sont Pénélope et Madame Vihnorin. Madame Haguin se rapproche également de la perfection, sans toutefois égaler ces modèles.
Parmi les variétés de nouvelle introduc- tion, le West of Scotland Horticultiiral Ma- gazine. signale les Gladioliis suivants :
« Charles Dickens , variété d’une couleur ex- trêmement originale, teinte chamois avec des mouchetures et des raies carmin ardent : cette disposition est d’un ti’ès-heureux effet dans les serres.
« Cristal Pu/acc, jolie fleur, élancée et légère ; l’arête des pétales est rose et les bords sont traversés par de nombreuses rayures violettes. Quand on la maintient à l’ombre, la fleur est complètement blanche et devient magnifique.
(■<■ U Ornement des parterres, fleur blanche, avec un pointillé lilas-rose sur les ailes des pé- tales, tandis que l’arête offre une teinte carmi- née très-intense : l’apparence en est gracieuse et fort distinguée.
(S. Madame Vilmorin, variété rose ardent, teinte blanche au centre avec un magnifique pi- queté carmin: c’est incontestablement la plus belle variété que les horticulteurs possèdent.
« Meyerbeer, rouge étincelant, raies et taches sanguines de plusieurs teintes sur les bords : c’est une variété très-recommandable.
(( Monsieur Camille Rernardin, fleur rouge intense d’un effet et d’une distinction très-re- marquable.
(t. Docteur Lindley . Les pétales du centre, d’un rose clair, sont rayés par des lignes plus fon- cées; les pétales périphériques sont d’un rouge- cerise très-ardent. C’est encore une très-belle variété. »
Toutes ces variétés nouvelles se recom- mandent à l’attention des horticulteurs; elles ne sont pas inférieures à celles que Ton possède depuis longtemps, telles que Achille, Gérés, Comte de Morny, Florian, Janire, Lord Raglan, Duc deMalakojf, Le Poussin, Linné, Lord Granville, Mazcjipa, Raphaël, Rubens, Vesta, Princesse Clotilde, Madiime Rasserille, Reine Victoria, John Rull, etc.
J. A. Barral
SUR LES PELARGONIUM ZONALE A FLEURS DOUBLES
Eï SEMI-DOUBLES.
Il existe maintenant dans les jardins un grand nombre de variétés horticoles dont Torigine est tout à fait perdue. Il est re- grettable de iT avoir aucune notion sur Té- j)oque de l’apparition de ces plantes orne- mentales; 011 éviterait ainsi des discussions prolongées au milieu desquelles la vérité perce difficilement. Que Ton me permette de consigner ici Torigine encore récente des Pelnrgoniwn zonale à fleurs doubles, qui tous sont auvergnats.
Depuis plus de dix ans, j’avais dans mon
jardin un Pélargonium zonale semi-double auquel je ne faisais aucune attention. Ce Pé- largonium était répandu dans la plupart des jardins de Clermont, et, j’avoue toute mon ignorance, je croyais cette plante commune et connue partout. Elle était semi-double, assez vigoureuse et peu florifère. Je dirai plus loin le nom qu’elle porte aujourd’hui; ce Pélargonium est fertile et donne assez sou- vent des graines.
p]n 1803, une Ex])osition eut lieu à Cler- mont, et M. Amblard, horticulteur, présenta
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SUR LE PELARGONIUM ZONALE A Fl
plusieurs pieds de Pélargonium à fleurs doubles, dont un seul, entièrement plein et très-beau, fut conservé. Il provenait des graines du semi-double commun partout à Clermont. Cette belle variété a été décrite par moi, dans la Revue horlicole sous le nom de Pélargonium zonale Gloire de Cler- mont. Sur le vu d’une ombelle adressée par M. Amblard à M. Van Houtte, de Gand, ce dernier, par mon intermédiaire, fit l’acqui- sition de l’édition entière et sans réserve. A peine cette acquisition fut-elle connue que M. Bornas, horticulteur à Riom, m’ap- porta une ombelle d’un Pélargonium zonale double, beau, mais moins parfait que celui de M. Amblard. M. Van Houtte me pria de lui faire l’acquisition de l’édition de ce nou- veau Pélargonium zonale double. Malgré les assurances du vendeur, il avait été distribué quelquesbouturesdecedernierPelargonium.
Vers cette même époque, M. Ferrier reçut d’un horticulteur de Clermont, M. An- toine Pabot, un autre Pélargonium zonale à fleurs doubles, dilférent des deux précédents et moins beau. Ce dernier figure maintenant sur les catalogues sous le nom de Martial Champflour, amateur chez lequel M. Pabot était jardinier.
En résumé, il y a aujourd’hui quatre va- riétés de Pélargonium zonale à fleurs doubles et différentes les unes des autres. Les voici par ordre de mérite:
1» Gloire de Clermont, à fleurs entière- ment pleines, acquise par M. Van Houtte et qu’il possède seul. Elle a été portée sur son catalogue, sous le nom de Ranunculillora plenissima ;
DE L’ANCIENNE ET DE
DES ARDU
Tout récemment, plusieurs saA^ants, à la tête desquels se trouvent MM. le D>’ Pi- geaux, Paul de Mortillet et, paraît-il aussi , M. Decaisne, l’illustre professeur du Mu- séum, ont dit, notamment les deux premiers, qu’il y avait encore de notre temps neuf jardiniers sur dix qui faisaient absolument abus de la serpette.
Cette opinion est partagée par tous les horticulteurs qui se rattachent à la récente école. Certes elle n’est pas nouvelle, carily a plus de soixante ans qu’un baron, devenu par goût jardinier praticien très-habile, et bien connu, puisqu’il est l’auteur d’un livre sur la taille, qui a euPbonneur de vingt édi- tions, exprimait la même opinion, et de plus ajoutait que la taille se faisait de son temps absolument à contre-sens, puisqu’il
EURS DOURLES ET SEMI-ROUBLES.
2o Ferrier, ({\n est probablement la même plante que celle de M. Bornas, de Riom, qui n’en était pas l’obtenteur, et dont il existait sans doute des cultures ailleurs que cbcz lui ;
3° Martial Champflour, qui existait de - puis longtemps dans les jardins de Cler- mont ;
4o Triomphe de Gergovia, le plus ancien, semi- double, le moins beau, mais ayant très-probablement le mérite d’avoir fourni les graines qui ont produit les trois autres.
Be ces quatre variétés, la première seule et sans contredit la plus belle, est possé- dée par M. Van Houtte seul, tandis que les autres avaient déjà été répandues et pourront se retrouver sous des noms différents dans divers catalogues.
La première de ces variétés. Gloire de Clermont ou Ranunculiflor a plenissima y on Houtte, est vigoureuse, mais un peu tardive. Rentrée à l’automne , elle continue à fleurir et à donner des ombelles bien fournies de fleurs qui persistent longtemps et qui peuvent être utilisées avec grand succès dans les bouquets et surtout dans les coiffures.
Telle est l’origine des Pélargonium au- vergnats; je ne doute pas que, d’ici à quel- ques années, ils ne deviennent la souche de toute une légion de Pélargonium à fleurs doubles et diversement colorées, et je re- commande comme porte-graine le moins beau, mais le plus fertile, celui que j’ai ignoré si longtemps dans un coin de mon
jardin, le Triomphe de Gergovia.
Henri Lecoq,
Direiteur du Jardin botanique de Clermont-Ferrand.
A NOUVELLE CONDUITE
FRUITIERS.
disait : (( H n’y a qu’à Montreuil, où l’on taille très-longues les branches à bois, et au contraire très-courtes les branches frui- tières; partout ailleurs, on fait tout le con- traire. »
Le défaut signalé par les savants dont je viens de parler est donc bien réel. Mais M. Pigeaux vient d’exprimer son opinion avec une si vive conviction, qu’au premier moment, on a cru qu’il voulait dès à pré- sent supprimer toute espèce de taille, ou coupe" de branches quelconques, et en cela se rapprocher éminemment de la nature, qui, elle, ne coupe rien.
Cette croyance a été partagée par noire célèbre professeur M. Bu Breuil, à tel point qu’il s’est cru obligé de combattre à sa nais- sance, croit-il, cette nouvelle tendance.
Bisons bien vite que les savants dont je viens de parler ne veulent pas du tout sup-
1. Vol, de 1864, page 303.
28
PE L’ANCIENNE ET DE LA NOUVELLE CONDUITE DES ARBRES FRUITIERS.
primer la taille, mais seulement en corri- ger les abus. C’est là ce que désirent tous les horticulteurs de la récente école. Or il me semble qu’ils justifieraient cette opinion en faisant seulement une plus large appli- cation de notre nouvelle production frui- tière : celle découverte depuis 1850 ou dont les principes ne datent que depuis cette époque.
Ces principes, j’en conviens, ne sont pas encore rassemblés dans un corps d’ouvrage; mais, bien que disséminés çà et là, surtout dans plusieurs articles de la Revue ^ il est très-facile de juger qu’ils évitent parfaite- ment les abus de la taille.
Pour s’en convaincre, il suffit de rappro- cher brièvement ce que faisaient nos pères de ce que nous faisons dans ce but. Disons d’abord que la nature, pour obtenir le fruit d’un arbre quelconque, fait le bois avant de faire le fruit : conséquemment, établissons d’abord la charpente de nos arbres frui- tiers, et ne la couvrons que progressive- ment de productions fruitières. Jusque-là, anciens et nouveaux venus sont évidemment d’accord.
Or nous savons tous que l’établissement de la charpente des arbres fruitiers avait nécessité autrefois la découverte de beau- coup de règles, donnant naissance à un plus grand nombre d’exceptions; le tout formait un art compliqué, une science peut-être ; car dix ans d’étude suffisaient à peine pour en bien saisir tous les principes. Mais nos pères étaient studieux, travailleurs et pa- tients. Aujourd’hui trouverions-nous que tout l’échafaudage dont je viens de parler, remplacé par le plus simple fait, le pince- ment, serait encore trop long?
La charpente établie, pour la couvrir régulièrement de productions fruitières, nos pères avaient encore imaginé plusieurs arti- fices, qui exigeaient un savoir varié. Aujour- d’hui pareil résultat est obtenu, en répétant absolument le même simple fait : le pince- ment.
Enfin, autrefois, en dépit de toute la science d’alors, il n’y avait encore jusque-là de créé que la tête pour concevoir l’art, ou en diriger les principes. Il restait encore à former le bras pour agir, ou tirer un parti matériel de tant de science.
Malheureusement cette nouvelle recher- che offrit des difficultés d’un autre ordre : parce qu’il est dans les facultés de la tête, de l’imagination d’aller loin, de varier faci- lementses conceptions; mais le bras, au con- traire, ne s’étend pas beaucoup et se montre rebelle aux changements d’action; voilà pour- quoi, malgré l’incontestable mérite de la théorie ancienne, les praticiens qu’elle a formés, ou sont de véritables artistes, ou ne savent presque rien. Entre ces deux excès, il y apeu d’intermédiaires. Ce fait, pour nous,
propriétaires de jardins, est un très-grave inconvénient ; il nous oblige à faire nous- mêmes ou encore à supporter des prix ridi- cules; je les appelle ridicules, parce que nous savons tous que si nous entrons dans cette voie, il faut absolument attribuer à nos fruits un prix d’imagination, c’est-à- dire qui ne peut se réaliser. Contraire- ment à ce grave inconvénient, la pratique nouvelle, ne s’exerçant que sur une seule opération, s’en acquitte vite, et même l’exé- cute bientôt avec la plus grande dextérité.
Vous le voyez, nous voilà arrivés à une double simplification théorique, et certai- nement aussi à de plus grandes facilités pra- tiques. Que doit-il ressortir du concours de ces deux avantages? Evidemment une plus facile obtention de fruits, mais en outre une production à plus bas prix. Or, pour nous calculateurs, c’est là toute la question.
Si nous nous arrêtons là, on voit déjà que l’art de nos pères est devenu entre nos mains à la fois plus facile, plus prompt et plus économique. Mais à ces trois perfec- tionnements, déjà si capitaux, il s’en joint d’autres.
