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REVUE
ZOOLOGIQUE,
PÂA
LA SOCIÉTÉ CUVIERIENNE.
Année 1841,
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roris. — IMPRIMERIE DE COSSOjN, ruo Saiui Germain-des-hés , U.
REVUE
ZOOLOGIQUE,
PAR
LA SOCIETE CUVIERIENNE ;
ASSOCIATION UiriVS&8EI.LE
L*AVANGEMENT DE LA ZOOLOGIE, DE L*ANATOMI£ COMPARÉE ET DE LA PALiËONTOLOGIE ;
Journal mensuel.
PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION DS M. r.-£. GUÉRIN-MÉSTEVILLE.
PARIS,
AU BUREAU DE LA REVUE ZOOLOGIQUE ,
Que de Scine-Saint-Germaia ^ 13.
1841.
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JANVIEU 1841.
I. TRAVAUX INEDITS.
OBSERVATIONS ORNXTHOI.OGIQUi:S , lettre de M. De Lafresnayb.
Mon cher confrère, , ^ ,1
En faisant dernièrement à Londres un voyage motivé par le retour du savant ornithologiste M. Gould , qui venait de passer deux années à la Nouvelle-Hollande pour y recueillir et y observer les oiseaux de ces contrées, j*a vais un double but, celui d'acquérir de nouvelles espèces , et celui surtout de re- cueillir de ce voyageur le plus de documens possibles sur les mœurs et les habitudes des espèces même déjà connues, dans Vintérêl de la science, comme aussi pour mes travaux ornitho- logiques, et en particulier pour notre Refue. Ne me fiant point à ma mémoire, j'avais pris beaucoup de notes, tant chez M. Gould qu'aux divers musées de Londres , j'ai eu le mal- heur de voir s'engloutir en même temps sur le Phénix, et mes nombreuses acquisitions, et toutes ces notes, fruits d'observa- tions et de recherches assidues pendant quinze jours. Me rap- pelant néanmoins, malgré mon peu de mémoire, quelques faits ornithologiques assez intéressans, je vous prie de les consigner dans notre Rewue , espérant que les ornithologistes mes com- patriotes m'en sauront quelque gré.
Une de mes premières questions à M. Gould fut sur les mœurs du Ménure lyre , qui tour-à-tour a été rangé avec les Faisans, les Merles et les Mégapodes. C'est un Merle, me ré- pondit-il , c'est un oiseau chanteur qui niche dans les arbres à peu d'élévation de terre , et ses grands ongles lui servent k gratter et à éparpiller les feuilles sèches et le détritus qui cou- vrent le sol des forêts , pour y chercher les vers et les larves qu'ils recèlent. Eh bien ! lui dis-je, notre Cuvier n'avait donc pas tort, lorsque dans son Règne animal il plaçait cet oiseau à la suite des Merles ! Il est certain que quant à la longueur et au peu de courbure des ongles , chez notre Merle commun, Tom. IV. /?*^. Zool Janvier i84i. i
\v
s tRAVAUX mEftltS.
oiseau essentiellement des buissons , au pied desquels il gratte le plus souvent pour trouver des insectes, nous trouvons aussi des ongles remarquables, dans tout le genre, p^irleur longueur et leur peu de courbure.
Un autre oiseau, le Talégalle de Cui^ier, jusqu'ici fort rare en Europe, puisqu'un seul individu existait en France au Mu- séum de Paris, où il a été rapporté de la Nouvelle-Guinée par les voyageurs de la Coquille, fut le sujet de notre second en- tretien , car M. Gould en rapportait deux espèces inédites de la Nouvelle-Hollande. M. Lésson ayant cru reconnaître, dansle seul individu qu'il rapportait, les caractères d'un Gallinacé, et dans sa tête et son cou dégarnis de plumes et couverts de poils rares, des rapports avec les Pintades , lui assigne cette place dans la Zoologie de la Coquille; plus tard , dans son Traité, il le reporte dans l'ordre des Échassiers, entre les Agamis et les Kamichis, M. Swainson , trompé par cette nudité du cou et de la tête , en avait fait un genre nouveau dans les vautours, comme particulier à la Nouvelle-Hollande, sous le nom géné- rique de Cathéturus; il eût été alors le seul Vautour apparte- nant à cette contrée. Mais en cela, M. Swainson avait commis une erreur manifeste , et la Nouvelle-Hollande , malgré son étendue, est encore le seul continent qui n'en possède aucune espèce. Dans la Revue Zoologique, 1889, p. 196, nous annon- cions déjà nos fortes présomptions sur cette erreur de M. [Swain- son, d'après les grands rapports que nous trouvions entre le dessin de la tête et du bec de son Cathéturus et ces mêmes parties chez le Talégalle de Cupier^ et nous soupçonnions que si ce n'était pas ce dernier , ce devait être une nouvelle espèce de Talégalle appartenant à la Nouvelle-Hollande. Nos pré- somptions ont donc été pleinement confirmées par îa décou- verte de ces deux nouvelles espèces de Talégalles de la Nou- velle-Hollande. M. Gould nous fit remarquer que ces oiseaux étaient de vrais Gallinacés, comme M. Lesson l'avait jugé d'a- bord, mais que, d'après leurs formes générales, la nudité du cou et le plumage duveteux et épais du dos, c'était du groupe des Guans ou Yacous de l'Amérique qu'ils se rapprochaient le plus, et qu'il les regardait comme leurs^représentans àm%
TRAVAUX INÉDITS/ 3
l*Auslralie. Il nous raconta une particularité des plus remar- quables sur le genre de nidification de Tune d'elles. Cette es- pèce, avant de pondre, réunit sur le sol une si graude quantité de branches vertes avec leurs feuilles , qu'elle en forme un monceau de cinq à six pieds, ou même plus, de hauteur , ea forme de cône ; elle pratique au sommet un petit enfoncement étroit et assez profond, et c'est là qu'elle pond deux ou trois œufs seulement, qu'elle a soin de relever ensuite, et de placer perpendiculairement, avec son bec, les uns près des autres, par conséquent ayant un bout en l'air et l'autre en bas , ce qui se conçoit d'après l'élroiteise qu'elle donne à cet enfoncement; ensuite elle laisse au soleil et à la chaleur produite parla fer- mentation de cette masse de végétaux, le soin d'échaufiPer et de faire éclore sa nichée. Nous reposant sur les petites notes que nous écrivions à chaque réponse de M. Gould, nous ne nous rappelons plus ce qu'il nous dit de la conduite de la mère pendant cette incubation artificielle et au moment de l'éclo- sion. Ces détails, qu'il avait lus précédemment à une séance de la Société zoologique, avaient déjà été consignés dans un jour- nal à Londres , et je ne doute pas qu'ils ne le soient en détail dahsles Proceedings de i84o. Déjà madame Gould avait fait un superbe dessin au lavis de cette nouvelle espèce , et avait représenté dans le lointain ce nid en forme de meUlon , avec Foiseau y montant de dessus le sol.
Parmi le grand nombre de choses nouvelles que M. Gould nous fit voir, nous nous rappelons confusément des espèces de Turnix qui doivent faire un genre nouveau, de nouvelles espè- ces des genres Amytis de Lesson et Dasyornis Vigors , dont on ne connaissait qu'une espèce de chaque , et une foule de Philédons et de Perruches. Comme j'étais étonné de n'y voir aucuns Pics , il me dit qu'il paraissait qu'ils manquaient à la Nouvelle-Hollande, et qu'il n'en avait pas rencontré un seul pendant les deux ans qu'il y avait chassé. Ce ftiit d'ornitho- logie géographique est fort extraordinaire pour une famille , si nombreuse en espèces dans toutes les autres parties du monde, .^■' f.V^"v.iiO -^.i
A ma première visite^au Musée de lu Société wo'bgi^ue, ]«
4 TBAVAÙX iNÉDïïS.
vis dans la salle des séances, encore exposée sur une longue iA^ blelte, une sorte de petite galerie ou couloir formée de deux rangées de petites branches sèches , imitant en miniature uti berceau de charmille non couvert en dessus. Ces branches étaient fixées en bas par de la terre , qui semblait avoir été battue comme du mortier , et recouverte ^à et là d'un grand nombre de valves de coquilles, qui me semblèrent des espèces d'Unios ou Anadontes et de petits cailloux roulés. M. Gould, à qui j'eus recours pour savoir ce que c'était, me dit que cette espèce de petit berceau était l'ouvrage de deux ou trois espè- ces d'oiseaux de la Nouvelle-Hollande déjà bien connues, dont Tune était le Piroll f^elouté , Kitta holosericea de Tem- minck, et l'autre le Kalodera maculata de Gould, celte espèce moindre d'un tiers que la précédente, et dont le plumage noirâtre à taches brunes est relevé par une bande sur la nuque, du plus joli rose violacé. A ces deux espèces , il associe encore dans un même groupe le Loriot prince régent, de Temminck, qu'il soupçonne aussi avoir ce singulier genre d'instinct. Ces oiseaux, lorsque le temps dt la nidification approche, se réu- nissent en petites bandes pour construire leur galerie , que M. Gould nomme a Plajing-House, lieu de divertissement, et une fois construite, elle devient chaque jour le rendez-vous de la petite bande , composée d'individus de ces deux ou trois espèces. Ils se mettent alors à sauter et gambader, parcourant la galerie en courant et bondissant comme des écoliers échap- pés de la classe, et cette joyeuse séance, qui se renouvelle sou- vent, ne laisse pas que de se prolonger chaque fois assez long- temps.
D'après cette particularité de mœurs commune à plusieurs genres et espèces, comme aussi d'après d'autres rapports d'ha- bitudes et de nourriture frugivore , M. Gould les a réunies en un groupe qu'il désigne par le nom de Bower-birds (oiseaux treillisseurs ou vanniers).
Parmi les oiseaux qui m'ont frappé , comme nouveaux ou rares, au Musée de la Société zoologique, je citerai le Malcoha de Cuming.y espèce rapportée de l'île de Luçon par ce dernier, et remarquable en ce que les plumes de sa huppe el de sa
TRAVAUX INEDITS. 5
gorge sont toutes terminées par des lamelles luisantes, à peu- près comme chez le Pteroglossus ulocomus^ excepté qu'elles ne sont pas contournées comme chez ce dernier; j'y vis aussi le Paradoxornis de Gould, oiseau|de l'Inde, espèce de Fringillidée des plus extraordinaires , de la grosseur d'un Dur-bec , mais ayant un bec irès-élevé, très comprimé, presque comme un Cakatoes , et <à bords sinueux. M. Gould l'a figuré dans ses Icônes avium^ sous le nom de Paradoxornis flai^irostris.
NOUVELLE ESPECE de Bec en fourreau ( Chionis ) , par M. Hartlaub.
M. , j'ai l'honneur de vous adresser la description provi- soire d'une nouvelle espèce du genre Chionis^ dont j'ai trouvé un seul individu dans la collection de Leyde , et pour laquelle je propose la dénomination de Chionis minor. Celte espèce diffère du Chionis alba par une forme beaucoup moins grande , par un bec entièrement noir , et principalement par la forme extraordinaire de la gaine du bec.
Chionis minor , Nob. , Nivea , rostro nigerrimo , pedibus saturate fuscescentibus, spatio supra oculari subrotundo, nudo, nigro, rostri vagina subconcaua, antrorsum ascendenie, aperta, ( in Ch. alba , plana , incumbente ).
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In Chionis |
minor. |
In Chionis |
alba. |
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Long, total. : |
.3 p. |
2lîg. |
17 p |
3 lig. |
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rostri a fronte |
I |
a |
I |
4 |
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Allit. rostri ad basira. |
7 |
8 |
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Latitud. rostri ad an- |
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gulum oris. |
6 1/2 |
7 '/3 |
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Longilud. alœ. |
9 |
10 |
1/2 |
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tarsi. |
1 |
10 |
1 |
II |
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candae. ' |
4 |
3 |
5 |
1/2 |
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digitimedii. |
I |
8 |
3 |
I |
Patrie inconnue. — J'ai prié M. Schlegel , à Leyde , de vous envoyer le plus tôt possible une figure correcte du bec. J'ai l'intention de vous envoyer dans peu de temps j quelques no- iices sur V Eurinorhynchus griseusy Nils.: , dont j'ai trouvé ud
Ç TRAVAUX iNimTS.
second Individu dan.^ la collection de lord Deibj, à Knowsley» et qui â été décrit et figuré dernièrement dans le XIX« vol. des Aslatic Reséarches.
J'ai l'honneur, etc. G. Hartlaub,
Docteur-Médecin , à Brème.
t>ESCILIPTI09T de treize espèces du genre Hispa propre- ment dit, par M. Gdérin-Méneville.
Ce petit travail faisait partie du texte de notre Iconographie du Règne animal ^ et en a été extrait pour être inséré ici. Nous avons été entraîné à le fyire en étudiant le genre ffispa des auteurs , grand genre qui a été divisé en plusieurs sous- genres par divers entomologistes ,^ mais seulement dans lellrs collections. Le groupe dont nous nous occupons dans cette ,iiote est bien limité et très-naturel; il ne comprend que des espèces de Tancien continent, d'Europe, d'Afrique et des Indes orientales, et pas une seule provenant de l'Amérique et de l'Aùstralasie. Si Ton publie les genres inédits dont nous avons parlé plus haut , celui qui se composera du groupe que nous étudions aujourd'hui , devra être conservé et porter le noih d.^ Hispa, comme comprenant les espèces de notre pays sur lesquelles le genre a été établi primitivement.
Schœnherr, dans l'appendice de la troisième partie de sa Synonymia ïnsectorum^ pag. i. à 7 , a décrit six; espèces d'Hispes , la plupart de Sierra-Leone. Nous pensions que ces espèces seraient les mêmes que plusieurs de celles qu'on a dé^ couvertes au Sénégal, mais il n'en est rien, et la plupart d'entre elles manquent encofe aux collections de Paris,
I . Hispa P'anikorensls , Boisduval , Voj. de V Astrolabe , Entoiuol. , Coléopt., pi. 8, fig. 9. Nous possédions cette jolie espèce , quand nous avons rédigé la partie entomologique du Voyage de la Coquille , et nous nous sommes abstenu de la décrire, pensant que M. Boisduval la ferait entrer dans son texte , mais nous voyons , pag. 536 , qu'il n'a pu le faire parce que son unique individu a été détruit pendant la pu- i»lication.
TRAVAUX liréDITS. 9
Kotre Hlspa Vanikorensls est rouge, avec les élytres d'un noir-bleu, ayant l'extrémité seulement rougeâtre. Le corselet est un peu plus large que long , arrondi et aplati , rugueux , avec deux faibles impressions (ransverses entre lesquelles on observe un petit espace lisse ; il y a de chaque côté une grande épine trifide à extrémité noire, et en avant, de chaque côté, une épine double, dont la brauche antérieure est plus courte. Les élytres sont allongées , luisantes , couvertes de séries de gros points enfoncés avec de fortes épines mêlées à de plus petites; celles du bord sont alternativement très -grandes et très-petites ; les quatre postérieures , au bord de chaque ély^ tre, et les petites épines placées entre elles , sont fauves et plus courtes. Le dessous est luisant , d'un rouge un peu brunâtre , \e& pâtes sont inermes, plus pâles. — Hab. Vanikoro. — Long.: 6. Larg. : 2 1/2 mill.
Notre Hispa Fabricii ( Iconogr. du Règne animal, pi. 4^» fig. 5, et Voy. de la Coquille , Ins. , pag. i4o) vient se pla- cer près delà précédente.
2. Hispa cladophora. — Rouge, luisante, allongée, avec le» antennes , les yeux et la moitié postérieure des élytres noirs. Antennes assez grêles, à peine de moitié aussi longues que le corps , avec le premier article plus long que le troisième et les autres un peu obconiques. Tête et corselet lisses , celui-ci un peu plus large que long , sinueux sur les côtés , plus étroit en avant , avec deux larges sillons transverses assez bien marqués et une petite impression longitudinale au milieu, tl' y, li'éfe chaque côté , au milieu , un faisceau de trois épines pariant d'une base commune, dont la postérieure est très-petite et les deux antérieures , d'une longueur presque égale à la larejeur du corselet , sont terminées chacune par trois pointes , dont l'extrémité est noire. Il y a aussi au bord antérieur du corse- let, et de chaque côté, deux grandes épines portées sur une base commune, dont^la branche antérieure est bifide et la postérieure trifide ; rexlrémîté de ces épines est également noire. L'écusson est lisse et triî«)gulairé. Les élytres sont de jQttoitié plus longues que larges , presque parallèles , garnies de séries de grof points enfoncéi bien netteneut marqués , àtM
O TRAVAUX INÉDITS.
de fortes épines; celles de la base , sur le disqlie, sont noîres; h base seulement rouge, celles du bord sont rouges à extrémité noire ; les postérieures seules , celles qui naissent sur la partie noire des élytres, sont entièrement noires. Les pâtes sont inermes, d'un rouge un peu pâle. — Java. — Coll. Buquet, r— Long. : 6. Larg. : 2 3/4 mill.
Cette belle espèce ressemble beaucoup à celle que nous avons publiée dans le Voyage de la Coquille ( Zool. , t. II , part. 2, p. 14 1) sous le nom d^H, biparlita ^ mais elle en dififère parce qu'elle est un peu plus allongée , et surtout par les épines de son corselet qui sont bien plus ramifiées.
3. Hispa viridiœnca. — Allongée , noire , corselet avec quelques reflets bronzés en dessus. Élytres d'un beau vert luisant , à épines noires. La tête est lisse , finement ru- gueuse sur le vertex. Le corselet est aussi long que large, à peine rétréci en arrière , un peu rugueux , aplati , offrant deux larges sillons transverses peu marqués , et une trace de sillon longitudinal au milieu ; ses côtés offrent chacun quatre épines d'une longueur presque égale à la moitié de sa largeur, les deux antérieures réunies à leur base , dirigées un peu en avant, l'intermédiaire, la plus grande, dirigée un peu en arrière , ainsi que la postérieure qui est la plus petite; l'écus- son est triangulaire , noir , un peu inégal. Les élytres sont de moitié plus larges que longues , un peu élargies en arrière , garnies de forts points enfoncés très-limités , rangés un peu en stries près de la suture, mais pêle-mêle sur les côtés : elles ont des épines fortes , plus longues à leur base , diminuant en arrière , à l'exception de celle qui est placée près de l'angle postérieur externe , laquelle est plus grande et dirigée en de- bors. Le dessous est noir , un peu rugueux , excepté le milieu de l'abdomen qui est lisse ; ses côtés ont une bordure rouge qui est presque cacbée par les bords des élytres. Les pâtes sont assez grandes avec les cuisses inermes. — Sénégal. — Collection Reiche.— Long. : 6, Larg. : 2 1/2 mill.
Cette jolie espèce a beaucoup d'affinité avec les Hispa armi- gera, Oliv. , eispinulosa, Gyll. Mais elle en dififère nota- blement par les épines de son corselet et par^sa couleur..
TRAVAUX INÉDITS. g
4. MispabelUcosa. — Noire, assez allongée. Antennes. pres- que de la longueur de la lêle et du corselet , peu épaissies ver» le bout, noires, avec l'extrémité cendrée. Leur premier arti- cle porte quatre épines courbées en avant, inégales; leseconjd en porte deux , au côté cxt' rne , courbées en avant ; les 3* ^ 4° , 5» et 6* en ont plusieurs petites , couchées , dirigées en avant , dont les externes un peu plus fortes, enfin les derniers articles sont cylindriques , lisses , avec un fin duvet cendré. Corselet rugueux, ayant de chaque côté et au milieu de sa longueur, trois grandes épines , la première dirigée en avant, divisée en deux rameaux près de son extrémité , la seconde réunie avec la première à sa base , divisée en trois rameaux p vers le milieu de sa longueur , et la troisième , insérée en ar- rière des deux premières, simple et un peu courbée en avant; ces deux dernières dirigées latéralement. Le bord antérieur^ derrière les yeux , porte encore de chaque côté deux grandes épines insérées longiiudinalement, toutes deux bifides , dont Fantérieure est dirigée en avant et la postérieure un peu en arrière et latéralement. Les élytrcs ont de faibles côtes séparées par de gros points enfoncés et sont armées de fortes et nom- breuses épines. Le dessous du corps et les pâtes sont rugueux. Les jambes antérieures ont trois petites épines vers leur extré- mité , au bord externe ; les intermédiaires sont très-arquées ^ avec quelques dents. Toutes les cuisses sont épineuses en des- sous. — Sénégal. — Long. : 4 1/2 à 5 1/2. Larg. : a à 2 illi millim. - « • *
A la suite de cette espèce on placera VH, ramosa de Gyl- lenhal (in Schœn., syn. Ins. ) /
5. Hispa Petitli, — Très-voisine de VHispa atra d'Eu- rope, mais un peu plus grande et plus étroite , ayant aussi beaucoup d'affinités avec Y H. sulcicollis de Gyllenhal ( in. Schœn.), dont elle diffère par l'absence de sillon longitudinal sur le corselet et par sa taille moindre. Elle est noire ; ses an- tennes sont un peu moins longues que la moitié du corps, composées d'articles courts, grenus, un peu épaissies au bout, noires avec les derniers articles couverts d'un duvet un peu cen- dré; leur premier article, un peu plus fort, porte en dessus
io TRAVAUX INEDITS.
Une forte ^pîne dirigée en avant ; les autres sont simples, sans angles aigus , ce qui les distingue de ceux de VH. alra. Le corselet est entièrement semblable à celui de VH. atra^ mais les épines sont moins longues. Les élyires sont plus longues que larges, garnies de séries de gros points enfoncés et de fortes épi- nes inégales, mais beaucoup plus courtes que celles de r£f. atra. Le dessous est finement rugueux, les cuisses sont peu renflées, leur base inférieure est armée de quelques petites épines. — Sé- négal. — Collect. Buquet. s— Long. : 4- Larg. : i 1/2 mill. 6. Hispa armata. — Allongée , parallèle noire , avec les ëlytres d'un noir bleuâtre. Antennes simples, ayant à peine la moitié de la longueur du corps , sans épaississement vers le bout , les cinq derniers articles garnis d'un duvet jaunâtre, le troisième plus long que les deux premiers réunis. Tête lisse avec le vertex rugueux; corselet plus large que long, plus étroit en avant, rugueux, arrondi sur les côtés, avec un large sillon transversal en arrière. Ses côtés offreni chacun trois épines droites, courtes, inégales , dirigées latéralement, la première de longueur moyenne, celle du milieu plus longue, mais n'ayant pas même la longueur du quart du corselet; la troisième, ou postérieure, très-courte : le bord antérieur est armé de deux fortes épines droites , simples , dirigées en arrière , à peu près de la longueur des latérales intermédiaires. L'écusson est ar- rondi , lisse. Les élytres sont un peu plus larges que le corse- let, deux fois plus longues que larges , d'égale largeur dans toute leur étendue , avec des lignes longitudinales de gros points enfoncés; leur disque est armé d'épines noires, grandes et petites , celles qui forment un rang près de la suture étant les plus longues , ainsi que les deux dernières en arrière. Les épines au bord sont de grandeur moyenne , allant en dimi- nuant de longueur depuis l'épaule jusqu'à l'angle de la suture. Le dessous et les pâtes sont rugueux, avec les cuisses renflées et armées de petites épines en dessous.— Sénégal. — Long. : 8. Larg. : 3 mill.
C'est cette espèce que l'on a prise pour VH. spinulosa de Ghyll. (m Schan.) , dans quelques collections de Paris. Elle diffère de celle de Gyllenhal parce que les deux épines extérieu-
TRAVAUX InIdI'TS. ti
l'es clti milieu clu corselet ne sont pas bifides^ avec le rameau postérieur plus grand, comme la description de cet auteur dia- dique. (Schœnh.^ syn. ins., 1. 1, part. 3, append., p. i.)
7. Hispa subspinosa. — Noire, allongée. Antennes un peu plus longues que la tête et le corselet, h peine épaissies au bout, avec les cinq derniers articles garnis d'un fin duvet soyeux, fauve, et le premier armé en dessus d'une épine assez forte. Corselet finement chagriné , avec de gros points enfoncés et un petit sillon longitudinal assez bien marqué en arrière ; ses bords armés de cinq épines*assez courtes, dont les deux anté- rieures, réunies à leur base, plus courtes, dirigées un peu en avant, et les trois autres égales entre elles, droites et dirigées latéralement. Écusson large et lisse ; élytres garnies de très- gros points enfoncés , rangés assez bien en lignes longitudi- nales , avec quelques élévations irrégulières sur leur disque , et une seule rangée d'épines très-courtes au bord externe ; les épines de l'extrémité postérieure sont beaucoup plus longues, suTtput les trois dernières. Dessus et pâtes rugueux. —-.Séné- gal. — Long. : 6. Larg. : a 1/2 mill. . ^ ^
8. Hispa nigritula, — Noire. Antennes de la longueur delà tête et du corselet^ assez épaissies vers le bout, sans épines, ayant seulement le premier article anguleux à son extrémité inférieure. Tête et corselet rugueuxj celui-ci ayant, de chaque côté et au milieu de sa longueur, trois grandes épines aiguës, droites, les deux antérieures réunies à leur base , et offrant dp plus, sur le bord antérieur derrière les yeux, deux grandes épines réunies à leur base, dirigées en avant et de côté. Bord postérieur du corselet ayant un large sillon transversal , écus- son arrondi, finement ponctué; élytres ayant des lignes de gros points enfoncés et plusieurs rangs de fortes épines ; cuisses épineuses en dessous. — Sénégal. — Long. : 3. Larg. ; 1 1/2 mill.
Nous avons plusieurs individus d'une variété ( H. atratula) de cette espèce, un peu plus petits, à antennes un peu plus courtes et plus en masse, ayant les épines des élytres un peu moins lon- gues. L'un est du Sénégal, les deux autres ont été pris à Por- dichéry par MM. Ad. Delessertet Perrotet.
12 TRAVAUX INEDITS.
Celle espèce ressemble beaucoup à VHispa atra de Paris ^ mais elle en diffère par ses antennes inermes et par ses cuisses épineuses en dessous. Elle a aussi beaucoup d'affinités avec y H, spinigera de Ghyll. in Schœn.
9. Hispa Perrotetil. — Noire, luisante. Antennes allonge'es, grêles, un peu moins longues que le corps, sans épaississement sensible au bout , ayant les derniers articles garnis d'un fin duvet brun cendré. Tête petite , lisse eu dessus ; corselet plus large que long , aplati en dessus , rugueux , avec un large sil- lon transversal en arrière, et un autre plus étroit et peu marqué en avant. Les côtés sont armés au milieu de trois grandes épi- nes droites aussi longues que le corselet, insérées sur un tronc commun, les deux antérieures dirigées en avant, la troisième dirigée latéralement. Le bord antérieur offre , en dessus, deux épines doubles, dirigées en avant et en arrière dans le sens lon- gitudinal. Élytres beaucoup plus larges que le corselet, garnies de séries de gros points enfoncés et armés de grandes épines dont les latérales ont une longueur égale à la largeur des ély— très. Pâtes assez allongées, à cuisses un peu renflées, lisses et inermes. — Des Neelgheries , découverte par M. Perrolet. • — Long. : 5 1/2. Larg. : 2 mill.
10. Hispa Jllgeriana, — Assez semblable à 1'^. testacea pour la forme et la longueur des antennes , mais un peu plus petite. Noire , extrémité de antennes, front et côtés de la tête en dessous , pales , à Texception des genoux et des tarses et bprd des segmens abdominaux , d'un testacé plus ou moins obscur. Corselet aplati, rugueux et velu comme dans YH* teS' tacea , quelquefois un peu rougeâtre au milieu , le plus sou- vent noir, avec un large faisceau de six épines de chaque côté , comme dans 1'^. testacea . Élytres luisantes , fortement ru- gueuses, avec de très-larges points enfoncés , rangés en stries , et des épines longues, inégales ; les latérales alternativement Ion gués et courtes, à l'exception des postérieures, qui sont toutes courtes. — Alger. — Long. : 4 ï/2. Larg. : 2 mill.
Cette espèce porte aussi le nom d'//, erythrocephala dans les collections. Nota. Nous ayons une Hispa testacea qui présente une aao^
TRAVAUX INÉDITS. iS
luaiie assez intéressante. Le faisceau d'épines du côté droit de son corselet se compose de sept épines (deux petites en arrière et cinq grandes ) , tandis que le faisceau de gauche n'en a que six (une petite en arrière et cinq grandes), nombre normal que nousavons toujours observé, et queLinnée mentionne dans son Sjrstema naturœ y éà'it. i3, p. 6o3.
A la suite de celte espèce on pourra placer les Hispa tes" tacea, echinata, Gy\\, [in Schœn.^ syn, , ins,) et capensisy Thumb., Gmelin.