Le premier en ligne est celui d’éviter aux arbres toutes les maladies qui résul- tent de la coupe continuelle de leurs bran- ches; ces maladies sont nombreuses, tout le monde le sait. Si elles disparaissent, ou seu- lement diminuent, les arbres n’en auront que plus de vigueur et par conséquent plus de fruits; mais nous croyons aussi une plus longue vie. Cependant, à cet égard, la nou- veauté des découvertes n’a pas permis encore de vérifier pratiquement ce fait : ne le supposons donc que probable. Au mioins, la certitude d’une diminution des deux tiers dans l’attente des nouveaux fruits nous est acquise, et pour nous, dont le veau d’or n’est plus que dans les jouissances très- prochaines, il y aura compensation.
Je passe ici sous silence plusieurs per- fectionnements de détail sur lesquels je ne puis m’étendre, tels que le double et triple palissage des branches fruitières, pa- lissage qui n’existe plus du tout Ce fait permet au même homme de soigner deux ou trois fois plus d’arbres qu’il ne pouvait le faire autrefois.
Disons encore que les abris se sont non- seulement perfectionnés , mais même éten- dus à tous les arbres de nos jardins, soit ceux plantés aux pieds des murs, soit ceux plantés en pleins carrés. On sait que , bien appliqués, ils garantissent les récoltes des uns et des autres, chaque année à un dixième près L
Mais ils jouissent aujourd’hui d’un autre avantage , c’est d’éviter l’énorme dépense
1. M. Gressent l’a aussi expérimenté (voir la 2e édition de son ArboricuUitre, p. 271).
DE L’ANCIENNE ET DE LA NOUVELLE CONDUITE DES ARBRES FRUITIERS.
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do la création des murs intérieurs de jar- ] diii, qui, faite tout à coup, est souvent im- possible au petit propriétaire ou à Foiivrier. Avec des abris , ces derniers peuvent rem- placer avantageusement les murs par les soins et le travail, ce qui les met à meme de rivaliser avec qui que ce soit dans la production fruitière.
De l’emploi bien entendu des précédents abris et du fait que la conduite de nos ar- bres de jardin est simplifiée dans sa théorie et plus facile dans sa pratique, il résulte évidemment qu’un plus grand nombre de travailleurs pourront s’enoccuper. Nous au- rons donc plus de chance d’arriver à l’abon- dance des fruits. Or, à cet égard, je dois dire, que dans un moment où commence à se développer en France un nouveau et grand commerce , celui des fruits , rien n’est plus important que d’en produire beaucoup. A cet égard, l’ancienne produc- tion nous laisse depuis longtemps dans un état à peu près stationnaire.
Aux changements dont je viens de parler, je pourai ajouter le parallèle des défauts capitaux de l’ancienne taille à ceux de la nouvelle.
Pour en signaler seulement quelques- uns, je noterai la singulière manie de nos pères de n’avoir jamais formé la charpente de leurs arbres fruitiers, ou les ramiüca- tions de leurs branches, qu’avec les boutons à bois de l’année précédente. Ici, ils se sont copiés successivement, sans qu’aucun
cherchât autre chose ; le fait me semble évident, puisqu’ils savaient parfaitement que les branches ainsi obtenues étaient es- sentiellement d’inégale vigueur, ayant ima- giné maintes règles pour les ramener à la meme force. A l’aide des boutons récents que forme à l’instant la nouvelle école, les branches obtenues sont naturellement de même vigueur; on évite donc alors la néces- sité d’employer toutes les règles dont il vient d’être question ; mais, et c’est plus important, toutes les coupes continuelles de branches si désastreuses pour la santé des arbres deviennent alors sans raison d’ê- tre.
Une autre faute, qui a favorisé encore cette malheureuse coupe de branches, c’est de s’être imaginé qu’en faisant cette opéra- tion pendant le repos de la sève , on évitait absolument toute espèce de perturbation de sève dans les arbres. Si l’on attend le re- tour de celle-ci, l’apparition des nombreux gourmands dont l’arbre se couvre prouve que le mal n’a été que retardé. Que fait-on alors, sous peine d’en voir l’arbre absolu- ment défiguré? On coupe ceux-ci, même avant le retour du repos de la nouvelle sève. C’est ajouter une inconséquence à la pre- mière faute. Evidemment le pincement obvie à tous les maux queje viens de signaler.
Suivant que les lecteurs goûteront le pa- rallèle que nous venons de commencer, nous le continuerons.
D. Bousgasse,
CULTURE DE LA VIGNE A LONG BOIS.
Parmi les procédés de culture décrits par M. Carrière, dans son livre intitulé : La Vigne il en est un qui est pratiqué dans notre voisinage par un ménage de proprié- taires vignerons, soigneux, intelligents, amoureux de leur art, M. et Aubry, de Thorigny, et sur lequel nons désirons vivement appeler l’attention de nos lec- teurs.
M. Aubry plante exclusivement ses vignes en Meunier ou Taconnet, variété de Pinot à petites grappes très-serrées. C’est le plant qui, d’après les vignerons de Tho- rigny, réussit le mieux dans leur sol et sous leur climat; la plupart des vignes renfer- ment quelques Gainais communs et quel- ques Mesliers blancs et jaunes.
Tous les vignerons le savent : le Meunier exige la taille à long bois. La taille longue est donc exigée à Thorigny par la nature du plant et par la nature du. sol très- fertile.
1. Un vol. in-12 orné de gravures. Prix, 3 fr. 50 à la Librairie agricole.
Distance entre tes plants. — BL Aubry plante les vignes qu’il veut soumettre à sa nouvelle méthode à en tous sens, mais il conseille de planter à 1“.25 de préfé- rence.
Supports. — Échalas. — Fils de fer. — Dans le système de M. Aubry, la vigne est soutenue par un échalas et un rang de fil de fer placé à 0™.50 au-dessus du sol.
L’échalas placé au pied de chaque cep soutient le fil de fer sur lequel la branche à fruit est inclinée. Il sert en outre à soutenir et élever les branches dites de rem- placement auxquelles on ne touche pas pendant toute la durée de la végétation et qu’on se borne seulement à rogner à 0"M5 ou 0‘t^.20 au-dessus de l’échalas, vers la fin de juillet, à l’époque du ralentissement de da sève, de manière à empêcher le dévelop- pement des yeux de la branche de rempla- cement.
Un seul fil de fer n» U2, soutenu à l’extré- par un petit pieu placé en arc-boutant et dans l’intérieur de la ligne par Téchalas, ^ supporte la branche à fruit, qui est arquée
30
DE LA CULTURE DE LA VIGNE A LONG BOIS.
et couchée en forme de go renversé (fi g. 3.)
Les fils de fer sont tendus au moyen d’un raidisseur en fer, en bois ou en os de mouton.
Dans le système Ilooïbrenk, la branche à fruit est iirclinée sous un angle de 112 de- grés. L’extrémité de la branche à fruit s’a- baisse donc jusqu’à 0"M2 du sol : les fruits placés à l’extrémité de la branche sont exposés à toucher le sol et à pourrir.
M. Aubry remédie à cet inconvénient grave en faisant décrire à la branche à fruit un S renversé. Par ce moyen, l’extrémité de la branche à fruit, au lieu de descendre vers le sol, est relevée, fendue à son extrémité et attachée sur le fil de fer par un osier; elle est assez solidement fixée au fil de fer pris dans la fente pour ne rien craindre de la violence du vent.
M. Aubry possède aujourd’hui 42 arcs de vignes cultivés d’après ce système ; toutes
ses nouvelles plantations sont faites pour y être soumises.
Bien que les vignes actuellement cultivées par M. Aubry n’aient pas été plantées dans le but d’être conduites d’après cette mé- thode, à laquelle elles sont soumises depuis deux ans seulement, elles ont produit en 1805 au minimum 25 pièces de 2 hect. 20 à l’arpent de 42 ares.
Une vigne a donné 30 pièces, soit en moyenne 27 pièces 1/2 par 42 ares, tandis que la moyenne de la récolte des cultiva- teurs qui suivent la méthode du pays est de 15 pièces environ.
Les vignes de M. Aubry sont plantées en bons plants et en bon sol ; aussi vend-il son vin un peu plus cher que ses voisins.
La production de l’année dernière avait été de 22 pièces, vèndues 65 fr. environ.
On peut évaluer le cours du vin de celle année à 50 fr. la pièce au minimum. Les
25 pièces récoltées, évaluées à 50 fr., don- nent donc au minimum un produit brut de 1,250 fr. par arpent de 42 ares, produit ré- munérateur en élevant môme les frais et faux frais de culture et d’exploitation à 500 fr. par 42 ares.
Les avantages du système de culture pra- tiqué par M. Aubry peuvent être résumés en quelques mots :
1» Les frais d’établissement de la vigne sont beaucoup moindres ; cette méthode exige moins de plant; en outre, elle ne de- mande qu’un échalas par pied, tandis que la méthode du pays en exige trois au moins.
M. Aubry n’emploie pas- plus de 8,000 échalas par hectare, taudis que ses voisins en emploient 35,000 au moins. La dépense totale, fil de fer galvanisé compris, ne dé- passe pas le prix de 11,000 échalas à 0f70 le mille, soit 770 fr. par hectare, tandis que celle des voisins est de 35,000 échalas, soit
2, 450 fr. par hectare. Comme il a seulement 8,000 échalas au lieu de 35,000 à piquer et à retirer chaque année et à renouveler tous les ans, il est évident qu’il dépense une moindre somme d’argent et de travail.
Quant au fil de fer, la dépense première est d’un tiersmoindre que celle des échalas; la durée du fil de fer bien galvanisé dépasse celle de la vigne.
2« Les façons sont moins nombreuses et beaucoup plus faciles, l’espacement des li- gnes, 1"*.10 à U”. 25, permet de les donner à la charrue.
3« L’inclinaison en c/Ddes deux branches à fruit, portant chacune dix yeux, assure le développement d’au moins vingt-iiuatre grappes.
M. Aubry supprime chaque année les gra[)pes excédant ce chilfre. Celies qui res- tent deviennent beaucoup plus belles, et mûrissent mieux. M. Aubry pense que vingt- quatre grajipes par cep sont un produit très-
Pomme Grelot.
l
ni
31
CULIURE DE LA VIGNE A LONG BOIS.
suffisamment rémunérateur pour le vigneron. Il constate d’ailleurs que ce produit consi- dérable n’altère en rien la vigueur de ses vignes.
4^ Dans ce système, l’excédant de sève inutile pour la nourriture des grappes se répand dans les branches de remplacement élevées droites, surl’écbalas; le bois grossit, s’aoûte bien, les yeux se gonflent. Par ce moyen, M. Aubry obtient non-seulement une belle récolte pour l’année, mais il s’as- sure, en outre, de beaux bois de remplace- ment et une belle récolte pour l’année sui- vante, avantage que n’ont pas la plupart des vignerons qui suivent l’ancienne mé- thode du pays, et qui ne peuvent pas obte- nir de beaux bois de remplacement.
Les pieds de vigne plus éloignés les uns des autres ont plus de puissance de vé- gétation; ils doivent vivre plus vieux.
La simplicité du travail permet à la femme de M. Aubry d’exécuter les menues façons; Aubry, en s’asssociant aux ef- forts de son mari, en le secondant de son
travail, de son intelligence, a donné un ex- cellent exemple dans le temps où les femmes refusent trop généralement de s’oc- cuper des travaux de la culture.
Ce n’est pourtant qu’en concourant éner- giquement au meme but, en unissant leurs forces, que les ménagères de cultivateurs pourront vaincre les obstacles, réaliser des progrès réels.
On a pu voir, dans le n‘^ du novembre de la (page 414) que la Société d’hor- ticulture de Seine-et-Marne a décerné à M. et à Mme Aubry une médaille d’argent, lors de l’Exposition de Lagny, en septembre dernier. La Société a tenu à récompenser publiquement le service rendu par oes in- lelligents cultivateurs, par l’introduction dans leur pays d une nouvelle méthode de culture, bien raisonnée, bien appliquée au sol, au climat, cà la nature du plant, et aussi simple que productive.
De La Roy,
Maire de Le Pin , prepriétaire-viticul- leiir, secrétaire de laSociéle d’IiorticulluredeMeaux.
POMME GRELOT.
La jolie Pomme que représente la gra- vure coloriée ci-contre est originaire de Normandie. Elle a été présentée à la Société impériale et centrale d’horticulture, le 10 novembre 1804, par M. Bouchard- Hu- zard, et elle a été considérée comme Pomme tà cidre.
Les échantillons qui ont servi à faire la description de la Pomme Grelot nous vien- nent des environs d’Alençon ; ils ont été récoltés sur des Pommiers greffés sur para- dis et conduits en cordons horizontaux. Les fruits venus sur des arbres de plein vent sont moins gros. ^
Nous croyons que ce joli fruit mérite une place plus élevée que celle qu’on lui a faite. La beauté de sa forme, la richesse de son coloris, lui donnent une valeur ornementale qui a été appréciée par les marchands de Paris. On veut que dans un dessert l’œil elle goût soient également satisfaits, et les pépiniéristes feront bien de ne pas trop né- gliger un produit dont l’écoulement est d’autant mieux assuré que le fruit est d’une longue conservation.
La Pomme Grelot a0"M0 de longueur sur 0"L08 de diamètre , et est de forme oblongue presque cylindrique, déprimée aux deux extrémités; sa cavité pédonculaire, peu prononcée, contient un pédoncule court, qui y est entièrement noyé. La cavité calycinale, peu profonde, est bordée de petites côtes peu accusées; les appendices calycinaux sont presque nuis. L’épiderme, cà fend jeaune, est lavé et strié de ponceau sur toute La surface,
mais d’un ton plus foncé sur le côté exposé au soleil. La chair blanche, grenue, un peu sèche, marquée intérieurement de stries carminées, porte un arôme presque nul; l’eau est très-faiblement acidulée. Les loges sémiiicales, longues de 0^.036 sur ü«’Ü35\le diamètre, à parois striées de lignes trans- verscales couleur bhanc d’argent, contiennent des pépins de couleur cannelle, très-renflés à la base, terminés en pointe aigüe. Ces pé- pins, eau nombre de six à sept, sont petits si on les compare à la grosseur du fruit; ils adhèrent à la nervure de la loge vers le pre- mier tiers de cette nervure ; mais lorsque la maturation est complète ils se détcachent, sont libres dans la loge et produisent, quand on agite le fruit, le bruit qui a fait donner à cetle Pomme le nom de Pomme Grelot.
L’c^bre pousse des rameaux droits dans leur jeunesse, divergents chans leur vieillesse; l’écorce jeaune est de couleur fauve marquée par de rares lenticelles , recouverte d’un poil qui lui donne un ton gris ; l’œil est peu saillant, très-aplati, terminé par une pointe aigüe ; la feuille ovale, légèrement lobée, se termine en pointe ; le bouton est rose pourpré; le pédoncule pubescent ainsi que les cinq divisions calycinales ; les fleurs grandes à pélales cupuliforrnes et onguiculés, sont d’un blanc pur en dessus, veinés de rose en dessous.
La Pomme Grelot est connue en Crimée sous le nom de Poinme de Sinope (Siuope est le jardin fruitier de la Turquie), et il y en a plusieurs variétés, dont une, à épi-
POMME GRELOT.
32
derme vert, a été rapportée par notre collègue M. Masson. C’est un fruit médiocre, mais estimé h Constantinople pour la confection des compotes.
En finissant, faisons remarquer qu’il ne faut pas confondre la Pomme Grelot avec la
Pomme Lanterne. Ces deux fruits ont Lien quelques caractères extérieurs communs, mais la Pomme Lanterne n’a pas de pépins, et elle doit son nom au grand développe- ment des loges, qui embrassent souvent le tiers du fruit. , lacuaume.
CALADIUM BARRAL.
La culture des plantes, comme l’expé- rience est venue le démontrer depuis fort longtemps, produit de nombreuses varia- tions. Chez les unes, ces variations s’ob- tiennent avec la plus grande facilité; chez d’autres au contraire, ce n’est qu’après un temps quelquefois considérable qu’on par- vient à obtenir des résultats satisfaisants. Aussi met-on en usage le plus possible la fécondation artificielle comme moyen beau- coup plus sûr et bien certainem.ent plus prompt. Cette opération, facile chez quel- ques genres de plantes, présente très-sou- vent de grandes difficultés chez le plus grand nombre. Dans tous les cas, dès qu’elle à été faite sûrement, on est presque certain d’obtenir de bons résultats. On conçoit fa- cilement que plus les plantes qui doivent servir à la production de nouvelles variétés ont des caractères dissemblables, plus la fé- condation est difficile, mais on acquiert aussi une plus grande certitude de produire de nouvelles variétés bien tranchées. C’est ce qu’il est facile de constater d’après le
ARBRE GÉNÉALOGIQUE DI
‘Avant de continuer l’explication des di- verses parties de notre arbre, nous devons nous arrêter un peu pour faire quelques observations relatives soit à la couleur de la chair des fruits, soit aux dénominations que nous avons données de la forme des Heurs. Commençant par les premiers, nous disons :
Par l’expression générale de chair blan- che il faut comprendre deux choses: les fruits dont la chair est complètement blan- che, qui sont ceux qui succèdentà des fleurs de cette couleur; tels sont le Pêcher White Blossom, le Pêcher de Chine à fleurs blan- ches, et d’autres dont la chair est à peu près dépourvue de couleur, excepté autour du noyau oû elle est souvent plus ou moins rosée, parfois même très-rouge. Chair blanche, dans la plupart des cas, se dit par opposition soit à chair ronge, qui senties P. sanguines ou sanguinoles, soit à chair jaune, qu’on rencontre soit chez les
1. Voir la Revue de 1865, pages 292, 354, 417, et le n° du l^*" janvier 1866, page 12.
nouveau Caladium que publie aujourd’hui la Revue horticole.
Nos expériences de l’année 1805 nous permettent de compter sur de nouveaux produits qui, nous l’espérons, seront ac- cueillis aussi favorablement que les précé- dents. Nous aurons occasion de revenir plus tard sur ce sujet. La belle variété que l’on voit représentée sur la planche coloriée ci-contre est tout à fait différente de ses con- génères ; elle est le produit de la fécondaUon du Caladium Pœcile anglais par le Caladium Neuniannii. Portées sur un pétiole complète- ment vert, les feuilles, de la grandeur de celles du Caladium bicolor, dont elles rap- pellent la forme, s’étalent gracieusement, et laissent voir leurs nervures d’un rouge éclatant encadré d’un rose vif, semblable à celui des nombreuses macules dont est par- semé le reste du limbe , d’un beau vert foncé. Ces trois couleurs nettement dessinées font de cette nouveauté un des plus beaux gains qu’il soit possible d’obtenir.
A. Bleu.
GROUPE PÊCHER. ~ V \
Brugnonniers Tatvny hunfs, Pitmaslon orange, eic., soit chez \es Pêches Alberge jaune, Pavie abricotèe, Admirable jaune, Willermoz, etc., etc. ^
Nous devons aussi, relativement à l’ex- pression chair jaune, faire une observation analogue à celle que nous venons de faire au sujet de cette expression chair blanche; dire par exemple que cette couleur jaune est celle qui domine, mais que, dans le plus grand nombre de cas, la partie qui touche au noyau est plus ou moins lavée de rouge ; que quelquefois même elle est aussi très- rouge. Faisons toutefois remarquer qu’il est certaines variétés dont la chair est presque complètement jaune, de même que dans les Pêchers ou dans les Brugnonniers à chair dite blanche, on en rencontre aussi dont la chair est plus ou moins rouge au- tour du noyau. Observons du reste que toutes les variétés soit de Pêchers, soit de Brugnonniers, dont les fleurs sont plus ou moins colorée, sont susceptibles d avoir la chair plus ou moins colorée autour du noyau.
I Uorhcch: .
'errifi Pin/:.
lmp. Zanote rue des Boulangers, 13, Pavjs.
Caladium Barrai.
ARBRE GÉNÉALOGIQUE DU GROUPE PÊGHER. — V.
Maintenant, relativement à la forme que présentent les Heurs des Pêchers, faisons observer que les termes campanulacécs et rosacés dont nous nous servons pour séparer toutes les variétés en deux groupes afin d"en opérer le classement, présentent, à nos yeux du moins, un grand avantage, parce qu’ils évitent de recourir aux dimensions des fleurs, mode qui, comme on le sait, peut amener de grandes confusions. Nous pré- férons donc, au lieu des dimensions, nous baser sur les formes des fleurs, ce qui nous paraît offrir plus de chance pour pouvoir s’entendre.
En effet, lorsqu’on examine les fleurs de Pécher on constate qu’on peut les partager en deux grandes sections: l’une, qui com- prend les fleurs dont les pétales, étroits, longuement onguiculés, sont plus ou moins cucullées (creusées en cuillère); ces pétales, en général peu ouverts, donnent aux fleurs l’aspect d’une petite cloche (campana), d’où le nom de Campanulacées que nous leur don- nons. Exemples P. Teton de Vénus, Bonou- vrier, Nivette, Brugnon jaune, etc. ;V mire sé- rie comprendles fleurs dont les pétales, large- ment ovales, obovales ou même orbiculaires, très-courtement onguiculés, sont ouverts et étalés, de sorte que la fleur épanouie forme une sorte de rosace, d’où le nom de Bosacées par lequel nous les désignons: exemples Pêche Grosse Mignonne, Pourprée hâtive, Malte, Pucelle de Matines, etc., etc.. Brugnon Stamvich, Pilmaston orange, à fruits blancs, Gathoye, etc., etc.
Les personnes qui ne voudraient pas adopter la marche que nous proposons, et qui préféreraient conserver les anciennes dénominations, n’auront, en ne reconnais- sant que deux dimensions de fleurs, qu’à substituer la qualification de petites, à Campanulacées, et celle de grandes, à Bosa- cées.
Le mode que nous proposons ici pour classer les fleurs de Pêchers, présente, nous le répétons, le très-grand avantage de per- mettre, en employant la forme des fleurs comme caractère fondamental, d’employer ensuite les dimensions comme caractères secondaires, qui peuvent alors s’appliquer à telle ou à telle variété et la faire recon- naitre; car, à part les formes, il est, dans l’une comme dans l’autre section des va- riétés dont les fleurs sont plus ou moins grandes. Ainsi, nous citerons les Pêchers d’Ispahan, Montigny , Barrington, etc. , etc. , le Brugnonnier Noce Bianco , qui bien qu’ap- partenant à la section Bosacées, c’est-à-dire des grandes üeurs, ont cependant des fleurs moyennes^ si on les compare à celles des Brugnonniers Stanwich, Pitmaston orange, ainsi qu’a celles de la Pêche Chang-Hai, etc. Parmi les variétés qui rentrent dans la sec- tion Campanulacées on rencontre, dans les
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fleurs, des différences encore plus grandes que celles que nous venons de signaler.
Nous devons toutefois faire observer que nous ne prétendons pas dire que le mode que nous adoptons est parfait, qu’il écar- tera toutes les difficultés, et qu’en l’em- ployant on ne rencontrera pas certaines va- riétés qu’on aura de la peine à classer. Non ; il n’est aucun moyen humain qui ait ce privilège. C’est du reste le propre des choses de la nature de ne présenter que des différences relatives et continues dans cette immensité où tout s’enchaîne et se confond ; il vient donc toujours un moment (celui où semblent à la fois finir et com- mencer les choses) où il est très-difficile de se prononcer avec certitude. Ici, toute- fois, l’inconvénient est non-seulement rare, mais il a peu d’importance ; il disparaît même en grande partie par l’application qu’on fait des autres caractères d’ensemble, à ces variétés plus ou moins ambiguës.