11. Hispa pallescens. — D'un brun un peu fauve. Anten- nes simples, plus courtes que la moitié du corps, grenues, ve- lues, un peu épaissies et d'un jaune pâle soyeux vers le bout. Tête finement rugueuse , velue, avec les yeux noirs. Corselet plus large que long, couvert de poils d'un jaune dorésoyeux. couchés et très-serrés, finement rugueux , ayant , de chaque côté, un large faisceau de sept épines grandes, noires au bout, dont les deux postérieures sont les plus petites. Ëcusson triangulaire, lisse , velu à la base. Élytres rugueuses, velues, avec des stries irrégulières de gros points enfoncés et de» épines grandes, noires, de longueurs inégales en dessus, mai* semblables entre elles sur le bord, tout eu diminuant insensi- blement de longueur à partir de l'épaule jusqu'à l'angle su-r tural. Thorax, en dessous, noir, luisant ; abdomen noirâtre au milieu, pâle sur les côtés. Pâtes plus pâles, inerraes. — Hab. Pondichéry , Perrotet. — Long. : 4. Larg. : 2 mill.
Nota. Sur quatre individus nous en avons un qui offres une anomalie dans les épines de son corselet. Le faisceau de gaucln; n'a que six épines au lieu de sept , nombre normal.
12, Hispa pallida. — D'un jaune pâle avec les épines noires à l'extrémité, à partir du delà du milieu de leur lon- gueur. Antennes épaissies vers l'extrémité, pâles, un peu plus longues que la tête et le corselet. Yeux^noirs. Corselet plus large que long, finement rugueux et velu, aplati, ayant, de chaque côté et un peu en avant^,^un faisceau de sept épines à pointe noire, naissant d'une base commune aplatie, assez étroite et saillante ; six de ces épines sont horizontales, et une , la plus antérieure, est verticale ou dirigée en haut j les cinq an—
l4 TRAVAUX INÉÙITS.
tërîeures sont grandes , égales ; les J deux postérieures sont l)eaucoup plus courtes et portées sur un pédicule commun» Écusson triangulaire lisse. Elytres plus larges que le corselet, un peu plus longues que larges, garnies de lignes de très-gros points enfoncés, avec des épines d'inégale longueur, les laté- rales noires au bout seulement, les supérieures noires jusqu'à la base; dessous lisse , d'un jaune un peu fauve; pâtes plus pâles, à cuisses inermes. — Du Sénégal , M. Mion. — Long,: 4» Larg. : 2 1/2 mill.
Cette espèce se rapproche beaucoup de VH, capensis, Thumb., mais elle en diffère surtout parce que le dessous de son thorax n'est pas noir et parce qu'elle est plus grande.
i3. Hispa numida. — D'un jaune un peu fauve avec \m épines noires presque jusqu'à leur base. Antennes un peu épaissies vers leur extrémité , brunes, avec le premier article seulement fauve, deux fois plus longues que la tête et le cor- selet; yeux noirs. Corselet plus large que long , finement ru- gueux et velu , aplati , ayant de chaque côté six épines nais- sant d'une base commune aplatie très-large et saillante ; cinq de ces épines sont horizontales^ et une , la plus antérieure, est verticale ou dirigée en haut ; les cinq antérieures sont grandes, égales , la postérieure est beaucoup plus petite. Élytres de moitié plus longues que larges , garnies de points enfoncés \ placés sans ordre, avec des épines d'inégale longueur et très- nombreuses; dessous et pâtes lisses, un peu velus. — Des en- virons d'Alger. ■ — Long. : 4» Larg. : 2 1/4 mill.
Nota» Chez notre unique individu l'épine antérieure, qui se dirige, en haut est cassée de chaque côté, mais ou voit très-bien sa base.
DESCRIPTION d'une nouvelle espèce d'insecte Coléoptère longicorne du genre T^eniotes , «5'em//c, par M. Armand Tas TÉ.
Tœriiàtcs BuquetU, Mihi. — Long.: 40 à 42 mill. Larg. : 12 ^ V3 mill,— -D'Un hoir brillant. Tet'e carrée. Yeux noirs et peu taillants. Une bande jaune-.^ouci , laige de deux millimètres f nviron I pi^rt du sommet de la^tèle, recouvre tout l'espace
tRAVAOt INEDITS. l5
compris entre l'insertion des antennes, et se bifurque à la base. Deux petits points de même couleur derrière les antennes. Une large tache carrée de même couleur à la base des yeux. An- tennes, d'un quart environ plus longues que le corps ( dans mon individu que je crois femelle ) ; les 5 prera. articles re- couverts en dessous de poils courts et noirs,- [les 3 premiers tout-à-fait noirs et glabres en dessus ; tous les autres de la même couleur, mais revêtus d'un léger duvet gris , à l'excep- tion des nœuds des articulations. Corselet arrondi , muni de chaque côté d'une épine saillante, et orné de deux bandes lon« gitudiaales d'un jaune-souci, larges d'un millimètre et demi , et dentelées à leur côté interne. Trois impressions transversales peu prononcées sur le corselet. Ecusson triangulaire, noir, avec un point jaune aussi triangulaire au milieu. Éljtrcs s'at- ténuauît légèrement de la base à l'extrémité , coupées CAv^ rément au sommet, aiguës à l'extrémité. Épaules arrondies,' Sur chaque éljlre, quatre bandes longitudinales , contigues, alternativement blanches et jaune-souci , la bande la plus rapprochée de la suture étant blanche , et la bande extérieure étant jaune. Les deux bandes jaunes ne se prolongent pas jusqu'à l'extrémité de Télytre, qui est blanche. La bande blanche la plus rapprochée de la suture, est interrompue de di- stance en distance par la couleur noire du fond, qui y forme 8 taches carrées; ces taches se prolongenten quelques endroits sur la bande jaune contiguë. La bande blanche extérieure est ornée de deux rangs longitudinaux de points noirs, la partie saillante de l'épaule est noire. La bande jaune extérieure , est inter- rompue par cinq taches noires carrées. Le dessous de l'insecte est noir avec les bords latéraux ornés de taches jaunes. Les pâtes sont noires et couvertes d'un léger duvet cendré. Toutes ces bandes et taches jaunes ou blanches , sont formées par un duvet extrêmement court et serré. Cet insecte a été pris à la Véra-Crux (Mexique), il a étéjapporté en France , il y a quel- ques années, par M. Fidèle Cosmao-Dumanoir, aujourd'hui capitaine de vaisseau.
J'ai cru devoir dédier ce bel insecte encore rare, à M. Buquet, naturaliste à Paris, avec lequel j'ai les rapports les plusagréablc9|
îb ANALYSE d'ouvrages NOUVEAUX.
II. ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX.
^XNEKA ET INDEX METHODICUS europœorum Lepi- dopierorum , a Doclore J.-A. Boisduval, Equité legionis tonor. ; Academiae imper, et régal, floreutin. ; Societ. imp. natural. hist. mosquens. ; Lyceis amène, bor. ; So- ciet, entomolog. ; londin. j Societ. entomolog. gall. prae- sid. vices gèrent.; necnon plurium Societ. hist. natural. aut Medicin. sodali. Parisiis , apud Roret bibliopolam , via Hautefeuille , lobis. i84o.
Cet index n'est pas , comme nous l'avons cru avant de l'a- voir examitié, une. seconde édition corrigée et augmentée de celui que l'auteur a publié en 1829 : c'est un ouvrage tout nouveau qui comprend, de plus que le premier, la grande tribu des Phalénites de Latreille , ou Geomelra de Linné , et q u n diffère en outre par la classification, et surtout parce que les caractères des familles, des tribus et des genres, y sont énon- cés , ce qui justifie son titre de Gênera.
Ainsi, cette fois, M. le Docteur Boisduval n'a pas travaillé seulement pour les simples amateurs de Papillons, à qui il suf- fit d'un catalogue pour ranger les espèces de leur coilectiou , •et qui s'inquiètent fort peu de savoir pourquoi elles appar- tiennent plutôt à tel genre qu'à tel autre. Mais il a ambitionné les sufifrages de ceux qui s'occupent sérieusement de cette partie si difficile de l'Entomologie, et voulu leur prouver qu'il savait faire autre chose que de mettre dans un autre ordre la liste des genres établis parles auteurs allemands et anglais. Il ]i voulu , enfin , montrer qu'il avait aussi une méthode à lui, et que cette méthode , fruit de ses longues méditations, reposait sur des bases incontestables.
Voyons ce qu'il en est :
M. Boisduval partage d'abord l'ordre des Lépidoptères en deux légions , savoir : celle des Rhopalocères (antennes en massue), qui répond aux Diurnes de Latreille, et celle des Hétérocères (antennes de formes diverses) , qui comprend les Crépusculaires et les Nocturnes du même auteur. Il divise en- suite la première légion en trois sections, d'après la manie^rc
ANALYSES D OUVRAGES NOUVEAUX. I7
dont les chrysalides sont attachées. Il les nomme , savoir : la première, S uccinclœ {chrysalides retenues par un lien transver- sal au milieu du corps (i); la seconde , Pendulœ (chrysalides suspendues perpendiculairement par l'anus ) ; et la troisième , Involutce (chysalides enveloppées d'un réseau entre des feuilles. Dix tribus, renfermant trente-et-un genres, sont réparties en- tre ces trois sections ; les caractères qui constituent les unes et les autres sont tirés des trois états , et ceux fournis par les Chenilles figurent toujours en première ligne (2), comme étant les plus essentiels d'après les principes de l'auteur.
Quant à la seconde légion, celle des Hétérocères ^ l'auteur la partage en deux grandes divisions d'après les Chenilles, savoir: celle des Progressorias ( marcheuses ) , et celle des Geometrce (arpenteuses). La première se compose de trente tribus et de cent vingt-cinq genres; la seconde se divise immédiatement en cinquante-neuf genres. Les caractères des unes et des autres sont également fournis par les trois états, comme dans la pre- mière légion. En tout quarante-et-une tribus et deux cent vingt-cinq genres , entre lesquels se trouvent réparties mille neuf cent quarante-et-une espèces désignées seulement par leurs noms , à l'exception d'une centaine , décrites succincte- ment par l'auteur comme nouvelles et inédites au moment de son travail.
Nous ne blâmerons pas M. Boisduval de n'avoir pas con- servé les trois familles de Latreille ; car indépendamment de ce qu'elles ne répondent pas exactement aux habitudes des espèces comprises dans chacune d'elles, il nous a toujours paru contre les principes d'une bonne méthode, d'en fonder les di-
(1) Ce qui prouve que cette méthode n'est pas naturelle, c'est que, dans la section des Succinctœ^ on a été obligé de placer les Parnassiens et les Zégris qui font une espèce de coque. On aurait dû les placer dans les Involutœ. Du reste, il est à remarquer que M. Boisduval a ca- ractérisé les genres de la tribu des Fapilionides d'après l'insecte parfait, les larves ne figurant que d'une manière très -secondaire. Ce défaut d'ensemble , cette espèce d'hésitation , prouvent que l'auteur lui-même a été embarrassé. Il est évident qu'il n'a pas trouvé la clé d'une méthode naturelle pour les Lépidoptères.
(2) A l'exception cependant de la tribu des Fapilionides. Rei>, Zool, Janvier i84i. 2
t8 ANALYSES d'ouvrages NOUVEAUX.
visions sur d'autres considérations que celles qui résultent de l'organisalion des êtres qu'elle a pour but de distinguer entré eux (i). Mais si M. Boisduval a sagement fait d'abandonner les trois familles de Latreille, nous sommes loin d'approuver les deux légions par lesquelles il les remplace. Il est clair que la première se trouve implicitement comprise dans seconde, qu'il nomme HétêrocèreSy puisque ce mot veut dire antennes de diverses formes, et alors la distinction qu'il a voulu établir entre elles est illusoire. Pour que cette distinction fût réelle, il aurait fallu donner à laseconde légion un nom qui fit contraste avec celui de la première, et si l'auteur ne l'a pas fait, c'est moins sans doute par la difficulté de créer ce mot , que parce qu'il se serait interdit, par-là, la faculté de comprendre dans feétte même légion les Zygenes, qui lui appartiennent bien par tous les caractères de leur organisation, excepté par la forme des antennes qui les appelle dans la première. Au reste, long- temps avant que M. Boisduval eût songé à se servir des an- tennes, comme point de départ dans la classification des Lépi- doptères, M. Duméril les avait employées de la même manière dans sa Zoologie analytique, qui a paru en 1806. Mais cet illustre professeur, loin d'éluder la difficulté, comme l'auteut qui [nous occupe , l'a abordée fraribbement , en ramenant les formes diverses des antennes à quatre types généraux auxquels il donne les noms de Rhopalocères , Clostérocères , Nèmato- cères et Chétocères. Mais il est vrai de dire que cette division ne s'accorde guère avec la réalité, et qu'on s'aperçoit bientôt de son insuffisance quand on vient à l'application. Nous pen- sons donc que lès antennes des Lépidoptères ne peuvent sertii* à établir les premières divisions dans cet ordre d'Insectes, non seulement parce que leurs formes sont trop variées, mais parce que cette diversité de forme n'-est presque jamais en harmonie avec les caractères des tribus et des genres qu'on voudrait y rap" j)orter, ainsi que nous venons de le voir pour les Zy gènes..
Quant à la division des Rhopalocères en trois sections , d'après la manière dont les chrysalides sont attachées, et aux
(1) Voy. Cuvier, Règne animal, Iiittôd. méthodes, pSg. 6 et 7.
ANALYSES I> OUVRAGES NOUVEAUX. 10
caractères tir<5s de la forrtie de ces chrysalides et de celle des chenilles pour fonder les tribus et les genres, nolis ferons ob- server combien il est peu rationnel, lorsqu'il s'agit de distin- guer entre eux des Lépidoptères à l'état parfait, d'employer pour cela d'autres caractères que ceux tirés de ce mémo étal ; car une méthode n'est pas faite pour ceux qui savent, itiais pour ceux qui ne savent pas et qui ont le désir d'apprendre. Or, comment ces derniers pourront-ils se servir avec fruit de celle de M. Boîsduval, puisque l'auteur , au lieu d'y procéder du connu à l'inconnu, y suit une marche inverse , ainsi que nous allons le démontrer. En effet, supposons qu'un homme toul- à-fait étranger à l'entomologie veuille s'assurer, d'après cette méthode, de quel genre est le premier papillon venu qui lui tombera sous la main, un Vulcain,, par exemple , sans qu'il en sache le nom d'avance bien entendu; il verra facilement, d'a- près la forme de ses antennes terminées en massue, que c'est un Rhopalocère (i) ; mais les trois divisions qui viennent en- suite étant fondées sur la manière dont les chrysalides sont' attachées, comment saura-t-il à laquelle de ces trois divisions il appartient , si quelqu'un de moins ignorant que lui n'est là pour le lui dire? Il sera donc obligé, dans son isolement, d'en rester là, à moins qu'il ne considère cette partie de la méthode comme non avenue, pour passer immédiatement aux tribus. C'est effectivement le parti qu'il prend ; mais ici nouveau dé- sappointement pour lui, car les caractères essentiels des tribus sont tirés des deux premiers états , de sorte qu'il lui fiiudrait avoir élevé la chenille de son papillon et en avoir suivi les métamorphoses, pour y comprendre quelque chose. Cependant il ne tarde pas à découvrir que ces caractères sont suivis de ceux fournis par l'insecte parfait ; alors il ne s'attache plus qu'à ces derniers , et à force de les lire et de les comparer dans les dix tribus dont se compose la légion des Rhopalo- cères,il arrive enfin à savoir que son papillon appartient à la sixième tribu , attendu qu'il ne march e que sur quatre pieds
(i) S'il prenait une Zygène il n'arriverait jamais , car il la cher- cherait bien certainement dans la légion des Rhopalocères.
(pedes quatuor gressorii) . Maintenant il lui reste encore cinq genres à parcourir pour être au bout de ses peines ; mais fort de son expérience , il laisse de côté cette fois-ci tout ce qu'on y dit des chenilles et des chrysalides, et ne consulte que les caractères tirés de l'insecte parfait, lesquels lui apprennent que son papillon est du genre Vanesse.
Il est donc évident, d'après cela, que la méthode de M. Bois- duval serait beaucoup plus claire et plus commode pour ceux qui essaieront de s'en servir, s'il l'avait fondée uniquement sur des caractères tirés de l'insecte parfait. Sauf, à l'exemple de M. Pictet (i) à confirmer la véritable valeur de ces caractè- res, en classant ensuite ses genres au moyen des chenilles seu- lement, afin d'obtenir une coïncidence entre les résultats des deux méthodes , comme cela a eu lieu pour les Phryganides.
Comme on le voit , nous ne considérons pas l'étude des chenilles et des chrysalides comme inutile à l'établissement d'une bonne classification. JNous pensons, avec MM. Dupon- chel et Piolet, qu'il faut chercher dans ces deux états la confir- mation des caractères fournis par l'insecte parfait , qui ne deviennent incontestables qu'autant qu'ils ont été contrôlés par les premiers. Mais ce n'est pas une raison pour leur faire jouer un rôle principal dans la méthode, qui doit être à la fois concise et précise pour justifier son nom; car ce mot, d'après son étymologie , veut à\ve voie abrégée. Or, est-ce prendre le cbemin le plus court que de faire entrer dans l'exposé des ca- ractères, des détails de forme et de mœurs concernant les che- nilles, qui ne peuvent être rendus que par une grande abon- dance de mots, et qu'il est impossible de réduire en tableaux synoptiques ?
Mais, nous dira-t-on : Vous renoncez donc à la méthode naturelle ? Pas du tout ; mais nous concevons autrement la manière de la présenter. Qu'entend-on par méthode naturelle? N'est-ce pas celle oii les animaux qu'elle sert à faire connaître sont groupés entre eux parle plus grand nonibre de points deres-
(1) Recherches pour r,. rvir à l'histoire naturelle et à l'anatoniie des Phryganides , par M, F. J. Pictet , pag. 20 , 24 et 28.
ANALYSES D*ODVRAGES NOUVEAUX. 21
scmblance, et séparés par le plus grand nombre de différences; de sorte que dans ceux à métamorphoses, comme les Lépidoptères, pour ne pas nous écarter de notre sujet , il devient indispen- sable de les étudier depuis la sortie de l'œuf jusqu'à l'âge où ils sont en état de se reproduire, pour leur assigner leur vé- ritable place dans la méthode. Eh bien î nous accordons tout cela ; mais il faut qu'on nous accorde à noire tour cette pro- position, suivant nous incontestable : c'est que la nature, en créant des animaux à métamorphoses, leur a donné nécessaire- ment , dans leur état parfait, des caractères corrélatifs à ceux qu'ils "présentent sous la forme de larve et de nymphe , d'où il suit que la connaissance des premiers suppose celle des seconds, et qu'il est superflu, par conséquent, de faire figurer ces derniers jdans la méthode pour la rendre plus certaine, ou que , du moins, il ne faut les y introduire que secondairement et comme une simple confirmation des premiers.
Ainsi, en définitive, nous ne différons de Tauteur que nous combattons que sur la forme ; mais comme elle contribue beaucoup à faciliter l'étude du fond, nous avons voulu en démontrer l'importance et prouver que c'est pour l'avoir trop négligée, que les faiseurs de méthode ont fait de la connaissance des Lépidoptères un chaos inextricable.
Au surplus , les principes que nous venons de présenter ne sont pasnouveaux, nous ne faisons que les partager avec les sa- vans les plus distingués de notre époque, parmi lesquels nous citerons d'abord le célèbre Cuvier. En effet , ce grand natura- liste a dit dans son Règne Animal («) : « Pour que cha- que être puisse toujours se reconnaître, il faut qu'il porte son caractère aç^ec lui ; on ne peut donc prendre les caractères dans des propriétés ou dans des habitudes dont l'exercice soit momentané, mais ils doii^ent être tirés de ta conformalion, »
M. Duponchel, dont l'autorité est d'un grand poids, surtout quand il s'agit de la classification des Lépidoptères, a émis des principes semblables dansles Annales delà Société Entomologi que de France [7.)^ en combattant une nouvelle méthode de classi-
(1) Tom. I, pag. 7.
(2) Tom. YI , pag. 411.
&2
fication des Lépidoptères nocturnes, proposée par M. Guénée et fondée principalement sur les chenilles.
En£n qui peut contester la justesse et la portée philosophi- que des principes émis par M. Pictet , quand il dit (i) : « J*ai dû m'appliquer à rechercher la liaison qui existe entre les mœurs et les formes de l'insecte parfait, c'est-à-dire à établir une classification naturelle. Fidèle aux principes exposés ci-des- sus, je n'ai admis comme genres que ceux dans lesquels j'ai reconnu des caractères constans tirés de V insecte parfait , e«- traînantou accompagnant des différences constantes dans les moeurs j et principalment dans les larves ou nymphes, «
Plus loin (page 3o) il dit : « D'abord il est à remarquer qu'il y a des caractères tirés de l'insecte parfait^ et d'autres des larves. Les premiers seuls doivent être nécessaires pour reconnaître les genres , et toute classification rationnelle doit uniquement se baser sur eux. Les caractères tirés des larves ne doivent servir que pour reconnaître si les autres ont été bien eipployés. Cette vérité est trop généralement reconnus pour qiiil soit nécessaire d'y insister. »
Du reste, M. Pictet prouve ce qu'il avance en donnajnt (page 28) un tableau de sa classification des Phryganides d'a- près les larves , classification qui coïncide parfaitement avec celle qu'il a obtenue par l'examen des insectes parfaits.
Il ne reste plus maintenant à faire que des observations de détails sur le Gênera de M, Boisduval : Voici les principales.
Wous sommes étonnés qu'ayant établi trois sections dans la légion des Rhopalocères, d'après la manière dont les chrysa- lides sont attachées, il n'ait pas commencé par celle des Sus^ pensœ au lieu de la placer entre les deux autres. Alors les Papillons tétrapodes, qui appartiennent à cette section, n'au- raient pas interrompu la série des Hexapodes, qui appartiennent aux Succinctce et aux Im^olutce , et les Parnassiens n'auraient pas été aussi éloignés des Hespéries avec lesquelles ils ont beaucoup de rapports par la forme de leur chrysalide et la ma-
(i) Recherches pour servir à l'histoire et à Tanatomie des Phryga- nides. Genève , 1834 , pag. 3, 4, 20 et 28.
nière dont elle est enveloppée enlre des feuilles, ce qui forme une anomalie dans la section des Succinctœ.
Nous avons dit plus haut que l'auteur partage les Héléro- côres en deux grandes divisions d'après les Chenilles, c'est-à- dire en Progressoriœ (marcheuses), et Geometrœ (arpenteuses). Pour être conséquent avec lui-même , il aurait dû, avant de passer aux Geometrœ ^ donner les Pyralides, les Tortri- cidcs et les Tinéides , puisque leurs chenilles appartiennent par leur organisation à la première division ; mais il pa- raît qu'il ne les avait pas assez étudiées pour cela , et qu'il se réserVe de les publier plus tard. Cependant puisqu'il avait la prétention de donner un Gênera^ pourquoi n'avoir pas attendu, pourle faire paraître, qu'il fût en mesure de le donner complet,et avoir sacrifié la forme d'un ouvrage au désir d'être utile à messieurs les faiseurs de collections, qui s'occupent peu en gé- néral de recueillir les petites espèces dont se composent en grande partie les trois tribus dont nous venons de parler.
Pourquoi avoir placé quatre genres entre les Nymphales et les A pâtures ^ qui ont une si grande affinité entre elles dans leurs divers états et dans leurs mœurs.
Puisque la forme des chenilles et leur manière de vivre jouent le premier rôle dans la méthode de M. Boisduval, com- ment n'a-t-il pas réuni, dans la même tribu les S esia'wes avec les ZeuzérideSy malgré leur dissemblance à l'état parfait? Il a donc violé ici ses propres principes.
Nous connaissons dans ses divers états la Noctua libatrix^ qui forme à elle seule le genre Gonoptera, et nous sommes en- core à deviner pourquoi M. Boisduval l'a placée dans la tribu des Amphipyrldes.
Cette tribii a été établie, autant qu'il nous en souvient , par M. Guénée, dans les Annales de la Société Entomologique de France. Pourquoi M. Boisduval, qui a jugé bon de l'adopter, la signc-t-il de son nom comme si elle était de lui? Pourquoi aussi, dans cette même tribu, a-t-il substitué le nom de Sco' tophila à celui de Philo pyra^ donné au même genre par M. Guéoce? et pourquoi, également, appelle -t-ili5y9fnMero/?^ le genre Ainphipyra du même auteur, et transporte-t-^il ce
24 ANALÎSES d'oDVRAGIES NOUVEAUX.
dernier nom aux espèces du genre Syntomopus ? Tous ces cliangemens, qui ne font qu'embrouiller la synonymie, nous paraissent difTiciles à justifier.
Le genre Luperina , divisé en huit groupes , nous a paru renfermer les espèces les plus disparates, entre autres la L. vi- rens, qui devrait former un genre à part. Pourquoi avoir réuni aux Luperina les espèces du genre Xflophasia de M. Guéuée qui nous paraît très- naturel?
Le genre Hadena^ divisé en onze groupes, renferme égale- ment beaucoup d'espèces étonnées de se trouver ensemble, parmi lesquelles nous citerons les H. lutulenta , àthiops , serpentlna, ausiralis^ petrorhiza^ eiocclusa. Cette dernière ne peut être séparéede laFoi^ea, et appartient évidemment, comme elle, au genre Phlogophora : quant à la Serpeniina, querauteur met à côté de la Persicaria , parce qu'elle lui ressemble , en effet, par le dessin et la couleur , sa véritable place, d'après ses caractères génériques, est dans le genre Miselia»
M. Boisduval place les P/usides^ dont les chenilles sont se- mi-arpenteuses, entre les Calpides et les Héliothides, dont les Chenilles ont i6 pâtes. N'eût-il pas été plus conforme aux principes de sa méthode, de les mettre entre les Catocalides et les Nocluophalénides ?
M. Duponchel , dans V Histoire naturelle des Lépidoptères de France^ avait divisé la tribu des Phalénites en 48 genres. M. Boisduval en a porté le nombre à 69, parmi lesquels nous avons remarqué qu'il avait adopté presque tous ceux de son devancier, en y faisant toutefois des modifications. Ces modi- fications nous ont paru généralement heureuses. Nous en ex- cepterons cependant le genre Acidalia, dans lequel nous pen- sons que M. Boisduval a eu tort de fondre le genre Doslthea de M. Duponchel, qu'il a supprimé. Du reste, cette tribu nous a paru soigneusement travaillée, surtout en ce qui concerne les genres Fidonia , Boarmia et Larentia, qui offraient beau- coup de confusion dans M. Treitschke.
M. Boisduval, en adoptant le genre Tanagra de M. Dupon- chel, en a changé le nom en celui à^Odezia^ par la raison que le nom des Tanagra est employé depuis long-temps en orni-
ANALYSE d'ouvrages NOUVEAUX. 25
thologie. Cela est rigoureusement juste , mais comment un homme si [clairvoyant pour relever les erreurs des autres, ne Test-il pas autant pour les siennes? Aujourd'hui que toutes les branches de l'histoire naturelle ont acquis un si grand déve- loppement , celui qui s'occupe exclusivement d'entomologie peut être excusable, jusqu'à un certain point, d'ignorer la no- menclature des autres parties de la Zoologie. Mais on est en droit d'exiger de lui qu'il connaisse au moins celle de la science qu'il cultive spécialement. Or, il paraît que sous ce rapport M. Boisduval est fort indulgent pour lui-mérae, car il donne à un genre d'hespérides le nom de Thanaos, employé long-temps avant lui par Schoenherr pour designer un genre de Curcu- lionides. Puisqu'il aime tant à changer les noms (i), comment a-t-il conservé celui ^ Heterogynis créé par M. Ranibur, et qui a une si grande ressemblance avec celui à^Heterogyna, consacré depuis long-temps à désigner une famille d'Hymé- noptères.
Bien que les Chenilles jouent le premier rôle dans la mé- thode de M. Boisduval, les caractères qu'il en a tire's sont en général si superficiels et formulés d'une manière si vague^ que c'est à peu près comme s'il n'en donnait pas. Citons quelques exemples, pris au hasard, à l'appui de cette assertion. Genre Thaïs : Larvœ aristolochiis vescentes ., dit l'auteur. Ne voilà t- il pas un «aractère bien propre à faire reconnaître les chenilles de ce genre, comme si d'autres chenilles ne pouvaient pas éga- lement vivre sur les Aristoloches. Les chenilles des Thaïs sont parfaitement connues, et il aurait dû ilire en q^ioi elles diffèrent pour la forme de celles du genre Papillon^ plutôt que de parler de leur nourriture.
Quant aux autres exemples , il nous suffira de les énoncer pour en faire la critique :
G. Libythea, — Larvae ignota; , arbores generis Celtis pas- centes.
Genre Callimorpha. — Larvae per diem saepius latentes.
(4) Comme nous l'avons déjà signalé dans le Voyage autour du monde de la Coquille , Entomologie , Introduction et p. 271.
^6 ANALYSES d'oUVRAGES NOUVEAUX.
G, Trichosoma. — Larvœ subgregariœ. i
G. Nemeophila. — Larv» per diem latentes.
G. CheLonia. — Larvae solitares.
G. jércda. — Larvae solitares, lubricipedes.
Trib. Heliothides. — Larvae elongatœ , i6 podœ , subdlales, frulices vei plantas humiles depascentes,
G. Ophiusa. — Larvœ pseudo-geomelrae ; sœpius corticinae, l6, rarius i4, pedibus gaudenles, folia arborura, velarbustorum rarius planfashuiniliores,pascente8,
ïrib. NocTuoPHALiENiDES. — Larvae geometrse, plantas hu- miles, vel folia arborum manducantes.