N’oublions pas, du reste, que dans toutes ces circonstances il arrive fréquemment que certains caractères sont communs à plu- sieurs variétés, de sorte qu’il est quelquefois difficile de différencier celles-ci par une description. La pratique seule peut le faire, parce qu’elle dispose de cerlains petits ca- ractères, que l’on pourrait appeler à'habi- iüde, que la science ne peut rendre.
Cette sorte de digression que nous avons cru nécessaire de faire, afin d’éloigner toute cause d’obscurité ou de confusion, étant terminée, nous allons reprendre l’explica- tion descriptive de notre arbre au point où nous l’avions laissée, c’est-à-dire à la deuxième section des Pêchers-Perséquiers,
^ La deuxième grosse branche bb ^ , pla- cée sur le membre B B, et qui constitue la 2e section des pêchers perséquiers, a pour caractère essentiel des feuilles pourvues de glandes globuleuses, caractère commun à toutes les variétés que porte cette branche. De même que la branche a a qui la précède et qui forme la première section de cette tribu, cette branche b b présente à son tour deux ramifications principales dont l’une, n« 10, 10, porte des fruits à chair blan- che, tandis que l’autre, n» 11, 11, porte des fruitsà chair jaune -. Ces deux ramifications, en se subdivisant en deux autres caractéri- sées par la forme des fleurs des variétés qu’elles portent, constituent les branches n» 12, 13, 14, 15; puis comme précédem- ment, celles-ci se ramifient autant que cela est nécessaire, de manière que chacune des dernières ramifications correspo-nde à un seul groupe distinct par la couleur de ses fleurs.
1. Voir la planche publiée dans le n° du 1®'' août 1865.
2. Relativement à la couleur de la chair, voir ci - dessus, page 32.
ARBRE GÉNÉALOGIQUE DU GROUPE PÉCHER. — V.
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La troisième branche eu, qui naît sur le membre B B, a pour caraclère essentiel des feuilles dépourvues de glandes^ carac- tère également propre à toutes les variétés quelle porte. Cette branche constitue la troi- sième section des Pêciiers-Perséquiers. Les ramifications quelle porte , qui se montrent d’après le même ordre que celles de la bran- che bb, qui constitue la deuxième section, suivent aussi, dansleur développement, demê- me que dans leurs ramifications ultérieures, une marche analogue à celle qu’ont suivie les ramifications qui constituent celte deuxième section, de sorte qu’on a, pour cette troisième section, les ramifications ipH G, 10 et nos 17, 17^ qui représentent les deux races à chair blanche et à chair jaune, puis les ra- mifications nos 18, 19, 20, 21 , qui indiquent les sous-races, qui sont caractérisées par la forme des fleurs.
Sur les branches bb et c c, qui consti- tuent la première et la deuxième section, on ne connaît, jusqu’eà ce jour du moins, que des fruits à chair blanche ou à chair junne Ces deux sections sont donc moins complètes que la première, la section a a; car, non-seule- ment celle-ci a une forte ramification de plus (celle qui porte le no 3, dont les fruits sont à chair rouge), mais encore, on remarque sur la branche n» 1 , dont les fruits sont à chair dite blanche, que la ramification n« 5, qui a pour caractères des fleurs rosacées, porte deux autres ramifications dont l’une, la deuxième est caractérisée par des fleurs tout cà fait blanches, de sorte que les fruits qui leur succèdent ont la chair complète- ment dépourvue de couleur : c’est sur cette ramification que se trouve le Pécher de la Chine éi jleurs blanches, doubles ^
Le deuxième membre C C, parlant du tronc A, a pour caractères essentiels des fruits qui, avec la peau velue, ont la chair non adhérente au noyau; ces caractères, qui sont propres cà toutes les variétés qui se placent sur ce membre, constituent la Tribu des Pêciiers-Alrergiers. L’évolution suc- cessive de ses diverses ramifications est la représentation tout à fait exacte de celle qu’offre le membre B B; le nombre et la
disposition en sont aussi absolument les mômes, et l’on remarque également que la grosse ramification cl d, qui constitue la première section de ce membre, de meme que celle qui constitue la première section du membre B B, qui est marquée par les lettres a a, dont elle est l’analogue , porte, comme cette dernière, trois ramifications principales ips 1, 2, 3, qui correspondent aussi aux trois sortes (races) de fruits à chair blanche, à chair jaune et à chair rouge, qu’on trouve également sur la ramification a a du membre B B; et, de même encore que sur cette dernière on remarque, sur la première ramification de la branche d d du membre G C, une ramification secon- daire (iF 5), caractérisée par des fleurs ro- sacées, sur laquelle on eu voit une plus petite qui porte des fleurs complètement blanches : c’est sur cette dernière ramifi- cation que vient se placer le Pêcher Milite Blossom, qui est l’analogue et le représen- tant du Pêcher de la Chine à fleurs blan- ches, qui se trouve placé sur cette même ramification n" 5, mais sur le memhre B B.
Les deux autres ramifications principales de cette branche d d, qui portent les iF^ 2 et 3, sont exactement aussi les représen- tants de celles qui portent ces mêmes nu- méros sur la ramification a a du mem- bre B B.
Les deuxième et troisième sections du membre G G, marquées par les lettres e e et f f, sont identiques avec celles marquées parles lettres b b et c c, qui forment égale- ment les deuxième et troisième sections du membre B B.
On a pu voir par ce qui précède, ainsi que nous l’avions annoncé, que le mem- bre G G est la représentation exacte du membre B B; la seule différence qu’il pré- sente porte sur les fruits, qui, chez ce der- nier, sontcà chair adhéren te au noyau, tandis que ceux du membre G G ont la chair libre. Gette analogie nous dispense d’en dire da- vantage relativement à leurs ramifications, puisque, étant les mêmes, nous n’aurions qu’à nous répéter.
Carrière.
SUR LA MALADIE DU CÉLERI A CHERBOURG.
Dans une des dernières réunions de la Société d’horticulture de Gherbourg, on a parlé d’une maladie qui attaque le Géleri; on a dit que cette plante se couvre fréquemment d’un Ghampignon appelé Oïdium qui la
1. Il s’agit ici de fruits à chair blanche ou jaune, en général idus ou moins rosée autour du noyau, succédant à des fleurs roses, plus ou moins foncées ou plus ou moins carnées.
2. Nous ne tenons pas compte de la duplicature des Heurs jiour opérer le classement des variétés de Pêchers; d’ahord parce que ce caractère est peu
détruit promptement. J’ai fait remarquer qu’avant de cherchera guérir cette maladie, il édait indispensable de bien reconnaître le cryptogame qui attaque la plante ; j’ai dit en outre, que je croyais, d’après la descrip-
important, qu’il n’a aucune influence sur les fruits, ensuite et surtout parce que les variétés qui le pré- sentent sont rares. Si plus tard ces variétés deve- naient nombreuses, on pourrait les placer sur des ramifications particulières, en tenant compte, pour en opérer le classement, des caractères fondamen- taux qu’elles présentent.
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SUR LA MALADIE DU CÉLERI A CHERBOURG.
lion qu’on venait d’en donner , que ce parasite pourrait être V Oïdium aureum; j’ai n jouté, entin, que je me réservais d’é- ludier la question. Je m’étais trompé dans mon appréciation, ainsi que la personne qui a avancé que ce cryptogame était un Oïdium.
D’après l’étude que je viens de faire de cette plante, je crois que c’est un Uredo Apii (jraveoleniis.
Les différences qui existent entre les Oïdium et les t/rerfo sont très-importantes à connaître en vue de la guérison projetée, parce qu’elles n’ont pas la même manière (le vivre et qu’elles n’appartiennent pas à la même famille.
Les Oïdium sont classés par les auteurs dans les Mucédinées, tandis que les Uredo le sont dans les Urédinées. Ces deux familles diffèrent entre elles sur plusieurs points. D’abord les Mucédinées se développent on général sur les corps en décomposition, les bois morts, les feuilles à demi sèches, etc. Les Urédinées , au contraire , végètent le plus souvent sur les plantes vivantes. En outre, les Mucédinées prennent nais- sance et vivent à la surface des feuilles ou des autres corps en décomposition ; tandis que les Urédinées commencent leur existence sous l’épiderme des tiges, des feuilles ou des Heurs des plantes vivantes.
Voici d’ailleurs les caractères principaux (|ue j’ai reconnus dans la plante vivant sur le Céleri, plante qui l’attaque vivement et le détruit })romptement.
OEcidinées, sporidies variables placées sur le parenchyme des plantes, sous Uépiderme, qui se rompt sans se tuméfier.
Uredo, sporidies uniloculaires, non cloi- sonnées, libres, rarement pédicellées, ramas-
sées en groujies ou éparses, couvertes d’a- bord par Uépiderme qui se déchire irrégu- lièrement et forme une sorte de faux pcri- dium. Sporidies brunes sessiles ou appen- dues (appendiculalis).
Uredo apii graveolenlis, pustules arron- dies assez larges , éparses à la surface des feuilles de V Apiiim grave )lens j sporidies de couleur brune et de forme ovale ou ronde, entourées par les bords de l’épiderme.
Je me permettrai .de faire remarquer qu’afin de chercher à guérir le Céleri de la maladie qui l’attaque, il est nécessaire avant tout d’en rechercher la cause. Cette maladie est-elle occasionnée par le cryptogame que l’on remarque sur cette plante ou par toute autre cause ? Dans la circonstance, je pense que ce parasite est la cause du mal et par conséquent de la destruction de la plante. En effet, si l’on examine la partie de la feuille qui entoure chaque sporidie, on re- marque que cette partie est jaune et trans- lucide- et paraît brûlée comme si l’on avait fait tomber sur cet endroit une goutte d’acide concentré ; et puis l’on remarque souvent ce cryptogame sur des feuilles vertes et bien portantes, feuilles que l’on voit bientôt s’al- térer par une infinité de brûlures au fur et à mesure que le cryptogame se propage.
Quant à î’Uredo que je viens de décrire, je serais heureux qne des botanistes plus ex- perts que moi voulussent bien s’en occuper afin de confirmer ou de combattre ce que j’avance quant à la famille, au genre et à l’es- pèce du cryptogame.
Je terminerai en disant que le soufre se- rait, je crois, le remède le plus efficace que l’on pourrait employer contre cette maladie, en le répandant au mois d’août.
De Ternisien.
EMPLOI DES ADJECTIFS LATINS DANS LA DÉNOMINATION
DES PLANTES POTAGÈRES.
Depuis longtemps, les amateurs d’horti- culture de tous les pays sont privés de faire venir directement une partie des plantes potagères dont ils ont besoin, soit pour leurs jardins, soit pour leur table, faute d’une nomenclature suffisamment explicative pour les désigner. Les types et les premières variétés furent cependant décrits et dé- nommés avec soin par les savants qui nous précédèrent dans les sciences et la pratique horticole; nous regrettons vivement que l’on n’ait pas continué cette grande et impor- tante oeuvre, si laborieusement commeiicée dans le siècle dernier par des hommes re- marquables, tels que Gilibert, Dalescamp, Dumont de Courcet, etc. I.es noms généri- ({ues ne suffisent plus à présent pour distin- guer entre elles les bonnes et nombreuses variétés fixes, et les sous-variétés légumières,
conquises depuis un demi-siècle environ par les semeurs français etétrangers.Cesespèces, races ou variétés jardinières, étant rare- ment accompagnées de leur adjectif qualifi- catif latin, il en résulte une confusion per- manente, regrettable et mutuelle entre les vendeurs et les acheteurs, à laquelle il est temps, croyons-nous, de remédier. Les qua- lifications que nous désirons voir adopter })ar les botanistes, et que nous soumettons à leur appréciation et à leur juste approba- tion, seraient très-utiles surtout dans les transactions commerciales et horticoles, et c’est <à ce point de vue que nous plaçons principalement la question. Car il ne suffit pas, comme on le sait, de parler la langue d’un pays, il faut, dans l’état actuel des cho- ses, connaître encore les noms vulgaires des idantes potagères.
36 EMPLOI DES ADJECTIFS LATINS DANS LA DÉNOMINATION DES PLANTES POTAGÈRES.
Exemple : Comment un Français, ama- teur, propriétaire, ou autre, demandera-t- il à un marchand ou à un jardinier de Lon- dres, de Saint-Pétersbourg, de Madrid, de Vienne, de Philadelphie, etc., de la graine de Chou de Bruxelles ; de Chicorée frisée d'Italie ou de Meaux; de Poireau de Rouen; de Céleri de Tours; du Haricot beurré ou d'Alger; du Haricot flageolet; du Haricot de Soissons nain et à rames; de l'Oignon d'Egypte; de l'Oignon sous terre, etc., etc., sans crainte d’être trompé? Et évidemment s’il l’était, il ne pourrait pas en rendre res- ponsable le marchand ou le jardinier au- quel il se serait adressé, puisque ni l’un ni l’autre ne se seraient compris dans le mar- ché.
Il serait donc temps, croyons-nous, d’ap- porter un remède à ce mauvais état de choses, et de mettre un terme à ce dédale, dans lequel vendeur et consommateur se débattent depuis trop longtemps sans pou- voir en sortir. Non-seulement les Pois, les Haricots, les Salades, mais beaucoup d’au- tres genres ne peuvent être demandés, en France, par les correspondants étrangers, elviceversâ , qu’avec des peines inouïes, et très-souvent, pour lever les obstacles, les marchands sont dans la nécessité d’envoyer ou de demander des spécimens en nature pour échantillons, afin de ne pas être trom- pés. Comme on le voit ce genre de transac- tion n’est ni prompt ni commode, et il faut avoir été, comme nous, trente-cinq ans dans le commerce de graines pour en bien com- prendre et bien apprécier tous les inconvé- nients. Pour un amateur, les difficultés sont encore plus grandes, car il arrive très-sou- vent qu’il ne connaît que de nom ou de réputation le légume qu’il veut se procurer. Si la demande a lieu par lettre, il est encore bien plus exposé à recevoir une plante pota- gère pour une autre.
Voici un premier essai de Nomenclature sur quelques plantes seulement. Ce travail rudimentaire n’ayant rien d’absolu, quant à nous, nous le croyons donc très-suscepti- ble d’être remplacé par un meilleur. Avec l’aide et le concours des lecteurs de la Revue, il pourrait recevoir quelques modifi- cations en ce qui concerne lesadjectifslatins; les nôtres pourraient être avantageusement remplacés par d’autres, mieux appropriés aux variétés fixes des plantes potagères.
Notre système est basé sur les noms fran- çais pour la plupart, et nous croyons qu’il serait nécessaire de bien s’entendre d’abord sur l’origine des plantes potagères avant d’entreprendre et de perfectionner les dénominations nouvelles, il conviendrait, il nous semble, de se mettre d’accord sur les adjectifs latins, de la Chicorée de Meaux et d'Italie; du Poireau de Rouen; du Céleri de Jours; du Pois Clamari\ du Haricot de
Soissons nain et à rames, etc., etc,^ que nous ne sommes pas autorisés à revendiquer comme plantes essentiellement françaises.
Essai sur la nomenclature des variétés fixes dans les plantes potagères.
Arroche rouge; Atrîplex ruhra.
Betterave blanche ; Beta albîda.
Betterave rouge longue; ruhra longior.
Betterave jaune longue; Beta flavens longior, ou lutea.
Betterave champêtre; Beta campestrîs.
Cardon de Tours ; Cynara Cardunculus Turonensis.
Cardon d’Espagne; Cynara Cardunculus. Hispa- nicus.
Carotte rouge longue; Daucusruher longus.
Carotte rouge demi-longue; Daucus ruber senti- longus.
Carotte jaune longue ; Daucus flavens longus.
Céleri plein blanc ; àpium solidum album.
Céleri Turc ; Adium turcicum.
Céleri plein rouge de Tours; Apium solidum ru- brum Turonense.
Céleri rave ; Apium rapum.
Cerfeuil frisé ; Scandix erispus.
Chicorée frisée de Meaux; Cichorîum crispum Meldense.
Chicorée fine d’été ou ù’ItaMe’, Cichorîum crispum Italicum.
Chicorée scarole; Cichorium escarola.
Chou pommé blanc de Saint-Denis ; Brassica capi- tata alba.
Chou cavalier, à vaches ; Brassica vaccina; B. Pro- cera.
Chou quintal; Brassica cemtumpondia.
Chou rouge pommé; Brassica capitata rubra.
Chou vert non pommé; Brassica viridis.
Chou de Milan ipommé \ Brassica sulbetia crispa.
Chou frisé de Savoie ; Brassica fimbriata.
Chou à Jets de Bruxelles ; Brassica multiplicata ou polycephala..
Chou rave; Brassica rapa ; B. gonglioïdes.
Chou navet; Brassica napus.
Concombre long blanc; Cucumis longus albus.
Concombre long jaune; Cucumis longus aureus.
Concombre à cornichon; Cucumis condimenta- rius.
Courge gourde ; Cucurbita lagenaria.
Fève rouge; Faba rubra.
Fève verte; Faba viridis.
Fève large de Windsor; Faba macrocarpa.
Fève Julienne petite; Fabaparva.
Fève naine; Fahanana.
Fève pourpre; Faba purpurea.
Haricot de Soissons à rames; Phaseoîus Suessio- nensis scandens.
Haricot de Soissons nain; Phaseoîus Suessionen- sis nanus
Haricot flageolet; Phaseoîus fistulatus.
Haricot rouge de Chartres ; Phaseoîus ruber Car- nutensis.
Haricot beurré ou d’Alger; Phaseoîus silico-palli- dus, ou translucidus.
Haricot noir de Belgique; Phaseoîus niger Bel- gicus.
Haricot Suisse gris, de Bagnolet; Phaseoîus varie- gains Helveticus.
Haricot riz; Phaseoîus oryza.
Laitue Cotte petite; Lactuca parva.
Laitue Georges d’hiver; Lactuca hyemalys.
Laitue de Versailles ; Lactuca versaliensis.
Laitue palatine; Lactuca palatina.
Laitue passion ; Lactuca passiona.
Laitue Batavia blonde; Lactuca Batavia hlonda.
Laitue Batavia brune ; Lactuca Batavia subnigra O" bruna.
Laitue de Malte; Lactuca melita.
Laitue chicorée à tondre; Lactuca undulata.
Laitue sanguine; Lactuca sanguinea.
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EMPLOI DES ADJECTIFS LATINS DANS LA DÉNOMINATION DES PLANTES POTAGÈRES.
Laitue Romaine verte; Lactuca Romana ou longe viridis.
Laitue Romaine panachée; Lactuca Romana ou longa variegata.
Laitue Romaine rouge d’hiver ; Lactuca Romana ou tonga ruhicosa hyetnatis.
Navet long des Vertus ; Brassica napus tonga atha.
Navet de Clair-Fontaine ; Brassica napus clarus fons.
Navet de Meaux ; Brassica napus meldcnsis.
Navet d’Hanneucourt ; Brassica napus Hanncu- courtii.
Navet petit de Berlin ; Brassica napus BerliniU parva.
Navet noir long d’Alsace; Brassica napus nigra Atsatia.
Navet jaune long; Brassica napus ftava tonga.
Navet jaune rond; Brassica napus ftava roiunda.
Oignon rouge pâle; A Hum ccpa rubra pattida.
Oignon blond, ou jaune des Vertus; Atlium ccpa tdonlta.
Oignon rouge foncé; Atlium ccpa ruhîcunda^ ou viotdcea.
Oignon poire ou pyriforme; Atlium ccpa pyri for- mi s.
Oignon blanc hâtif; Atlium cepa^ atha prœcox.
Oignon blanc gros tardif; Atlium cepa alba tardiva.
Oignon très-gros de Madère; Atlium cepa Madcra.
Oignon d’Egypte oubulbifère; Alliumcepabul- bifera.
Oignon patate, oignon sous terre; Alliiim cepa subterranea.
Panais rond ; Pastinaca roiunda.
Persil frisé; Apium pctrosetinum crispum^ oMun- dutaium.
Persil navet, ou à grosses racines; Apium petro- sctum napum.
Poireau long; Altium Porrum commune.
Poireau gros court de Rouen; Atlium Porrum Rolhomagense.
Pois Prince-Albert; Pisum princeps Albcrtus.
Pois Michaux de Hollande; Pisum prœcox.
Pois deMarly; Pisum Marliacum.
Pois de Clamart; Pisum Ctarrnartiacum.
Pois de Knight à rame; Pisum Knightii etatim.
Pois de Knig'th nain; Pisum Knigtiin nanum.
Pois à bouquets; Pisum umbeltahim.
Pois vert normand; Pisum viridum etatiim.
Pois vert nain; Pisutn viridum nanum.
Pois sans parchemin; Pisum exoriicatum.
Pois carré blanc; LHsum quadrahim.
Radis rose rond; Raphanus roseus rotundus.
Radis rose demi-long; Raphanus roseus scmi- longus.
Radis blanc rond; Raphanus atbus rotundus.
Radis violet rond ; Raphanus viotaceus rotundus.
Radis jaune; Raphanus flavens.
Radis noir; Raphanus niger.
Rave rose longue; Raphanus roseus tongus.
Rave violette longue; Raphanus viotaceus tongus.
Rave blanche longue; Raphanus albiis tongus, etc.
Depuis un an que nous nous en occu- pons, celte question a fait son chemin; elle a bien rencontré ça et là, sur son passage, quelques détracteurs, mais nous sommes heureux de pouvoir annoncer au- jourd’hui que nous avons reçu de hauts encouragements , de la part d’hommes tout à fait désintéressés dans cette proposition, faite d’ailleurs, par nous, dans l’intérêt pu- blic. Les adhérents sont très-nombreux, et pour nous conformer au cadre de la Revue hoidicoJe, nous ne citerons par extraits que trois lettres, émanant d’hommes des plus compétents en cette matière. Nous men-
tionnerons d’abord la lettre que nous avons reçue du président de la Société Royale d’horticulture de Londres, en réponse à no- tre communication; elle est conçue en ces termes :
« Londres, 22 juin 1864... South Kensigton. W.
c J’ai reçu, longtemps avant le Conseil, votre proposition pour une uniformité de noms latins pour les légumes. Nous voyons des difficultés considérables dans cette question, mais soyez persuadé que pourtant le résultat répondra à votre attente. »
M. Des Moulins, président de la Société linnéenne de Bordeaux, botaniste distin- gué, nous a adressé, le 17 février dernier, la lettre suivante dont nous extrayons les passages relatifs à la question des adjectifs latins ;
« Votre intéressante lettre du 6 de ce mois m’est parvenue fort à propos, quand je venais de lire le compte-rendu du Congrès interna- tional d’horticulture de Bruxelles, où j’avais suivi avec intérêt les discussions qu’ont soule- vées vos propositions. Avant-hier soir, en don- nant par une sorte de rapport verbal à la So- ciété linnéenne une idée du contenu de ce beau volume, je n’ai pas voulu me priver d’y joindre la lecture entière de votre lettre et. de prendre avant de vous répondre l’avis motivé de nos collègues.
(( Vous demandez, Monsieur, une chose très- raisonnable et TRÈS-ÜTILE lorsque vous désirez voir distinguées, à l’aide d’une nomenclature uniforme et qui soit comprise également de tout le monde, les variétés, races et formes que les horticulteurs sont dans l’usage vicieux d’appeler espèces. Il est infiniment à désirer que vos vœux soient exaucés dans l’intérêt de la science horticole et même botanique, et dans l’intérêt de Vindustrie horticole et agri- cutt ur ale ; mvih il est infiniment difficile d'at- teindre ce but, parce qu’il n’y a pas de nomen- clature officielle, légale, commandée par une autorité appuyée sur une loi pénale. Les par- ticuliers n’y peuvent rien! Les Sociétés savantes de province n’y peuvent rien non plus ! et pourtant tout le monde sent la gravité des inconvénients que vous avez signalés, les avan- tages qu’on recueillerait si on réussissait à y porter remède; enfin, la justesse du choix que vous avez fait en demandant une nomenclature latine et uniforme.