G.Anthophila, — Larvae geometrae, pedibus 12 gaudenles, plantas sjngenesiae sœpius pascentes.
G, Agrophila. — L^rvœ semi-geometrœ, plantis humilibus vescenles.
G. Erastr.ia. — Larvae semi-geometrœ^ plantas humiiçs vel arbusculas pascentes.
G. Anisopteryx. — Larva lœvis, modice elongata, la po- da, arboricola.
G. Chemerina, — Larva elongata, Igevis, 10 poda.
G. Hibernia, — Larvœ lœves, sub elongatae, lo podœ,ar- boricolœ.
G. Cidaria, — Larvae lœves, minus elongatœ.
G. Odezia. •— Larvae tenues elongatœ, lœves.
Ce qui frappe le plus dans cette liste de caractères tirés des chenilles, c'est qu'on ne dit presque rien de la forme de celles- ci j eu revanche on s'étend beaucoup, c'est-à-dire autant que la brièveté des phrases diagnostiques le permet, sur leurs mœurs et sur leur nourriture , et pour varier l'expression de ce dernier caractère, si c'en est un, l'auteur emploie alternati- vement les mots de Pascentes^ Depascentes et Vescenles, ce qui prouve qu'il est plus ou moins familiarisé avec les synony- mes de la langue latine, mais ne sert pas beaucoup à distinguer les chenilles dont il parle.
Quant aux genres dont les premiers états sont inconnus, et ils ne laissent pas que d'être nombreux , il nous paraît assez bizarre de commencer l'énoncé de leurs caractères par ces naofs*
ANALYSES D'oUVftAGES NOUyEAÏÏX. 27
Larvœ ignotœ)» C'était bien la peine de placer les caraclères fournis par les chenilles en première ligne , pour en être ré- duit à avouer si souvent qu'on ne les connaît pas. Attendez donc que vous les connaissiez toutes, pour en faire la base prin- cipale de votre classification.
Wous terminerons ici nos observations sur le nouvel index de M. Boisduval. Si quelques-Mnes paraissei^t un peu sévères, nous prions le lecteur de croire que l'intérêt seul de la science nous les a dictées. En dernière an£ilyse , nous ne pensons pas que cet ouvrage, attendu depuis si long-temps, comme son au- teur le dit, par ceux qui s'occupent de l'élude des Lépidop- tères, ajoute beaucoup à sa renommée, et justifie surtout la ré- putation de réformateur de cette partie de l'entomologie , que lui accordent si libéralement tous les collecteurs de Pa- pillons. C^.-M.)
MOBTOGRAPH of the Borylidœ, — Monographie des Dorj^ lldes , une des familles des Hyménoptères bétérogynes , par W. E. Shuckard. ( 44 P^g* in-8*. Extrait des An-^ nais of natural history , may ,june andjuly i84o. ) '
M. Shuckard vient de faire paraître dans The Aimais of natural historj- , une monographie des Dorylides, qui offre des matériaux utiles pour l'histoire des Hyménoptères.
Il compose cette famille de cinq genres :
Labidus , Jur. , auquel il donne 18 espèces, j^nictus ^ Shuck. , i esp. Dorylus , Fab. , 1 1 esp. Rhogmus , Shuck. , 1 esp, , et Anomma, Shuck. , i esp. Mais dans les i8 esp. de Labidus , M. Shuckard comprend 5 espèces du genre Iky^ phlopone , Westwood , dont les insectes connus sont aptères , et qu'il regarde comme des femelles de Labidus. Les genres ^nictusy Dorylus et Rhogmus , ne sont composés que d'in- sectes ailés ou mâles , et le genre Anomma n'est composé que d'un insecte aptère ou femelle.
J'engage les entomologistes qui s'occupent spécialement des Hyménoptères, à prendre connaissance de cette monographie; 11% y trouveront des observations au$si curieuses qu'intéres- santes sur les différences que présentent les deux sexes de la
28 ANALYSE d'oOVRAGES NOUVEAUX.
plupart des genres Hétérogynes , et sur la certitude que M. Shuckard croit avoir de raccouplement d'insectes de for- mes si différentes. Il regarde, par exemple , le Rhagigastcr , Guér. , comme le mâle du Diamma , Weslwood , et annonce avoir en mains les deux sexes accouplés. Il considère les <5'c/e- roderma, K.lug, comme des insectes Hétérogynes, et les ôte de la famille des Béthylides, où les avait placés M. Weslwood; il les regarde comme les femelles des Mfzines, Lalr., ou Elisy Fab. Enfin il prétend connaître les vrais mâles des Plesia , Jur. , qui ressemblent exactement à leurs femelles , et diffè- rent entièrement de VElis 6-c/nc^a , Fab. , type du genre Elis^ considéré comme la Myzine de Latreille. Relativement à cette classification des Scteroderma , par M. Shuckard , son opinion est celle que j'avtiis adoptée , lorsque je vis le travail de M. Westwood et, en i84o , j'en ai fait part à ce dernier.
L'accouplement des insectes ailés avec des femelles aptères, a mis sur la voie de rapprochemens dont on ne pouvait se douter. Cette observation doit encourager les entomologistes dans les recherches et les études sur le même objet.
Je crois devoir ajouter qu'ayant été à même de consulter une monographie manuscrite , par M. Guérin-Méneville , des Dorylus et des Labidus , je regrette vivement que, prévenu comme il l'est par M. Shuckard , il ne croie pas devoir la faire paraître. (De R.)
MÉMOIB.ES de M. Charles Passerini, sur les Insectes nuisi- bles à l'agriculture.
Nous recevons de notre savant confrère de Florence , plu- sieurs Rapports et Mémoires sur divers Insectes qui nuisent au maïs, au blé, à Tanis, et à l*olivier, en Italie. Comme plu- sieurs de ces notices sont déjà anciennes et bien connues des naturalistes, nous rapporterons seulement leur litre, pour les rappeler au souvenir de nos lecteurs , et nous ne donnerons une idée que de celle qui date de i838.
1* Rapport sur un Mémoire manuscrit de M. Luciani Cas- telnuovo , intitulé : Sur Les lances nuisibles au maïs. — Flo- renee, ib33.
SOCIÉTÉS SAVANTES. 2^
2" Rapport sur un Mémoire du docteur Piétro Negri , sur une espèce de larve qui dévaste les champs ^ensemencés de fro- ment.—1833.
S** Quelques détails sur une espèce d'Insecte du genre Thrips^ nuisible aux Oliviers. — 1834.
4" Mémoire sur les Insectes et particulièrement sur ceux qui sont nuisibles au Mais, à TAnis, etc. — 1837.
5" Sur les dégâts que fait aux oliviers de la commune de Castiglione, une espèce d'Insecte, et sur les moyens de s*en préserver. — i83B. i;
C'est la cochenille de l'olivier (Coccus oleée, de» natur^Mstea) qui est coupable des dégâts dont s'occupe M. Passerini. On I.1 trouve à l'état adulte et en très-grand nombre pendant l'au- tomne et l'hiver. Elle couvre les petites branches et les feuilles, et y reste immobile jusqu'au printemps , époque à laquelle les œufs sont pondus. Chaque mère dépose 1,1 13 à a, 000 œufs, en sorte que le nombre des jeunes insectes, qui sont presque invisibles à l'œil nu, est immense. A cette époque, ils se meu- vent avec vivacité , et font d'innombrables petites plaies sur les nouvelles pousses , plaies dont il sort une gouttelette de sève qui brunit d'abord et noircit ensuite par le contact de l'air. Pour empêcher les pertes que cette Cochenille occasione en épuisant les Oliviers, M. Passerini, propose de couper, pen- dant l'hiver, toutes les branches couvertes de Cochenilles pleines d'œufs, et de les brûler au pied des arbres. (G. M.)
III. SOCIÉTÉS SAVANTES.
Académie royale des sciences de Paris.
Séances des ô^ et \i janner 1841. — Rien sur la zoologie Séance du iSjam^ier. — M. Valenciennes lit un Mémoire ayant pour titre : Noui^elles recherches anatomiques sur le Nautile {Nautilus pompilius). L'individu qui a servi pour ces recherches a été donné généreusement au Muséum par M. Meder , négociant hollandais établi à Batavia ; c'est le pre- mier qu'on ait vu en France. j
3cr MÉLANGES ET NOUVELLES.
M. Valenciennes, en étudiant ce précieux Mollusque, n'a— vaitjpour but que de le confronter au mémoire que le savant R. Owen a publié sur l'individu du Musée du collège des Chirurgiens , à Londres. Il a bientôt reconnu que celui de Paris était d'une espèce distincte, et qu'étant moins fortemeni contracté par l'action de l'alcool , il était possible de mieux voir ses différens organes. Cette circonstance heureuse lui a fourni l'occasion de faire quelques légères rectifications au travail de M. Owen. « Il résulte donc de ce mémoire^ dit son auteur (Comptes-rendus) , que j'ai ramené le Nautile à la condition générale des Céphalopodes, en démontrant que la tête n'est surmontée que de huit bras; que ce Mollusque a l'organe .de rouîe et. l'organe de l'odorat distincts ; que les nerfs de ces sens sortent de la portion renflée du système nerveux , au dessus de l'œsophage ; que l'organe désigné par M. Owen comme siège de l'odorat, devient une sorte de palpe, sans être toutefois l'organe spécial du goût , car on ne peut se re- fuser à le placer dans la portion charnue et papilleuse de la langue et des parties antérieures du pharynx , très-bien décrit par M. Oweii et sur lequel je n'ai pas cru devoir revenir ici.» Ce mémoire est renvoyé à une commission compose'e de MM, Serres, Audouin, professeurs au Muséum, et M. Ed- wards, Cet intéressant travail ne peut qu'être le sujet d'un rapport très-favorable.
Séance du Q.Sjam'ier. — Rien sur la zoologie.
MÉLANGES ET NOUVELLES.
DÉcorvERTE de V Acide urique dans les excrémens des Limaces.
. Dans le Journal de Pharmacie de 1840, p. ii5, on trouve une note de M. Figuier , dans laquelle recherchant la cause des propriétés, fort équivoques du reste , qu'on attribue à V Hélix pomatia d'être un spécifique contre l'asthme , ce chimiste attribue cette propriété à une matière grasse, buileuse et contenant du soufre qu'il a nommée Hélicine , et dont il n'hé-
mIlatiges et nod villes. 3i
sîtc pas à recommander Temploi en tliérapeuliqiie. Quant aux autres élémens que lui a fait rencontrer son analyse , ils ne présentent absolument rien de nouveau ou qui puisse intéresser la science.
Cette analyse ne pouvait sufllre pour décider plusieurs ques- tions importantes, et nous sommes heureux d'annoncer quelle a été reprise par M. C. Mylius de Berlih , qui a découvert que les excrémens des Limncons renferment constamment de l'a- cide urique. D'après les expériences faites par ce savant, cet acide est sécrété sous forme solide par un organe glanduleux , immédiatement placé sous la coquille et qui constitue , sans aucun doule , l'organe urinaire. On aperçoit aisément cette matière, qui est blanchâtre, à travers la transparence de la peau. Pour la récolter, il suffit d'inciser l'organe et de le vider de la matière qu'on y trouve sous forme de pâte ou bouillie.
Suand oii a rassemblé ainsi toute celle que peuvent fournir ^ usieurs Escargots , on agite dans l'eau, qui délaie l'albu— y mine, tandis que l'acide urique se dépose en se présentant,, non pas sous forme cristalline , mais de poudre douce, comme celle du lycopode. Au microscope, les granules de celte pou- dre sont sphériques , transparens , de grosseur variable , les plus gros de 0,0001 4^ les plus petits de 0,00006 et en moyenne de 0,00010 d'un pouce. On récolte à peu près i 3/4 de grain d'acide urique d'un Escargot ordinaire.
L'acide urique se retrouve de même chez les autres espèces du genre Hélice, et M. Mylius Ta rencontré aussi dans l'^. nemoralis et VH. hortensis , mais il lui a été impossible d'en découvrir des traces dans les Lymnées et les Planorbes.
D'après toutes les expériences , l'acide urique de ces Hé- lices n'est ni combiné à l'ammoniaque ni à aucun autre alcali, il est séparé à l'état de pureté par l'organe sécréteur. (^F. M.)
M. BcQUÉT nous adresse la lettre suivante.
Monsieur et ami, — Plusieurs de mes correspondans de France , quelques-uns même de l'étranger , ayant été informés à tort que je cessais de m'occuper d'histoire naturelle , m'ont écrit pour me demander des explications à cet égard.
32 MÉLANGES ET NOUVELLES.
La vérité est que , moins que jamais , je n'ai songé a quit- ter mes relations et mes affaires , si utiles à raccroiisement de mes collections entomologiques, et que toujours je satisfais , non seulement aux demandes, soit d'insectes , soit de catalo- gues qui me sont adressées , mais que ma maison se charge , comme par le passé, de la préparation des oiseaux.
Soyez assez bon pour insérer cette petite note rectificative dans la Revue Zoologique, afin de mettre les amateurs en garde contre une erreur qu'on pourrait avoir intérêt à pro- pager. Lucien Buquet , 35 , rue Dauphine.
M. De Spinola nous prie d'insérer la note suivante.
Encore un mot sur le genre Trigonalys et non Trigonalis. Il a été proposé par le Docteur Tf^estwood et non par le Docteur Klug , et l'espèce que je dois à l'obligeance de celui- ci est la Trigonalys melanoleaca , Westw. , Proceedings of the ZooL Soc, part. 3 , i835 , pag. 53. Cet ouvrage ne m'a été fourni que dans les premiers jours de l'année courante. L'auteur anglais a été aussi embarrassé que moi pour le pla- cement rationnel de ce genre à demi connu. Genusanomalum, dit-il , familiœ dubiœ,
M. Chevrolat ayant acquis la riche collection de Longi- cornes de M. le Comte Dejean , a formé, avec les individus doubles et ceux de la sienne , un lot composé de i43 genres, comprenant Sgi espèces et i3i doubles.
Ce lot a été estimé par un amateur. 54o fr.
Un second loi de 1 4o espèces en 3 1 o individus. 1 1 o
S'adresser, yra/ico, à M. A. Chevrolat, rue Fontaine-Saint- Georges, 25 ,à Paris.
Nouveau membre admis dans la Société Cuvierienne.
217. M. E. Legdiilou, D. M. P., chirurgien de la marine royale, eCc. Présenté par M. Guérin-Méneville.
FÉVRIER 1841.
I. TRAVAUX INEDITS. NOTE sur une variété assez rare du Lepus timldus , par
M. HÉRÉTIEU.
L'on pense généralement que le phénomène de mélanisme chez les animaux sauvages, est infiniment plus rare que celui d'albinisme. Néanmoins de nouvelles observations viennent prouver chaque jour que celle opinion est mal fondée, et que la cause , jusqu'ici à peu près inconnue , qui donne lieu à cette modification de couleur, n'affecte pas seulement les animaux domestiques , mais s'étend encore à ceux qui jouissent de leur entière liberté. Ainsi , outre les exemples nombreux de méla- nisme que l'on rencontre fréquemment parmi les animaux qui, réduits en domesticité, ont du faire plier leurs mœurs et leurs habitudes primitives aux exigences capricieuses de l'homme, et parmi ceux qui, vivant en parasites autour de lui ont également dû subir l'action plus ou moins directe de son influence , M. Desmarest a cité des individus mélanos pnrmi des races entièrement sauvages , telles que V Ecureuil , le Couguar, le Daim, etc., chez les Mammifères; le Faucon, V Alouette , V Ortolan , le Moineau^ le Pinson , le Bouvreuil , le Chardonneret, chez les Oiseaux. M. Bory de Saint-Vincent en a également cité chez le Lézard gris , parmi les Reptiles , et chez la Tanche, le Cyprin doré , parmi les Poissons. En i835, M. F. de La Fresnaye, dans un article inséré au n® 80 de y Écho du monde sai^ant (1) appela l'attention des ornitho- logisles sur un cas singulier de mélanisme du Busard Mq«- laigu. Je viens aujourd'hui signaler un fait de ce genre qui prouvera de plus en plus que les animaux mclauos sont beau- coup plus communs qu'on n'est généralement porté à le croire.
Dans le mois de décembre dernier, M. Pellegrini , iugé-
(1) J'ai déciit, dans le même journal, une belle et rare variété du Cyprinus carpio. Linn., dont la couleur était d'uahjau rouiro aurore* {yoir le n" US , Z" amiée , 2i janvier 1836.) i
ïora. lY. iiei^. Zool, Février 1841. 3
34 t&AVADX INEDitS*
nicur en chef du (Iffpartement du Lot , me communiqua un Lièvre qu'on venait de lui apporter et dont le pelage était du noir le plus intense ; ce Lièvre avait été tué dans les landes qui dominent le village deCamy, dans la commune de Luzecb, située sur le Lot à quelques lieues en aval de Cahors; c'était une femelle, elle pesait 3 kiiog. ^5 grammes; sa longueur depuis l'extrémilé du museau jusqu'à celle de la queue était de 02 ceniimèlres j la queue avait lo cent, de long;; les oreilies en avaient 1 4; elle était parfaitement conformée et rien n'<muoi)çait chez cet animal une dégénérescence morbide. S» chair , préparée comme celie du Lièvre ordinaire, ne pré- senta point de différence, et fut trouvée d'un excellent goût ; sa couleur qui était d'un noir profond sur la tête , les oreilles, le dos, les jambes et les cuisses, et d'une teinte encore plus pronoucée autour du museau , à Textrômité des oreilles et sur le dessus de la queue, diminuait d'intensité et passait au noir cendré sous le ventre , à la partie intérieure des membres , sous la queue et derrière les oreilles , en un mot, dans toutes < les parties qui sont d'un blanc plus ou moins tranché dans le . JLièvre ordinaire. La fourrure du dos était comme feutrée et eatretuêlée çà et là de quelques poils rares d'uu blanc mat ; une particularité assez extraordinaire se faisait remarquer dans les pâtes: leur partie inférieure, celle qui porte habituelle- , ment sur le sol , avait seule conservé la couleur fauve ordi- nairedu Lièvre commun. Telle est en peu de mots la description dé cette singulière variété du Lepus uiiudus que les chasseurs poursuivaient depuis long-temps sans pouvoir l'atteindre, et dont la dépouille est aujourd'hui conservée au Musée de Cahors. Ce n'est sans doute pas ici le moment de rechercher - quelles peuvent être les causes du méianisme chez les ani- '■ maux ; mais je ferai remarquer néanmoins qu'aucune des so- lutions qu'on a voulu donner de cette question importante, n'est entièrement satisfaisante; quelques naturalistes ont attribué ce phénomène à l'action de l'homme sur les animaux et à l'in- fluence d'une nourriture souvent peu appropriée à leurs goûts naturels; cette cause qui pourrait être vraie, jusqu'à un cer- ym point, pour le§ animaux domestiques , disparaît complet
TRAVAUX INÉDITS. 3^
f ement à Tëgard des animaux sauvages sur lesquels l'action de rhomme ne peut s'exercer en aucune manière : d'autres, ayant remarqué qu'en général les animaux d'une même espèce ac- quièrent des teintes d'autant plus foncées , qu'ils habitent sous des zones plus rapprochées de réqualeur, ont pensé que le mé- lanisme pouvait provenir de l'influence de la lumière, qui, eii exerçant son action sur les corps vi vans, leur enlevait l'oxjgène et développait le carbone et l'hydrogène qu'ils contenaîen't :' mais une semblable explication basée sur la position plus ou moins rapprochée de l'équaleur ne peut être admise, puisque l'on a observé des animaux mélanos sur tous les points du globe, et que Buffon prétend même qu'on a trouvé quelquefois des Lièvres noirs dans' lès pays les plus froids ; enfin une dernièrç explication consiste à attribuer le mélanisme à une dégénéra-' tion de l*espèce ou à une affection morbifique, comme dans l'albinisme , mais il est à re^narquer que la plupart des ani- maux albinos , à l'état sauvage, ne sont point aptes à la re- production, et qu'il n'en est point ainsi, d'après M. de La Fres- naye, chez les diverses espèces atteintes de mélanisme ; ainsi , comme il le dit lui-même, si l*on parvient à acquérir là certi- tude que les mélanos coriserveût leur teinte noire toute leur vie, et qu'ils sont néanmoins aptes à la reproduction , cette différence de coloration ne pourrait plus être regardée chez eux comme une véritable dégénéralion, La question me paraît donc encore entièrement neuve et digne de fixer l'at- tention des physiologistes et cela avec d'autant plus de raison' que le mélanisme est , je le répète , beaucoup plus fréquent* qu'on ne le pense communément , et que, comme le dît fort bien M. de La Fresnaye , dont je partage entièrement l'opinion à cet égard , beaucoup d'espèces nouvellement créées sur dés individus à couleur noire ne sont réellement que des variétéis
mélanos d'espèces déjà bien connues. ''
'"Il
AMMOXITES XiA-VIJS!, décrite comme espèce nouvelle
par M. P. D* Giacomo Maggiors» •• <; v.
Op nous adresse un petit in»priiné sans date, ecnt en îtalién et accompagné d'unu figure lilhojjraphiée d'une espèce d'Âtij****
36 TRAVAUX INÉDITS.
monite présumée nouvelle. Cet arlicle , sîgné P. D. Giaeomo, Maggiore cas. dottor Andréa Aradas, commence par une petite intrQduction établissant l'importance de l'étude des Ammonites comme caractères distinctifs de la formation géognostique des terrains. Vient ensuite la description suivante:
Ammonites La- y^iœ (Ammonite di La-Via, Nob.) —A. testa discoidea, anfractu lateribus planulato , striis impressis pro- fundis subundatis transversim exarato ; superficie fascis tribus , elegantisssimis, palmato-sinuosis depicta ; dorso subcylindrico, peripheria obtusa, umbilicis patulis.
Coquille discoïde, avec l'unique tour apparent aplati aux deux côtés, sillonné transversalement par des stries profondé- ment imprimées , presque ondulées , désignant peut-être les cloisons ou les accroissemens de l'animal. Les parties lisses de ce tour sont élégamment ornées de trois bandes équidistantes, à sutures palmato-sinueuses et presque spiniformes , dans la direction de la spire. La dernière bande paraît à demi courbée sur le dos et sur la superficie obtuse de la coquille. Le dos est presque cylindrique ; les ombilics en sont très-ouverts. La cou- leur blanc sale montre la rocbe calcaire dont elle s'est agglo- mérée avec le temps. Le plus grand diamètre de son ellipse est de i3 lignes 1/2 , le plus petit de 11 lignes, la largeur dt l'ouverture de 6 lignes i/3, la hauteur de 5 lignes 1/4.
Le seul individu de cette Ammonite nous a été communiqué par le savant minéralogiste le père prieur D. Gregorio Barnaba Laira casinese, qui nous a dit l'avoir trouvée dans le sable sili- ceux de la forêt de Sainte-Flavie (couvent bénédictin casinese, hors Caltanisetta, dans le val Demone ) avec d'autres testacés fossiles qu'il a énumérés dans ses Obserçations géognostiques faites aux empirons de Caltanisetta, i833. Il a aussi trouvé des testacés en abondance dans le sable calcaire du même en- droit, sable analogue à celui delà base du mont Saint-Giuliano, qui forme un dépôt de la hauteur de 4 pieds, sur lequel s'étend et repose le hable siliceux mentionné ci-dessus.
Dépourvus des ouvrages de Sowerby, Zieten , Goldfuss. Bronn , etc. , nous n'avons pas trouvé la description de celle espèce 9 et par conséquent noua la donnons comme nouvelle,
TRAVAUX^ INÉDITS. "j^
M. R. A. Filippi, professeur d'hst)ire naturelle à l'école po- lytechnique de Cassel, en a cru la connaissance si intéressante qu'il en prit le dessein lorsqu'il visita notre Sicile en^l838.
DESCRIPTION' de deux Coquilles nouvelles, par R. P» Lesson.
Buccinam Triton. — Testa ovato-elongata, ventricosa, lata, transversim striata ; striis tenuissimis ; anfractibus sex con— vexis , in medio subangulatis et luberculis conicis cingulatîs ; aperlnra oblonga, lactea ; labro margine undulato, spira con- torta, lata, sinuata; canali ampla.
Ce beau Buccin, long de 8 centimètres sur 5 de largeur, a «on épiderme blanchâtre. Il provient des mers de la Nouvelle- Zélande , et a été apporté par un bâtiment en station dans la mer du Sud. Il a la taille et le faciès des Buccins du nord et ondes , qu'il semble représenter dans les parages antarctiques..
2® Cancellaria multiplicata. — Testa ovato-conira, grisea ; anfractibus quinque, ultimo ventricoso, suturis dislinctis^ co- stis verticalibus , numerosissimis et transversim sulcatis ; lineis transversalibus seriatis f apertura oblonga , crocea ; labro mar- gine sinuolato, canali contorto; columella subumbilicata, mul- tiplicata.
Cette jolie Cancellaire vient des mers de l'hémisphère austral, et a 20 mill. de hauteur, sur i6 de largeur.
DESCRIPTION de dix Carabiques nouveaux du Texas et d'une espèce nouvelle de Buprestide de France, par M. le Marquis de La Febté Senectère.
Clcindela venusta.' — C. Sub complanata , subovata, supra viridi œnea, subtusniveopilosa , elytris niveis, glabris, subtili- tcr punctatis, sutura cupreo œnea ad basin dilatata : lineis tri- bus obliquis viridi cupreis, prima et tcrtia cum sutura junctis, média sul»ira partim parallela , non juncta. — Long. : 9 à 11. L. : 3 1/2 à 4 1/2 mill.
Cette espèce est tellement voisine de la C. signata^ Dej. {Species^ tom. 1 "'^; page 1 24) ? ^ue je me bornerai à signaler ici les différences. C'est par la taille surtout qu'elle s'eu dis-
tingue ^ aînsî que par la teinte moins verte du dessin des ëly^ t^es. Elle est environ moitié plus petite, la couleur delà tête, des mandibules, des palpes , des antennes et du corselet , est la même. La lèvre supérieure est coupée de même avec une petite dent aumilieu, plus sensible dans la femelle que dans le mâle. Le dessin desélytres est à peu près lemême, on peut dire seulement qu'ébauché dans la signata y iie^t parfait dans la venusta ; ainsi la première bande est plus large surtout en ap- prochant de la suture ; on peut la comparer à deux! crochets. , dont les pieds viennent se réunir sur Técusson , de manière à élargir considérablement la base de la suture. Les deux au- tres bandes sont placées absolument comme dans la signata, xoais elles sont plus larges, leurs contours sont plus nettement arrêtés. La partie supérieure de la troisième se termine par un crochet tourné en dehors et sécuriforme, absolument comme les palpes des Psélaphiens du genre Bithinus,] Il est dit dans la . description de la signala que la troisième ligne se joint à la suture ; je ne vois rien de semblable dans les quatre individus de la collection Dejean; j'y remarqua au contraire que la troi- sième ligne s'arrête toujours à distance de la suture. Dans la VenustUy au contraire, elle s'y joint constamment. Les élytres de la femelle sont à peu près comme celles du mâle. Le des- sous du corselet, les côtés de la poitrine et de Tabdomen , sont couverts d'une pubescence très-blanche. Les parties non pu- , bescentes sont d'un vert cuivreux, ainsi que les pâtes.
Je possède une variété dont la tache supérieure se réduit à une espèce de virgule séparée de la suture, et dont la tache in- férieure, comme dans la signala , se réduit à une ligne étroite et oblique qui n'atteint pas la suture.
Je ferai remarquer, à l'occasion de cette espèce , quelques différences^sexuellesqui lui sont communes avec la signala , et auxquelles le savant auteur du Species, ne paraît pas avoir at- taché d'importance,
La première consiste dans la forme du corselet. Les mâles de la signala et delà venusta , l'ont à peu près quadrangu- laire, légèrement arrondi sur les côtés, avec les angles posté- rieurs droits. Les femelles l'ont en forme de trapè?;e élargi à l^
TRAVAUX INÉDITS. ^§ *
base , avec les angles postnrieurs ;nj:jn.s , snîllnns en arrière ef?'^' acuminés. Pour recevoir celle saillie des angles postérieurs, la base des éljtrcs, qui est aussi beaucoup plus large dans les femelles que dans les mâles , se creuse vis-à-vis de ces angles, de manière que les épaules se trouvent saillantes en avarit beaucoup plus que dans les maies.