« Mes collègues m’ont donc autorisé, Mon- sieur, à vous faire part d’une réflexion que je leur ai soumise et de laquelle vous pourriez tirer, peut-être, quelque conséquence utile pour la direction à donner à vos efforts.
« C’est sous le patronage des plus grands noms de la science botanique et horticulîurale h la fois que se poursuit, au Jardin des Plantes de Paris, une splendide et classique publication, nommée le Jardin friiitier du Muséum. Cette publication est entièrement en dehors de la science, puisqu’il ne s’agit pour elle que de fixer les noms distinctifs et les caractères des diverses variétés ou races de Pommes, de Poires, de Prunes, de Pêches, de Fraises, etc. ; et n’est-il pas bien évident que tous les horti-
EMPLOI DES ADJECTIFS LATINS DANS LA DÉNOMINATION DES PLANTES POTAGÈRES.
culteurs seront lieureux, dans leur propre in- térêt, de se conformer à cette nomenclature, qui finira ainsi, non par la force, mais à l’aide de la persuasion et de l’intérêt individuel, à faire loi dans le monde horticole?
« Hé bien, Monsieur, si ces hommes haut placés et dont personne ne songe à contester la j*espectable prééminence, voulaient bien, pour l’utilité de tous, prendre à coeur cette partie de vos propositions; — s’ils consentaient à pa- troner, à diriger les travaux d’une commission choisie par eux et qui recevrait pour mission la rédaction d’une nomei^ature latine, régu- lière et correcte, pour les soi-disant espèces jardinères, de légumes et de plantes orne- mentales les plus en usage; — si, enfin, ils en puhliüieni comme appendice au Jardin fruitier du Muséum, la LISTE approuvée par eux, signée par eux, et enrichie des synonymes in- dispensables, pour qu’on vienne a s’entendre, croyez-vous que ce ne serait pas la manifesta- tion d’une autorité à laquelle la plupart des horticulteurs seraient heureux de se soumettre, parce qu’en définitive, si Va?nour propre per- sonnel y perdait un peu, l'intérêt personnel y trouverait à gagner.
(( Tel est Monsieur, le sommaire des ré- flexions que votre bonne lettre m’a inspirées, et que nos collègues m’ont permis de vous exposer, en faisant mention de leur sympathique adhésion. Agréez, etc. »
Nous partageons sincèrement et entière- ment Tavis de M. Des Moulins, ainsi que l’opinion des membres, si nettement expri- mée, de la Société linnéenne de Bordeaux; c’est dans cet espoir et dans cette convic- tion que nous faisons appel à tous les hommes dévoués à la botanique et à l’hor- ciilture, en les priant de prêter leur con- cours à cette entreprise éminemment utile à tous. Pour la mener à bonne fin, il faut du bon vouloir, de la patience et de la persévérance, et d’avance nous osons espé- rer que les hommes dont nous invoquons les lumières ne nous feront pas défaut.
Nous avons reçu de M. l’abbé Brou une lettre datée d’Oulins (Eure-et-Loir^, sur cette intéressante question des adjectifs latins. En voici le contenu en abrégé. M. l’abbé Brou, on le sait, s’occupe beau- coup de botanique; il a composé un her- bier très-remarquable, contenant les plan- tes de la Normandie.
« J’applaudis de tout cœur, sans flatterie aucune^ à votre projet persistant de classifi- cation adjective, pour les plantes potagères; sans être rigoureusement scienlilique, comme l’est celle des plantes spontanées, elle ne se- rait pas moins d’une grande utilité au com- merce des différentes nations. Ce serait un lien de confiance entre acheteur et vendeur. L’horticulture, si progressive de nos jours, se
trouve grandement en retard dans sa partie la plus importante. Il y a donc là une éminente lacune à remplir. Avec la persévérance et la ténacité, qualités qui ne vous manquent pas, vous atteindrez, j’espère, votre but. Déjà, par des noms très-heureusement trouvés, comme Brassica multicapitata ou pohjcephala, et Pha- seolus silico-translucidus ou paltidus. Vous avez très-bien caractérisé ces plantes, il n’y a pas à s’y tromper. S’il vous est possible d’en former toujours d’aussi bons pour toutes les variétés^ vous convaincrez les contradicteurs.il viendra un jour, j’aime à me le persuader, où le jardin potager aura sa nomenclature, comme Ta depuis longtemps le jardin fleuriste , ainsi qu’on peut le voir dans le livre le Bon Jardi- nier et sur tes Catalogues de votre maison, où les noms latins jouent le premier rôle et sont aussi bien compris en Angleterre, en Allema- gne que dans notre France. Je sais. Monsieur, que vous né vous faites pas illusion, vous ne prétendez pas, par votre méthode, arriver à la précision du caractère de la botanique propre- ment dite, ce qui serait impossible quand il s’agit de nommer tant de variétés si peu diffé- renciées, mais ce que vous pourrez faire, ce sera d’établir cette méthode assez clairement pour mettre le commerce à l’abri de nombreux et journaliers malentendus: vous aurez ainsi bien mérité de l’horticulture. »
Dans une conservation intime sur ce su- jet, Poiteau nous disait un jour : « Quand les botanistes mettront le nez dans les plantes, ils auront fort à faire (sic.). »
Les adjectifs latins, que nous avons adaptés aux variétés fixes des plantes pota- gères, ne sont pas exempts de reproches. Pour bien les appliquer à chacune des va- riétés, il faudrait connaître l’origine de ces plantes, mais hélas! Nous ne la connaissons pas chez toutes. Cette première liste, si im- parfaite qu’elle soit, sera suivie d’une autre. Si les botanistes et les latinistes voulaient bien nous venir en aide pour celle-ci et nous seconder dans ces premiers efforts, nous en ferions bientôt paraîire une deuxième. Ce serait avec une profonde re- connaissance que nous recevrions toutes les observations que l’on pourrait nous faire sur les adjectifs latins. M. le comte de Cus- sey, président honoraire de la Société im- périale d’horticulture; M. leD^Chatin, pro- fesseur de botanique à l’Ecole impériale de pharmacie, àParis; M.Thiélens, docteur en sciences naturelles et botaniste à Tirleinont (Belgique); M. Lecurcur, botaniste à Nantes et beaucoup d’autres personnes distinguées en botanique et en horticulture, nous ont encouragé de vive voix ou par écrit à persis- ter dans la voie où nous sommes entré et ont adhéré complètement à notre projet.
Büssin.
SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE D’HORTICULTURE.
Seance du 23 novembre JSOo. — M. le i Raisin blanc à gros grains, jU’ovcnant d’un docteur Pigeaux présente à la Société du 1 bois rapporté par lui de Syrie et dont il
SÉA>CES DE LA SOCIÉTÉ CEMUALE DTlüUTIClLTEUE.
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igiiure le nom ; il le signale comme étant jn'opre à la conservalion. Ce Raisin a été laisse sur l’arbre jusqu’à la tin de novem- bre, dans un manchon de papier; il est frais, bien sucré et d’une belle teinte, bien ({u’il n’ait pas vu le soleib
— Le Comité de culture potagèredécerne une prime de troisième classe à M. Pissot, inspecteur du bois de Boulogne, pour une collection de 30 variétés de Courges et Poti- rons, provenant toutes de Ciraumons, Cour- ges de l’Ohio et autres bonnes espèces, il. Pissot a obtenu tous ces fruits de grai- nes ayant deux années d’existence, et il fait remarquer à ce sujet la supériorité de ces dernières sur celles d’un an pour l’ob- tention de bonnes plantes. Malgré l’usage ordinaire, M. Pissot n’a donné à ses Cour- ges que fort peu d’arrosages, et seulement pendant les quinze premiers jours de leur développement; les feuilles couvrant entiè- rement le sol les ont ensuite préservées de la sécheresse. M. Forest s’élève contre celte pratique; il ne croit pas qu’on puisse obte- nir de beaux résultats en laissant lesCucur- Jtitacées sans eau; c’est une des familles de plantes qui exigent le plus d’arrose- ments.
— M. le docteur Aubé présente du Per- sil à grosses racines dont les nombreuses bifurcations proviennent, pense-t-il, du trop grand ameublissement du sol dans lequel les plantes ont été cultivées. M. Fo- rest ajoute que l’excès de fumure produit un effet semblable, qu’il a remarqué assez souvent sur des Carottes. M. Aubé expose en outre des Figues d’automne sèclies et -d’un bon goût; elles ont cela de particulier qu'elles ont mûri dans le département de l’Oise, dans une localité située à 200 mètres d’altitude au-dessus de Paris. On sait que les chaleurs prolongées de l’année 1865 ont produit beaucoup d’exemples de florai- son et de maturations anormales, auxquel- les il faut ajouter celui de Figues venant à bien dans le nord de la France.
— Il a déjà été question à la Société d’horticulture de l’emploi de simples man- chons de papier ouverts aux deux bouts pour garantir les Raisins des piqûres des guêpes. M. Aubé a fait cette année l’expé- rience de ces manchons sur plus de 1,200 grappes, dans une localité oû l’on voit habi- tuellement des guêpes par milliers. H a observé que ces insectes n’attaquent pas les grappes saines, car il a retiré des sacs
de belles grappes intactes et les a laissées exposées à l’air libre sans que les guêpes vinssent y toucher; mais ayant enlevé avec un canif un })Gu de la peau de ces mêmes Raisins, il lésa vus presque immédiatement attaqués; il a obtenu les mêmes résultats sur des grappes incisées et laissées dans les manchons. Les grains flétris et plissés don- nent aussi prise aux mandibules des guêpes. En somme, ces dernières ne viennent sur le Raisin que lorsqu’il a déjà été attaqué par une cause quelconque, lorsque rhumidilé a pourri l’épiderme ou que les oiseaux, les souris, les mulots, etc., y ont déjà passé; elles mangent l’intérieur du grain et lais- sent la peau vide, tandis que les autres mangent tout : voilà la différence.
— M. Bossin a présenté dernièrement au Comité de culture potagère des Haricots perle, dans lesquels ce Comité n’avait re- connu autre chose que le Haricot riz nain. M. Bossin n’accepte pas cette appréciation du Comité et il envoie des échantillons des deux variétés, avec prière de les semer et de les expérimenter.
■ — -Dans un article sur la suppression de l’accolage des vignes, publié dansle numéro d’octobre dernier du Journal de la Société centrale dliorticutture,'M. C. Cbarmeux a ex- posé un système consistant à doubler les fils de fer pour les vignes disposées en lignes et non échalassées, c’est à-dire à en mettre un de chaque côté des pieux. (( Comme les pieux, dit-il, ont O’". 03 ou0™.04 de diamè- tre, et qu’il y a un fil de fer de chaque côté, les bourgeons (pousses), à mesure qu’ils poussent, se placent dans cet espace; les vrilles s’attachent aux fils de fer et rem- placent le jonc ou la paille. )> M. Gosselin fait remarquer, à propos de ce procédé, que les vrilles devront nuire à la maturation du Raisin, qu’elles ne prendront pas toujours une bonne direction, qu’elles attacheront ensemble les sarments et rendront la mise en sac bien difficile.
• — A propos de l’envoi de hannetons vivants fait par M. d’Audilfred, pour mon- trer les effets de la prolongation de l’été dernier, M. Repère fait remarquer que tou- tes les questions relatives aux insectes ont une grande importance pour l’horticulture, et qu’il serait peut-être bon de créer dansle sein de la Société, pour leur étude, un Comité d’entomologie qui prendrait place à côté des Comités de tloriculture, de pomo- gie et de culture potagère, a. Ferlet.
REVUE COMMERCIALE HORTICOLE (PREMIÈRE QUIX'ZAINE DE .TANVIER 1866)
Léf/mie^ frais. — Bepnis le romincncemonl | do raiinèo, les gros légunios ont subi un ]icu d’aiigmentalioii ; les tours du lU janvier accu- saient un cinquième environ en plus sur les cours du 26 décembre dernier. Les Carottes
crdinaires valent de 20 à fr. au lieu de 15 à 25 fr. les 100 bolles; celles pour chevaux se vendent de 10 à 15 fr. au lieu de 7 à lOfr. — Pour les Panais, le prix minimum s’est élevé de 18 à 20 fr.; le prix m:-.ximnm est resté de 2i fr. les
REVUE COMMERCIALE HORTICOLE (PREMIÈRE QlTR'ZAINE DE JANVIER 1866';.
100 bottes. — Les Poireaux sont augmentés de 5 fr., et coûtent de 25 fr. à 30 fr. — Les Ra- dis nous valent de 0L40 à 0f.50 la botte ; c’est plus que le double du prix d’il y a quinze jours. — Les Céleris ordinaires se vendent 0L40 la botte avec OLIO de hausse ; ceux de première (jualité valent 1 fr. au lieu de 0L60. — Les Choux sout restés stationnaires aux prix de 5 à 20 fr. les 100 bottes. — Les Clioux-lleurs ont subi une hausse passagère; ils se sont vendus de 50 à 100 fr. les 100 bottes; mais leur prix est retombé à 5 fr. seulement pour les plus basses qualités, tandis que les plus forts se vendaient 95 fr. — Les Oignons en grains sont en baisse, ils se vendent 8 à 10 fr. au lieu de 12 à 15 fr. l’hectolitre.— Les Champignons sont cotés de OLIO cà 0L15 le maniveau au lieu de 0f.05 à Of.lO.
Herbes et assaisonnements.— En général, il y a eu de la hausse depuis notre dernier bulletin, sur ces sortes de denrées. Les Epinards, qui va- saient de 0L25 à 0L35 le paquet, sont aujour- d’hui à 0L40 etOf.60 suivant la qualité.— L’O- seille ordinaire se vend 0L40,avec OLIO d’aug- mentation par paquet ; la plus belle est cotée sL50, avec un peu de baisse au contraire. — Le Cerfeuil et le Persil se vendent de 0L20 à 0L30 la botte, avec une hausse de 0L05 à OLiO par botte. — L’Ail est coté 3L50 à 5 fr. le paquet de 25 petites bottes; il est augmenté successive- ment de 0L50 à chaque marché depuis la fin de décembre. — La Ciboule se vend de 0LÜ5 à 0L20 la botte ; le Thym, de 0L15 à 0L20, avec 0L05 d’augmentation, et l’Echalotte, de 0L40 cà 0L80, c’est-à-dire 0L20 de plus qu’il y a quinze jours.
Fruits frais. — Les Poires les plus médiocres se paient toujours de 20 à 25 fr. le 100, sans variation depuis cminze jours ; les plus belles valent jusqu’à 1L“20 la pièce. — Les pommes coûtent de 3 à 100 fr. au lieu de 2L50 à 75 fr. le 100 également. — Le Chasselas de serre ciug- mente un peu ; il vaut de 2 à 8 fr. le kilogr. — Les marrons coûtent 5L50 les 100 kilogr. sur le marché, et 4L25 à la criée.
Fleurs et arbustes d’ornement. — La tenue des marchés aux Heurs du commencement de janvier a été à peu près la même que celle que nous signalions pour la fin de décembre 1865. La température n’a pas encore été très-rigoureuse et a permis de mettre en vente un plus grand nombre déplantés cju’onn’en voit ordinairement à cette époque de 1 année.
Plantes fleuries en pots. — Anthémis frutes- cent, 1 fr. à 1L50. — Azalées, 3^ à 5 fr.^ — Bruyères du cap (Phylica), 1 fr. à 1L50; Bruyères (Erîca) diverses, 0C50 à 1L50. — Billbergia, 5 à 10 fr. — Cinércoires, 0L75 à 1L25. — Ca- melUa, 3 à lOfr. — Citronniers, 1L50 à 2 fr. — Cvclamen de Perse, 2 fr. a 2L50. — Crocus, OC25 à0L50. — Deutzia gracilis, 1L50 à 2 fr.
— Daphné, lf.50 à 2 fr. — Epiphyllum trunca- tum, 2C50 à 5 fr. — Epacris, 1L50 à 2 fr. — Fuchsia, lf.25 à 2 fr. — Iberis semperflorens, OL75 à 1L25. — Héliotrope, 1 fr. à 1L25. — Jacinthes, 0L50 à 1 fr. — Lilas, 1L50 à 2 fr.
— Metrosideros, 3 à5fr, — Œillets remontants, 1L25 à 1C5U. — Orangers, 3 à 5 fr. — Pensées, 0C25 à 0L50. — Primevères de Chine, 0L40 à OC75. — Rosiers, 1L50 à 2C50. — Réséda, Of.75 à 1 fr. — Rhododendrons, 3 à 10 fr. — Solanumamomum, 0Li0à0L75. — 8pirée, 1L50
à 2 fr. — Tulipes hâtives, 0L25à0C50. — Vé- roniques, 1 fr. à 1L50. — Violette des Quatre- Saisons, 0L30 à 0L50. — Viburnum Tinus, 1 fr. à 1L50.
Plantes à feuillage, pour décoration de jar- dinières meubles, la?npes et vases d’apparte- ment. — Agave, 1L50 à 5 fr. — Aloës, 1 à 3 fr.
— Aralia, 3 à 10 fr. — Arbousier, If 50 à 2 fr.
— Aspidistra, 2L50 à 10 fr. — Acacia lo- phanta, 0L50 à 1L50. — Aucuba, 1 à 3 fr. — Alaternes, 1 fr. à2 fr. — Bégonia, 0L75 à 2L50 et 3 fr. — Buis, 1 à 2 fr. — Canna, 1 à 2 fr. — Cyperus alternifolius, 1L50 à 5 fr. — Chamæ- rops, 5 à 15 fr. — Curculigo, 5 à 10 fr. — Ci- néraire maritime, 0^75 à 1 ff. — Caladium et Colocasia, 2f.50 à 10 fr. — Carex Japonica, 0f.50 à 1L50. — Cereus flagelliformis, 1L50 à 2L50 fr. — Calathæa zebrina, 2L50 à 5 fr. — Cactées et Crassulacées diverses, 0L50 à 1L50.
— Cotoneasters, 0L75 à 1L50. — Delairea, 0L75 à 1 fr. — Dracœna congesta, 1L50 à 3 fr.
— Dracœna rubra, 2L50 à S fr. — Dracœna terminalis variegata, 5 à 15 fr. — Dracœna australis, 3 à 10 fr. — Dracœna brasiliensis , 5 à 15 fr. — Ficus elastica, 3 à 10 fr.’ — Fou- gères, 0L75 à 5 fr. — Fusains verts et argen- tés, 1 à 2 fr. — Gynérium, 1L50 à 10 fr.; 0L75 à lf.50. — Grevillea robusta, 1L50 à 2 fr. — Géranium à feuilles de Lierre, 1 à 2 fr. — Ge- névriers, 1 à 2 fr. — Houx, 1L50 à 2L50. — Isolepis gracilis, 0L75 à 1L25. — Iris pana- chés, OL M à 1L50. — Latania, 10 à 20 fr. — Lycopodes, Sélaginelles, 0L50à 1 fr. — Lierre, 0L50 à 1 fr. — Laurier de Colchide, 1 fr. à 2L50. — Mahonia, 1 fr. à 1L75. — Magnolia, 3 à 15 fr. — 3Iimosa lophanta, 1L25 à 2 fr. — Maranta, 3 à 10 fr. — Opuntia, 0L50 à 1L50.
— Pandanus, 10 à 20 fr. — Pitcairnia, 3 à 5 fr.
— Palmiers divers, 10 à 25 fr. — Pervenches panachées, 1 à 2 fr. — Phormium, 2L50 à 5 fr.
— Pu va, 3 à 5 fr. — Phœnia, 10 à 20 fr. — Plîotinia, 1 à 2 fr. — Pins, OL50 à 2L50^ -- Pittosporum, 2L50 à 5 fr. — Romarin, Ot. 50 à 0L75. — Sapins, 1 à 3 fr. — Rhapis, 8 à 15 fr.
— Richardia, 0L50 à 1L50. — Sabal, 10 à 20 fr. — Séquoia, 2 à 4 fr. — Rhododendrons, 2L50 à 5 fr. — Sapine ttes, 1 à 3 fr. — Troè- nes, 1 à 3 fr. — Tradescantia repens, 1L50 à 2L50. ; zebrina, 2 à 3 fr. — Tillandsia, 3 à 5 fr. — AVellingtonia, 3 à 10 fr. — Thuya, 0L75 à 1L50 et plus. — Yucca , 1L50 àlOR.
Arbres fruitiers. — Poiriers pyramides d’un an, 0L60 à 0L80; de 2 ans, OL/5 à 1L25. — Poiriers tiges, 1L25 à 2 fr. — Pommiers nains,
hautes tiges, 1L50 à 2 fr. — Abricotiers nains, 0L75 à 2 fr.; demi-tiges, 1 fr. à lf.50; tiges, lf.50 à 2 fr. — Cerisiers nains ou pyramides, 0L50 à Of.75; tiges, 2 fr. — Pruniers
nains ou pyramides, Of.75 à 1 fr. ; tiges, lf.25 à 2 fr. — Lignes Chasselas^ 0f.50 à 2 fr. — jNovers, lf.50 à 2fr. — Groseilliers épineux.
Of.25 à 0f.50; à gra])pes, Of.25 à
0f.50.
Noisetiers, 0f.50 à“0fi7‘5 la pièce. — Fram- boisiers, 10 à 15 fr. le 100. — Figuiers, Of.75 à lf.50 la pièce. — Cognassiers, Of.50 à 1 fr.
Rosiers nains, 50 à "lOO fr. le 100; demi- tio-es 100 à 125 fr.; tiges, 125 à 150 fr. —
Eglantiers, 15 à 30 fr. le 100.
A. Ferlet.
CHRONIQUE HORTICOLE (DEUXIÈME QUINZAINE DE JANVIER 1866).
Prochaines Expositions de Caen et de Ferrare. — Préparatifs de FExposition internationale d’horticulture de Londres. — Banquet dans Guildhall. — Parallèle entre les Expositions horticoles en Angleterre et sur le continent par le professeur Reichenbach. — Disposition des lots de plantes dans les Exhibitions anglaises. — Cours d'arboriculture de M. Forest, à Paris; de M. Verlot, à Grenoble; de M. Carrier, dans l’Ain. — Circulaire de M. de Saint-Fulgent, préfet de l’Ain, recommandant les cours de M. Carrier. — Impor- tance des questions de haute doctrine en horticulture. — Lettre de M. Brianza relative à l’éducation des jardiniers par la presse horticole. — Lettre de M. de Bongars sur la réforme de la nomenclature botanico- horticole et la pépinière du Luxembourg. — Lettre de M. Cliabert sur la maladie du Céleri à Metz.
Nous n’avons cà annoncer aujourd’hui que deux Expositions horticoles nouvelles, l’une à Ferrare, pour la fin de mai, et l’autre à Caen, du 13 au 15 juillet. Toute l’attention va maintenant se porter sur les prôparatils de l’Exposition internationale de Londres. Ces préparatifs préoccupent vivement les horticulteurs anglais. Le lord maire de Londres, les aldermen et la cour du conseil commun ont décidé à l’unanimité que l’hô- tel-de-ville de la Cité de Londres {Guild- hall) serait mis à la disposition de la Com- mission exécutive de Y Internalional Ilorli- cuUural Exhibüion pour le grand banquet qui , ainsi que nous l’avons annoncé , doit avoir lieu le mardi 22 mai 1860. On sait que le Guildhall est un des monu- ments les plus vastes et les plus imposants de la capitale de l’Angleterre. Indépendam- ment de la commodité que les visiteurs de l’Exposition tireront de cette décision libé- rale et éclairée, il y a dans ce fait un signe important de l’intérêt constant que le gou- vernement et le peuple anglais attachent au développement de l'horticulture. Tous les amis de cet art remercieront le lord maire d’avoir pris cette détermination. « Voilà, dit le Gardeners’Chronicle, comment il con- vient de recevoir l’élite des botanistes et des savants qui doivent honorer notre pays de leur visite. »
A propos de cette grande Exposition, un botaniste distingué, M. le professeur Rei- chenbach, vient de publier en anglais et en allemand un parallèle plein d’intérêt entre la disposition des Expositions horticoles de l’Angleterre et celles du continent. A la veille de la grande Exhibition internationale anglaise, ces appréciations ont un caractère d’actualité qui nous engagent à les repro- duire ici en partie :
« Il y a deux méthodes, dit M. Reichen- hach, pour disposer des expositions flora- les : la méthode du continent et la vieille méthode anglaise, qui sont essentiellement différentes.