Un autre caractère parliculier aux femelles de ces deux es- pèces, c'est la dilatation brtisque et pour ainsi dire répanouféi^^' sèment du bord latéral des élylres , vis-à-vis le crocbet de H seconde tache. Cette dilatation des élytres est beaucoup phils sensible dans la Ji*^na/a que dans \avenUsta, et combinée avec la largeur de la base des élytres, elle donne à la femelle de la signala une tournure fusiforme tout-à-fait singulière et que l'on ne remarque dans aucune autre Cîcindela. '*^ "^
Quelques espèces voisines , telle que les C. caridintt^' capcnsis , conspersa et nwea , présentent des différences sexuelles analogues. Le corselet des femelles e^l filus large que celui des mâles , et les angles postérieurs sont plus saillans et plus aigus. Leséljtres aussi ont une dilatation , mais elle^e produit un peu au-delà de la moitié des élytres, au lieu d'être toute antérieure comme dans la signata»
Cîcindela circumpicta. — C. subcylindrîca , supra viridi aervca; tliorace subrotundato, nilido, elytris punclatis, raargine integro autice intus dcntato, macula média obliqua acuminala, luuulaque apîcis rotundata , albîs , ano nonnunquam teslaceo. — Long. : 1 1 à 14. L. : 4 à 5 mill.
Cette espèce , intermédiaire entre la C. boopfi , Mannerbeitrf ' et la marginipennis Lecomle , est d'un vert moins cuivreni que la première, et moins mat que la seconde. La tête, les parties de la bouche et les antennes sont comme dansla boops. Le corselet est très-brillant, presque glabre, avecjles côtés très- arrondis. Les impressions transversales et la ligne longitudi- nale sont très-profondes et divisent le disque en deux bosséS' lu'mispbériques très-bombées , qui suffiraient pour distinguer celle espèce de toutes celles qui Tavoisinent. Les élytres sont couvertes d'une ponctuation serrée, plus profonde versl.n^b^se, ^ peu près nulle sur les parties blancbes. Quelques individus
40 f' TRAVAUX INÉDITS.
ont en outre , le long de la suture , une rangée de points en- foncés. Le dessîn consiste en une bande marginale non inter- rompue , accompagnée de taches normales , moins complètes que dans la boops , plus complètes que dans la marginipen- n«. La lunule humérale se fait sentir, comme dans la Boops, par une dent intérieure. .La bande médiale se réduit à une autre dent plus pointue et oblique vers l'extrémité , absolument comme dans la marginipennis. La ^lunule terminale , comme dans la biramosa , consiste dans une dilatation arrondie de la bordure marginale. Les élylres sont parallèles dans les deux sexes comme celles de la ^/r^mo^oj', et terminées par une épine qui n'est qu'un prolongement de la suture. Celles du mâle sont ad apicem conjunctim rotandatœ ; celles de la femelle sont au contraire singulatim rotundatœ / le dessous du corps est d'un vert bleuâtre, les cuisses roussâtres en dessous, paraissent vertes en dessus , les jambes sont vertes avec la base roussâtre, les tarses sont d'un vert obscur ; dans quelques individus Ta- ' nus est testacé, dans d'autres obscur ou entièrement noir.
Cicindela togata, — G Subcomplanata supra viridi cuprta subtus albopilosa, thorace subquadrato parce piloso, elytrissat distincte punctatis , margine integro valde dilatato, intus tri- dentato albido. — Long. : lo à 12. L.: 4 '/^ "lill.
Dans cette jolie espèce, le dessin a quelque analogie avec ce- lui de la collaris , précédemment décrite , mais la bordure blanche a tellement envahi le fond, qu'il se trouve réduit à une bande dorsale , d'un vert cuivreux , festonné de chaque côté parles taches normales. Cette large bordure rapproche celte es- pèce de la lacteola de Pallas, dont les taches sont entièrement noyées dans la bordure.
La tête est d'un rouge cuivreux , semée de poils blancs. La lèvre supérieure est blanche , taillée en demi-cercle dans le mâle. Celle de la femelle a la forme d'un demi-décagone, avec une petite dent au milieu. Les mandibules sont blanchâtres avec l'extrémité noirâtre. Les deux premiers articles des pal- pes sont jaunâtres , le dernier cuivreux. Les quatre premiers articles des antennes sont d'un vert cuivreux, les autres, cou- verts d'une pubescence obscure. Le dessus de la tète est asse^
TRAVAtJX INÉDITS. 4^
fortement rîd^ longitudinalement auprès des yeux. Le corselet est subquadrangulaire , arrondi sur les côtés , les impressions sont bien marquées : il est de la couleur de la tête et semé comme elle de poils blancs peu serrés. Les éljtres sont assez plates, avec*la suture, dans les deux sexes, terminée par une petite épine. Elles sont presque parallèles dans le malc, mais dans la femelle elles se dilatent sensiblement vers le milieu de la longueur et prennent une forme ovalaire.
La suture des femelles s*ênlrouvre constamment aux don x tiers delà longueur, et reste entrebâillée jusqu'aux épines qui se tou- chent. Comme dans la collaris , les élytres du mâle sont ad apicemcon/unctim , et celles de la femelle ac? apicem singula- tim rotundatœ. Tout le disque vert des élytres est couvert d'une ponctualité ronde, très-distincte, et il y a en outre quel- ques points enfoncés le long de la suture , qui est d'un rouge cuivreux. La bande marginale , très-dilatée, occupe à peu près les deux tiers des élytres sans noyer entièrement les taches nor- males. La lunule humérale forme une dent plus arrondie que dans la collaris. La bande médiale en forme une autre éga- lement arrondie qui, dans quelques individus mieux dessinés , devient pointue et oblique vers l'extrémité. Enfin la lunule terminale se fait sentir aussi par une dilataf!on arrondie de la bordure très-rapprochée de la bande médiale. Le dessous du corps est presque entièrement couvert d'une pubescence fine et serrée. Le milieu seul q^t d'un vert cuivreux , ainsi que les pâtes. L'anus est obscur. Cttte espèce me paraît devoir prendre place dans le catalogue immédiatement avant la lacteola.
Cicindela seç^era. — C. Subcylindrica, supra nigro viridis , m*tida,glabra, subtus parce albo pilosa; thorace subrotundato; elytris sat profunde punctalis ; maculis duobus , raro tribus , parvis, parum evidentibus , flavis. — Long. : 12 1/2 à i5. L. : 4 1/2 à 5 1/4 mill.
Cette espèce , par sa couleur foncée et luisante et le peu d'évidence de ses taches, se rapproche de la Zwickii, Pall.is , et pourrait , je crois, être placée soit avant, soit après elle. La tête est verte à reflets cuivreux. La lèvre supérieure est blan-r che, courte, large, coupée à peu près carrément, garnie d'uue
4l' ÏRAVACX INEDITS.
dent assez longue au milieu avec une três-petîte de chaque côté. Ces dents beaucoup moins sensibles dans le mâle que dans , la femelle. Les mandibules sont très-longues, très-aiguës, d'un blanc sale à la base, d'un vert bronzé ou noirâtre à rextrémité, , Les palpes |jaunâtres avec le dernier article de la même coun. leur que l'extrémité des mandibules. Les antennes ont lesqua-, tre premiers articles d'tin vert plus ou moins bronzé , les au-, très obscurs et pubescens. Le dessus de la têle est fortcmentj ridé le long des yeux. Le corselet est h peu près comme celui de la coUaris , ci-dessus décrite ; mais les impressions un peu moins profondes, ne produisent pas deux bosses aussi saillantes; il est aussi un peu plus rétréci postérieurement et plus glabre, en dessus. La coupe des éljtres est la même dans la femelle que dans le mâle , elles sont presque parallèles , mais pas au- tant que celles de la collaris , elles sont plus distinctement et plus fortement ponctuées. Elles sont moins arrondies posté- rieurement, et on peut dire que les élytres des deux sexe^ sont ad apicem conjunclim subacute rotundatœ. La plupart des in- dividus n'ont que deux taches, une petite, arrondie, située vers le milieu du bord latéral qu'elle ne touche pas. L'autre est une lunule terminale dans toute son intégrité. Elle part de l'angle postérieur, où elle touche la suture, contourne l'extrémité de l'élylre, et se termine par un crochet brusque , tournant pres- qu'à angle droit et ayant une disposition à obliquer plutôt eu dehors qu'en dedans comme dans la scalaris. Un seul indi- vidu sur six que j'ai eus sous les yeux, a un troisième point jaune bien marqué vers la base , figurant l'extrémité de la tache huméraie. Dans tous les autres il est obsolète, mais sa place est indiquée par un petit espace plus lisse et non ponctué comme le fond des élytres : le dessous du corps et les pâtes sont d'un vert bronzé. La pubescence est longue , soyeuse et assez rare. L'anus est noirâtre.]
Brachinus DeyrolUL — B. Ferrugineus , thoracis angulis posticis prominulis , elylris subcostatis obscuro cyaneis, antice subcoarctatis, peclore subtus et abdominis basi in medio ferru- gineis. — Long. : i5. L. : 6 mil.
Cette espèce est^ très-voisine de Valternansy Dej.La tête,
TRAVAUX inédits';? 4^
lecofselel,Técusson et'lcs pâtes, sont d'un rouge ferrugineux. Les quatre premiers articles des antennes sont de cette cou- leur, lesautressont un peu plus obscurs. Le corselet est cordî- forme avec les angles postérieurs aigus. 11 est un peu moins large antérieurement que celrti de TAlternans. Les élytrcs sont d'un bleu un peu moins obâco'r, parce qu'elles sont moins pubescenles et plus rélrécies antérieurement ; la suture èstle-^ gèrement teinte de ferrugineux vers la l)ase ' ïeâ seconde éi' quatrième côtes ne sont pas plus élevées que les autres, qui sont toutes assez apparentes. Ce qui le distingue surtout dé rAlternans et de toutes les espèces voisines, c'est le dessous du corps qui est ferrugineux, savoir, presque toute la poitrine et le milieu des deux premiers anneaux de l'abdomen,. le resîje est obscur. Cet insecte doit se placer après le Br. alternans*
Dicalus opacus . — B. Ovalo oblongus, nigro opacus, tho- race subquadrato lateribus subsinuàto; elytris striatis, subacu-, minatis, linea latcrali elevata ultra médîuih non prolongata.— , Long.: i5. L. : 7 1/2 mill.
Cette espèce est assez voisine du D. simplex, De). ; maïs en-; viron un tiers plus grande , d'une forme plus allongée et plus acuminée postérieurement. Il est en dessus d'un noir encore plus mat. La tête est impressionnée de même entre lesanten-i nés, dont la base est noire ainsi que les palpes. Le corselet est à peu près quadrangulaire un peu moins long que large. Tl a les bords beaucoup plus relevés que le siràplex, surtout posté- rieurement ; il en résulte que sa base est sensiblement moins large que celle des élytres , et que les côtés sont Icgèremept sinués un peu avant la base. La ligne longitudinale dii milieu est bien marquée , l'impression transversale antérieure l'est beaucoup plus que dans le simplex, la postérieure l'est autant. Les impressions longitudinales sur chaque côté du disque, sont disposées à peu près de même ; mais l'intérieure est un peu plus courte, plus profonde, gravée moins au vif, et obliquant da- . vantage vers l'angle postérieur. L'impression latérale parti- cipe à la sinuosité des côtés , elle forme de part et d'autre un S , dont le pied paraît se diriger vers l'écusson et se trouve arrêté par le monticule qui borde l'impression inté**
44 ÏRAVAUX INÉDITS^
rieure. Les ëlytres sont subfusi formes, plus allongées que dans toutes les autres espèces, un peu bombées vers rexlrémité. Elles sont d'un noir très-mat, à stries non ponctuées; le sixième in- tervalle, comme dans les autres espèces, forme une côte élevée qui part de Tangle antérieur , mais ne se prolonge pas au-delà de la moitié de Téljtre. Le dessous du corps et les pâtes sont noirs. J'ai comparé ce Dicœlus au Simples qui est décrit dans le Species; mais le catalogue de M. Dejean mentionne un au- tre Dicœlus non décrit, qui est au moins aussi voisin de VO- pacus, c'est V Ambiguus , Dej. Voici les différences qui peu- vent servir à cette espèce de description sommaire. VAmbi- guusest exactement de la même taille queV Opacus; mais il a les antennes et les palpes d'un brun ferrugineux foncé; le cor- selet et les éljlres sont d'un noir plutôt brillant que mat sur- tout le corselet , qui n'est pas sinué postérieurement, il est au contraire un peu plus large en arrière qu'en avant , et les côtés légèrement arrondis antérieurement, se dirigent en ligne,presque droite vers la base. Les élytres ne paraissent pas bombées posté- rieurement et leur coupe est plutôt ovalaire que fusiforme. La côte élevée Jalérale se prolonge un peu au-delà de la moitié; le fond des stries, comme dans VopacuSy-ne paraît pas distincte- ment ponctué. Uopacusy à cause de sa taille, paraît^ devoir se placer après Vambiguus.
Harpalus dulcicollis» — H. Ovatus , subconvexus , niger, tborace subtrapezoidali, postice utrinque vix impresso, angu- lis posticis subrolundalîs ; eljtris subovatis striatis interstitiis alternatim postice punctis pluribus impressis, antennarum basi pedibusque rufis. — Long. : loà 1 1. L.: 4 "^iH*
Il est de la taille du serripea^ Duftschmid , d'un noir bril- lant en dessus, et généralement moins convexe. La tête a de chaque côté entre les antennes un point angulaire fortement gravé, et au-dessous un«. petite ligne enfoncée , transversale , tangente à l'angle des deux points. La lèvre supérieure est brune avec un encadrement ferrugineux , coupée carrément antérieurement avec une petite dent carrée au milieu. Les pal- pes sont d'un rouge ferrugineux assez clair , ainsi que les au- tres parties de la bouche. Les antennes sont d'un roux obscur
TRATAUX INEDITS. 4^
avec les deux premiers articles plus clairs encore que les palpes, et le troisième noirâtre. Le corselet est arrondi sur les côtés , il est rétréci antérieurement , assez pour le faire paraître tra- pézoïdal. Il est échancré antérieurement plus encore postérieu- rement à cause de cette échancrure : la base fait avec les côtés un angle plutôt aigu que droit , dont le sommet est arrondi. Dans certains individus les côtés, surtout vers la base , ont une transparence qui les fait paraître roussâtres. Les impressions de la base sont confuses et peu apparentes ; la ligne longitudi- nale et les impressions transversales antérieures et postérieures se distinguent à peine. L*écusson est lisse et sa pointe dépasse notablement la base des élj? 1res. Celles-ci sont un peu plus lar- ges que le corselet , moins convexes et moins ovales que dans \e serripes, les côtés étant plus parallèles antérieurement. Elles sont striées avec les intervalles lisses et brillans, même dans la femelle, qui est cependant plus terne que le mâle. Il y a un point enfoncé peu distinct sur le troisième intervalle un peu au-delà de la moitié , et en outre vers Textrémité on aperçoit sur les intervalles impairs, c'est-à-dire sur le neuvième ou der- nier, sur le septième et le cinquième , quelques points enfon- cés , irrégulièrement distribués. Le dessous du corps est d*un brun ferrugineux, ainsi que les cuisses ; les jambes et les tarses sont plus clairs. Les jambes sont armées comme celles du Ser- ripeSf de nombreuses et fortes épines. Un autre Har palus , très-voisin de celui que nous décrivons , est Vanthratinus , Déj., qui a aussi quelques points à Textrémité des septième et cinquème intervalles; il se dislingue du dulcicollis par la forme du corselet dont les côtés sont beaucoup moins arrondis, par récusson dont l'angle est plus obtus et dépasse moins la base des élytres; enfin, par la couleur plus foncée des parties de la bouche, des pattes et des antennes , dont le premier article seul est roussâlre. Le dulcicollis me paraît devoir se placer immédiatement après Vanlhracinus,
Tachys pulchellus. — T. Capite obscuro rufa, thorace rufo transverso quadrato, utrinque impresso, angulis posticis rectis. Ëlytrisoblongo ovatis, lœvibus in dorso obsolète striati$, bruu- peis , macuHs duobus oblopgis , altéra humeraii , allra poàte«^
4é TRJLVAti ÎNEDI^.
riori, flavis , antennarum basi pedibusque testaceis. —Long,'. 3. L.: I mill.
Ce joli insecte est voisin de trois autres espèces américaines, dont M. Dejean a enrichi sa collection postérieurement à l'im- pression du .J/jme*, savoir, Vephippiatus y Say. , Velegantu-^ lus, Klug,,el le concinnus, Klug. ; ignorant si ces espèces sont décrites J'en donnerai plus bas une courte description. Le 7^. pulchellas a la tête d'un brun rouge plus foncé que le corselet, d'un tiers à peu près moins large, triangulaire, bi-impressionniee entre les yeux; les deux premiers articles des antennes sont tés- t^cés , les autres plus foncés. Le corselet est rouge , fortement transversal , avec les côtés très-arrondis et dilatés antérieure- ment. Il est assez bombé sur le disque. La base est légëreiùent déprimée et impressionnée de chaque côté très-près des an- gles postérieurs, qui sont droits. Lé's élytres sont en ovale al- longé. On dislingue une première strie dç chaque côté de la suture : la deuxième et la troisième sont presque imperceptibles, et l€S autres entièrement obsolètes , on n'aperçoit pas de point enfoncé sur le troisième intervalle. Le fond des élytres est d'un brun rougeâtre à peu près comme la tête. Elles ont chacune deux grandes taches jaunes, la première, humérale, se prolonge antérieurement jusqu'au bord de l'élytre , mais sur les côtés elle est séparée du bord par la teinte du fond. La tache pos- térieure est une bande oblique qui suit à peu près le contour de l'élytre , mais qui , considérée attentivement, se compose de deux taches, d'une première plus jaune subovalaira, et d'une autre plus pâle, arrondie, toul-à-fait terminale; ces deux taches se touchent presque, mais la teinte du fond paraît néanmoins les séparer un peu. Ce qu'il faut remarquer encore, c'est que les taches humérales n'envahissent pas la région scutéllairc. La couleur du fond se prolonge jusqu'à la la base ; du côté opposé elle se.prolonge aussi en pointe le long de la suture , mais pas jusqu'à rextrémilé,ledessoùs du corps est ^noirâtre , les pales sonlteslacées.
L'espèce la plus voisine àwfultheltéê^\,'é*\àii ]é T! élég'àn^ tudus, Klug, qui à , comme lui , d ux iachcs sUr'lèâ éty^Ves ,' l'une humérale, Tautre terminale ; maisja tête 'el"h Cûreeletf
[tbavaux inédits. 4)
ont une seule et même teinte testacée. Le corselet est moins di- laté antérieurement , jcel qui le fait paraître moins court. Les ëlytres ont toutes les stries assez profondes et distinctement ponctuées. La tache humérale est plus petite , elle atteint le bord latéral , et s*étend le long de la base , presqu*à la suture. La tache terminale est aussi plus petite et non divisée par le fond, qui se prolonge jusqu'à Textrémité de la suture.
Le T. ephippiatus, Say, a été distingué par M. Dejean de Velegantulus , Klug., mais je serais tenté de croire qu'il n'en est qu'une variété ; car les formes sont identiquement les mêmes ^ la ponctuation des élytres est la même , la couleur du corselet de la iéle et des taches est la même ; seulement ces taches ont envahi la plus grande partie du fond, ou plutôt, dans ces in- dividus plus récemment transformés, la coloration n'était pas arrivée à son terme, et les élylres sont restées testacées avec une seule tache brune sur le disque : il y a même dans la collection Dejean un individu plus coloré qui paraît faire transition.
Le T,concinnus, Klug , de la Colombie, est une charmente espèce bien distincte , dont la collection Dejean ne contient qu'un individu qui me paraît assez récemment transformé , à cause de sa couleur testacée claire, tant en dessus qu'en dessous. Le corselet est finement rugueux, nullement brillant , ditaté antérieurement comme le pidclietlus , mais plus sinué sur les côtés postérieurement. Les élytres sont très-peu brillantes , très-finement rugueuses , ayant toutes leurs stries complètes , entières, mais nullement ponctuées. Elles sont testacées avec l'emplacement des taches du pulchellus plus clair , et une ta- che brune latérale , entre h s deux plus claires. Je suis tenté de croire que, dans des individus plus adultes, tout le fond des élytres serait aussi foncé que cette tache latérale. Les pattes sont très-pâles, le dessous du corps n'est noirâtre qu'au milieu.
Ces quatre espèces sont exactement de la même taille , les trois premières me paraissent devoir se suivre dans cet ordre : elegantidus , ephippiatus et pulchellus ; quant au concinnus , M. Dejean le place le dernier des Tachys, après le puUcarius^ sans doute à cause de la rugosité du corselet et des élytres qui ça foDt une espèce lout^H-fait àjpart.
48 TRAVAUX méoiTs. ^
Tachfs mtsetlus. — T. Minîmus , brunneus , tinieolorj thorace parum transverso, poslîce sinuato, anguHs posticis rec- tis, elylris, oblongo ovatis subparallelis, in di«co obsoletissime striatis , antennarum basi pedibus que testaceis. — Long. : 2, L. : 4/5 mill.
Cette très-petite espèce est delà taille da pulicarius, Dej.; mais sa forme applatie la rapproche davantage de Vinornalusy Say., qui est moitié plus grand. La lête est plus fortement im- pressionnée , le corselet est moins large proportionnellement , plus rétréci et sinué vers la base, ce qui le fait paraître un peu cordifonne. Il y a de chaque côté de la base une dépression tout auprès de l'angle postérieur, qui est droit : on n'aperçoit ni ligne médiale, ni impressions transversales qui sont au con- traire assez marquées dans Vinornatus. Les élytres sont pla- tes, peu brillantes , parallèles et allongées; elles sont lisses ; comme celles de Vinornatus, et on distingue à peine une ou deux stries obsolètes près de la suture, qui paraît un peu rous- sâtre vers l'extrémité. Les antennes sont d'un testacé obscur , plus clair à la base. Les pâtes sont testacées. La collection De- jean contient une espèce nouvelle intermédiaire entre l'mor- natus et le misellus^ c'est le piceolus, Rlug., de Porto-Rico , très-brillant en dessus, couleur de poix, à reflets irisés ; corse-' let de même forme que Vinornatus , mais, sans ligne médiale , ni impression transversale antérieure , la postérieure seule est sensible ; les élytres ont la même forme , elles sont tout aussi peu striées, les antennes et les pâtes sont d'un testacé clair.
Notaphus viridicoUis . — N. Supra obscure viridi œneus, tborace snbcordato , postice utrinque bistriato angulis posticis subacuminalis. Elytris oblongis profunde striato punctatis , maculis duobus lateralibus apice que testacis, punctis duobus imprcssis: antennarum basi pedibus-que testaceis, — Long- : 5 à 6. L : 2 mill.
Il est voisin du spretus^ Dej. , mais moitié plus grand; il est a peu p'ès de la même teinte , quoique les élylres soient plus cuivreuses et moins vertes. La têleet le corselet sont tout aussi verts. La lète est plus plaie et plus fortement impressionnée. J^es anlenaessonl brunes, avec la base plus claire. Les impres*
TRAVAUX tHÉDltS. 49
«îom'du corselet sont les mêmea. Mais celui du viridîcolHs paraît un peu moins court, plus cordiforme, et les angles pos« teneurs légèrement relevés et acuminés; les stries des élytres, moins profondes sur le disque, sont ponctuées bien distinctement jusqu'aux deux tiers avec deux points enfoncés sur le troi- sième intervalle. Il y a deux bandes ondulées testacées, placées latéralement. La première , au tiers de Télytre , est trè^ courte : elle ne'dépasse pas le sixième intervalle, compté à par- tir delà suture, et elle s'épanouit plus ou moins le long du bord latéral. La postérieure est une tache arrondie assez distincte, réunie à une grande tache plus pâle, qui occupe toute l'extré- mité des éljtres; tout le rebord inférieur des ély très est testacé ainsi que les pâtes ; le dessous du corps est d'un brun foncé presque noir.
La collection Dejean contient une autre espèce nouvelle de l'Amérique insulaire , sous le nom de fastidiosus , Dej.; elle est exactement de la même taille ; mais le corselet et la tête sont d'un brun à peine verdalre; le corselet est plus court, plus dilaté antérieurement. Les élytres sont plus profondément striées ; la bande antérieure est moins courte , elle atteint et couvre le cinquième intervalle, compté à partir de la suture ; la couleur des antennes et des pâtes est la même.
jinthaxia Praticola, — A. Nigro senea, supra opaca, subtus nitida. Thorace brevissimo, lateribus rotundato , convexius- culo, non nunquam bipunclato , elytris subparallelis , parum acuminatis, punctato substriatis. — Long. : 4^ 4 i/^» L.: en- viron 2 mill. '-'
La tête est presque noire , très-finement réticulée, sans le moindre brillant métallique ; le corselet est de même couleur, semblablement réticulé, entièrement mat, plus de deux fois aussi large que long , arrondi sur les côtés, rétréci vers la base avec les angles postérieurs un peu obtus ; il est légèrement bombé et uniformément convexe depuis un côté jusqu'à l'au- tre, sans dépression ni aplatissement latéral ; il y a seulement aumilieu du disque deux points enfonces peu apparens, le plus souvent obsolètes. L'écusson est triangulaire, nullement bril- lant. Les élytres sont cuivreuses, moins maies que le corselet , Rci>. Zonl, Février i84i. 4
à peu près parallèles avec rextrémilé peu acuminée; elles sont sensiblement marginees tout autour ; la dépression basilaire est large et bien marquée ; les épaules sont assez saillantes et forment unecôle élevée qui se prolonge obliquement jusqu'à la jiibitié des élytres ; on dislingue deux impressions ou larges pb i il ts enfoncés, le premier à l'extrémité delà côte, le second un jieiî pliis loin et plus près de la suture. Le fond est couvert d'une ponctuation distincte et régulière qui forme des es- pèces de stries ondulées plus ou moins parallèles à la côte hu- àièrailé ; le dessous dû côrjps et les pâtes sont d'une couleur bronzée Ussêz brillante.
Les espèces les plus voisines par la taillé sont VA. bannatica, Dej. 1 et lu funeralis Illiger ; mais l'une et l'autre sont con- stamment cuivreuseacn dessus; elles ont le corselet moins large avec les bords légèrement relevés , et les élytres ne sont ni pbnctuées ni impressionnées; de même \à praticola serait plus iacile à confondre avec quelques individus très-petits de la guadri-punctaia, qui est assez terne et quelquefois ponctuée sur lés élytres; mais la comparaison des corselets, toujours qua- drl-ponctués dans l'une , à peine bi-ponctués dans l'autre , ^ suffira toujours pour les distinguer.
J'ai pris celte espèce précoce , en assez grande abandance , fe à mai, à une demi-lieue de Bordeaux, dans un pré humide , àii bord d'un ruisseau, elle se tenait immobile dans le calice de ïà tieur vulgairement appelée bouton-d'or,
NOTE sur le genre Lamprima , et description d'une nouvelle espèce , par M. L. Reiche.
Le genre Lamprima des auteurs, fondé sur le Letkriis aneus de Fabricius, a été l'objet d'un travail monographique par M. Mac-Leay . Cet auteur en décrit quatre espèces qui, avec une cinquième décrite par M. Boisduval dans le Voyage de \^j4droiabe , sous le nom de Lamp.fulgidà , Dupont , me pa- rnissint devoir être rriinirs en une seule, l'espèce typique.
Eu examinant les tar.ietéics dontiés par ces auteurs, on VOiVqn'il.s H. (onssttnl qii'in dété^j'èrés d If- r( nces de colora-^
tjoii, Oc jjuuciiuitiun plii^ ou 1UÔ16V mnrtjuée, de.taiHe^ di;
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tRAVAux mâï)iTs; fît
nombre plus ou moins grand des dents aux mandibules et des dentelures au côté externe des pâtes antérieures.
La coloration , variant du vert au bleu doré , la taille , la ponctuation plus ou moins marquée , ne constituent certaine- ment pas ce qu'on entend par caractère spécifique. Les dents des mandibules, dans un genre si voisin des Lucanes où ces organes éprouvent des modificalions si extraordinaires , le nombre des dentelures des pâtes antérieures , si sujet à varier par Tatropbie de quelques-unes , forment-ils aux yeux des entomologistes des caractères d'une valeur suffisante pour con- stituer des espèces ? je ne le crois pas et suis convaincu que, sous tant de noms différens, on n'a décrit qu'une seule espèce, le Lamprima cenea , Fab. , avec ses variétés, Lamp, aurata , Lalreille. L. Latreillei, Mac-Leay» L. fulgida, Dupont./*» pfgmœa , Mac-Leay ; espèce caractérisée principalement par l'appendice triangulaire articulé à la base du tarse des pales antérieures dans le mâle.
La' forme de cet organe est considérée à tort comme un ca- ractère générique par Latreille et Mac-Leay : il ne constitue ^ en effet , qu'un caractère spécifique.
La seconde espèce , dont je donne ici la description suc- cincte , se distingue principalement de la précédente par la forme de Tappendice précité qui est une épine aplatie et aiguë et non en triangle presque équilatéral : je l'ai dédiée à M. Mi- tard , qui a enricbi ma collection de plusieurs belles espèces d'Italie.
Lamprima Micardi , Reicbe. — TEneus , cupreo nitens y an- tennis, palpis , tarsisque brunneis ; mandibulis exsertis, re- curvatis , apice truncalis , truncatura emarginata , inlus uni— dentatis, ferrugineo birlis ; clypeo creberrime punctato; tho- race profunde punctato , punctis valde distantibus , linea mediana vix distincta ; elytris acute punctatis ; tibiis anticîs seplem acute-dentatis , appendice termiaale spiniforme. — Long. : 20 à 23. L. : 7 1/2 8 railU — Hab. in Australasiai versus fluviuna Cygnorura,
ît AÎVAtYSËB B^ÔIJVÏVAGES MOllVEAUX.