(( Les Expositions du continent offrent un effet des plus pittoresques; il faut les avoir vues pour s’en faire une idée. Représentez-vous un salon dans lequel les effets de fleurs, de verdure, d’éclat sont prodigués avec une libéralité qui peut rap- peler le milieu d’une forêt vierge.
« Les Azalées, les Camellias sont devenus
1er FÉVRIER 1866.
si indispensables, depuis que le public est accoutumé à ces antithèses de masses rou- ges et blanches, qu’aucune Exposition ne peut avoir de succès quand la saison de ces fleurs est passée. Au milieu de cette splendide confusion, la tâche des jurys est extrêmement difficile. Leurs appréciation, scientifique^ ne peuvent s’exercer en libertés et beaucoup de concurrents malheureux peuvent rejeter cet échec sur la mauvaise place qui leur a été assignée et qui les a empêchés de déployer tous leurs avantages.»
Cette critique de nos Expositions du con- tinent est peut-être un peu sévère, et le professeur Reichenbach a peut -être exagéré les inconvénients de notre méthode ; mais il faut reconnaître que le fond de sa pensée est juste. Une Exposition florale a pour but de récompenser les efforts des horticulteurs, et sa disposition doit être de nature à faire ressortir les perfectionnements qu’ils ont pu apporter dans la pratique de leur art. Il ne faut pas sacrifier ce but, le seul qui intéresse les amis éclairés de la nature, à l’envie de charmer les yeux du public : c’est le défaut de nos Expositions du continent, que le professeur Reichenbach voudrait épargner à la grande Exhibition internationale de mai. il ne le dit pas formellement, mais le soin avec lequel il expose la méthode des Anglais montre qu’il désirerait vivement de la voir adopter. Quoi qu’il en soit, s’il a pu éclairer celte question, insignifiante en ap- parence, en réalité considérable, nous de- vons lui en savoir gré. Voici ce qu’il dit du sytème d’insfallation des Anglais ;
(( La méthode anglaise est toute différente, elle n’a pas pour objet de multiplier pour les yeux les impressions agréables ni d’eni- vrer les sens du spectateur. Les sujets d’une même classe sont exposés l’un près de l’au- tre; cette disposition met les juges à même de les comparer plus rigoureusement; le public s’instruit en les comparant de même. Nous ne croyons pas que les exposants se soient jamais plaints de ce classement; ils auraient mauvaise grâce à se plaindre de leur place, puisqu’ils sont, sous ce rapport, les égaux de leurs concurrents. Il arrive souvent que des concurrents se déclarent battus, avant même que la Commission ne se soit prononcée. Les ornements sont peu abondants, et c’est cette absence de déco- ration qui frappe le plus d’étonnement les T. I. — 3.
CHRONIQUE HORTICOLE (DEUXIÈME QUINZAINE DE JANVIER).
iâ
exposants européens. Mais nous, qui ne per- Moiis pas de vue le but de ces Expositions, nous ne nous étonnons pas de voir, dans une exhibition horticole, préférer l’art de l’horticulteur à l’art du coloriste.»
— Dans notre dernier numéro, nous avons annoncé les cours faits cet hiver, à Paris, par notre collaborateur M. DuBreuil. Nous nous empressons également de faire con- naître les jours et les heures de ceux que va faire M. Forest à partir du février. Ces cours auront lieu :
Tous les lundis, de 1 heure à 3, rue des Saussaies, 23, sur la pente nord de la hutte Montmartre;
Les mercredis, de 1 heure à 3, rue du Ra- nelagli, à Passy.
Les premiers jeudis de chaque mois, de 1 heure à 3, boulevard Eugène, 32, parc de Neuilly.
Les troisièmes dimanches de chaque mois, de 1 heure à 3, à Brunoy, chez M. Nallet, près de la station du chemin de fer.
Nos lecteurs savent que nous n’attachons pas moins d’importance aux cours horticoles qui se font dans les départements qu’à ceux qui ont lieu à Paris. Nous devons tout par- ticulièrement applaudir à ceux que fait annuellement à Grenoble M. Yerlot, et, à ce sujet, nous nous empressons d’insérer la lettre suivante qu’il nous a adressée :
« Grenoble, le 21 janvier 1866.
(( Monsieur le Directeur,
(( Ces années dernières, vous avez eu la bonté d’annoncer aux lecteurs de la Revue horticole rouverture successive du cours d’aiLoriculture que je professe ici, au Jardin des Plantes, au nom de l’administration municipale , depuis 1856 ; permettez-moi de solliciter de votre bien- veillance la meme faveur pour cette année. Je reprendrai mon cours d’arboriculture fruitière le Rr février prochain et le continuerai le jeudi et le dimanche de chaque semaine, jusqu’à la fin de mars; ensuite, je le reprendrai le diman- che 29 avril, pour le continuer, chaque dimanche seulement, jusque vers le 15 juin. Dans la pre- mière partie, je traiterai théoriquement et exé- cuterai pratiipiement les opérations à faire aux arbres fruitiers, pendant le repos de la sève; dans la seconde, des opérations à faire pendant la période de la végétation.
« Un fait particulier caractérisera mon cours de cette armée. La Société d’agriculture et d’hor- ticulture de notre ville, toujours désireuse de coopérer dans la mesure de ses forces à la pro- pagation et à la diffusion de tout ce qui peut amener un progrès en agriculture et en horti- culture, décernera trois primes d’argent, s'éle- vant ensemble à cent francs, aux jardiniers de profession qui auront assisté avec assiduité à mes leçons, et qui, après examen, justifieront qu’ils ont profité de mon enseignement.
« La même Société a décidé aussi qu’elle déli- vrerait d('s brevets de capacité aux auditeurs qui auront suivi pendant deux ans mon cours, et (jui, après examen, seraient jugés aptes à diriger la taille des arbres fruitiers. Ce sont là
deux bonnes mesures qui,. à n’en pas douter, donneront de très-bons résultats.
« Veuillez agréer, etc.
« B. Yerlot. »
Outre l’enseignement dans les villes, il faut encore, pour arriver rapidement à de grands -résultats, l’enseignement dans les campagnes elles-mêmes. Cette œuvre, un de nos correspondants, M. Alphonse Carrier, qui jadis a reçu les leçons de notre regret- table ami, M. Lahérard , s’est proposé de l’entreprendre dans le département de l’Ain. Il se rend dans les communes, où il fait dans la même journée deux conférences, l’une pour la théorie, l’autre pour la pratique. Trois doubles conférences peuvent suffire pour remplir son programme, ainsi conçu ;
Arboriculture. — Etablissement d’un jar- din et d’un verger. — Plantation des arbres fruitiers. — Commencement de la taille.
Viticulture. — Etablissement d’un vigno- ble. — Choix des cepages. — Préparation des plants.
M. de Saint-Fulgent, préfet de l’Ain, a approuvé le projet de M. Carrier, et, dans une circulaire, a annoncé aux Consils muni- cipaux , qu’il autoriserait volontiers les dépenses nécessaires pour cet objet, soit 60 fr. pour trois doubles conférences. Voici un extrait de la circulaire adressée aux maires par M. de Saint-Fulgent :
« A Messieurs les Maires du département,
« M. Carrier (Alphonse), maître-adjoint d’école normale primaire (en congé) et professeur d’hor- ticullure et de viticulture, se propose de faire dans le département de l’Ain des conférences cantonales sur l’horticulture et la viticulture.
(( Ce projet, qui m’a été soumis par son au- teur, mérite d’être accueilli avec faveur par les populations du département.
(c M. Carrier a un savoir incontestable; il a fait preuve, dans les diverses branches qu’il se propose d’enseigner, de connaissances sérieuses et d’une grande aptitude. 11 se recommande donc de lui-même à la bienveillante attention des administrations municipales et des diverses Sociétés agricoles de nos contrées.
(( Je verrais avec plaisir ce jeune profeseur (originaire du département de l’Ain où hal)ile sa famille et où il a débuté dans la carrière de l’enseignement) fonder avec succès une œuvre qui serait très-profitable aux populations agri- coles et vinicoles du pays.
« C’est dire que j’a})prouverai avec empresse- ment les votes émis par les conseils municipaux, on vue de favoriser la réalisation du projet dont il s’agit.
Le préfet de VAiiu « L. DE Saint-Fclgent »
• — Le besoin de s’instruire, non pas seule- ment snr les choses de la simple pratique, mais encore sur les questions de haute doc- trine, s’empare de tous ceux qui ont com- mencé à s’occuper de l’horticulture. Aussi, ne craignons-nous pas d’aborder qiiehpiefois les sujets les plus transcendants. C’est ce que
CHRONIQUE HORTICOLE (DEUXIÈME QUINZAINE DE JANVIER).
I nous avons fait récemment à propos du livre de Darwin sur l’unité de l’espèce. La polémi- que qui en est résulté n’a pas été sans in- • térêt pour nos lecteurs, ainsi que nous le démontre la lettre suivante :
« Monsieur,
« Une des dernières livraisons du très- utile et très-intéressant Journal que vous diri- gez contenait un article contre la célèbre ; théorie de Darwin. Comme c’est la première ' fois que vous vous élevez dans ces hautes ré- i gions, je crains que cela ne soit advenu que ; par hasard, et que vous repreniez bientôt l’an- cienne règle en suivant le sillon de la pratique pure et simple.
(( Je voudrais vous demander de donner de f temps à autre de ces petits essais qui font tant |i de bien à l’intelligence des élèves horticulteurs, ï comme le peu de lignes de M. Ternisien (no du 16 décembre 1865, page /i67). Il n’est pas ! nécessaire d’empiéter sur le domaine des hau- tes abstractions philosopbiques, qui ne fout !, qu’obscurcir les vues de ceux qui n’ont pas eu l’instruction pour les embrasser. Il suffit d’a- border ces points qui touchent de si près aux I questions qui nous intéressent tous, et sur les- quelles les jeunes jardiniers manquent de guide I et de lumière. Cela s’appelle faire des choses vraiment profitables. Car soyez sûr que ces I simples aperçus, ébaucbés et mis à la portée de I ceux qui n’ont ni la volonté ni le loisir d’appro- I' fondir de telles questions, sont bien plus pro- fitables que les lourds travaux des discussions : scientifiques.
(( Agréez, etc.
! « Jean-Baptiste Brianza.
« Milan, 30 décembre 1865. »
S il est bon d’aborder les questions les plus difficiles, il faut que ce soit toujours d’une manière intelligible. Mais combien il y a à faire pour en arriver Là ! N’y a-t-il pas d’abord à réformer la nomenclature horti- cole? C’est déjà ce que nous avons soutenu urgent dans une certaine mesure. Aussi ne demandons-nous pas mieux que de revenir sur la question avec un de nos correspon- dants, M. de Bongars, qui nous écrit la let- ' tre suivante :
' « Monsieur le Directeur,
« A notre époque plus qu’à toute autre , les vieilles choses, les vieux usages, les vieilles j idees s amoindrissent chaque jour et tendent à disparaître pour faire place à tout ce qui est jeune, progressif et plein d’avenir.
« La nomenclature horticole française, mai- gre les tempêtes qu’elle soulève dans certaines régions, triomphera de ses adversaires , parce