G£Sff£RA ET Sï'ECIES STAFHYX.INOïiUM iusectofUltl ^ coleopterorum ^ aiictore F. Erichson, Berolinî, 1859-1840, ^^ I vol. in-S^degôo p., avec 5 pi. au Irait.
■ Tel est le titre d'un ouvrage qui a été publié en deux par- ties, de 1889 à 1840, et dont la seconde vient seulement de nous être communiquée ; ce qui nous a empêché d'en rendre compte plus tôt.
Cet ouvrage, désiréjdepuis long-temps par ceux qui s'occupent spécialement de coléoptères , traite d'une des familles les plus difficiles à étudier dans cet ordre d'insectes, à cause du grand nombre d'espèces presque microscopiques qu'elle renferme. Aussi fallait-il joindre, comme l'auteur, une patience à toute «preuve à une grande finesse d'observation, pour oser l'entre- prendre et le conduire à bonne fin. A la vérité, la route lui avait ^éjà été frayée par plusieurs entomologistes distingués, tels X|ue Paykul {Mjonographia Staphylinorum Suecica^ 1800), Gravenborst (AfuAîo^. Micropierorum ^ 1806), Mannerheinj {Précis d'un nouvel ^Arrangement de la Ftimille des Braché- lyjtresf i83o), et Nordmann (J/m^o/a ad Monographiam Sta- phylinorum^ 1837). Mais aucun de ces auteurs ne possédait assez d'espèces pour fonder une classification qui pût s'appli- quer à tous les Staphylins que l'on connaît aujourd'hui ; il existait donc, à cet égard, une lacune que M. Erichson s'est jihargé de combler. Mais avant de se mettre à l'œuvre , il a senti qu'il devait réunir le plus d'élémens possibles; il a fait en conséquence un appel aux collections qu'il savait être les plus riches en Brachélytres, et l'on s'est empressé d'y répondre, s?i- chant bien d'avance tout le parti qu'il saurait tirer des maté- riaux misa sa disposition (i). Ainsi, ce profond entomologiste, tout en profitant des travaux de ses devanciers , a pu opérer sur une base plus large, tt présenter une méthode plus com-
f (4) Les entomologistes qu'il cite coninie lui ayant été du phis grand secours, sont MMi Geimar,) Schuppel, Aubé|, Chevrolat, Géfié et Westerinann.
ANALYSÉS d'ouvrages NOUVEAUX. 525
plèle et plus naturelle que toules celles qui roiit précédée. Nous allons en donner une analyse succincte; mais, auparavant, nous avons à parler de Tintroduclion.
Daus le premier chapitre intitulé : de charactere nalurali, l'auteur explique pourquoi il a intitulé son ouvrage Gênera et Species Stnphylinorum , et n'a pas conservé à cette famille la dénomination de Brachélytres que lui'avait donnée Latreille, ou bien celle de Microptères, que lui avait imposée Graven- liorst. Ses motifs sont que la brièveté des élylres, exprimée par Tune ou Tautre de ces dénominations, n*est pas un caractère qui lui soit propre, puisqu'il existe également dans beaucoup d'autres genres qui nefont pas partie des Bracliélytres,lcl s que les genres Sylpha^Hîster^Nitidiila^MolorchuSy Atractocerus^Pse- /ûî/jAûjCtc.Ceci est rigoureusement exact, surtout pour les genres Molorchus et Alractocerus ; mais si Ton appliquait cette sévé- rité de principes à tous les noms de familles, tribus et genres qui ont une signification, il en est bien peu qui pourraient être conservés. Au reste, M. Erichson , en supprimant le nom de Brachélflres, aurait du le remplacer par un autre qui piit fi- gurer dans la classification générale des Coléoptères , et c'est ce qu'il n'a pas fait. Dans cet état de choses, nous pensons que le nom deBrachélytreSj adopté par tous les entomologistes fran- çais, doit continuer de subsister.
Dans le second chapitre, l'auteur examine l'affinité que cer- tains genres de cette famille ont avec les Psélaphiens, les Sylphes, les Scapbidies, les Histers, les Nitidules et même les Cucujes.
Le troisième chapitre a pour objet l'organisation extérieure des Slaphyliniensy considérée dans chaque genre. Nous ne fe- ^ rons qu'une observation sur ce chapitre. L'auteur en parlant des mâchoires {maxillœ), dit que leurs deux joues sont dis- tinctes (ma/a utraque distinctd) ^ sans autre explication. Nous avouons que nous avons été long-temps à comprendre ce qu'il voulait dire par-là , car nous concevons bien des jouejs en de- hors des mâchoires , mais non des mâchoires composées de joues. Or, après avoir comparé attentivement ce qu'il dit de l'organisa t jow çlç cette partie de la bpuche avec la figure «ju'il
5$ ANALYSES d'ouvrages NOUVEAUX,
en donne, nous avons reconnu que le mot mala devait se tra«» âuire ici par lobe ou portion. En effet, chaque mâchoire se com- pose de deux parties entées Tune sur l'autre , et plus ou moins dfistinctes : M. Erichson appelle celle qui tient à la tête par sa Basé , mala interior , et celle qui surmonte la première, mala exterior : celle-ci varie beaucoup pour la forme et ressemble quelquefois à un palpe. Du reste, sa terminologie s'accorde avec celle des autres auteurs.
Le quatrième chapitre traite de l'organisation intérieure ou <âe l'anatomie tout ce qu'il renferme est extrait des travaux de MM. Léon Dufour et Rhamdhor.
Le cinquième chapitre intitulé : de Metamorphosi , consi- dère la larve des Staphjlins depuis sa sertie de l'œuf jusqu'à l'état parfait. L'auteur fait connaître en quoi elle s'éloigne de celles des Carabes et des Dytiques , et en quoi elle se rap- proche de celles des Sylphes^et des Histers. Ce qu'il dit à ce sujet est moins le fruit de ses propres observations que de celles des auteurs qu'il a consultés, et parmi lesquels il cite : Mill- ier, Paykul, Gravenhorst, Bouché, Heer, Blanchard, Katze- bourg et Waterhouse.
Dans le sixième chapitre intitulé : de Fictu^ l'auteur passe en revue les divers genres de vie et de nourriture des Staphy- lins. Ce chapitre ne renferme que des faits déjà connus; mais il n'en est pas de même du septième, qui a pour titre : de Dis- tributione geographica : celui-ci contient des aperçus nou- veaux et propres à l'auteur. Malheureusement, ils ne sont pas susceptibles d'analyse , et le défaut d'espace ne nous permet pas de les citer en entier.
EnBn, dans le huitième et dernier chapitre, l'auteur expose le plan de sa méthode, après avoir fait connaître l'insuffisance de celles de ses prédécesseurs. M. Erichson, dans son ouvrage, décrit 1,557 espèces, qu'il répartit dans 1 1 tribus et dans 1 13 genres. Les caractères de ces divisions sont d'abord présentés d'après la méthode Dichotomique , dans douze tableaux sy- noptiques , et ensuite avec plus, de développement en tête de chaque tribu et de chaque genre. Cette partie de l'ouvrage n'étant pas susceptible d'être réduite , pous nous borpeyoqSjj
AntenosB.
ANAtYSEâ d'ouvrages NOUVEAUX. 55
pour en donner une idée, à transcrire ci-après les caractères qui servent à distinguer les onze tribus :
Div. prima, Stigmata prothoracica conapicua.
In facie ad oculoruin margi-
nem interiorem insertîe. ISub frontis margine laterali
inserlœ. In fronlis margine anteriore iuseriœ. Div. secunda, stigmata prothoracica occulta
A Coxae posticae conicœ. Prolhorax spatio ponccoxas anticas mem-
braneo. Prolhorax spatio pone coxas anticas cor- née. Antennae sub frontis margine la- terali inserlae. Prolhorax spatio pone coxas anticas cor- neo. Aniennae in fronte insertœ. B. .Coxae posticae transvers*. Trochantcresposlicisimplices.CoxaBauticae
conicae prominentes. Tfochanlercs postici simplices. Coxae an-
ticae globosae, Laud prominentes. Trochautercs postici fulcraules. Cox«p an-
ticac conicae exsertœ. Ocelli nulli. Troohauleres poslici fulcrantes. Coxae an-
ticae coiîicae, exserlae. Ocelli duo. Trochanteres postici fulcrantes.Coxae anti-
cœ, subcylindricae, haud exserlae.
1. Aleochçi^^nS»
2. TackyporinL
3. Siaphjlinlnù
4. Pœderini,
5. pinophiUn\'
6. SieininL
y. OxytelinL
8. PiesUnh
9. Phîœocharini
10. Omalini,
■■:-i''i
11. Proteinini,
On voit, par cet exposé, que M. Erichson a pris pour son point de départ les stigmates du Prothorax qui sont visibles, dit-il (conspicua), dans les trois premières tribus , et cachés (occulta) dans les huit autres (1). Mais il nous semble que pour
(1) Les stigmates dont il s'agit sont placés en dessous de la p«rlie latérale et inférieure du protborax , derrière les hanches antéiicmes.
^6 ANALYSES D*OUVRAGES NOUVEAUX,
éviter toute équivoque à Tégard de ces derniers, il aurait fallu dire par quoi ils sont cachés. Quant à ceux qui ne le sont pas, il faut une grande habitude de la loupe pour les apercevoir, même dans les espèces les plus grandes de la famille , telle par exemple que VOcypus olens. Qu'on juge d'après cela de la difficulté de les apercevoir dans les petites. C'est pourquoi nous devons regretter que l'auteur n'ait pas choisi un organe plus saillant pour établir ses premières divisions. Nous regret- tons également qu'il ait changé en ini la terminaison en ides^ précédemment adoptée pour les noms des tribus. Il en résulte que voilà deux noms pour exprimer la même chose. Ces chan- gemens que chaque auteur se permet dans la désinence des noms, sans autre but que de paraître neuf , ont l'inconvénient de surcharger le vocabulaire entomologique d'une foule de sy- nonymes , qui entravent l'étude de la science au lieu de la faciliter.
Quant aux caractères génériques, nous avons t^emarqué qu'ils sont principalement fondés sur les diverses parties de la bouche, c'est-à-dire sur des organes déjà si difficiles à observer dans des insectes de moyenne taille, et qui doivent l'être bien plus en- core dans des Coléoptères généralement aussi petits que ceux" dont il s'agit. Aussi, tout en admirant l'auteur d'avoir pu sur- monter cette difficulté, nous doutons fort que parmi les ento- mologistes qui s'empresseront d'adopter sa classification comme la plus complète, il y en ait beaucoup qui s'avisent d'en véri- fier les bases. Au reste, c'est par l'application seule qu'on peut juger si une méthode est bonne ; c'est-à-dire que c'est en clas- sant d'après elle sa collection, qu'on peut s'assurer si les genres en sont bien naturels et bien groupés entre eux. Or nous ne doutons pas que celles de M. Erichson ne sorte victorieuse de cette épreuve. Quant à nous , qui ne jugeons son ouvrage que théoriquement, nous déclarons, avec uneenlière conviction, que nous en avons trouvé le plan parfaitement ordonné, les carac- tères des tribus et des genres formulés d'une manière aussi con- cise que précise, et les descriptions des espèces rédigées avec la plus grande clarté.
Pour terminer cette analyse, nous ajouterons que les ciuq
ANALYSES D*0IJVRAGB8 NOtJVÏAnX. S-J
planches au trait qui accompagnent Touvrage sont gravées d'après les dessins de Tauleur, ce qùi'fet une garantie de l'exac- titude des figures grossies qu'elles représentent.
Suit la nomenclature des genres nouveaux créés par Tauteur, au nombre de 4i sur n3 , avec les noms des espèces qui leur servent de type : -^
Myrmidonia [Slaph, canaliculalus, Fab.). Ocalea(0. cas-" tanea , Erichs.). Tliackyusa (T. fconstricta, Er.). Phloeopora (Aleoch. reptans, Gra v. ). /fy^ronoma (Aleoch. dimidiala , Grav.). Peliusa (P. labiata^ £r.). Placusa (P. complanata f ^T,). Euryuaa (E. sinuata , Er.). Silusa (S. rubiginosa , Er.). Pronomœa (P. roslrata, Er.). Myllana (Aleoch. dubia, Grav.). Habrocerus ( Tachjp. capillariconis , Grav. ). Tricophyus (Aleoch. pilicornis, Gyll.). Tanj-gnathus(T. terminalis, Er.). Holisus (H, analis , Er.). Diochus (D. nanus, Er.). Scjtali-* nus (S. serpentinus, Er.). Leptacinus (L. brevicornis, Er.). Scariphœus (S. lividipennis, Er.). Pa/^cifnwMj (P. Sjkesii, Er. ). ^Mry/ïorws (Ocyporus picipes , Payk.). Scîmbalium (kc' tenium anale, Nordmann). »S'co/?œMj(Paederuslaevigalus, Gill.). Ophites (0. versalilis, Er.). J^c/iiW^er (E. longicoUis, E.). Palaminus (P. pilosus, 'Er.).OEdichirus (Oe. pœderinus; Er.). Olotrochus (H. volvulus , Er.). Phlœonœus (Oxytelus caelatus, Grav.). Apocellus (Lalhrobiuni sphœricolle, Say). Acrogna- thus (Omalium maiidibulare , Grav.). Deleaster (Anlhoph. di- crous, Grav.). Lispinus (L. alteuuatus, Er,). Isomalus (Is, humilis, Er. ). Hypotelus (H. pusillus , Er.). Arpediuni (Oma- lium quadrum, Grav.). 0 lophrum {Omn\. piceum, Gyll.). La- thryoneum (Sylpha melanocephala, Illig.)» Deliphrum {Staph, tectus, Payk.). GZ/yy/o/wa (G. Grassicorne, Er.). Caranises{G, Westermannii, Er.). (Duponchel.)
OBSERVATIONS on the Typblopone , etc. — Observations sur le genre Typblopone , avec descriptions de diverses es- pèces de Fourmis , par J. 0. Westwood. ( A finals or Ma- gazine ofnatural history y octobre i84o , n® 35. )
J'ai présenté , daus le v!^ de janvier ^ une notice «ur une
Sft SOGifiTéâ SAVANTES.
monographie des Dorylides , par M. Shuckard , que j*aî J jug4 utile de signaler aux entomologistes qui s*occupent spécia-». lement des Hyménoptères.
Je crois devoir faire connaître aux mêmes amateurs , tin opuscule de M. Westwood , qui combat une opinion conjec- turale de M. Shuckard , sur la classification et la nature du sexe d*un insecte, dont plusieurs espèces sont décrites dans la Monographie des Dorylides. Tout en faisant l'éloge du travail de M. Shuckard, M. Westwood ne peut consentir à admet- tre les motifs donnés pour considérer les Typhlopones comme les femelles des Labidus , et il entre dans de grands dévelop- pemens pour prouver que ces insectes sont les neutres d'un genre de la famille des Fourmis.
Tous deux établissent leurs raisonncmens sur des conjec- tures , et n'ont aucune preuve de Taccouplement ou des ha- bitudes de ces insectes exotiques. La connaissance de ces faits ne peut, en efifet, s'acquérir que sur les lieux où vivent ces in- sectes , par des observateurs habiles et patiens. Les travaux 4e ces deux auteurs 'ne peuvent donc être donnés et reçus que comme moyens d'études , que d'autres découvertes éclaire- ront davantage.
A l'appui de ces observations , M. Westwood donne la des- cription de différentes Fourmis, oii il trouve des caractères, qui suivant lui , justifient ses conjectures.
Une planche lithographiée par M. Westwood , très-exacte- ment faite, offre la figure et les détails de ces genres nouveaux, qu'il nomme Carebara , dont une espèce C- signala de Java; Solenopsis, également une espèce ; S, mandibularis , de l'Amérique équinoxiale ; et de trois espèces nouvelles de Ty^ phloponey'T.fulç'a, T. Shuckardii et T. Dahlbomii, toutes trois trouvées dans des banques de sucre. • (De R,)
Uï. SOCIÉTÉS SAVANTES.
Académie royale des sciences de Paris.
Séance du i" féi^rier i84i. — M. De Blaùmlle présente le 6* fascicule de sou Qstéographie, Ce fascicule comprend la
SOCliïls SAVANTES • Sg
description clu système osseux et du système dentaire de tou- tes'les espèces récentes et fossiles du genre Ours. L'auteur, en offrant son ouvrage k 1* Académie , en expose les conclusions générales,
M. Duméril lit un rapport favorable sur un Mémoire de M. Valenciennes , intitulé : Sur Vorgane électrique du Ma^ lapterure. Nous avons déjà donné une idée dtetie travail quand il a été lu à TAcadémie. '^^ «ailh a Â'>b
M. De Blaiwille lit un rapport sur un Mémoire de M. Ju- les de Christol intitulé : Recherches sur divers ossemens fossiles attribués par Cuvier à deux Phoques , au Lamantin et à deux espèces d^ Hippopotames , et rapportés au Metaxy- iherium , nouveau genre de Cétacés de la famille des Du~ gongs.
Ce rapport, qui est lui-même un Mémoire plein d'intérêt , est terminé par des conclusions très-favorables pour M. de Christol. Cependant comme il renferme quelques omissions scientifiques et quelques expressions yaei/ parlementaires ^ nous l'examinerons plus en détail dans un prochain numéro.
Séance du 8 féf^rier. -— M. Flourens lit de Nouvelles re-^ cherches concernant Vaction de la garance sur les os, Datii ce travail , qui forme le quatrième Mémoire sur ce sujet , M. Flourens examine comment les os se développent en lon- gueur. Il démontre que cet accroissement se fait par couches externes juxtaposées , ou par l'addition de nouvelles couches déposées à la surface externe des couches déjà formées.
Séance du i5 février, — M. Laurent commence la lecture d'un Mémoire ayant pour titre : Nouvelles recherches sur VHydre.
Séance du iT. février. — M. Laurent continue la lecture de son Mémoire sur VHjdre ; la suite de cet important travail sera lue à la prochaine séance. Nous attendrons qu'il soit^ ter- mié pour en donner une idée,
M. Valenciennes lit un Mémoire intitulé c Sur la cause de la coloration en vert de certaines Huîtres, Suivant l'auteur , qui dit avoir étudié les explications données jusqu'à ce jour 4e ce phénomène , la coloration des Huîtres vertes est due h
$9 SOClélés SAVANTES,
une mfltîèrc animale qui serait distincte de toutes les substances organiques vertes déjà étudiées. Il demande si cette couleur verte du canal intestinal et des branchies ne serait pas due à uq état particulier de la bile. Si cette explication est adoptée, on pourrait peut-être penser que cet état est purement maladif. Il faut espérer que Tidée de M. Valenciennes ne se propagera pas chez les gourmets , car ils ne voudraient peut-être plus manger des Huîtres vertes , qu'ils croiraient atteintes de la jaunisse, ^
Société ENtOMOLOGiQUE de France.
Séance du iS nouemhre i84o. — M. le Docteur Doumerc donne lecture d'un Mémoire intitulé : Notice sur les Cocons à pontes unisexuellipares de l'Aranéide Tliéridion triangulc- fir, Walck. Les observations* publiées jusqu'à présent sur le mode de génération des Araignées ne constatent l'existence que de cocons à pontes bisexuellipares , c'est-à-dire un seul cocon renfermant à la fois des œufs mâles et femelles , éclosant tous en même temps j M. Doumerc vient d'être témoin d'un fait de cocons à pontes unisexuellipares , fc'est-à-dire de deux cocons se'parés, l'un renfermant des œufs mâles et Tautre des œufs femelles , éclosant à des époques différentes. Yoici en quelques lignes l'exposé des observations de M. Doumerc. Vers la fin de décembre iSSg, il trouva bloti dans l'angle d'un vieux lambris , un individu femelle du Tliéridion trian- ^M/ï/cr, qui attendait là le printemps pour effectuer sa ponte j en effet l'abdomen de l'Aranéide était plus gros que dans son état ordinaire et devait contenir la matière laiteuse imprégnée du dernier accouplement de la saison. Ayant conservé ce Théri- dion , M. Doumerc remarqua , en effet , que l'abdomen ac- quérait un volume de plus en plus considérable, le i5 avril 1840, l'Araignée se construisit un réseau de fils tendus irré- gulièrement sur plusieurs plans différens ; le 23 , elle fit son premier cocon et y déposa une partie de ses œufs ; l'abdomen diminua sensiblement ; le 5 mai , les œufs éclorent et les petits examinés avec soin , furent tous reconnus pour des mâles ; le 10 mai , formation d'un nouveau cocon dans lequel elle déposa
Boctititéhykt^'iM: 6f
de nouveaux œufs , qui , ëclos le a4 > n« prëdenlérent que dei îûdîvidu» femelles ; rabdomeu , alors notablement amoindri j ëtait revenu à peu prfes à ses proportions naturelles. Le 1 6 juin M. Doumerc observa Taccouplement de l'Araignée mère aved l'un des^niâles provenant de la première couvée ; du 26 au 28 juin, celle-ci fila deux cocons et elle y déposa ses œufs ; les œufs de Tun de ces cocons, éclos le 27 juillet, n'offrirent pour résultat] que des individus tous femelles , tandis que le deuxième cocon , dont les œufs éclorent le 3i juillet, ne jpré- sentèrent que des individus tous mâles.
Séance du 16 décembre i84o. — M. Goureau donne lecture d'un Mémoire ayant pour litre : Note pour sentir à Vhistoire de VAtlelabus curculionoïdes. Dans ce Mémoire M. Goureau vient de compléter les détails que M. Pierre Hubert a publiés, en 1889, dans les Mémoires de la Soc, de phjsiq. et d*kist. natur, de Genève , t. VII , part. 2* , sur les mœurs de V^lte- labus'jcurculionoïdcs et de quelques autres insectes de genres voisins. -^17 Attelabus curculionoïdes se trouve au mois de mai, sur les feuilles de chêne dont il se nourrit, et qui servent également d'aliment à sa larve ; vers la fin de mai , il pond à l'extrémité d'une feuille de cbéne, et à l'aide d'opérations très- ingénieuses et décrites avec beaucoup desoins par M. Goureau : l'insecte ^)arviértt à former, avec la feuille de chêne, tin rouleau dans lequel son œuf est parfaitement enfermé ; au commence- ment de juin, la larve sort de l'œuf, elle ronge l'intérieur de la feuille et continue en grandissant à dévorer les tours in- térieurs du rouleau. M. Goureau a observé la larve pendant plusieurs mois, jusqu'en octobre, et il en donne la description dans son Mémoire ; mais jusqu'ici il n'a pu parvenir à étudier cet insecte à l'état de chrysalide. — Le Mémoire de M. Gou- reau est destiné à être imprimé dans les Annales de la Société entomologique.
Dans la même séance, la Société a procédé, pour la dixième fois depuis sa fondation, au renouvellement annuel des mem- bres de son bureau; ont été nommés pour l'année i84i :
Président : M. le baron Walckenaer. — p^ice-président : M. le Docteur Aube, — Secrétaire : M. E, Desmarest. — »y«-
6% MELANGES ET NOUVELLES.
crétaire'adjoint: M. Pierret. — Trésorier : M. Cb. Pîtoîs. — • Trésorier-adjoint : M. Reiche. — Archwiste : M. DuponcheU Séance du iS jant^ier i84i. — M. Pierret appelle rattention de la Société sur le fait suivant :
« Ayant reçu plusieurs individus d'un Lépidoptère du genre ^gratis publié par moi dans les Annales, sous le nom à^Agrotis Besillii ( et que M. Boisduval a reconnu depuis pour n'être qu'une variété de VAgr. ripœ) , je fus surpris d'observer chez un de ces individus , la présence d'un fil long de i pouce 1/2 à 2 pouces, de l'épaisseur d'un cheveu et d'une couleur argentée, qui sortait de l'abdomen , à l'instar de la tarière qui se déve- loppe à rextrémité de cet organe chez certains insectes. M. Bois- duval, qui était venu me voir ce jour-là, reconnut ce fil pour être un ver intestinal qui , après avoir vécu dans l'insecte vi- vant, avait fini par en percer le corps , et par en sortir dans presque toute sa longueur. M . Boisduval m'ayant exprimé le désir d'avoir en sa possession l'individu dont il s'agit , je m'em- pressai de le lui offrir. Ainsi ceux de nos confrères qui désire- raient l'examiner à leur tour, sauront qu'il repose maintenant dans la collection de M. Boisduval .
Au surplus, il n'est pas rare de constater la présence d'Ento- zoaires, ou de corps étrangers, dans les insectes, qu'ils soient la cause ou le résultat d'une maladie quelconque. Il est inutile de citer une foule d'exemples qui concordent avec le fait précité : je me contenterai de rappeler ce Lucanus cen>us opéré de la pierre par notre savant confrère M. le docteur '^ Aube , et qui a servi de texte à l'un des plus intéressans mémoires qui aient été écrits sur la physiologie entomologique» »
MÉLANGES ET NOUVELLES.
M. DopoNCHEL nous prie d'insérer la lettre suivante.
Monsieur et cher collègue. — J'ai lu votre article sur le
Gênera et Index methodicus ûg M. le docteur Boisduval. Je ne
viens pas combattre la doctrine que vous y professez , puisque
.j'en portage moi-même les principes, qui sont ceux du ce-»
ièbre Cuvier 5 maig je viens vqus exprimer mes regrets dejçe
mIlAÏÎÔES et NOtJTÊLlBS. '63
qii*ayant pour vous l'autorité de ce grand-maître , et de plus celle d'un naturaliste aussi distingué que iVI. Piolet de Genève, vous ayez cru devoir encore y ajouter la mienne, comme si elle pouvait être de quelques poids après celle de ces deux Doms. Je ne puis vous en vouloir de m'avoir mis en si illustre compagnie ; mais comme je n'ai pas la sotte vanité de m'y trouver à ma place, je ne veux pas, par mon silence, le laisser croire à ceux qui ne me connaissent pas persotineilement ; je vous prie donc de les désabuser en insérant cette lettre dans votre prochain numéro,
_^ fQae MM. les entomologistes soient bien persuadés que j'apprécie à leur juste valeur mes modestes travaux. Je ne me considère que comme un amateur, et n'ai pas la prétention d'être autre chose.
Agréez , etc. Ddponchel.
M. Gaudefroy , d'Amiens , nous adresse la note suivante pour être insérée dans la Revue Zoologique,
Il a été tué, en août i84o , à trois lieues d'Amiens , une Pie grièche à "poitrine rose {Lannio minor) ; comme cette es- pèce ne s'est jamais vue dans le pays , je crois intéresser les amateurs en les informant de celte capture. Je possède l'inJi-» yidu dans mon cabinet. De plus il vient d'être tué à Plain ville (Oise) un Loup et une Louye tous deux noirs. Le Loup a, à là poitrine, quelques marques blanches. La LouVe a une trace bien |)ronOncée de cette côùieur et Jes pâtes de derrière grises.. Les oreilles de ces Loups sont assEz longues , ce qui pourrait faire croire que ce sont les métis d'une chienne avec un loup. F. Cuvier dit que cette croisure n'est pas nouvelle , il en cite un exempte dans le Dictionnaire (Thistoire naturelle* Enfin en décembre i84o il a été pris un Bruant monlain {Emùeryza calcarata) qui vivait en société avec les Alauda arvensis.
On nous prie d'insérer l'annonce suivante;
Vers la fin de mars i84i , il sera vendu une Collection d'însectcs des Indes orientalr?, particulièrement de Ip çôle dç
éi kiunaté st nomuLiti,
Coromandel , des Gattei et du plateau des Neelgherrîes. CettU Collection^ renfermant environ i où 5)000 Insectes > est com- posée de plusieurs ordres et principalement de Coléoptères*
Les lots seront composés de toutes les espèces. On n'y mettra pas plus de trois individus de chacune d'elles.
Le prix des lo premiers choix sera de 20 à aS fr. le cent.
Les losuivans. 18 à 20 fr.
Les derniers de 12 à i5 ^
S'adresser (franco ) au bureau de la R6i>ue Zoologique,
Les ventes se feront au comptant.
ERRATA. — Il s'est glissé quelques fautes typographi- ques dans notre article sur le Gênera et Index methodicus Ew rofiœorum Lepidopterorum (1840 , p. 16 à 27). Voici les cor- rections que l'on doit faire :
Pag. 16 ligne 5, au lieu de Lyceis^ lisez Llcœi. id. 10, au lieu de r«^o«j, lisez rot'ionj.
id. 1 4, au lieu de géometra, lisez geometrœ,
id. 1 2, au lieu de ç - m — /i , lisez qui en.
24. g. 12, au lieu de etocclusa, lisez occlusa et fovea, id, i3, au lieu àefoi'eay lisez lucipara.
id. i5, au lieu de persicaria^ lisez persicariœ,
25, 33, au lieu de ignotce^ lisez cognitœ.
Dans le n» 5 de 1840, p. 187 et i38 , nous devons aussi signaler les fautes suivantes:
Page î3;, ligne 34» Elftris scabris rotundatis, lisez: elylris scabris, humeris rotundatis.
Page i36, ligne 3. Supra antennarum utrinque foveolatum^ medio inter antennarum, lisez .* Supra antennas utrinque Jb' çeolatum, medio in 1er antennas.
Page 1 38, ligne 16. Subseriatis rectinis, lisez: Subseriatis reclinatis.
Page i38, ligne 26. Angulis posticis rotundatis, lisez : An^ gulis posticis productls rotundatis.
Page i38, ligne 33. flaves-centi-pilosus , apice valde emàrgi- nalus^ lisez: Apice va/de emarginatus Jlaf^escenti-pilosus,
Nouveau membre admis dans la Société Cuvierienne.
218. M. NiEL , directeur des contributions indirectes, à Toulon, présenté par M, Mittre , D. M. chirurgien de la marine royale.
MARS 1841.
I. TRAVAUX INÉDITS.
BESCHIPTIOBT de quelques coquilles nouvelles , par M. H, MiTTRK , docteur médecin , chirurgien de la marine royale au port de Toulon.
Erycina FontenayL — E. Testa parvula, tenui , pellucida, transversa, subaequilatera, rufescente, inflata, transversim te- nuissime stria ta.
Jolie petite coquille bien distincte , mince et transparente , Lombée, subequilatérale, marquée de stries fines et transversa- les. Les dents cardinales sont inégales , divergentes , séparées par une fossette où s'insère un ligament petit et intérieur. L'une de ces dents se réunit avec la dent latérale et paraît bifid*». Les impressions musculaires et palléales sont difficiles à distinguer à cause de la transparence et de la fragilité du test. La couleur de la coquille est d'un violet rougeâtre, plus foncé sur les jeu- nes individus qu'à l'état adulte, où elle est comme transparenle et rosée. — Les plus grands individus ont de deux à trois lignes de largeur.
Celte Érycîne habite la rade de Toulon. Elle se tient cachée entre les feuillets des roches schisteuses qui bordent la partie de la côte comprise entre la Seyne et le fort de Ba- lagnicr.
Dédiée à M. de Fontenay, habile conchyliologiste de Tou- lon, qui le premier l'a découverte et qui a enrichi la science de plusieurs coquilles nouvelles et intéressantes vivant dans la rade ou aux environs de Toulon.
Succinea haliotidea. — S. testa ovato-oblonga, pellucida, lœvîgata, tenuissima, lutescente, transversim laeviter striata. Aperlura ingentissima, patente ; spira nulla vel minutîssima.
Corpore flavéscente,tentaculis oculisque nigris, pede grandi.
Ambrette remarquable par la finesse et la fragilité de son test , l'évasement de son ouverture qui constitue presque toute la coquille , et par l'absence ou l'excessive brièveté de sa spire- Rei', Zool Mars i84i. 5
66 TE A VAUX INÉDITS.
Elle ressemble assez exactèniènt , par sa forme , à la coquille de la Testacelle Ormier, seulement elle est un peu plus allongée, plus mince et plus profondément évasée. — Elle a beaucoup de rapport avec la Succinea tlgrina de Ferrussac, dont elle dif- fère cependant par sa couleur jaunâtre uniforme et par l'absence de taches brunes dont cette dernière espèce est ornée.
L'animal est d'une couleur jaune orangée, avec les tentacules et les yeux noirs, il est muni d'un large pied , occupant près - que en entier l'ouverture de la coquille.
Cette espèce , qui est longue de dix millimètres et large dé six, habite les environs de Fort-Royal (Martinique), où je l'ai rencontrée auprès des sources d'eau thermale qui se trouvent aux Pilons.
Auricula Micheli. — A. testa parvula, oVato-oblonga , lenui, diaphana , albido-flava , longiludinaliter vix slriata; «pira conica , apice acuto , anfraciibus seplem convexiusculis ; apertura longitudinali superne angustiore. — Columella bi- plicat'a , basi integerrima , labro simplici , acuto.
Petite coquille ovale-allongée, d'un blanc jaunâtre , légère et transparente j sa spire est conique, formée de sept tours ar- rondis et convexes, le dernier constituant les trois quarts envi- ron de la coquille; l'ouverture est longitudinale , allongée, plus étroite supérieurement, où les bords forment , par leur féunion , un angle très-aigu. Le bord droit est simple et tran- chant et la columelle, un peu calleuse, porte deux plis , dont le supérieur est plus saillant que l'inférieur qui est à peine marqué. La coquille entière paraît lisse à l'œil nu , mais examinée à la loupe , elle présente des stries fines et longitu- dinales. Les plus grands individus ont six à huit millimè- tres de longueur et trois de largeur.
Cette Auricule se trouve à Toulon , aux environs du fort Lamalgue et le long de la côte qui s'étend de la Seyne au fort l'Aiguillette. Elle vit profondément cachée entre les feuillets des roches schisteuses qui bordent ces deux points de la rade et qui ne sont baignées^que dans les hautes mers.
Dédiée à M. Miche!, conchyliologiste distingué qui habite Toulon.
TRAVAUX INÉDITS. 67
Auricula unlplicata. A. testa parvula , ovato-oblonga , solida,sdepe erosa, albo lutcsccnlc, longitudinalitcr tetiulssime striata ; spira brcvi , conica , anfraclibus 5^convexis ; apcrtiira subovali. Columella basi alba , imiplicala , labro simplici , in- crassato.
Petite coquille épaisse , ovale-allongée , souvent érodée , marquée de quelques stries fines et longitudinales; sa couleur est d'un blanc sale ou jaunâtre; la spire en est courte, conique,^ formée de 5 tours convexes et arrondis; le bord droit est sim- ple et épais, la columelle blanche à la base, est munie d'un pli unique et saillant. — 1 2 millim. de longueur et 4 de largeur;
Cette Auricule se rapproche , par sa forme , de YAuriculè
de Sa inl-Firmin (Payradeau) ; elle s'en distingue cependant
par sa taille constamment plus petite , par l'épaisseur de sdif
test et par le pli unique qu'elle porte à la base de la côluméllé.
Elle habite les environs de Saint-Louis , au Sénégal , ou elle a été découverte par mon frère G. Mittre , |)hartDàcien de la marine.
Auricula Jaumei. A. testa conoidea , laevi , cornéo-lules<^ cente , longitudinalitcr substriata ; spira brevi , oblusa , sœpe erosa ; apertura elongata , angustissîma ; columella basi alba , biplicata , labro tenui , acuto , intus denlato atque sulcalo.
Petite coquille mince , presque lisse , conoïde , d'une cou- leur jaunâtre cornée; chez les jeunes individus on voit des fascies brunes, transversales et régulièrement disposées. Sa spire est courte , obtuse , souvent érodée , comme chez la plu- part des coquilles fluviatiles ; l'ouverture est étroite, allongée : la columelle offre, vers sa base, deux dents blanches , égales et légèrement obliques; le bord droit, simple et tranchant, pré- sente, à l'intérieur, une rangée de plis saillans, inégaux, sé- parés par dessillons d'autant plus marqués qu^ils sont plus in- férieurs. — Cette Auricule appartient à la section des Conovu- les; elle est voisine de V Auricula cornea de Deshayes, dont elle diffère néanmoins par son bord droit constamment dente et sillonné. — Elle a 3 à 4 lignes de longueur.
Elle habite les marais, aux environs de Hampton en Virgi- nie, où elle vit presque toujours dans l'eau; rarement la
6^ TRAVAUX INÉDITS.
trouve-t-on montée sur les joncs qui comblent les mares d'eau où ces Mollusques abondent.
Dédiée à mon ami M. Jaume, chirurgien de la marine, qui, pendant mon voyage sur le vaisseau r Hercule , m'a accompa- gné et aidé dans mes recherches zoologiques.
Phjsa Ludoviciana . — Ph. testa sinistrorsa , oblonga , turrita , subperforala , tenuissima, squalide virescente, longi- tudinaliter striata; spira exserta, apice obtuso , quasi truncalo, anfraclibus 5 convexis, ultimo longiorej apertura ovato-oblon- ga, columella uniplicata , peristomate simplici, acuto, rubro margine cincto.
Cette Physe est remarquable par la forme allongée et turri- culée de sa coquille , comme contournée en pas de vis. Sa spire * est formée de 5 tours lisses et convexes , séparés les uns des autres par des sutures étroites et profondes. Elle est obtuse au sommet, quelquefois comme tronquée, plus courte que le der- nier tour qui est percé à la base d'un ombilic étroit. — La co- quille entière est d'un vert sale, transparente, striée en long; la columelle porte un pli saillant à la base ; le peristome est simple , aigu , bordé d'une ligne d'un rouge foncé. Elle a huit lignes de longueur.
Elle vit dans le bassin de sangsues de l'hôpital de Saint- Louis, au Sénégal, oii elle a été découverte par mon frère,
Phy^a Guerinii. — < Ph. testa sinistrorsa _, perforafa , ovato- oblonga, venlricosa , albido virescente, diaphana ; spira bre- viuscula, apice obtuso, anfractibus 5 convexis, ultimo spira longiore , apertura obliqua , columella flexuosa , labro tenui , yalde arcuato.
Habite le Levant. — Coquille remarquable par sa forme ir- régulière et comme contournée. — Elle est ovale-allongée, ven- true ; sa spire, courte et obtuse au sommet, est formée de cinq tours convexes, dont le dernier constitue les trois quarts de la coquille. L'ouverture est grande, ovale et légèrement obli- que , la columelle flexueuse , le bord droit mince , tranchant et fortement arqué. Toute la coquille est d'un blanc verdâtre, transparente et lisse au sommet, plus épaisse et 'un peu ru-
TRAVAUX INÉDITS, 69
gueuse à son dernier tour, avec quelques stries d'accroissemeut très-prononcées. — Longueur, 5 lignes environ.
Dédiée à M. Guerin-Méneville, fondateur de la Société Cu- vierienne, etc., etc.
Je terminerai cette petite notice par l'indication d'un fait qui vient de se présenter à mon observation, et qui doit servir à rectifier une erreur conchyliologique.
La Paludine de Desnoyers, décrite par M. Payraudeau, dans son Catalogue des Mollusques de la Corse (page n6, n*» 245), n'est rien moins que l'individu jeune du Truncatella trunca- tula de Risse. MM. Lowe et Deshayes ont émis les premiers des doutes sur l'existence réelle de cette espèce, qu'ils présu- maient èlre un état jeune de la Troncatelle. Cette présomp- tion doit être convertie en certitude. Nous trouvons à Toulon, auprès des mares d'eau salée , du côté de la première poudrière^ et profondément cachées sous les pierres, une grande quantité de ces Troncalelles, parmi lesquelles se trouvent quelques- unes de ces prétendues Paludines. Cette dernière , lorsqu'elle est assez développée, présente des caractères particuliers, et qui ont conduit M. Payraudeau à l'admettre comme espèce dis- tincte. En effet , la coquille est longue , operculée j son der- nier tour est anguleux , oflfrant dans son milieu une carène oblique et très-prononcée. Celte carène disparaît sur les indi- vidus adultes, dont le dernier tour est lisse et arrondi. Enfin , cette coquille est blanche, transparente et polie dans la Palu- dine de Payraudeau, tandis que celle delà Troncatelle est épaisse, raccourcie, jaunâtre, et presque toujours striée dans le sens longitudinal. Il est permis de s'en laisser imposer par des ca- ractères aussi nettement tranchés. Pour ma part , j'aurais partagé long-temps l'opinion de M, Payraudeau et admis sa Pa- ludine, si de nouvelles recherches ne m'avaient fait rencon- trer plusieurs Troncalelles adultes, entièrement développées, etdontlaspire, très-longue cl non tronquée, portail encore celle partie de la jeune coquilie que l'animal abandonne à mesure qu'il s'accroît et s'élève, et qui, privée de la matière orga- nique, se dessèche et tombeavecune extrême facilité , comme nous l'observons sur le Bulime décollé, *it«* «iv.
^ TRAVAUX INEDITS.
J'ai conservé quelques-unes de ces jeunes Troncatelles dans un vase rempli de terre, que j'avais le soin d'humecter, et j'en ai vu trois ou quatre achever leur entier développement dans l'espace de quinze à vingt jours.
La Paludine de Desnoyers doit donc disparaître de nos cata- logues, et n'être considérée que comme individu jeune du Truncatella truncatuîa,
DESCBLIPTIOBJ d'une V Urine nouvelle, par M. C. A. Reclus.
yitrina sigaretina , Reclus. — « Testa auriformi , convexo- « depressa , supra planulata , longîludinaliter striis tenuissimis « remolis impressa', pellucida, luteo-viridescente ; anfraclibus «t tribus, linea plana discretis ; spira retusissima , radiatim te- « nuiplicata ; apertura maxima , labio interiore excavato, acu- rt to , spiram internam attendente. »
Longueur 18, largeur i3 1 /2 , hauteur 8 millimètres»
Habite l'intérieur de l'Afrique , à Sédiou , sur les bords de la rivière de Cazamance.
Cette jolie coquille appartient au cabinet de M. Petit de la Saussaye , qui a bien voulu me permettre de la décrire : elle a été envoyée en France par M. Mion , capitaine d'infanterie employé au Sénégal.
MONOGRAPHIE DXS TÉRÉDUSS ,
' '• * ' par Maximilien Sfinola.
La monographie que j'ai entreprise aussitôt après avoir ac^ quîs les Térédiles de la collection Dejean, est un ouvrage de longue haleine. Il grossit tous les jours sous ma main, et je ne saurais fixer le jour où je le croirai digne de paraître. La re- présentation de chaque espèce et les détails qui doivent l'ac- compagner , prendront plus de temps que Iç texte, Aussi ne me suis-je occupé, jusqu'à présent, que des Clairones, dont je connais déjà plus de doux cent huit espèces. Les Xftotrogues les suivront de près, La petitesse de^ Ptiniores et des Longi'^ palpes m'effraie dès à présent. Ma vue est déjà bien mauvaise; les années qui viennent si vite ne l'amélioreront point. Dans
TRAVAUX INÉDITS. yi
tous les cas celte Qjnissioa aurait peu d'inconvénlens. Les quatre groupes établis par Latreille ont des caractères assez tranchés ttsont très rationnels, tandis que la famille des Térédiles est tout-à-fait arbitraire , car il est impossible de lui assigner un seul caractère qui lui soit exclusivement propre et qui soit commun à tous les genres qu'on y fait entrer. En attendant, voici le tableau synoptique des Clairones, L'observation de formes absolument nouvelles m'a imposé Ui formation de quelques coupes également nouvelles : il y en a douze. Celte multiplicité fera jeter les hauts cris aux prôneurs de ces ré- ductions qui sont censées rendre la science plus simple ou plus aisée, et qui certainement la rendent beaucoup plus courte. Elles ëcront également rejetées par le savant assez avancé dans sa marche pour ne pas se soucier de revenir sur ses pas, et par les très-jeunes gens que l'impatience de leur âge rend un peu trop pressés d'en savoir assez. Les vrais desservans de l'entomologie, ceux qui l'estiment au pair des autres branches de l'histoire naturelle, ceux qui l'aiment d'un amour de prédilection, ceux qui sont encore dans la ferveur de l'étude et du travail, juge- ront mon essai avec plus d'indulgence. Sans doute, ils y trou- veront beaucoup à changer et à corriger, mais leurs correc- tions mêmes serviront à prouver ce que j'ai dit ailleurs et ce que je répète ici avec la même assurance : Us j- tromperont bien plu* à ajouter qu^à retrancher,
CLAIRONES, Lat.
I. Yêux à réseaux échancrés. .iiMm» f>fl« l •>!> tîfiwmB înmh k. Échanciures oculaires placées au bord inférieur desyenx.
jé. Tarses postérieurs de cinq articles visibles dans tous les sens. I. Cl.Tilloïdes.
B. Tarses postérieurs n'ayant que quatre articles visibles.
II. Cl.Notoxoïdet.
B. Échancrure» oculaires placées aux bords internes des yeux vers
le milieu du front. III. Cl. Jchnoïdos,
II. Yeux entiers, ronds ou ovalaires. IV. €1, Hybrides,
I. Clairones tilloÏdes.
I. Anjtennes terminées en scie de quatre à neuf articles» A. léle fin carré long.
^ft TRAVAUX INÉDITSi
a. Labre caché sous l'épistoine ou chaperon, d. Cylidrus, Lat.
3 espèces ).
b. Labre découvert , large et échancré. 2. Denops, Steven. B. Tête arrondie ou ovalaire.
A. Dernier article des palpes maxillaires n'étant pas de la même forme que le dernier des labiaux.
a. Labre échancré.
4. Cuisses postérieures ne dépassant pas les élytres. ' Les deux premiers articles des^tarses plus étroits que les deux suivans. 3. Callitheres^ Déj.
(j espèce.) Les deux premiers articles des tarses aussi épais que les suivans.
4. Pallenis, Lap. (2 espèces.) 2. Cuisses postérieures dépassant l'extrémité postérieure des ély- tres. 5. Perilypus^ Spin.
(i esp. de Californie.) l. Labre entier. 4. Dernier article des tarses postérieurs plus court que les quatre autres pris ensemble. 6. Tillus^ Fab.
(9 espèces.) 2. Dernier article des tarses postérieurs aussi long et même plus long que les quatre autres pris ensemble. 7. Priocera, Kirby.
(4 espèces.)
B. Dernier article des palpes maxillaires étant de la même forme que le dernier des labiaux. 8. Axina^ Kirby.
(2 espèces.) n. Antennes filiformes ou moniliformes , grossissant insensiblement vers Tex (rémité.
A. Cuisses postérieures ne dépassant pas le bord postérieur du troi- sième anneau de l'abdomen. 9. Xylobius, Guér.
(2 esp. de Madag.)
B. Cuisses postérieures atteignant au moins l'extrémité de l'abdomen.
a. Prothorax brusquement rétréci en arrière. 40. Systenoderes, Sp.
(4 esp. du Mexique.)
b. Prothorax cylindrique etj aussi large que long. Dos presque Ij^carré. 41. Colyphus^ Dup.
(5 esp. de Californie.)
c. Prothorax cylindrique, notablement plus long que large, dos en parallélogramme allongé. 42. Cymatodera, Hope.
(44 esp. de l'Am.) m. Antennes terminées par une massue de trois articles.
43. Xilotretus, Guér, (3 esp. de l'Australie,)
I
TRAVAUX INÉDItS. ^3
II. Glairones NOTOXOÏDES.
I. Antennes terminées en scie de quatre à neuf articles.
A. Dernier article des palpes maxillaires n'étant pas de la même forme que le dernier des labiaux.
A. Côtés du corps parallèles. Yeux et base des élytres ne faisant aucune saillie latérale. Frothorax sans rétrécissement appa- rent. 14. Tenertts^ Lap.
(7 espèces.)
B. Côtés du corps sinueux. Yeux et base des élytres saillant des deux côtés. Frothorax brusquement rétréci en arrière.
15. Tillicera, Spin. (Clerus Javanus^ Dey)
B. Dernier art. des palpes maxill. étant de la même forme que le der- nier des labiaux, en triangle large et renversé. 46. Serriger, Spin.
(1 esp. du Mexique.)
II. Antennes filiformes ou monilif ormes , grossissant insensiblement . , vers leur extrémité.
À. Dernier article des palpes maxillaires n'étant pas de la même forme que le dernier des labiaux.
A. Dernier article des antennes plus long que les deux précédens pris ensemble.
a. Cuisses postérieures plus longues que les élytres.
1. Tarses postérieurs minces et comprimés. 17. Omadius, Lap.
(3 espèces.)
2. Tarses postérieurs larges et déprimés. 18. Stigmatium^ Gray.
(1 espèce.) h. Cuisses postérieures n'étant pas plus longues que les élytres.
ly. Phloiocopus ^ Guér. (2 espèces.)
B. Dernier article des antennes n'étant pas aussi long que les deux précédens pris ensemble.
a. Dernier article des tarses postérieurs plus long que tous les précédens pris ensemble. 20. Thaneroderus, Lef.
(2 espèces.) h. Dernier article des tarses postérieurs n^étant guère plus long que chacun des précédens. 21. Thanasimus, Lat.
(5 ou 6 espèces.) B. Dernier article des palpes maxillaires étant de la même forme que le dernier des labiaux.
A. Appendices membraneux du pénultième article de tous les tarses entier et arrondi. 22. Trogodendron., Guér.
(2ou3esp. delaN.-Hol.)
|4 TRAVAUX INÉDITS.
B. Appendices membraneux du pénultième article de tous les tarses profondément bifide et bilobé. 23. Notoxus^ Fab.
(15 espèces.) III. Antennes terminées par une massue de trois articles aplatis et dilatés.
A. Massue antennaire pjus courte que les articles 2-8 pris ensemble. 4f Élytres parallèles. (ta. Dernier article des palpes labiaux Irès-dilaté et sécuriforme.
1. Dernier article des antennes plus long que les deux précédens pris ensemble. 24. Aulicus, Spin.
a esp. de l'Am. mér.)
2. Dernier article des antennes à peine un peu plus long que chacun des deux précédens.
t Dernier article de la massue antennaire coupé en ligne droite à son extrémité et échancré au côté interne. 25. Scrobîger., Sp.
(1 esp. N.-Hol.) tt Dernier article de la massue antennaire arrondi et ovalaire.
* Cuisses postérieures dépassant de beaucoup Textrémité des aifi'V élytres. 26» Olesterus, Spin»
(1 esp. de la N.-IIol.) Ëuo' ** Cuisses postérieures atteignant à peine l'extrémité de l'ab- domen. 27. Clerus, Fab.
(28 espèces.) b. Dernier article des palpes labiaux en triangle renversé, presque
équilatéral. i. Côtés du triangle en arcs de cercle, 28. Eburîphora^ Spin.
(1 esp. de Manille.) 2. Côtés du triangle rectilignes.
t Dernier article des palpes maxillaires mince et cylindri- que. 29. Ylotis, Spin.
(1 esp. de la N.-Hol.) tt Dernier article des palpes maxillaires en Iriangl* renversé, ^beaucoup plus petit que le dernier des labiaux.
* Dernier article des antennes anguleux et tronqué.
30. Trichodes, Fab. (22 espèces.) ** Dernier article des antennes arrondi. SI. Zenithicola^ Sp.
(1 esp.de la N.-Hol.) ttt Dernier article dejs palpes maxillaires en triangle renversé égal au dernier des labiaux.
* Articles 2-8 des antennes moniliforrae^. 32. Corynetes^ Çab.
7 espèces.) ** ^r^cles 2-8 des antennes filiformes.
TRAVAUX INÉDITS. 76
0. Labre entier ou Irès-faibl. échancré. 33. Natalis, lap.
(2esp. delaN.-Hol.) 00. Labre profondément échancré. 34. PlatycUrus, Spin.
(1 esp. deMadag.) c. Dernier article des palpes labiaux mince etsubcylindrique comnie le dernier des maxillaire^/' ^**'*«*'* 35. Necrobia, Latr.
(2 espèces.) B. Ëlytres échancrées latéralement et dilatées à rextrémité.
36. Erymanthus^ Klug. (1 espèce du Cap.) B. Massne antennaire Tisiblement plus longue que les articles 2-8 pris ensemble.
A. Éiylres parallèles.
a. Antennes de 11 articles, 37. Enoplium^ Fab.
(â4 espèces.) 6. Antennes de 9 articles. 38, Apolopha , Spin.
(1 espèce.)
B. Élytres dilatées en arrière.
a. Articles intermédiaires des antennes ronds ou ovales, toujours bien distincts. 39. Chariessa^ Perty.
(3 esp, de l'Amer, mér.)
b. Articles intermédiaires des antennes courts, aplatis, transver- saux et souvent peu distincts. 40. Flatynoptera, Ghevr.
(4 espèces.)
III. Clairones ichnoïdes.
L Élytres parallèles. 41. Epiphlœus, Dej.
U. Ëlytres dilatées. (7 espèces.)
A. Massue antennaire dç 3 articles.
A. Tarses postérieurs larges et épais. 42. Pyticara^ Dup» ^y^
(1 espèce.)
B. Tarses postérieurs minces et comprimés. 43. Ichnea^ Lap,
<6 espèces.)
B. Massue antennaire d'un seul article. 44. Monophylla, Spin.*
(1 espèce.) (1) -
IV. Clairones hybrides.
I. Antennes terminées par une massue étroite, allongée, de trois arti- cles bien distincts. Labre large et notablement échancré.
45. Lemidia, Spin. (lesp.de laN.-Hol.)
(i) VEnopliummegatoma, Déj. cat.
j^ ANALYSES d'ouvrages NOUVEAUX.
II. Antennes terminées par une massue étroite, courte , presque sphé- rique, à articles très-peu distincts, le dernier très-petit. Labre entier et arrondi. 46. Hydnocera, Newm.
(44 esp. d'Amer.) m. Ant. grossissant insensiblement vers l'extrém. 47. E venus, Lap.
(1 espèce.)
II. ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX.
FAX.ÉOIO'TOZ.OGIE FRANÇAISE. Description zoologiquc et géologique de tous les animaux Mollusques et Rayonnes fossiles de France , par M. Alcide d'ORBiGNY, avec des fi- gures de toutes les espèces, lithographiées d'après nature, par M. Delarue, (Livrais, i à i6 Paris, chez l'auteur, rue Louis-le-Grand , 5, et chez Arthus Bertrand, libraire à Paris, rue Hautefeuille ,23.)
Ce bel et intéressant ouvrage étant arrivé à sa seizième livraison , présente déjà un ensemble qui permet d'apprécier son but d'utilité et son exécution consciencieuse; nous croyons donc devoir donner aujourd'hui un court aperçu de ce qui a paru.
Dans beaucoup de cas , la nature des roches n'ofltrant que des caractères insufTisans pour arriver à une détermination exacte de l'époque géologique des terrains , il devient indis- pensable de recourir à l'observation des fossiles pour cette re- connaissance. Quelques géologues ont- cherché à jeter des doutes sur la répartition des êtres au sein des couches terres- tres, mais, s'ils ont eu quelque incertitude, elle ne provenait que d'une observation superficielle des espèces et non de leur répartition même , qui , au contraire , paraît être soumise à des lois rigoureuses et invariables. On pourra donc sans crainte l'appliquer en toute circonstance à la reconnaissance positive des terrains , et ainsi quelques fossiles d'une localité pourront toujours , à la première vue , déceler l'âge des couches aux- quelles ils appartienncînt , relativement à l'ensemble de la géologie.
Cette vérité bien sentie, il restait à l'appliquer : l'Angle- terre , r Allemagne , la Suède , la Russie ont à cet effet des
ANALYSES D OUVRAGES NOUVEAUX. 'J'J
publications spéciales sur les fossiles de leur territoire. Mais la France , plus riche encore en ce genre , la France pourtant n'a jusqu'à présent aucun ouvrage spécial à son sol , et indcpen- damnieiit de l'insuffisance des ouvrages étrangers pour déler— miner ses fossiles, dont beaucoup sont différens , le prix élevé de ces recueils ne permet qu'à peu de personnes de se les procurer , il s'en suit que l'étude de la géologie se trouve constamment entravée en France et que cette belle science , qui nous décèle l'histoire de notre planète , ne se propage que lentement dans les villes éloignées des capitales. L'ouvrage de M. Alcide d'Orbigny en comblant entièrement celle lacune de la science , permettra à nos compatriotes de faire une application immédiate des caractères zoologiques des fos- siles à la détermination des terrains.
M. d'Orbigny publie son ouvrage par terrains , formant des faunes spéciales et indépendantes. Il a commencé par les terrains crétacés si développés sur notre sol et les moins con- nus , il suit l'ordre méthodique du composé au simple , com- mence par les Mollusques et continuera par les Échinodermes et les Polypiers, Chaque classe et chaque division secondaire aura d'abord les caractères zoologiques , et sera terminée par un résumé de distribution géologique des espèces, donnant l'application immédiate.
Dans les premières livraisons , après une introduction sur la marche de l'ouvrage , sur la manière dont il veut envisager les choses , il arrive aux Céphalopodes, donne des considé- rations générales sur leur disposition au sein des couches et leur distribution actuelle au sein des mers. Il indique leur classification.
Avant de décrire les Bélemnites fossiles il entre dans des considérations curieuses sur la comparaison de ce singulier fossile avec les autres Céphalopodes connus; il cherche, d'après les restes qu'on en connaît, à le rétablir zoologiquement, afin de le bien définir et de faire cesser toute incertitude sur sa véritable place dans la série des êtres. L'auteur revoit toutes les espèces, d'une manière sévère et avec un talent acquis par une longue habitude d'observations des Mollusques jjl réduit
,8
considérablement le nombre de celles qui sont purement no- minales; et, en résumé, donne sept Bélemnites des terrains néocomieus , une du gault, une du grès vert et deux des craies blanches.
Dans son résumé géologique , M. d'Orbigny trouve que « les Bélemnites des terrains néocomiens présentent deux ca- ractères constans et propres à cette époque des terrains crétacés. Le premier consiste dans les deux sillons latéraux qu'il a décrits dans les Bélemnites dilatatus- , Bel. bipartitus , Bel. bicdnali' culatus et Bel. sulfusiformis , caractère qui servira toujours à distinguer, parmi les Bélemnites de formes lancéolées , celles des terrains crétacés , des espèces propres aux couches supé- rieures des terrains oolitiques où les sillons n*existent pas. Le second caractère consiste dans la compression latérale de cer- taines espèces ( 5e/emmVe5 dilatatus . Bel. latus) compression existât! f seulement danâ ces espèces des terrains néocomiens. Les Bélemnites du gault ont encore les sillons latéraux des es- pèces néocomiennes , comme on peut le voir dans le Bel» minimus , ainsi cette forme se continue dans Tétage supérieur aux terrains néocomiens. Les Bélemnites de la craie supérieure toutes pourvues d'une scissure antérieure , constituent son sous-genre Bélemnitelle , se distinguant par ce caractère des Bélemnites des autres terrains , on voit aussi que les Bé- lemnites ont successivement changé de formes et de carac- tères dans les différentes couches. »
u En résumé, 1° lesBélemnites comprimes sont propres seu- lement aux terrains néocomiens.
» 20 Les Bélemnites sillonnées latéralement ne se sont trou- vées jusqu'ici que dans les terrains néocomiens etdans le gault.
3° Les Bélemnitelles ou Bélemnites à fissure antérieure sont spéciales à la craie supérieure ou craies blanches. »
Ainsi avec quelques Bélemnites des terrains crétacés le géo- logue pourra toujours reconnaître les diverses époques de ce terrain.
Commence ensuite le deuxième ordre des Céphalopodes, comprenant toutes les espèces de Nautilidées et d'Ammoniti- dées ; quelques généralités précèdent encore les spécialités ,
ANALYSES d'oUVRAGES NOUVEAUX. 9§
puis M. d'Orbîgnj décrit et donne en quinze platichcs de belles figures , trois espèces des terrains néocomietis , deux du gault j et fieufdes craies chloritces.
Le résume géologique du genre Nautile n'est pas moins in- téressant que celui des Bélemnltes. Les Nautiles sont répartis d'une manière tranchée au sein des couches. Les marnes et les calcaires inférieurs du terrain néocomien contiennent le N. pseudo-elegans , de là aucun Nautile jusqu'aux étages moyens supérieurs du même terrain où commence à paraître le N. Neocomiensis , et dans les marnes supérieures le N, Requienianus. Ainsi dans le terrain néocomien , le N, pseado* eleganê caractérise les couches inférieures, \e N. Neocomiensis fait reconnaître les couches moyennes et le N, Requienianus les étages supérieurs.
Le gault est caractérisé par les Nautilus BouchardiériUs ti Clementinus.
Les craies chloritées sont parfaitement distinguées par neuf espèces.
Envisageant les Nautiles sous le rapport des formes et des caractères zoologiques qu'ils présentent ^ comparés aux cou- ches des terrains auxquels ils appartiennent , M. d'Orbigny trouve qu'un caractère tranché pourra faire distinguer les es- pèces des terrains jurassiques de celles des terrains crétacés , c'est qu'aucun Nautile des terrains oolitiques n'a de sillons transverses profonds , tandis que dans les terrains crétacés , il en connaît six espèces qui en sont pourvues , les iV. elegans , radiatus , DesLongchampianus , paeudo-elegans , neocomiensis et Requienianus ; ainsi dès qu'on trouvera des côtes ou des sillons transverses dans un Nautile, on pourra être presque cer- tain qu'il appartient aux terrains crétacés , cette forme ne s'é- lant jamais rencontrée dans les terrains jurassiques.
Dans la famille des Ammonidées M. d'Orbigny réunit toutes les espèces à cloisons sinueuses et à siphon dorsal , il donne quelques généralités sur leur distribution générale au sein des couches terrestres , sur leur succession remarquable et leur remplacemenlsuccessif des terrains inférieurs aux supérieurs. Il arrive aux Ammonites proprement dites, annonce qu'il ad-
8o ANALYSES D*0UV1UGES NOUVEAUX.
met en tout la terminologie et Tapplication des formes des Ammonites publiées par M. de Buch. Il entre dans quelques détails à cet égard et commence ensuite la description des espèces
Jusqu'à la seizième livraison trente- huit planches représen- tent soixante'huit espèces d'Ammonites des terrains néoco- miens. Ce nombre prodigieux d'espèces paraîtra d'autant plus ex- traordinaire que jusqu'alors une seule espèce, VA. asper, Méreon (^/w. radiatus, Bruguiere) avait été indiquée dans ce terrain. Cela fait juger par avance des résultats nouveaux que nous de- vons attendre de cette publication , puisque dans un terrain où l'on ne connaissait qu'une seule espèce , l'auteur en a déjà figuré un aussi grand nombre.
Sous le rapport de l'exécution nous remarquons encore que M. d'Orbigny a introduit une grande perfection dans la re- présentation d'un caractère des plus important et des plus négligé par les auteurs ; nous voulons parler des lobes et des selles qui constituent les cloisons des Ammonites. M. de Buch a le premier insisté sur l'application heureuse de ce caractère , mais jusqu'à présent , à l'exception de M. de Buch lui-même, personne n'avait cherché à approfondir ces caractères; il est vrai que pour y parvenir , il fallait que l'auteur lui-même voulût bien étudier et dessiner ces détails ; c'est un travail pénible devant lequel M. d'Orbigny n'a pas reculé, et que son talent de dessinateur habile lui a permis d'exéeuter avec la plus heu- reuse perfection.
Voilà ce qui a rapport à la science dans les livraisons parues de la Paléontologie française , disons aussi que la partie ico- nographique est en tous points digne de cette brillante publi- cation. En effet, M. J. Delarue, dessinateur d'histoire naturelle, déjà bien connu par sa coopération à plusieurs ouvrages scien- tifiques, a mis tout son talent à bien rendre les formes si di- verses de ces coquilles fossiles et il les a lithographiées d'après la nature avec la plus grande pureté.
En définitive la Paléontologie française mérite l'accueil dis- tingué que lui ont fait tous les naturalistes qui s'occupent de
ANALYSES D*OUVRAGES NOUVEAUX. -Si
zoologie el de géologie. C'esl un ouvrage qui se recommande de lui-même et qui aura un succès durable. ( G. M. )
STST£MX:DE PIiÉRYIiOGRAPHIE de C. L. Nitzsch, pu- blié par Herm, Burmeister, d'après les manuscrits de l'au- teur. Halle 1840, Ed. Anton, libr. (In-4*' avec 10 pi, gravées}.
Nitzsch, connu par de nombreux et excellens travaux par- tiels sur les insectes parasites, surtout ceux des oiseaux, avait conçu ridée plus élevée d'arriver à un travail complet qui forme- rait un vrai système naturel des oiseaux. La difficulté de rassem- bler des matériaux exotiques difficiles a obtenir, Ta empêché, jusqu'àsa mort, determinerun si grand travail; mais, ayant pu réunir ceux qui ont trait à Tétude de Torganisation et du mode d'inserlion des plumes , il a publié, en i833, un premier tra- vail composé seulement des généralités, sous le titre de Ptéri- lographie, se proposant d'y ajouter une seconde partie renfer- mant les détails destinés à appuyer ses premières idées. C'est ce travail, pour lequel il avait rassemblé tous les matériaux^ que M. Burmeister publie après la mort de Nitzsch.
Le principal résultat des recherches de Nitzsch est que la nature et la disposition des plumes donnent des caractères naturels el certains pour distinguer, non seulement les familles des oiseaux , mais encore des groupes plus inférieurs; c'est la cerlitude de ce fait qui l'a engagé à entrer dans de grands détails et à faire un Mémoire important sur cet sujet. Mémoire appuyé par de nombreuses figures.
Dans la première partie, intitulée Ptérylographie générale, il commence par faire connaître l'organisation des plumes et leurs principales différences. Ensuite il s'occupe de leur dis- tribution sur le corps des oiseaux. La seconde partie, intitulée Plérilagraphie spéciale], est destinée à passer en revue toutes les familles d'oiseaux ; c'est à cette partie que se rattachent les nombreuses figures qui accompagnent cet ouvrage.
Il serait impossible de suivre l'auteur dans un si grand tra- vail, qui occupe plus de la moitié de son livre : nous nous R<H^. Zooi. Mars i84i. 6
•fe ANALXSES d'ouvrages NOUVEAUX.
bornons à signaler cet important ouvrage aux ornithologistes, qui y trouveront des aperçus ingénieux et d'eXcellens moyens d'appuyer les caractères que la zoologie emploie pour distinguer les familles établies dans la classe des oiseaux. (G. M.)
ZOOLOGIE CLASSiQIJi:, ou Histoire naturelle du règne ANIMAL, par M, F. A..Pouchet, 2* édition (2 vol. iu-8 avec un atlas de 44 planches et 5 tableaux, Paris, 1841. Roret, rue Hautefeuille, 10 bis).
Là publication d'une seconde édition de l'ouvrage de M. Poi^fchet, prouve l'accueil favorabte que le public lui a fait et nous dispense d'en faire l'éloge. Nous devons nous borner à signaler ce livre aux zoologistes en leur faisant connaître brièvement le plan que son auteur a suivi dans sa rédaction. Il nous suffira pour cela de citer quelques passages de sa pré- face.
« Dans ces élémens de zoologie, j'ai décrit toutes les familles iclu règne àiiimal, et, parmi elles, j'ai fait l'histoire de chacun des genres dans lesquels il existe quelque être intéressant â connaître, soit par sa structure anatomique , sa physiologie bu ses mœurs, soit enfin par les rapports qu'il peut offrir avec l'homme ; de manière que presque tous les genres de Linnée se trouvent décrits dans cet ouvrage, ainsi qu'un grand nom- Dre d'autres qui ont été créés depuis ce naturaliste. Dans chaque groupe générique, j'ai eu soin de citer les espèces les plus intéressantes ou celles qui sont les plus communes dans notre pays ou dans les collections des amateurs ; afin que, soit dans nos campagnes, soit dans les collections des curieux, on puisse appliquer ces principes de zoologie à la nature, et ap- prendre à connaître les animaux que l'on est le plus à même d'observer, et à trouver leur nom et leur famille ; ainsi, ce traité sera toujours un guide pour le naturaliste qui franchit le seuil de la science, et pourra, en quelque sorte, lui servir de faune pour les espèces les plus répandues. »
M. Pouchet continue de suivre la méthode de son savant maître, M. de Blaînville, méthode dont nous ne chercherons pas à discuter ici la valeur, Les caractères de ses groupe* sont
ANALYSB9 D*OOVRAGES NOUVEAUX. 83
résumes d'une manière claire cl précise, et il a soigneusement évité de leur donner des caractères physiologiques , comme l'ont fait à tort quelques auteurs, car, dit-il, « le sujet que Ton étudie peut êlre trouvé mort, et alors de semblahlrs difFc- rences n'étant plus perceptibles, il n'est pas possible de le classer (ï).
L'ouvrage de M. Poucbet est accompagné de planches gra- vées, représentant les principales formes du règne animal. Cet atlas vient encore prouver l'utilité de notre grande Iconogrà-' phle du règne animal de Cuvier (qui a déjà mérité l'honneur d'être copiée, en tout ou en partie, par plusieurs auteurs étran- gers et français), car on trouve beaucoup de nos figures dans les planches en question.
Nous croyons que le livre que nous annonçons est une ac- quisition utile pour k science, car il présente un tésutné assex complet des connaissances acquises jusqu'à ce jour, dont les matériaux sont dûs à nos plus célèbres anatomistes et zoolo- gistes, tels que Cuvier, Lamarck, Latreille, De Blain ville, etc. Cet ouvrage est surtout important parce qu'il présente l'en- semble de la classification de ce dernier savant, classification qu'il n'a jamais publiée dans un corps d'ouvrage, et que l'on ne connaît que par les cours qu'il a faits ou les mémoires qu'il a publiés dans divers recueils scientifiques. (G. M.)
TOURiffAIi de l'expédition aux terres arctiques 9 à l'embou- chure de la Fish-River et le long des côtes ^e l'Océan Arc- tique, pendant les années i833 à i835, par le Capitaine Back.
Dans l'appendice de ce voyage, M, John Richardson a pré- senté les remarques zoologiques qu'il a été à même de faire pendant l'expédition. Ce travail est un résumé de celui qu'il a donné dans sa Fauna boreaii A mericana, et comprend des notes
{i) Cette observation de M. Pouchet peut s'appliquer, jusqu'à un certain point, à la méthode de elassificaiion des Lépidoptères, pror-' posée par M. Boisduval et dans laquelle les principaux caractères sont pris dans les mœurs des chenilles (Voyez cette Bévue ^ 1$41, h. 1) p.lfi). , . ,,, ,. .f
S4 ANALYSES D*OUVRAGES NOUVEAUX*
sur les Mammifères, Oiseaux et Poissons. Cet appendice est ter- miné par trois planches lithographiées sur zinc et représentant les Catastomus reticulatusj Forsterianas et Suerii, décrits dans la Fauna boreall Americana,
Dans une autre partie de Tappendice, on trouve le catalogue des Arachnides et Insectes dont la rédaction a été confiée à M. Children. Ce catalogue ne comprend que les Arachnides les Insectes Aptères et les Coléoptères. Les premières consistent en une Dysdera erithryna P Walck , un Theridion Backii et deux Thomisus , Tune Th. borealis, l'autre T. corona ; ces trois espèces sont nouvelles, et M. Children en donne une de- scriplion abrégée. Dans les Insectes Aptères, il mentionne plusieurs Docophorus, Nirrnus, Lipeurus^ Goniodes, Liotheum Colpocephalum etPhfsostomum, Nitzsch. Plusieurs des espè- ces sont nouvelles et décrites brièvement.
Dans Tordre des Coléoptères , il ne mentionne que le Bostrichus typographus et une larve qu'il soupçonne appar- tenir au genre Djrcœa.
Les Orthoptères n'ojffrent que VAcrydium sulphureum de Palissot de Bauvois.
Enfin , les Hyménoptères se composent de la Formica Her- cuîana ^hin.
JOITRITAL des voyages d'exploration des vaisseaux de S. M., VAdifenture et le Beagle, pendant les années 1826 à i836. (4 vol. in-8°^rnés de planches , Londres. )
On trouve, dans un appendice, l'indication des animaux qui ont été observés pendant ces voyages ; mais ce travail s'arrête aux Mollusques. Les autres animaux recueillis par cette expé- dition, ont été décrits dans les journaux scientifiques d'An- gleterre.
Mammifères. M. King mentionne i4 espèces dont plusieurs sont nouvelles , mais qui ont été décrites dans les Proceedings de la Société zoologique de Londres.
Oiseaux. Il mentionne 82 oiseaux, presque tous décrits par les auteurs ou pai lui, dans les Proceedings, Les espèces pou-'.j
ANALYSES d'ouvrages NOUVEAUX. 85
velles , décrites pour la preraière fois dans le volume qui nous occupe, sont :
Phalacrocorax cirriger , King. — P. supra fusco griseus , subtus albidus ; gula cirroque longiludinali per collum utrin- que descendente , albis ; rostro pedibusque rubris ; rectricibus duodecim. — Détr. de Magellan.
PhalacrocoraxSarmientonus y King. — P. capite, collo, dor- soque ano alro-purpureis; pectore abdomineque albis ; dorso superiori , scapularibus^ alisque viridi-alris ; remigibus rectri- cibusque duodecim alris ; gula, genis, fœmorumque teclrici- bus superioribus albonotatisj rostro nigro ; pedibus flavescenti— bus. — Détr. de Magellan.
Cygnus analoides, King. — C. albus, remigibus primariis ad apicem nigrisj rostro pedibusque rubris, illo lato , subde- presso , luburculo nullo. — Côtes de Patagonie.
Mollusques. M. King s'est adjoint M. Broderip pour celle partie de son travail. Les descriptions des 67 espèces qu'il meu- . lionne, ont paru dans le zoological Journal, (G. M.)
SUR IiES INSiECTES et leurs larves trouvés accidentelle- ment dans le corps humain, par le Rév. F. W. H ope. (Trans. de la Soc. Ent. de Londres, vol. 2, part. 4% P* ^56, pi. XXII, f. 1 à 5.)
Ce curieux travail est un relevé de tous les faits observés re- lativement à des insectes ou à des larves d'insectes, qui ont été trouvées dans diverses parties du corps de Thomme. Le savant président de la Société Entomologique de Londres a arrangé tous ces faits dans un grand tableau à celonnes, offrant le nom des insectes, l'indication de leur état soit parfait, soit de larve, celle de l'auteur qui a publié le faif, de l'ouvrage dans lequel il est consigné, du pays où il a été observé, de la partie du corps où était l'insecte : il indique aussi le sexe du malade, son âge, sa position sociale, le résultat funeste ou heureux de la maladie, l'époque de l'observation et le lieu ou est conservé l'Insecte en question. Ce tableau contient ainsi l'indication de loi) cas différcns, dont 35 occasionnés par des Coléoptères, 2
85 SOCIÉTÉS «AYANTES.'
par des Dermaptères, 7 par des Lépidoptères, et 64 par de« Diptères.
M. Hope possède déjà plus de 100 indications de cas nou- veaux ; il se propose de les publier bientôt, et il fait un appel à tous les Entomologistes et Médecins, en les priant de vou- loir bien lui faire connaître les observations qu'ils pourraient avoir faites sur ce sujet intéressant. Il se fera un devoir de ci- ter scrupuleusement toutes les personnes qui voudront bien lui communiquer des faits authentiques à ce sujet. (Ecrire au Révérend M. F. W. Hope, 56 Upper Seymour Slreet, Port^ man squarre, à Londres.)
III. SOCIÉTÉS SAVANTES.
ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES DE PaRIS.
Séance du 22 mars 1841 . — M. ^Hombres Firmas^ adresse là description et la figure de deux Térébratules , qu'il croi* nouvelles :
Ces deux espèces, dont M. d'Hombres Firmas donne les ca- ractères, ont été trouvées dans une couche de marne super- posée au lias, à Culture, près de Berjas (Lozère). La première espèce est nommée Ter, contracta ; la deuxième. Ter. contracta triplicata. Elle sont représentées sous différents aspects.
Nous avons annoncé dans le précédent numéro, page 69, notre intention de revenir sur le rapport que M. de Blain- villea lu à l'Académie, le 1" février 1841, au sujet d'un mé- moire de M. de Christol, intitulé : Recherches sur dwers osse- mens fossiles attribués par Cuvier à deuœ Phoques^ au Lamantin et à deux espèces d'Hippopotames , et rapportés au Metaxytherium, nouveau genre de la famille des Dugongs, Nous venons aujourd'hui nous acquitter de ce devoir, non pas pour défendre le célèbre Cuvier, dont le génie, la science, les doctrines, la logique , la bonne foi et l'impartialité sont aussi bien au-dessus de toute attaque que de tout éloge, mais seule-
SOClilis SAVANTES, 87
ment pour rappeler quelques observations clont la citation (|^
été oubliée.
Le travail en question est une nouvelle preuve, qu'un rap- port fait à l'Académie est , non-seulement par sa rédaction l'œuvre unique du rapporteur, mais encore que c'est simple- ment son jugement et sa manière de voir, que MM. les com- missaires qui lui sont adjoints lui donnent une signature de confiance, que l'adoption d'un rapport par TAcadémie, est un vote également de confiance et qu'au fond le rapporteur seul est res{K)nsable des assertions et des expressions de cette es- pèce de jugement. Ce principe bien établi , on comprend que cefi rapports perdent beaucoup de leur gravité et de leur im- portance, et qu'on peut se permettre d'en appeler de l'Acadé- mie mal informée , à l'Académie mieux informée. Gomment concevoir, en effet , sans cek que le savant collaborateur ds Cuvier, pour sa Géologie des ençirons de Parisy M. Alexandre £rongniart , eût signé en qualité de commissaire , un rapport dans lequel on essaie d'effacer le nom de Cuvier, comme créa- teur de la Paléontologie, oii l'on insinue que, dans ces derniers temps, les travaux paléonlologiques^ ont été trop souvent exécutés sous le point de çue d'une sorte de fantasmagorie spécieuse au milieu de laquelle il était difficile d^apercei^oir la vérité , que M. Jules de Cbristol s'est montré peut-être un des premiers parmi les paléontologistes, qui ont senti de bonne beure combien était peu assurée et surtout combien était légère la marcbe trop long-temps suivie par quelques na- turalistes, noiiRiï
Malheureusement il n'y a qu'une interprétation possible il cette assertion, restée un peu dans le vague, il n'y a qu'un nom à y mettre , et ce nom , qui a tant contribué à l'illustra- tion de l'Académie , est accusé devant elle d'avoir usurpé sa propre, sa principale illustration, en suivantune marche légère et peu assurée.
Nous n'entrerons pas ici dans la réfutation de ces étranges assertions ; relativement à l'histoire de la science , nous ren- voyons à la note i, p. 64 et ,c^, du Discours ^ur les réi'.oialiçns
88 SOCIÉTÉS savantes;
de la surface du globe (i), où Cuvier nomme les naturalistes qui Tont précédé , et aux citations nombreuses qu'il a faites de leurs travaux dans tous les chapitres de son ouvrage.
Relativement aux doctrines , aux règles à suivre pour la détermination des ossemens fossiles, après avoir établi, expli- qué ce principe rationnel du rapport des formes , pour faire d*un être organisé un ensemble ou un système clos ( p. 98- 102), l'illustre auteur ajoute (p. 102) : « Ce principe est assez » évident en lui-même , dans celte acception générale , pour » n'avoir pas besoin d'une plus ample démonstration , mais » quand il s'agit^ de l'appliquer, il est un grand nombre de M cas où notre connaissance théorique des rapports des formes » ne suffirait point, si elle n'élait appuyée sur l'observation.»
Nous renvoyons à Texposition de cette marche expérimen- tale, suite d'observations multipliées, si bien présentée, p. 100 à 109, et à la note i, de cette dernière page, pour juger jus- qu'à quel point on pourrait appliquer à Cuvier cette assertion que , la marche trop long-temps suwie par quelques natura- listes, était légère et peu assurée.
On voit que le rapport de M. de Blainville, se compose d'un jugement général sur le fondateur de la science paléontolo- gique, et sur ses doctrines, que le célèbre rapporteur essaie de stigmatiser, si non par la puissance de sa logique , du moins par celle de sa position, comme successeur du grand homme , au Jardin-du-Roi, et comme rapporteur du premier corps savant de la France. Il se compose encore d'un jugement de condam- nation sur la détermination de quelques os incomplets , que p.uvier avait attribués 1° à une espèce d'Hippopotame qu'il appelle moyen , 2** à une autre espèce qu'il appelle doU'^ teuse, etc., etc. :
M. deChrislol d'abord, puis M. de Blainville, déterminent ces os autrement que Guvîer. Nous ne jugerons pas en ce mo- ment ces déterminations; nous attendrons pour cela que le mé- moire deM.de Chrlslol soil imprimé, afin d'engager quelqu'un de plus compétent que nous à se livrer à cet examen. Nous dirons
<1) Ëdit.in-12> Paris, Cousin, 1840.
SOCIÉTÉS SAVANTES. 89
seulement que, d'après l'impressiou que nous en avons reçue, elles nous ont paru contestables jusqu'à un certain point, et qu'elles sont loin d'être des propositions certaines.
Mais nous devons citer ici quelques pièces du procès , afin de mettre le lecteur immédiatement à même d'apprécier une partie des conclusions de M, le rapporteur.
i» Il n'est pas juste de dire queJVI. Cuvier ait définitivement reconnu l'existence d'une espèce (T Hippopotame moyen, avec le seul fragment de mâchoire inférieure qu'il avait en sa pos- session. Il signale au contraire des différences dans les dents, et il conclut que l'existence de ce moyen Hippopotame ne sera démontrée, que lorsqu'on en aura trouvé les incisives et les canines. {Ossemens fossiles, éd. in-zjû vol. i, p. 333).
Eh bien on a découvert une mâchoire entière du même ani- mal , et il s'est trouvé qu'elle n'avait pas d'incisives. Il n'y a rien là que de très-naturel et, comme l'a fort bien dit Frédé- ric Cuvier {Annales des sciences nature-Iles, 2* série, t. I, p. 282), un savant environné de doutes, et n'osant se per- mettre que des conjectures , a rempli sa tâche lorsqu'il est parvenu à tirer de faits incomplets , toutes les conséquences que légitiment leurs analogies avec les faits mieux connus, et si plus tard des faits nouveaux, en présentant d'autres ana- logies , conduisent légitimement à d'autres conséquences , ce n'est pas une erreur ancienne qu'on efface , ce qui a trop sou- vent été méconnu , c'est une vérité contingente plus étendue qu'on établit.
2° Quant à l'espèce que Cuvier appelle Hippopotame dou- teux, l'épithète qu'il lui donne , exprime suffisamment que cette détermination n'est qu'une simple présomption. On voit que la réserve de Cuvier mettait les naturalistes sur la voie de compléter ses propres observations, et provoquait celles-ci, pour arriver à des déterminations plus précises.
Nous venons de citer le rapport de F. Cuvier , sur le pre- mier mémoire de M. de Christol. Ce rapport, qu'il aurait été juste, qu'il était nécessaire de rappeler dans celui dont nous rendons compte, et dans lequel il n'en est fait aucune men- tion , avait cepcudant une importance scientifique bien re-
go SOCIÉTÉS savantes;
marquable. On y trouva eolr'autres le sage précepte «"que la » science n'est point encore arrivée à pouvoir conclure abso- » luinent de la ressemblance des mâchelières et des mâchoires » à la ressemblance des organes du mouvement, surtout quand » ces organes ont éprouvé les plus profondes de leurs modi- » fications. »
M. de Christol^ dans ee premier mémoire, avait cru pouvoir rapporter au genre J)ugong le fragment de mâchoire infé- rieure que M. Cuvier avait conjecturé avoir appartenu à une espèce d'Hippopotame. (/^. Annales des Se. naturelles, T. Il, p. 257). C'est F. Cuvier qui a vu le premier que ce fragment de mâchoires, et les restes plus complets qui avaient servi à M. de Christol pour une détermination plus précise , ne. pouvaient avoir appartenu, ni au genre Lamentin , ni au genre Dugong, fX\m à un genre nouveau {Ann. Sa. naU, t, I, p. 287), ^ue M. die Christol a adopté depuis lors en le nommant Metaxytherium»,^
Les deux premières conclusions du rapport de M. de Blain- ville, soutdéjà comprises dans celui de F. Cuvier. Il aurait été convenable de citer ce rapport en les reproduisant. Quant aux autres conclusions, nous attendrons, pour en parler, la publica- tion du mémoire de M. de Christol.
Nous espérons que les supplémens , les complémens , ou même les rectifications qu'il a le bonheur de pouvoir ajouter aux observations et aux dénominations de Cuvier, avec des pièces plus complètes , ne lui feront jamais oublier ce que la science doit au fondateur de la Paléontologie, et qu'il a si bien exprimé lui-même, dans le préambule de son Mémoire sur les Rliinocéros fossiles.
Le travail de Cuvier (dit M. Christol) sur les Rhinocéros fossiles^ restera toujours comme un monument de saç^oir et uri modèle d'exposition. Jl ajoute plus loin : Si f arriva à quelques résultats particuliers opposés à ceux que Cuvier a énoncés^ je n oublierai pas que ,ce$t lui qui a tracé la route que j'ai' ais à suiifre, et quil Va livrée aux ob^eri^ateurs libre des obstacles qu'il y avait rencontrés.
Il y a loin de cette justice rendue au grand homme, de pette profession de foi ppwr ^ç^ vijiJWtraJjJle? et pé^iiWes tx^vaux, jà
MÉLANGES ET NOUVELLES. Qt
Vidée de M. le rapporteur que M. F. fie Christol s'est montré peut-être un des premiers^ parmi les paléontologistes, qui ait senti de bonne heure combien était peu assurée^ et surtout com' bien était légère la marche suine par quelques naturalistes»
(G. M.)
MÉLANGES £T NOUVELLES.
M. de Waga, de Varsovie, nous adresse la noie suivante :
Le 22 avril de Tannée passée (i 83g), mes élèves m'appor- tèrent une Morelle (Fw//ca «//•«), tuée un jour auparavant. L'exemplaire resta chez moi deux jours encore , avant que je me décidasse à le jeter ; je ne gardai que la tête, que je voulais préparer, afin de pouvoir montrer à mes écoliers les caractères du bec de ce genre d'oiseaux. Dans ce but, je la soumis à la Duacération dans un petit bocal rempli d'eau. Quelques heures aprèsj, j'aperçus un mouvement dans cette eau ; je m'appro- chai , et Ije trouvai une Sangsue vivante <iui j nageait en s'é- lançant. Elle avait une couleur verdâtre , que l'esprit de vin a plus tard changée en blanc. Au moyen du microscope on pouvait distinguer sur son corps, qui était presque transpa- rent, de très-petits points roux, qui le parsemaient tout en- tier. Plus tard l'esprit-de-vin lui a ôté aussi la transparence et a rendu les points très -peu apparens J mais on voit encore clairement les huit yeux disposés par pairs et formant une série; la deuxième paire, en comptant du devant du corps , presque confluée. Il n'y a donc point de doute que cette Sang- sue parasite n'occupe l'intérieur des fosses nasales de l'oiseau aquatique. Pendant qu'elle vivait encore, elle était couverte d'une couche transparente de mucosité , et ce sont probable- ment les sécrétions nasales qui font sa nourriture ; car cette Sangsue n'a présenté aucune trace de sang dans son canal ali- mentaire , très -visible à travers son corps transparent. Ce canal ne m'a offert aucune duplicature.
Le fait ci-dessus n'est pas le premier indice de l'existence des Sangsues parasites. M. Moquin-Tcndon , dans sa Mono-
92 MÉLANGES ET NOUVELLES.
graphie des Sangsues , à la page i4o, mentionne une espèce de Sangsue dite du Héron , et observée dans les fosses nasales de VArdea mrescens, Lin., à la Martinique. Mais comme celte Sangsue du héron , à cause du manque des détails nécessaires à sa description, n'a pu être rangée que parmi les espèces dou- teuses , je crois convenable de soumetlre mon exemplaire à des recherches plus exactes. La longueur de mon exemplaire est de 8 lignes sur i ^ d'épaisseur dans l'endroit le plus large.
M. De Spinola nous adresse la lettre suivante :
Le riche supplément que M. Gory a eu l'excellente idée d'ajouter à son Iconographie des Buprestides , m'a fait un devoir de reviser ma collection à! Acméodères et mon essai sur les espèces de ce genre. Cet examen m'a démontré que nos disscnlimeus sur certaines variétés ou espèces doivent provenir de la différence de nos matériaux. Sous ce rapport, M. Gory était bien mieux placé , et a été beaucoup plus heureux que moi. Je commencerai par déclarer qu'il a parfaitement raison pour les Acm, Ottomana et pulchra. La seconde, que je n'a- vais citée qu'avec doute, je l'ai acquise postérieurement, et elle est en effet très-distincte. Mais les individus que M. Thorey m'a fournis sous les noms âeBupr. limbata Drége,erythroloma JDej., ahbrei^iata Klug ^ flaifipennis id., celui qui était étiqueté Bupr. morio dans la Coll. Banon, ceux que M. Chevrolat m'a communiqués sous les noms à*Acm. varians et de Bupr, gra- ciliSf celui que M. Gory lui-même a nommé Àcm. variajis^ ont des formes parfaitement semblables, et ils ne diffèrent entre eux que par des accidens de couleur, qui ne me semblent pas des caractères spécifiques . Quoiqu'il soit impossible de ledeviner d'après le dessin des figures de V Iconographie, quoiqu'il soit très- difficile d'en juger diaprés des descriptions qui sont loin d'être complètes, je ne doute pas que toutes les espèces sur l'existence desquelles M. Gory a insisté, ne soient aussi distinctes qu'il l'a affirmé. Mais alors ce ne serait pas l'existence de mes variétés qu'il faudrait contester, ce seraient leurs noms qu'il faudrait réformer. Or^ comme cette nomenclature était alors purement
MÉLANGIS ET NOUVELLES. q3
tradilioDnelIe, je me suis mis à Tabri de tout reproclie, en cir tant toujours le nom de celui qui m'avait transmis une tradition bonne ou mauvaise. J'en dirai autant des deux individus que M. Thorey ra*a encore envoyés sous les noms de Bupr. lo^w/- tata Thunb. et Acm. histriguitatay Klug. Ils ne diffèrent pas, spécifiquement de celui qu'il m'a envoyé sous celui de Bup, xanthotœnia fV^iedemarm. Pareillement j'ai plusieurs individus deVj4cm. gibbosa, dont la ponctuation n'est pas également sentie ; ceux où elle Test davantage sont égaux, sous ce rap- port, à mon exemplaire unique de chrysoloma^ que je dois à l'obligeance de M. Reiche. Je crois que M. Gory a encore rai- son sur VAcm, crinita Dej.^ qui doit différer en eflfet de VAcm, cuprifera iconog. Quant à mon Acm. mutabilis ^ j'abandonne mon opinion au jugement des coléoptérologistes les plus exer- cés. La première variété, Bupr. ^-fasciata Rossi, est assez com- mune en Italie, pour que j'aie pu me procurer, en nombre suffisant , des individus des deux sexes et de tout âge. J'ai eu aussi assez d'exemplaires de la iS^guttata Herbst pour appré- cier les limites de cette espèce. Mes observations sont bien éloi- gnées de s'accorder avec celles de M. Gory. Les formes de ces deux Buprestides m'ont paru, non seulement semblables, mais parfaitement égales, et je n'ai rien appris dans sa monographie qui puisse me convaincre du contraire. A la vérité, les couleurs sont très- distantes , mais j'ai dit ailleurs ce que je pense de ce caractère quand il est isolé.
UAcm. iS-punctata Iconog. est la var. de VAcm. Prunjieri Gêné. Le professeur Gêné est de mon avis. Il est dommage que M. Gory n'ait pas songé à faire ce rapprochement. Il aurait va dans cette espèce un exemple très -remarquable de la constance des formes et de l'inconstance des couleurs.
Si vous croyez que ces observations puissent servir à rectifier la synonymie des espèces d'un genre assez intéressant, je vous prierai de les insérer dans un des prochains numéros de notre Reflue zoologique. '
M. Maxilien Spinola nous a remis trois Mémoires , accom- pagnes de figures qui paraîtront incessamment dans le Magasin
^ MÉLANGES ET NOUVELLES.
de Zoologie. Il donne, dans le premier, des éclaircîssemens sut le Pelect'nus clafator^ Lat , dont on n'avait pas de figures , et sur le Pelecinus Guerinii^ dont M. de Romard a fait connaître la femelle. Le second est consacré à une Ophionide du Cap, dont la tête se rétrécit en avant, et s'allonge en formant une espèce de museau ( Osprynchotus Capensis , Spin. ). Dans le troisième il s'agit d'un Braconide très-singulier, qu'on ne sau- rait placer dans aucune autre famille , et qui a cependant plu- sieurs traits essentiels qui semblent appartenir plutôt à des Chaîcidites [Omaplopus longitarsus^ Spin. ).
M. le Comte de Mannerheim nous prie d'insérer la note suivante.
Le docteur-médecin Sahlberg , fils de l'Entomologiste de ce iiom , M. le professeur Sahlberg, ayant entrepris un vojage autour du monde , vient de me faire, du Brésil, un envoi fort intéressant que j'examine en ce moment. Sa récolte dans ce pays est fort riche et j'y ai trouvé près de 5oo espèces de Co- léoptères qui n'ont pas encore été publiées. Ayant porté son at- tention sur les plus petits insectes, quiont toujours été négligés par les voyageurs,M. le docteurSahlberga enrichi la Faune bré- silienne d'une quantité d'espèces des genres : Corœbus,\ju^. et Gory, Brachys, Dirhagus, Drapetes, Rugilus^ Astenu^^ Ta- chfporus , BoHlobias^ Hypocyphtus , Falagria^ Dorcatoma , Scydmœnus , Clambus, Fischer , Glohicornis^ Lat., Cryptor^ hopalum , Guérin , uéspidiphorus , Cycîonotum , Anthicus , XylophiluSy Euglenes, Westwood , y^y^/o/i, Ceutorhynchus , Clypeaster , Pselaphus et Tyrus. J'ai aussi trouvé dans son envoi un nouveau Ctenostoma et plusieurs très-belles et brillantes Calleida , quelques jolies Ptilodactyla , Trigono- dera, Ulocerus , Megascelis , Chiamys, etc. M. Sahlberg a fait, depuis, un séjour au Chili et il comptait, après avoir visité la Californie et la côte nord-ouest de l'Amérique septen*- trionale, retourner par la Sibérie, qu'il va explorer l'été pro- chain. A son retour il se propose d'entrer en échange avec les entomologistes d'Europe,
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MÉLANGES ET NOUVELLES. 95
M. lecomledeMANNERRiiEiM nous annonce aussi qu'il s'oc- cupe d'un travail monographique sur les genres Cr/ptophagus et Ptihunî , dont sa collection offre un grand nombre d'espèces. Nous pensons que les entomologistes apprendront cette nou- velle avec plaisir et qu'ils contribueront à compléter ce tra- vail, en communiquant à M, de Mannerheim les espèces de ces deux geures dont ilâ peuvent disposer.
M, DouMEt , dont nous avons annoncé le départ pour la Corse, où il s'occupe d'observations zoologiques, nous fait re- marquer que M. Maravigua a eu tort de donner le nom de M. Kienerà un Pleurotome nouveau (7?e^. zool. 1840, p. 325); car ce nom a été employé par lui [id. 1840 , p. lôg) , pour désigner une nouvelle espèce. M. Doumet , en réclamant la priorité , attache peu d'importance personnelle à celle rectifi- cation , mais il la croit , avec raison , nécessaire pour éviter toute confusion et pour rendre plus facile aux naturalistes la connaissance de ces deux espèces, qui diffèrent autant par leur faciès que par leur patrie.
M. MioN vient de céder à M. Klug tous les insectes du Sénégal et des environs de Sédiou, sur la Cazamance, qu'il avait reçu de son fils, capitaine d'infanterie employé au Sénégal. Il venait de recevoir une grande caisse remplie des objets que son fils avait récemment récollés à Sédiou, et nous avons vu, dans dans cette collection, beaucoup de belles espèces encore incon- nues des entomologistes. M. Mion a bien voulu nous remettre plusieurs de ces insectes pris parmi les doubles , bientôt nous les publierons.
ERRATA. — Il s'est glissé une inadvertance^ dans le nu- méro précédent, à l'article de M. de La Ferlé sur les Gara- biques du Texas, p. ^o et 42. Quand l'auteur compare ses Cicindela togata et sei^era à la collarisy c'est le nom de circum- picta , qu'il faut entendre. Il avait d'abord donné le nom de collaris à celle espèce , il Fa changé ensuite en celui de circumpicta^ mais il a'oublié :de faire ce même changement dans les descriptions des espèces qu'il lui compare.
96 MELANGES ET NOUVELLES.
M. Reiche , nous a fait observer que la Cicindela veiiusta (p. 37), n'est que Tétat le plus avancé de notre Cicindela Saidcj'i{ Revue Zool. i84o, p. 37). Il possède toutes les va- riétés de cette espèce , qui a des passages depuis celles ou les taches des élylres sont les plus marquées, comme dans la va- riété nommée venusta , jusqu'à celle que nous avons décrite sous le nom de C. Saulcyi^ en passant par notre variété A.
Au numéro 1 (i84ï )> P- *4' Nous avons mal écrit le nom de Fauteur d'un nouveau Tœinoles. C'est M. Amand Taslé qu'il faut lire, et non Tasté.
Nous avons publié, dans le Magasin de Zoologie, i5° livr, de 1840 , pi. 21 , un mémoire de M. Gerbe , sur la fauvette Celti; cet intéressant travail est accompagné d'une excellente figure que l'on doit à M. Delahaye , peintre d'histoire natu- relle. C'est par erreur qu'on a gravé le nom de M. Prêtre au bas de cette planche.
Nouveaux membres admis dans la Société Cuvierienne.
249, M. le Docleur Passerini, membre de diverses sociétés savantes, professeur-adjoint au Muséum grand-ducal d'histoire naturelle, etc., à Florence.
220. M. De Maeseul , chef d'institution au Mans. Présentés par M. Guérin Méneville.
221. M. Matirette, membre correspondant de l'Institut historique de Bagnères-de Luchon, etc. Présenté par M. B. Braguier, professeur d'histoire naturelle à Saint-Maixent.
222. M. C. A. RECLUS , pharmacien à Vaugirard. Présenté par M. Petit de la Saussaie.
AVRIL 1S4i.
I. TRAVAUX INEDITS.
NOTE sur la vascularilé du Chorion et de ses villosités , dé- montrée à l'aide d'injections faites dans les vaisseaux du cordon ombilical d'un embryon humain de trente-cinq jours, par le DocteurG.-J. Martin Saint-Ange.
Dans un précédent mémoire, couronné par l'Académie des sciences et intitulé : Recherches analomiques et physiologiques sur les ifillosités du. chorion , j'ai démontré que toutes les villo- sités du chorion, abstraction faite de leur époque d'apparition, sont fasculaires , terminées en cul-de-sac et disposées de dif- férentes manières pour constituer le placenta chez lesfœtufi des vertébrés. M. le professeur Serres a voulu, dans ces der- niers temps, mettre à profit cette vascularilé des villosités en établissant qu'elle peut servir à la respiration branchiale de l'embryon. Toutefois ce célèbre académicien admet un second ordre de villosités non vasculaires afin de mieux établir sa théorie. D'un autre côté, les anatomistes de nos jours qui ont écrit sur l'ovologie , pensent que le chorion et ses villosités sont entièrement dépourvus de vaisseaux sanguins et qu'il ne s'en développe que dans le troisième mois de la conception chez la femme. Voici pourtant les résultats auxquels je suis arrivé après de nombreuses recherches d'ovologie entreprises pour servir d'introduction à un ouvrage d'analomie patholo- gique de.l'œnf humain. Sur un produit de trente-cinq jours ^ expulsé de l'utérus presque immédiatement après une chute et sans la moindre enveloppe de membrane caduque , j'ai réussi à injecter les vaisseaux du cordon ombilical du petit embryon , le chorion cl les villosités : tous ces vaisseaux sont proportion- nellement plus volumineux que ceux d'un placenta de fœlus à terme. Le chorion disséqué avec soin m'a présenté :
1° Une membrane externe épidcrmoïde qui recouvre d'une manière immédiate les vaisseaux qui sillonnent le chorion et ceux qui se ramifient dans les villosités.
Re^'. Zool. Avril i84i. 7
g8 TRAVAUX INEDITS.
2° Une membrane moyenne vasculaire qui conduit les vais- seaux d'une part dans toutes les vîllosités du chorion de l'autre dans le cordon ombilical.
3o Enfin une membrane interne très-étroitement accolée à la précédente, et non vasculaire.
Ainsi le chorion , cette membrane si essentielle de Tœuf qui, dansle principe , se montre sous forme de sphère hérissée de très-petites villosités, est vasculaire dès les premiers jours de la conception,
DCSCRIFTION de quelques Hélices nouvelles, par M. Petit DE LA Saussaye.
M. Gray a établi dans le magasin de Loudon (année 1837, pag. 4^4)» le genre Streplaxis, pour un groupe d'Hélices re- marquable par une sorte de distorsion des tours de spire! Il semble en effet que les mollusques dont il s'agit, arrivés à un certain degré de leur accroissement, abandonnent, dans la for- mation de leur coquille, la marche ordinaire, et généralement ^ssez régulière , qui appartient à cette classe. Ici l'axe n'est plus perpendiculaire au plan des tours de spire, dont les deux ou trois derniers s'étendent et s'allongent obliquement , ,1e dernier s'aplalissant plus ou moins en dessous.
Il est difficile, quant à présent, d'assigner d'autres caractères à celte nouvelle division , et c'est peut-être aller un peu trop loin , que d'en faire un genre. Nous pensons qu'il n'y aurait lieu de l'admettre qu'autant qu'on aurait pu s'assurer, par l'é- tude de l'animal , si c'est réellement à une organisation différente et spéciale qu'est due la déviation des tours de spire, déviation, au surplus, fort remarquable, et qui mérite d'attirer l'attention des observateurs, M. Souleyet, à qui la science doit déjà des travaux très-estimés sur l'organisation des Ptc- ropodes, a eu occasion de voir et de dessiner l'animal d'une espèce nouvelle du genre Streptaxis de M. Gray, et il n'a remarqué , au moins dans les caraelcres extérieurs , rien qui uilifie la créalion d'un nouveau genre pour ce groupe d'Hé-
TRAVAUX INÉDITS. ' ^
lices. Les espèces rapportées au genre Slreplaxis, de M. Graj, soûl les suivantes (i) :
Slreplaxis comboïdcs, d'Orbigny, Brésil. mapgerœ, Gray, Sierra-Léone.
— contusa, For, Brésil.
— deformis. Fer, Brésil.
— nobilisj Gray, Sierra-Léone.
Cet auteur y a ajouté V Hélix Pagoda de Férussac ; mais cette espèce appartient évidemmenlau GenrePw/?aet à un groupe de cette famille, particulier aux îles Maurice, Rodrigues et Bourbon.
Nous devons à robligeatice de quelques amis la connais- sance de plusieurs nouvelles espèces que nous allons décrire.
Jlelix Reclusianay nobis. — Testa oblique-ovata, semiglo- bosa , virescente , vix perforata , superne tenuiter striata , in- ferne sublœviuscula; anfractibus 6-7, supernis convexis , aliis depressis , spira convexo-oblusa ; apertura semi-lunari, labro reflexo. — Long. 17 niill.; larg. 12 raill. haut. 10.
Grande et belle espèce, qui se rapprocbe de la suivante, mais dont les stries sont plus fines : la columelle est dépourvue de dents, du moins, dans l'individu que nous possédons.
Cette coquille, qui nous a été donnée par M. Borius, ofTicier de la marine royale, a été trouvée dans une des lies de la côte de Guinée.
HelixSouleyetiana, uobis. — Testa ovata,cpnvexO'depressa, virescente; spira obtusa, anfractibus 6-7, longitudinaliter et oblique slriatis, ullimo subtus iseviusculo, perforato, canali late prolongato ; apertura subrotundala, peristoraate subcontinuo; columclla versus médium dente lamellosa brevi instructa ; la- bro albido subreflexo. — Long, i3mill.j larg. 9 mill. haut. 6 mill. ! ,11
Cette espèce habite , dit-on , une des îles Seychelles. Je Tai dédiée à M. Souleyet, qui a bien voulu me donner une espèce
(1) L^Hélix que M. Mortcand a donnée, dans un de ses mémoires comme étant une variété de l'//. comhoïdes de M. d'Orbigiiy, nous paiiût être une espèce diiîéienle.
lOO TRAVAUX INEDITS.
nouvelle apjjarlenant au même groupe , et dont on verra la description plus loin.
Je ne publie aucune espèce inédite, sans l'autorisation des personnes qui me les ont données , et l'Hélix qu'a rapporté M. Souleyet ne figurerait pas ici, s'il n'avait eu robligeance de m'en donner lui-même la description pour l'ajouter à celte notice.
Hélix Peroteti, nobis. — • Testa subglobosa, albida, nitida, substriala , umbilicata ; spira prominula j anfractibus senis , svmi-convexiusculis; aperlura personataj labro poslerius coarc- tato, superne eraarginato, anlerius subtruncato, intus tri- denlato; columella bilamellata. — Long. 8mill.; larg. 5 mill. haut. 4 inill.
Cette espèce se rapproche par ses dimensions et par sa forme de VU. comboïde de M. d'Orbigny; mais elle est un peu plus allongée, et elle s'en distingue surtout par les dents de son ouverture. Des deux dents columellaires, celle qui est au milieu de l'ouverture est plus grande ; la seconde, qui se rapproche du labre, semble n'en être que la continuation.
Je dois cette jolie coquille à l'obligeance de M. Perotet, à qui je me fais un plaisir de la dédier. Il l'a trouvée dans la montagne des Gatles, et sur le plateau des Neelgherries, dans les Indes-Orientales.
Hélix Troberti, nobis. -—Testa subglobosa, albida, polita, .ucida, perforata; spira obtusa, anfractibus senis; apertura posterius coarctata ; columella lama alba intus decurrente ins- culpta; labro subquadrato, albo, reflexo, basi dentibus binis parvulis geminalis instructo. — Long. 6 mill. larg. 4 ""H* haut. 2 i/4 mill.
Cette espèce , plus petite que VHel. comboïdeSf est remar- quable par l'étranglement de son ouverture à la partie posté- rieure, et par la lame qui se trouve à peu près au milieu de la columelle, et qui se prolonge intérieurement.
L'Hélix Troberti habite la côte de Guinée, comme le Strcp- taxis mangerœ de M. Gray : nous pensons que ce sont deux espèces bien distinctes; car la nôtre a des caractères trop tran- chés pour n'avoir pas été signalés par cet auteur.
TRAVAUX INÉDITS. 101
Cette espèce m*a été donnée par M. Trobert, officier de santé de la marine.
Hélix aberrata, Souleyet. — Testa'ovato-globosa, albido-vi- rcscente, tenuitcr striata , umbilicata^ spira convexo-obtusa , aufractibus 6-7 convexiusculis ; aperlura subquadrata, anterius rotundata, ringente ; columella dente lamellosa crassa et re- curva instrucla , labro reflexo , intus quinque dentato, exlus reflexo, basi triplicato. — Longueur 10 mill.; largeur 6 mill. hauteur 5 1/2 mill.
Cette espèce habite les environs de Touranne, en Cochin- chine.
DESCRIPTION d'une espèce nouvelle d'AuRicuLE, par 1 M. Petit de la Saussaye. »
Auricula angulifera. — Testa cassidiforme, crassa, transver— sini obsolelissime striata , rufa , vix umbilicata ; anfractibus octonis , planiusculis , ultimo superne anguloso, ad angulum zona alba spiram decurrenle piclo ; spira brevi, conica, sub-^ ficuta; aperlura coarctala, sinuosa, carneolata ; columella tri- plicata ; labro exlerne incrassato, intus late-marginato margine crenato, medio depresso. — Long. 3i mill.; larg. 21 mill.
Celle espèce se rapproche de VA. felisy mais elle est plus grande, et proportionnellement moins allongée: elle en dif- fère surtout par la forme anguleuse du dernier tour à sa partie supérieure ; cet angle est Mnnc, ou d'une couleur moins fon- cée que le reste de la coquille, qui est rousse à Tétat frais.
Le bord droit est, sur les deux tiers de sa longueur, inté- rieurement marginé et crénelé. Celte espèce de bourrelet subit une sorle de dépression dans la partie qui correspond à la dent médiane de la coluinelle.
L'ombilic paraît un peu moins couvert dans cette espèce que dans les espèces voisines.
L'ouveilure est de couleur de chair, ou d'un blanc jau nâlre, teinté de rose.
Habite la baie Raffle, Nouvelle-Hollande.
ia2 TRAVAUX INEWTS.
]>£SGRt?7lOM de quelques nouvelles espèces de NÉrites vivanles , par M. C. A. Récluz.
Le tiombre des espèces deNérites, proprement dites, exacle- raenL connues et décrites jusqu'à présent, s'élève, d'après mes recherches, î\u nongibrç ^le trente-trois espèces. Parmi ceiles-ci, neuf sont de Ijinuée, seize de Chemnilz, trois d'Adanson, deux de Lamarck , deux de MM. Quoy et Gayinard , et une de M. Sowerby. A ce nombre, il faut ajouter vingt-une espèces dout je donne plus loin la caractéristique, et quelques autres détails qui m'ont paru utiles : total 54» On remarquera que quelques unes d'elles ont été anciennement figurées , qu'elles n'ost pus eaeore été décrites séparément,- les auteurs les ayant confondues avec d'autres assez rapprochées, mais cependant dififé rentes.
J'ai cru nécessaire de rendre mes phrases spécifiques, un peu plus étendues qu'on n'a l'habitude de le faire, dans les ouvrages de conchyliologie ; en voici le motif: Pour donner à la carac- téristique la concision des pbrases de Linnée, et pour rendre la «onnaissance de Tespèce plus facile , il convient de l'accom- pagner d'une bonne figure, et c'est ce que je ne puis faire ac- tuellement. Je me suis attaché à comparer mes espèces avec celles qui présentaient quelques affinités de caractère, et à en faire ressortir les différences, évitant cette comparaison lorsque des particularités trop évidentes ne permettaient aucune con- fusion avec les autres Nérites connues.
Le diamètre d^è mes espèces a été pris transversalement, du côté antérieur au côté postérieur, et du sommet de la spire à la base externe de la columelle, c'est-à-dire dans toute la lon- gueur de l'axe de la coquille.
I . Nerita semirugosa.-^ N. testa maxima, semi-globosa su- pra depressiusculn, crassa, lutco-rufescente, transversim sul- cata, nigro, Irifçisciata et undata ; spira brevissima, prominula, acuia ; aperlura rolundala, dilatala, alba; labio lato, convexo, semilœvi , semirugoso, margine inaequaliter tridentalo, lules- cente ; labro, intus striato , superne subbidentato. Argenville Conch. t. 7, fig. S. — Favanne Conch. t. x. f. E. in medio ta-
TB&VAUX INÉDITS. ' lo3
biilae ad dextcrara. — Gève, Concb. t. 22, fig. 218, a. b, oph'me.
Var a). Fasciis inlerduni nigro et rubro articulatis.' ïlab. rile-dc-France selon Favanne , Timor et la Noùvtlfcr» Hollande (Mus. Paris.) ""*
La Nériie semirugueuse ne peut être comparée qu'à la Nérile ondée ^ on l'en distinguera à sa forme plus rentrée, par ses côtes variant entre 37 et 44 > toujours étroites , ainsi que ses sillons; à sa spire plus courte, déprimée; à son côté antérieur plus dilaté ; à son périslome plus arrondi ; à son labre très di- laté ; à son plan columellaire semifisse du côté de la spire, et scmirugueux au côté opposé , rtioins épaissi po$téheuremeal , manquant de cette compression circulaire qu'on observe tou- jours sur le milieu de la columelle de \a]Sérite ondée; enfiw à son labre plus arqué, plus large, portant en dedans, à la suile des rirfes circulaires , deux dents : la première obsolète , et la deuxième robuste. Les fascics transversales sont d'un noir plus foncé que les flammes longitudinales (1). Notre espèce porte 35 à ^o millimètres de diamètre transversal et longitudinal.
2.N.ChemnitziL — N. Testa ovato-semiglobosa, crassa, trans- versim striala , cinereo-lutescente , nigro trifasciala , flaraniis longitudinalibus albidis undato ûexuosis^ remolis fasciis secau- tibusornala; spira brevissima , obtusa, lutescente ; apertura ovata; labio lato, incrassato, convexiusculo, inferne vix ru- goso, inaequaliter trideutato; labro intu:j striato, superne bi* deWta'rd.
Cheranîtz, Conch. 5, t. 191, f. i960, 1961, optima. Hab. le Port-du-Roi-Georges, la Nouvelle-Hollande et Ti- mor (Mus. Paris).
Celte Nérite, confondue par Chemnitz et la plupart des au- teurs avec la Nérila histrio des conchyliologues dont elle a la forme générale, s'en dislingue par la coloration constante, et les deux dents que porte , à sa partie intérieure, le bord tx— terne de l'ouverture de celle coquille. Les rides, ou cannelures de ce même bord , sont plus allongées , plus saillantes , et le
(1) Dans la var. a elles sont articulées de noir et de rose.
104 TRAVAUX INÉDITS.
labre qui les porte est moins prolongé en avant que dans la
V^érita histrio.
3. N. Deshayesii, — N. Testa globoso-acuta, crassa, niger- rima, interdum radiis croceis picta, transversim sulcata : costis rugosiusculis; spira exsertiuscula , subacuta ; apertura coarc- tala j labio convexo , albo aut croceo rugoso et granuloso , marginç^ dentibus tribus remotis validis ; labre margine tenui nigro et luteo articulato, intus incrassalo, siriato et bîdentato.
Var. a). Coluraella sublâevigata intense aurantia.
Var. b). Minor labio albo, macula sanguînea inferne nolato.
Hab. les côtes de la Californie , et la var. b. de Realejo et Samblas.
On compte sur cette espèce trois à quatre tours de spire, et vingt-sept à trente-trois côtes saillantes, ridées et séparées par des sillons profonds. Elle est ou toute noire ou ornée de flammes orangées, et quelquefois, mais rarement, fasciée de la même couleur; le labre, fortement épaissi en dedans, porte seize cannelures avec deux dents au sommet ; la deuxième plus grosse, obtuse et arrondie, avec les rides apposées à[ces dents, en forme de granulations. L'opercule de celte espèce est con- cave dans le centre, sinueux postérieurement, avec une échan- crure à la base, d'un blanc lavé d'orange , fasciée de bandes Doires obsolètes, divergeant du sommet à la base, parsemé de très-fines granulations, et le côté antérieurement relevé circu- lairement, plane et peint d'une bande noire. La face inférieure est brune, convexe, et porte une dent large, striée, située au- dessous du sommet, lequel a une autre apophyse courte, tron- quée, saillante, très-épaisse, et couchée sur le bord postérieur.
J'ai dédié cette belle Nérite à M. Deshayes, savant continua- teur des travaux zoologiqucs de Lamarck , comme un témoi- gnage d'estime personnelle et d'admiration pour ses nombreux travaux concbyliologiques.
Les var. a et b sont du cabinet de M. Petit de La Saussaye.
4. JV. chrysostoma. — N. testa ovalo subglobosa, transversim sulcata, luleo-fulva nigro varia seu interdum subtifascialj spira prominula , apice lulca , acula; apertura ovata , (h
a lava
TUAVAUX INÉDITS. Io5
Libio Iridentalo, superne incrassato, rugoso, labio subprolon- gato, intus tenue sulcata superne bidcntata.
Hab. Les îles Philippines.
Celle INérile porte trente côles étroites, les plus rapprochées de la spire plus ferles et plus écartées : elles sont